INTRODUCTION
les versants des montagnes sont la cause d’inondations.
Cette malheureuse situation à provoqué de généreuses initiatives. Après Surell, plusieurs de nos contemporains ont jeté le cri d'alarme, se sont mis à l’œuvre, et les questions forestières ont commencé à préoccuper l'opinion publique.
Il nous à paru intéressant de retracer l’histoire de la déforestation de la France, et d'étudier les différents remèdes proposés pour remédier à cette situation.
Nous étudierons successivement :
1° Les ruines accumulées par le déboisement, limportance et l’utilité des forèts ;
20 La richesse forestière de la France et du monde ;
3° L'histoire de la législation forestière et du déboisement ;
4° Les cause du déboisement à notre époque ;
5° La législation forestière et son insuffisance ;
6° Les remèdes proposés pour arrêter le déboisement ;
7 Les amis des arbres.
Cette étude nous a été singulièrement facilitée par l'abondance des documents qu'ont mis à notre disposition MM. Gonnard, professeur à la Faculté de droit de Lyon ; Guyot, directeur de l’École forestière de Nancy, Descombes, président de l'Association centrale pour l’Aménagement des montagnes ; Audebrand et Offner, de l'Association Dauphinoise pour l'Aménagement des montagnes ; de Nussac, secrétaire du Groupe d'Études Limousines ; Schwob, de la Loire navigable ; Maréchal et Vigroux, instituteurs. En les remerciant ici de l’obligeance avec laquelle ils ont bien voulu faciliter nos recherches, nous les prions d’agréer l'hommage de notre reconnaissance.
Le déboisement, une cause de la décadence des peuples anciens : Perse, Assyrie, Palestine, Arabie, la Grèce et l'empire Romain. — La disparilion des forêts, cause de dépopulation chez les peuples modernes : l'Espagne. — La dépopulation des régions montagneuses de la France : Pyrénées, Plateau central, Alpes.
Importance et utilité des forêts. — Action de la forêt sur le sol, — Action des forêts sur le climat : température, humidité de l’air, pluies, grêle, vents. — Action des forèts sur les sources. — Utilité spéciale des forêts de montagne : érosions, avalanches, fonte des neiges. — Action de l’arbre sur la navigabilité des cours d’eau. — Solidarité de la forêt et du pâturage. — Rôle de la forêt dans la fixation des dunes. — La forêt et l'hygiène : assainissement de certaines régions par des plantations d’arbres : Landes et Sologne. — Autres avantages de la forêt.
« Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent », a dit Chateaubriand.
Lorsque l’on considère l’histoire des peuples, on voit que les empires les plus fameux de Grèce, d'Asie, de Phénicie et de Perse se sont promptement écroulés et anéantis. Quelle est la cause de tant de ruines ? La guerre et les plus grandes catastrophes n’ont pu y suffire.
De grandes nations sont mortes pour n'avoir point
respecté les forêts. Quand le pays est déboisé, les pluies tombent torrentielles, s’écoulent rapidement sur le sol dénudé, et la montagne n’a bientôt plus d’eau à donner à la vallée ; car en une fois, elle l’a toute laissé s’écouler. Maintenant c’est la sécheresse et la famine. Quand l’eau disparait « quand les moissons ne poussent plus, les hommes s’en vont ; les déserts remplacent les champs, et la nation meurt d’elle-même ». (Regnault) (1).
L’Asie occidentale, berceau des premières civilisations, n’est plus qu’un désert de sable, où errent çà et là quelques pauvres tribus nomades ; et rien n'étonne plus le voyageur que de rencontrer dans ces régions sans eau ni végétation les ruines de cités qui furent grandes et riches.
Le plateau d'Iran, où naquirent les empires Mèdes et Perses, patrie par excellence des arbres fruitiers, pommiers, poiriers, cerisiers, pêchers; et aussi des fleurs, surtout des roses, possède aujourd’hui un climat excessif, passant de 65° en été à — 15° on hiver. De nombreux marécages y rendent la vie difficile.
