I. — ECRITS ET DISCOURS QUI OIVT POSE LA QUESTION
En France deux écrits et en Angleterre deux discours prononcés à la tribune , puis publiés par les journaux , nous paraissent avoir résumé tout ce qui s'est dit récemment de plus important au sujet de la Question italienney en tant qu'elle intéresse l'Élat pontifical; c'est Il ce dernier point que nous nous attacherons , puisque c'est le seul sur lequel écrits et discours paraissent s'accorder. Il y a d'abord une brochure que Ton dit être de M. de la Guéronnière , et qui a pour titre : VEmpereur Napoléon III et V Italie (i); ensuite il y a un ar^ ticle de la Revue des Deux-UondeSj dans lequel M. Charles de Mazade se propose de résoudre le problème des destinées de l'Italie (2), et parait se borner pour le moment à considérer V Autriche et le Piémont dans la Péninsule i c'est là le second titre de ce même article* Des deux discours, le premier est celui que lord Derby, chef du ministère britannique , a prononcé dans la chambre des Lords ; le second est celui de M. Disraeli (3) , chancelier de l'Échiquier , prononcé à la
(1) La brochure a été imprimée en Italie sans nom d'auteur; mais, comme elle a été généralement attribuée à M. de la Guéronnière, et qu'elle a été reproduite mot pour mot sous son nom par V Indépendance belge, sans que personne, que nous sachions, ait réclamé, nous la tenons pour émanée de lui. {Aote de la Civilià.)
(2) Cet article se trouve dans la livraison du l*** février 1859, p. 583 et suiv.
(3) Les deux discours de lord Derby et de M. Disraeli ont été publiés par le Galignani^s Messenger^ à la date du 6 février.
chambre des GomiDunes. Or ces diverses expressions des pensées , des tendances et de l'opinion, comme on dit aujourd'hui, an sujet de ritalie ) ont retenti avec une rapidité incroyable d'une extrémité dé l'Europe à l'autre , et ont soulevé partout les plus vifs applaudissements ou la pins complète réprobation, selon les dispositions diverses de ceux <}ui les ont lues ou entendueè. Peut-être les a-t-on moins Connues en Italie que partout ailleurs , précisément parce qu'on aurait dû les j connattre mieux ; cela n'empêchera pas que, en les examinant dans leurs points principaux, nous ne trouvions occasion de dire des choses qu'il importe aux Italiens de né point ignorer. Que l'on né s'étonne pas , du reste , de la nécessité qu'il y a aujourd'hui de discuter de nos affaires avec les étrangers. Si la situation de l'Italie est devenue périUeuse , c'est uniquement parce que les étrangers ont eu la malheureuse pensée de s'occuper de nous ; sous prétexte de nous rendre indépendants d'une influence autrichienne qui ne s'aperçoit guère , on veut à toute force établir des influences françaises ou an-^ glaises qui, un jour ou un autre , pourraient foire place , qui sait? à des influences russes ou ottomanes. D'un autre côté, les quatre hom-* mes d'État dont nous avons parlé n'ont guère fkit autre chose , en ]parlant de l'Italie, que répéter ce que depuis une dizaine d'années les divers partis italiens ont articulé de (aux , d'injuste, ou proposé en fiiît de projets insensés ; ils n'ont même pas paru soupçonner qu'il pût y avoir et que personne pût connaître, au sujet de notre pays, autre chose que ce qu'ils en ont dit. En leur répondant , nous arriverons êMie à réfuter pour la cinquantième fois le parti des italianissimes dans tout oe qu'H se platt à débiter depuis longtemps par le monde. Nous espérons peu cependant que oe soit avec plus de succès qu'on ne Tu fait jusqu'ici : avec des gens qui ne veulent ni voir ni entendre, à quoi sert d'élever k voix et de multiplier les lumières ?
En analysant bien l'écrit de M. de la Ouéronnière, l'article de M. ie libzade, et les discours de lord Derby et de M. Disraeli (en tant qu'ils regardent les États Pontificaux), on trouve qu'ils se réduiseat à supposer certains faits, h affirmer certains droits et à proposer certains remèdes pour améliorer cette situation de Tltalie qui menace^ dit on, la tranquillité du monde entier. Or nouA pourrions démontrer en détail et de la manière la plus évidente l|ue les fato allégués sont ou
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étrangement exagérés ou faux en tout point , que les droits invoqués n*ont en justice aucune espèce de fondement , et qu*enfin les remèdes proposés auraient une efficacité merveillense pour aggraver le mal qua Ton cherche à guérir^ Mais cela nous forcerait à dépasser encore de beaucoup Tétendue d^^ inusitée que nous avons eru devoir donner à cet article. Nous nous bornerons donc à peu près à la première partie, du travail , c'est-à-djre à ce qui est des faits allégués. Nous ne dirons que peu de chose des droits iQtoqués et des remèdes proposés : ces 4eui points n'ayant de valeur que celle qu^ils tirent du premier^ ils tomberont par cela seul que Ton aura détruit ce qui leur sert de base et d'appui.