Voir la note A à la fin du volume
PREMIER DISCOURS
donc pas de cette appellation d'individualisme qu'on nous oppose comme une réfutation commode et sommaire. Nous nous y résignerons trèsvolontiers, pourvu qu'on n'en dénature pas le sens, comme on l'a fait souvent, pour se décerner un triomphe d'autant plus facile qu'on s'attaquait à un adversaire fantastique fabriqué à plaisir pour les besoins kde la cause. Quand nos adversaires anciens ou nouveaux sous le nom d'individualisme combattent une tendance qui, en théologie, veut tout ramener à l'individu comme s'il était sa propre autorité, tirant la vérité de lui-même, et qui, dans le domaine ecclésiastique, ne considère la société religieuse que comme une simple association née d'hier pour disparaître demain en méconnaissant la grande Eglise invisible, seule éternelle, répondant seule à son idéal et enveloppant toutes nos fédérations imparfaites, ce n'est pas l'individualisme véritable auquel ils font la guerre, ils s'attaquent à un radicalisme sectaire qui en est la défiguration, comme l'autorité à outrance du paoisme est la défiguration du principe d'autorité. Si l'on représente l'individualisme comme repoussant la grande notion de la solidarité humaine et religieuse au mépris du dogme de la chute et de la rédemption, ou bien comme voulant renfermer l'individu en lui-même, en lui enlevant les bénédictions de la sainte communauté des âmes, on se fait la