Plus bas, dans la plaine, la Mésopotamie, avec ses deux grands fleuves, le Tigre et l’'Euphrate, n’est plus qu’une vaste solitude. On ne rencontre que quelques misérables bourgades, là où se dressèrent jadis Ninive et Babylone. Au sud, c’est l’antique Chaldée. On ne dirait guère, à la voir désolée et abandonnée aux roseaux et à la boue, qu’elle fut un centre d'activité prodigieuse. Au nord, c’est l’Assyrie, pays de plateaux et de vallées, jadis couverte d’épaisses forêts ou Thoutmès III chassait l'éléphant en 1700 avant Jésus- Christ (2), aujourd’hui terre aride de sable et de rochers.
(1) Regnault. Déboisement et décadence.
(2) Regnaull. Déboisement et décadence.
Qu'est devenue également la verte Palestine, la terre promise des Hébreux ?
Moïse disait d’elle : « c’est un pays de sources, de ruisseaux et de lacs, un pays d'orge, de froment, de vignes, de figues, où l’homme n’a que faire d’entasser des provisions pour se mettre à l’abri du besoin. »
Les cèdres fameux du mont Liban ont disparu, la riche vallée du Jourdain n’est plus que ruines et solitude. Le grand désert commence où furent Tyr, Sidon et la Terre promise.
Passons en Arabie, elle s'appelait jadis heureuse ; il fut un temps où elle vit aussi la prospérité ; l'assyriologie nous parle de royaumes florissants. Assurbanibal conquit des cités opulentes dans le Nedjd et l’Hedjaz. Dans le Yemen on trouve les ruines gigantesques de Mariab et Sabata. Tout cela a fait place au désert, où règnent à présent la hyène et le chacal, que parcourent quelques arabes nomades allant d’une oasis à l’autre.
Partout on rencontre de semblables exemples de dépopulation, conséquence de la dénudation imprévoyante du sol, en Asie-Mineure, dans le Turkestan, au Pérou. Dans l'Afrique centrale, la zone désertique tend de plus en plus en plus à s’accroître. Le cap Vert stérile aujourd'hui était au dix-huitième siècle, d’après le botaniste Adanson, couvert d’une vaste forêt, d’où son nom.
Enfin les deux peuples les plus célèbres de l'antiquité, la Grèce et Rome, nous offrent de remarquables exemples de dépopulation, et il est certain que le peu de cas que l’on fit des forêts, en fut une des causes principales.
La Grèce avait autrefois des fleuves et des forêts. Les montagnes étaient couvertes de bois où se tenaient les oracles. Nombre de villes tirent leurs noms d'arbres : Pla-
tanos, Carya, Valanidia..…. La population était surabondante, ce qui lui permit de coloniser non seulement les iles qui l’entourent, et les côtes de l’Asie Mineure, mais la Sicile et l'Italie, depuis les côtes de l'Espagne jusqu’à celles de la mer Caspienne.
Aujourd’hui la Grèce est un des États les plus faibles de l’Europe, sa population n'atteint pas deux millions et demi d'habitants. Ses fleuves sont à sec, ses forêts réduites à quelques bouquets d’arbres. Seules les îles Ionniennes ont conservé leur verdure.
L'Italie a souffert du même mal. Riche lors de la fondation de Rome, elle se dépeupla. Tite-Live dit : « On me demandera où les Volsques ont pu trouver assez de soldats pour faire la guerre, après avoir été si souvent vaincus. Il fallait qu'il y eut un peuple infini dans ces contrées, qui aujourd'hui ne seraient qu’un désert sans quelques soldats et quelques esclaves romains. »
De nos jours encore la campagne romaine est dépeuplée et malsaine ; la Sardaigne est stérile, les Apennins sont dénudés et manquent d’eau.
L'Afrique du Nord (1), Algérie et Tunisie, montre aussi l’œuvre de mort accomplie par la négligence de l’homme et des peuples pasteurs. Véritable paradis terrestre aux temps préhistoriques, si l’on en croit la fable, elle fut après la ruine de Carthage, un des greniers de Rome.
