CARDINAL MERRY DEL VAL'S LETTER TO LORD ROTHSCHILD
« Now that Beiliss has been acquitted, and the world is setting down again to its ordinary work, we may be allowed to say a word on how the Holy See was exploited in his defence.
{Lord Retheshild wrote to the Cardinal Secretary of State, enclosing a copy of the letter of Innocent IV to the bishops of Germany
and another of a report made by Ganganelli, afterwards Clement , wbile a consultor of the Holy Office. He commented — on rs 35 documents cleverly enough 4 VAL . — N opinion from Cardinal. Merry himself to Lord Rothschiid's formal request, assured him that his copies were substantially correct, commenting neither on them nor on Lord Rothsch Id's interpretation of them.
Nevertheless, daily press told us that the Cardinal had written to Lord Rothschild, denouneing as baseless the assertion that Innocent IV had not only not condemned trials for ritual murder, but had approved them, and informing him that other Popes had also
« This is not to treat the Holy-See with the respect it deserves. We are not altogether surprised at such insincerity, when we remember that on a similar occasion in 1883, a letter said to have been written by Cardinal Jacobini, Secretary of State at the time, in which he
was circulated in the press. The letter never was written.» (America, 22 nov. 1918, p. 160.)
(fraduction) {LA LETTRE DU CARDINAL MERRY DEL VAL 4 LORD ROTHSCHILD
« Maintenant que Beiliss est acquitté et que le monde s’est remis
à sa besogne ordinaire, il nous sera peut-être permis de dire un mot de la manière dont le Saint-Siège a été exploité dans le but de défendre accusé
r ; . à € Lord Rothschild a écrit au cardinal Sécrétaire d’État, insérant dans sa Pa copie 3 la Lettre d' Innocent * aux 8 magne et ance en même temps qu’une copie d'un rapport fait par Ganganelli, plus tard Clément XIV, 25 ‘ Saint-Office. Lord isai
F” =bstenant de faire aucun commentaire sur ces documents ou sur i’-uterprétation qu en donnait Lord Le € Néanmoins, la presse quotidienne © nous a affirmé que le Cardinal avait écrit à i ur dénoncer comme sans fondement l'opinion de ceux qui disent 23 IV, non seulement n'a pas condamné les procès E meurtre rituel, mais les a approuvés, Apen
« Voilà qui n'est pas traiter le Saint-Siège avec le res qu'il
mérite, Nous ne sommes absolument surpris d’un il manque de sincérité, puisque sen dau rappelons que dans une -- mblable
(1) A l'exception de la presse dienne-française, L. eu merci,
occasion, en 1883, la fit circuler une lettre qu'elle disait avoir
Cardinal . J. Secrétaire d' Etat alors, et dans
faisait dire au Cardinal que, tape la profonde connais-
avait du Talmud, il était Convaincu que l'accusation de
punir rituel était sans fondement. Pareille lettre n’a jamais été te.»
(America, 22 nov. 1913, p. 160.)
Nous sommes donc, en 1913, tout comme en 1883, en présence d’un cas bien typique de fabrication d'opinion Par certaine presse intéressée.
Il n’est que juste, maintenant, que je vous lise la lettre d’Innocent IV, document qui a principalement provoqué la consultation de Lord Hothschild, auprès du Cardinal Secrétaire d Etat.
4 LETTRE DU PAPE INNOCENT 1v
{ Aux Archevêques et Evêques d'Allemagne,
sans tirés — archives de leur foi chrétienne, la Sainte Ecriture établissant, entre autres préceptes * celui-ci ; Tu ne tueras point, et leur défendant
i ; aussi qu’on présente malicieusement un cadavre comme preuve de leur forfait, FE trouve un quelque part, et que les persécutant ainsi Par. cette calomnie et d'autres de ce genre, ile les — contre la loi de Di i
i 1 des princes N cités 0 au, il s0 trouvaient dans des conditions pires que ne étaient ee Egypte sous la règle des Pharaons : cratgnans dons 2 ud df bf in sere l dees 4. Siège A posto-
que.
