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LA FORÊT ET LE SOL

La forêt, par la formation de l’humus, assure la consti-

tution d’une terre végétale riche en éléments assimilables.

(1) Fron. Forêts, pâturages et prés-bois (Paris, 1909). — Huffel. Economie forestière (Paris, 1904).— Audebrand. La houille blanche

Chaque année l'arbre perd ses feuilles, celles-ci s’accumulent en mème temps que les brindilles et le bois mort. Il se forme sur le sol une couverture morte. Ces déchets se fractionnent, se pourrissent, se transforment sous l’influence des bactéries et des ferments en une matière pulvérulente, très hygroscopique, grise ou brune, dégageant une odeur très caractéristique de moisissure ; c’est le terreau forestier ou humus.

L'humus est une substance de composition très complexe ; on y trouve de l’eau, de l'hydrogène, de l'oxygène, du carbone, des matières azotées, et des éléments minéraux divers. Cette couverture morte a également, conme l'a établi M. Henry, professeur à l’école forestière de Nancy, la propriété, soitseule, soit mélangée avec la terre, de fixer l'azote de l'air.

L'humus est le seul engrais que reçoit la forêt et il est suffisant ; il restitue au sol la plus grande partie de ce que l'arbre lui a pris. Geci est si vrai que lorsque la couverture morte est enlevée, on constate une dépression dans lPaccroissement du bois. D'après M. Schwappach cette dépression serait de 40 pour 100 lorsque l'enlèvement est annuel.

La forêt accroît ainsi la couche de terre végétale en dessus, elle l’augmente également en dessous ; les racines pénètrent dans les roches, les rompent, les attaquent par certains acides qu'elles sécrètent, y font pénétrer l'air et l'eau, qui hâteront leur ameublissement. Puis l'arbre étant coupé,elles se décomposent, laissant à leur place un réseau de canaux et de poches remplies d’une matière meuble.

Il y à donc, là où est la forêt, augmentation de la couche

et le problème sylvo-pastoral (Grenoble, 1907). — Articles de M. Henry. Revue des Eaux et Forêts, 1902 et 1904.

LE DÉBOISEMENT il

du sol par ses deux faces, l’une extérieure, l’autre intérieure. Ceci est si vrai, qu'à la suite d’un défrichement les sols les plus mauvais sont susceptibles de donner sans

engrais pendant quelques années des récoltes superbes.

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