Aujourd'hui, il ne reste plus rien, si ce n’est au bord de la mer et sur le flanc de quelques montagnes ; en arrière c'est la steppe, le Sahara brûlant et désolé.
Plus près de nous la décadence rapide de l'Espagne est un sujet d’étonnement.
(4) Schwob. Le siècle de l'eau (Toulouse, 1903).
LE DÉBOISEMENT yl
Au seizième siècle, elle est la nation la plus florissante de l’Europe et du monde avec Charles-Quint et Philippe IT; puis sa puissance s’efface rapidement au dix-septième siècle. De nos jours, elle a été reléguée bien loin au deuxième rang.
À quoi attribuer cette chute si rapide ? Les arbres ont disparu, et l’Espagne manque d’eau. Son taux de boisement n'atteint en effet que 13 pour 100.
L'Espagne centrale est un véritable désert. Alors que sur les côtes 1l tombe en moyenne 750 millimètres d’eau par an, grâce au voisinage des mers, dans le centre il n'en tombe que 600, voire même 300 dans l’Almeira (1).
Suivant un proverbe, le plateau de Castille est dans un tel état de nudité que l’alouette qui le traverse doit emporter son grain. En Aragon, l’eau est si rare que pour faire le mortier on mélange le vin au sable, plutôt que d'employer l’eau des fontaines (2).
De nos jours, la décadence menace les peuples qui déboisent. Considérons la France qui nous intéresse spécialement. Son aire forestière n’a cessé de diminuer, etcomme conséquence ses régions montagneuses sont en voie de dépopulation rapide ; le paysan fuit ses vallées dénudées et devenues arides (3).
Dans la période comprise entre les deux derniers recen-
(4) Marvaud. La question agricole en Espagne. Revue économique internationale ; 1907, 2 ; p. 569.
(2) Elisée Reclus. Histoire d’un ruisseau, p. 211.
(3) Les chiffres relatifs au mouvement de la population sont tirés des statistiques publiées par l’'£conomiste français el des ouvrages suivants : Fabre. L'exode du montagnard et la transhumance du mouton (Paris, 1909). — Fabre. L'exode montagneux en France (Paris, 4909). — Descombes. L'aménagement des montagnes dans la chaîne des Pyrénées (Bordeaux, 1905).
sements (1901-1906), vingt-six départements méridionaux montagneux sur trente et un ont perdu 107,000 habitants. Pour les cinq autres, la dépopulation est masquée par l'accroissement des grands centres. C’est le cas des Alpes- Maritimes, où Nice s’est accru de 27,000 habitants. Ceci fait, bon an mal an, une perte de 22,000 habitants, soit 1,03 pour 100 de la population.
C’est dans le Sud-Ouest que la diminution est le plus sensible.
Les quatre départements du bassin garonnais : Ariège, Haute-Garonne, Basses et Hautes-Pyrénées, ont perdu, de 1851 à 1906, 163,000 habitants, soit 12 pour 100 de leur population et 2,964 habitants par an. Le seul département de l’Ariège est tombé de 267,435 habitants à 205,684, soit une perte de 30 pour 100.
Le Gers, dont la population s'élevait en 1846 à 314,885 habitants, ne compte plus que 231,088 habitants, perdant 1,400 habitants par an, et encore cette dépopulation est atténuée par l'accroissement de certains centres thermaux, religieux ou militaires.
Si l’on ne considère que les régions montagneuses, la dépopulation est encore bien plus rapide.
Dans les quatre départements cités plus haut, les régions montagneuses perdent en moyenne 24 pour 100, et les régions de plaines seulement 13 pour 100. Dans les Pyrénées-Orientales, la différence est encore plus sensible. Alors que le canton montagneux de Prades perd, de 1846 à 1901, 8,071 habitants, soit 15 pour 100, le reste du département gagne dans la même période 39,398 habitants. La seule ville de Perpignan accuse un gain de 16,000 habitants.