We voulant donc laisser molester injustement ces Juifs, dont le Seigneur miséricordious alend la conversion, Puisque, au témoignage du
prophète, on croit les derniers d'entre euz ont sauvés : nous décréque ‘sous deves ré el remettre selon Le droit dans l'état feu, vous montrant fi et bi
En rapprochant cette lettre du pape Innocent IV, de 5 du même pontife, écrite à Louis IX, roi de France,
(lettre que nous avons citée dans la 1ère partie de notre conférence), il epparaît clairement, une fois de plus, que les Papes, Par un très digne souci de stricte impartialité, n'ont jamais manqué de dénoncer les fautes et les excès, tant ceux des chrétiens que ceux des juifs.
Et c’est tout ce qu'on en doit honnêtement et logi-
La Nouvelle Revue Théologique ne pense pas autrement, et nous tenons à citer le commentaire qu’elle faisait récemment de cette Lettre d’Innocent IV, après en avoir eee texte original (Le Saint Siège et la question du orime rit :
Cette lettre, dit la Revue, renferme, selon la forme accoutumée des décrétales, deux parties : la partie narrative, qui va jusqu’au aragraphe Nolentes w; et la partie dispositive, contenue ds ce pa phe. Dans la preu
mière, le pape résume la supplique des Juifs allemands et rapporte les faits tels qu'elle les énonce. Tout cet exposé, dans le style des décrétales, est en dépendance du Recepimus quaestionem quod. . 00 On y trouve les allégations
plaignants, non un jugement sur la vérité ou la ausseté de ces allégations. Innocent affirme que les Juifs se plai-
rappés sans mesure. Quant au dispositif, d’une façon — — il n'absout pas les Juifs. II les recommande à la
0 Rainaldi, Annal., ad annum 1247, No. 84.
e voulant pas.
Nous avons reçu le mémoire lamentable, où Les Juifs se plaignent que... ; 5
ee —
bienveillance et à l'équité des évêques, enjoint à ceux-ci d'examiner le bien-fondé de leurs réclamations, pour, i elles sont exactes, restituer les victimes en leur état... Ce serait donc exagérer le sens de la déc’étale que d'y voir une décision du aint-Siège sur la question générale du crime rituel en tant qu imputable aux Juifs... Tout au plus peut-on dire que, dans le ton de la décrétale, dans le terme dont elle se sert pour résumer la supplique, il perce, avec la commisération pour les suppliants, l’inclination à croire leurs griefs fondés, en même temps qu’une certaine defiance à l'égard de l’incrimination dirigée contre eux. Le
II eut été relativement facile, du reste, à Lord Roths-
à le faire collationner dans le Bullarium num En poussant un peu les recherches dans ce même B ire in, on eut facilement trouvé dans l' dition
ahiers Romains (No des 2, 9 novembre 1913) : « Le cardinal N ee écrivit un rapport pour le Saint-Office
à la justice telles qu elles lui apparaissaient, bien qu’elles fussent en faveur des pires ennemis de I Eglise. ncore une fois, voilà une preuve éclatante de l’amour de la vérité, de la justice et de la charité qu’on trouve dans
l'Eglise Romaine. Mais, c'est tout. La question historique touchant l'existence du crime rituel 5 sera pas décidée pe l'opinion personnelle du Cardinal Ganganelli, »
°— Voici, maintenant comment l’Agence Internapr les Safe son sPpréciait la campagne de presse menée par les pen procès de Kief, dans une correspondance adressée
55 Au het, ee per Sn Feller, e de crime. rituel chez les juifs du Talmud. Ces ournaux (tel le « Mes- ES us one un Pam . 8 —— er pour de ere . risquée 1 Aer 4 Mose, comme si la on actuelle du age n’était celle du Tal-
tels quels les co tes rendus du rocès Beiliss pu iés par des agences et — journaux au service de 5 8 . En attendant, voici les nouvelles qui nous arrivent de Varsovie. Les Juifs de la P russe sont, aussi bien que ceux de l'Empire, dans un état d' tion indescriptible à cause du procès. Ils re t les synagogues, où ils prient Jahweh de foudroyer * Fans goïm (les chré-
co ait un jeûne pour obtenir la victoire d'Israël dans le procès 2 5 { émancipés » qui jouent la comédie | ralliement avec le monde chrétien, tiennent leurs milieux la même attitude que les zélés.»
