‹ La question du vase de sangChapitre 72 sur 101 · Bibl. imp., fonds Notre-Dame, n** 195, fol. 1G · texte numérisé non relu

Bibl. imp., fonds Notre-Dame, n** 195, fol. 1G

3. Voy. Guillaume Gazet, Histoire de la sacrée manne et de la sainte chandelle dArras (|)et. in-8*, 1599, 1612, 1670); les vers de J«>an Bodel cilés dan» Vffistoire littéraire, t. XX, p. 6i 9; le Discours de N, Fatou sur le saint cierge d'Arras (pet. iii-8*, 1696), et la Chandelle d\irr as y poème en di\*liuilclianl$, par de Laureos (Paris, Ih07, in-»° et in- 12).

vention de la Vierge ; mais il se préoccupe moins , si je ne me trompe , des sentiments de scepticisme que des critiques littéraires qu'il pourra rencontrer; il né dispose pas la scène de manière à ce que telle circonstance apparaisse sous un jour plutôt que sous un autre, et il livre ce qu'il sait sans songer que peutêtre l'esprit du lecteur trouvera dans les détails qu'il donne une explication bien prosaïque du fait qu'il admire, ou blâmera l'acte qu'il loue. Pour meilleure preuve , j'invoquerai la naïveté sans défiance avec laquelle il montre aux prises le zèle quelque peu intéressé d'un abbé, et le désir, aidé d'un peu de malice , qu'éprouve un laboureur de garder son bien. Je reproduirai le texte de l'anecdote * .

Mais faut-il croire avec M. G. Duplessis ^ qu'à l'époque où tous ces miracles étaient pieusement recueillis, ils aient été écoutés partout avec le même respect et la même soumission, et fautil répéter avec lui que nul homme n'eût osé hésiter un seul instant à en reconnaître l'authenticité et l'exactitude? On ne peut admettre absolument cette foi crédule d'un public qui accepte tout : à cette époque même, des paroles de doute se prononçaient à haute voix, et on les retrouve dans le récit des miracles, où de terribles châtiments les punissent comme blasphèmes. Un chevalier qui a visité beaucoup de lieux de dévotion, et qui revient d'un pèlerinage en terre sainte^ entre dans l'église de Roc-Amadour; en voyant une telle diversité d'images de cire suspendues au mur, il nie tout haut leur authenticité, et prétend qu'elles sont placées là par les gens de la maison '. Ailleurs, un chevalier italien raille ceux de ses compatriotes qui vont à Roc-Amadour, et s'étonne d*un si lointain voyage, quand ils ont autour d'eux tant de belles et célèbres églises vouées à la Vierge *.

Je ne prétends pas avoir réuni dans cette notice tous les renseignements que peut fournir la lecture des miracles de Roc- Amadour. On y peut trouver, par exemple, quelques indications sur le commerce de l'époque : un Normand vient chercher à la Rochelle les vins qu'il vendra à Gaen ^ ; les habitants de

2. Le Livre des miracles de Notre-Dame de Chartres, publié par M. G. Daplessis (1855), p. TU.

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