Dans tous ces départements, la population s'était accrue
durant la première moitié du dix-neuvième siècle. C’est depuis 1850 qu’elle a commencé à diminuer, et la chute depuis est allée en augmentant sans cesse. |
Certaines communes placées en pleine région montagneuse ont vu leur population décroître dans des proportions plus considérables encore.
Le canton de Bagnères-de-Bigorre a perdu, pendant deux périodes décennales (1881 1901), 2,500 habitants. Celui de la Barthe-de-Neste (Hautes-Pyrénées), 2,244. L’arrondissement d'Argelès ne compte plus que vingt-sept habitants par kilomètre carré ; la moyenne en France est de soixante-douze. La commune d’Aston (Ariège) a perdu depuis 1851 la moitié de sa population. Melles (Haute- Garonne) a vu la sienne passer de 1,809 habitants en 1861 à 804 en 1901. Luz ne compte plus en 1901 que douze habitants par kilomètre carré, au lieu de dix-sept en 1826. Campan (Hautes-Pyrénées), vingt-huit au lieu de quarantecinq.
Les mêmes exemples de dépopulation se présentent dans le plateau central et la chaîne des Cévennes. Sept départements : Ardèche, Aveyron, Cantal, Hérault, Puy-de-Dôme, Tarn-et-Garonne, perdent, de 19041 à 1906, 37,963 habitants, soit 15 pour 100. Depuis 1851, l'Ardèche à diminué de 38,695 habitants, et le Puy-de-Dôme de 61,456.
Dans cette région, on rencontre un véritable désert, les causses (1), vaste plateau d’une superficie d'environ 500,000 hectares, glacé l'hiver et aride l'été; iln°y pousse qu'une pelouse rare et courte, dont l’uniformité est rompue çà et Là par des touffes de buis et de genévrier. La
(4) Paul Buffault. Le reboisement dans l'Aveyron. Ier congrès de V’A. C. A. M. (1905) ; compte rendu, 230.
population y atteint à peine dix habitants par kilomètre carré.
Pourtant il n’en a pas toujours été ainsi : les traces de nombreuses voies romaines et les ruines médiévales qu’on y rencontre démontrent que la population y était jadis beaucoup plus dense. Le causse Méjean, qui ne compte aujourd’hui qu’un millier d'habitants, possédait aux douzième et treizième siècles quatorze châtellenies.
Le causse noir doit son nom à une sombre forêt de pins, dont il ne subsiste que quelques bouquets rabougris.
« Partout, dit M. de Malafosse, on rencontre des fermes, des maisons isolées, dont les habitants vivaient de la culture des terres voisines. Des hameaux mêmes sont déserts. On a retiré des habitations les poutres et les ardoises des toits, choses qui dans ces régions ont toujours de la valeur ; et les murs s’éboulant peu à peu restent pour attester que naguère il y avait là des habitants (1). »
La dépopulation sévit de même dans les départements alpins.
Les départements savoyards ont perdu, depuis 1851, 10,000 habitants ; ils renferment pourtant de nombreux centres d'attraction dont la population s’est accrue considérablement : Aix, Evian, Thonon. Dans l'intervalle des deux derniers recensements, ils accusent une diminution de 4,670 habitants. L'Isère a perdu en cinquante ans 41,182 habitants.
Mais les départements les plus dépeuplés sont les Basses et Hautes-Alpes ; il faut dire que ce sont les plus dénudés de la chaîne des Alpes. Exclusivement montagneux, leur
(1) De Malafosse. Dépopulation et stérilisation des causses.
taux de boisement n’est que de 12 pour 100, alors que, dans les Alpes savoisiennes, il est encore de 22 pour 100, et dans les régions les plus déboisées des Pyrénées, de 18 pour 100. Aussi les paysans fuient-ils en masse cette région ravagée.
Le département des Hautes-Alpes a décru depuis 1851 de 36,544 habitants, soit 34 pour 100. Celui des Basses- Alpes a passé de 153,873 habitants en 1871 à 113,126 en 1906, soit une perte de 1,160 habitants par an. La densité de la population dans ces deux départements n’est que de dix-sept habitants par kilomètre carré.