À propos de ces procédés de nature à égarer l’opinion,
je vous signale le fait ique de la volte-face soudaine exécutée, à l’ouverture du procès Beili par le grand journal russe « Ki ianin », volte-face ainsi caractérisée par M. Maurice... meyr, dans l' « Univers » de Paris :
« Tout à coup, écrit M. Maurice Talmeyr, le jour 3 où le s'ouvre, un journal antisémite, conservateur, sage, riche, ayant i lui trente ans de prospérité, le Kievilianin, ce journal, malgré lte, ue conitiime, 58 richesse, sa sagesse et ses trente ans de' rité, se convertit avec fracas à la cause Juive, et se rue avec fureur sur tout ce qui ne l’est -« : Ah ! pardon, ce coup-là, je le reconnais, et je l'ai même vécu, i Y à quinse ans, au Figaro. Je 2 encore cette maison conservatrice, sage, riche, ayant trente ans i derrière elle, et se jetant
violent et le honteux dreyfusisme ! Je la vois encore bouleversée mg gp — — lendemain, * porte vous mettre sur
gorge l'innocence - cent fois ay Lead 2
Je prends aussi occasion de ces faits pour vous 2 ler le caractère extrêmement tendancieux de la « euie Trete Presse » (La Nouvelle Presse Libre), journal juif de Vienne,
9°—Les Juifs eux-mêmes ne sont pas d’accord sur la question de savoir si le meurtre rituel existe ou non. uve : l'opinion du rabbin I, Ziegler, de Carls-
5 1 85 nous avons citée plus haut (voir observation
10° — Enfin, n les Juifs se plaignent-ils de Lissue du procès de Kie comme l’annonçait L * de Québec, dans son numéro du 12 novembre 1913 (dépéche datée de Londres), sous prétexte que le verdict u jury de Kief laisse la question du meurtre rituel sans solution ? Le tribunal de Kief ne pouvait décider qu’une question : celle de la hs x AS ou de la non-culpabilité u Juif Mendel Beiliss. L’accusé a été acquitté. Pourquoi donc les Juifs se plaignent-ils? Ne comprennent-ils Pas que cette étrange attitude est de nature à laisser croire que les Juifs tenteraient, par ces réclamations indues, d'exercer une Pression sur les tribunaux 0 auraient à juger de semblables eas à l’avenir et de les amener, alors, à faire, non plus le procès d'un individu, mais le procès même de l’histoire (ce qui n’entre dans les attributs d’aucun tribunal) ?
Après ces quelques remarques, que j ai crues nécessaires, il est permis, il me semble, de se poser cette question: e meurtre rituel est-il une légende, ou une ré: lité historique?
Il est de toute justice de laisser les documents réponeux-mêmes.
1° — Documenrs CONCERNANT L’ASSASSINAT DU BIRN- HEUREUX SIMON DE TRENTE, cOMMIs PAR LES JUIFS EN 1475 :
Vo; 4 d'abord, les Passages de la Bulle Beatus Andreas . de Benott XIV, datée du 22 février 1755, ayant trait au
—— meurtre par les Juifs des Bienheureux André de Rinx et Simon de Trente : M4
14 du village de Rina, diocèse de Binscen, encoré de rois ans, fut tri e note de, e 2
1 on avait commencé à rendre au Bienheureuz ce que 4 ln fr pleine lumière qu'il avait bien 4 tué en haine de la foi chrétien Preuves
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