PAR LE DROIT GAIMON
Il nous est difficile de comprendre ce que veut dire M. de la Guéronnière lorsqu'il parle de Yaulorilé catholique appliquée aux intérêts de V ordre temporel; autorité, ajoute-t-il, qui, n'admettant pas la discussion, pourtant indispensable aux intérêts temporels, constitue la première difficulté pour le gouvernement ecclésiastique. Où a-1ril doue appris que l'autorité ecclésiastique n'admet pas la discussion? Et quand cela serait, en quoi cela toucherait-il à la discussion des affaires de justice et d'administration publique? Croit-il, par hasard, que, pour examiner les lois et juger les causes , il y a dans les Etats Pontificaux des conciles eu permanence qui formulent des dogmes sur
chaque point particulier? Même dans ce cas, la discussion ne serait pas interdite, pas plus quelle ne Va jamais été dans les conciles; nous dirons plus : c'est qu'elle se prolongerait beaucoup trop au gré des parties intéressées. M. de la Guéronniëre s'imagine-t-il que, lorsqu'il s'agit d'établir des impôts et de les percevoir, on va consulter le Symbole de saint Athanase ou le concile de Nicée? Groit-il.qne, pour nommer des magistrats ou d'autres officiers publics, on fasse subir aux candidats des examens de patristique ou de théologie dogmatique? Écartons donc cette ridicule, manière d'appliguer VauioriU catholique aux intérêts temporels; une pareille formule ne peut signifier qu'une chose : c'est que les règles éternelles de la justice, interprétées et appliquées par l'autorité catholique , président à l'administration des intérêts temporels. Dans ce sens (qui est le seul raisonnable) , nous ne voyons pas comment on peut tirer de là un sujet de reproche à faire au gouvernement pontifical ; car c'est là la condition indispensable pour que tout gouvernement accomplisse sa mission comme il le doit; c'est là la règle qui a fait la civilisation de l'Europe et dont le rejet a inauguré cette voie de retour à la barbarie dans laquelle notre société décrépite et gangrenée semble prête à tomber. Que le célèbre publiciste se le persuade bien : le moyen le plus sûr de mettre fin aux révolutions serait précisément Vautoriti catholique appliquée aux intérêts temporels- Malheureusement il ne l'a pas mise au nombre des moyens qu'il propose pour réformer les États Pontificaux. Nous lui aurions répoudu encore cette fois que c'est chose déjà faite, en principe du moins, et que c'est le meilleur moyen de gouverner les peuples ^ même au milieu des lumières de notre époque.
Hais> puisque nous parlons de notre époque, vous semblent-! I tolé^ rable qu'aujourd'hui même la loi souveraine d'un peuple puisse être le droit canon^ inflexible comme le dogme^ immobile au milieu du mouvement du siècle P
Ici nous ne savons ce que l'on doit le plus déplorer dans l'auteur, ou de l'ignorance des faits, qui l'induit à croire que Rome n'est gouvernée que par le droit canon, ou de l'inintelligence du principe, qui supposer que le droit canon est dans toutes ses parties inflexible et t^bmable comme le dogme. U est certain que dans le droit en
question il y a nue partie dogmatique^ qui est par conséquent immuable ; mais elle u*a rien de commun avec les dispositions pratiques de la*légisiation et de la procédure. Ce qui règle ces diverses dispositions^ c'est ce que nous appellerons la partie discipliaaire du droit, laquelle a été en ligueur jusqu'à ces derniers temps dans tous les royaumes catholiques de FEurope, et qui même est encore en \igueur en Angleterre au moins autant qu'à Borne, sans que Ton en ait éprouvé ces terribles embarras ni trop souffert de cette inflexible immobilité qui épouvantent l'auteur de la brochure. Qui donc a pu aller lui dire que cette partie disciplinaire de droit canon est immuable ? Comme si l'autorité pontificale qui l'a sanctionnée ne pouvait pas la modifier selon le besoin des temps et des circonstances ; comme si le concile de Trente n'y avait pas apporté une quantité d'adoucissements; comme si enfin les dispositions canoniques n'étaient pas encore chaque jour soug nos yeux suspendues, changées ou abrogées par l'autorité compétente !
VŒ. — y A-T-IL ANTÀGOniSME EHXRE LA NATTONALIli riALIElIlfE ET