Certaines parties ont été spécialement éprouvées. En cinquante ans la seule vallée de Barcelonnette a perdu 28 pour 100 de sa population ; elle n’a que douze habitants par kilomètre carré. Des communes ont diminué d’un tiers ou de la moitié. Blégiers a vu depuis 1871 sa population passer de 450 à 296 habitants. Prads de 478 à 329. Saint- Dalmas en Servage a perdu 250 habitants sur 500. Saorge accuse un déficit de 60 pour 100.
Bien plus, certains villages ont été abandonnés de leurs habitants, rayés du nombre des communes françaises. Les malheureux montagnards ont dû quitter leurs terres parvenues à un état d’infertilité telle, qu’elles ne pouvaient plus fournir les ressources nécessaires à leur existence.
Le 28 octobre 1888, les habitants de la commune de Chaudun (1) adressent une pétition au ministre de l’Agriculture demandant l’expropriation de tous les terrains de la commune. L’acquisition fut consentie au prix de 100 francs l’hectare. Peu après Châtillon-ie-Désert (Hautes-
(4) Fabre. Le mouvement sylvo-pastoral. Ile congrès de l'A. CG. A. M. (1906), p. 19.
Alpes) construit sur les ruines de l'Abbaye de Notre-Dame de la Misère, non prédestiné, sollicitait et obtenait la mème faveur.
Plus tard, en juin 1905, le conseil municipal de Mariaud (Basses-Alpes) offrait à l'État la cession amiable de tout le territoire de la commune et demandait des terres au gouverneur de l'Algérie. L'État craignant de favoriser la dépopulation a hésité à acquiescer à ce désir. Puis ce furent dans ce mème département des Basses-Alpes Brandes et Bedejun qu'abandonnèrent leurs populations, pour aller chercher de l’autre côté de la Méditerranée un ciel plus clé ment.
Que deviennent ces malheureux arrachés ainsi de leurs montagnes par la misère et la famine? Un certain nombre va vers l'Algérie y recommencer une nouvelle vie, d’autres vont vers la grande ville, et beaucoup y périssent; mais le plus grand nombre va vers l'Amérique s’y expatriant pour toujours. Le nombre des émigrants s’est élevé de huit à treize mille dans la période de 1865 à 1900 ; depuis il a été en moyenne de quinze mille par an. Ce sont des jeunes gens en pleine puissance d'énergie et d'initiative.
Et pourtant la France n’a pas besoin de telles saignées, car tandis que de 1857 à 1907 sa population s’est élevée péniblement de 35 à 39 millions, sa puissante voisine, l'Allemagne, malgré une émigration intense (plus de 210,000 mille individus par an), a vu la sienne passer de 35 millions à 62.
Au contraire les régions qui ont su conserver leurs forêts ont vu leur population s’accroitre, ou tout au moins rester stationnaire.
Le département des Landes, où les forêts couvrent 50 pour 100 du territoire, comptait, en 1856, 309,633 habitants,
il en a encore 293,397 ; même, au dernier recensement la population accuse un gain de 1,811, la natalité a augmenté et la mortalité diminué.
Le même phénomène s’est produit en Sologne, depuis le reboisement. La population des départements de la Meurtheet-Moselle et des Vosges subissent un accroissement constant. Pour ce dernier il a été de 24,105 depuis 1851.
On le voit donc, la forêt a une influence considérable sur la prospérité d’une nation ; nous allons dire rapidement
comment.
La forêt est un des dons les plus précieux de la nature : outre qu'elle nous fournit une matière première indispensable, elle a une influence bienfaisante sur la température, le régime des sources et des pluies, la salubrité publique. Son rôle est particulièrement bienfaisant dans les régions montagneuses, où elle empèche l'érosion el régularise le cours des rivières ; dans les pays marécageux qu'elle assainit ; et sur les dunes qu’elle fixe. Nous allons voir de quelle manière l’arbre s'acquitte de ses différentes
fonctions.