‹ La question marocaine d'après les documents du livre jauneChapitre 10 sur 19 · CAUSES ET CONDITIONS DE L ACTION FRANÇAISE AU MAROC · texte numérisé non relu

CAUSES ET CONDITIONS DE L ACTION FRANÇAISE AU MAROC

paniques provoquées par la guerre civile en territoire marocain, soit que les tribus marocaines prétendent trouver en Algérie les pâturages qui leur font défaut (Voir plus haut, § 1, alin. c).

b) Retentissement des troubles politiques du Maroc sur l'attitude des tribus des districts- frontières.

Décembre 1902'Janvier 4903. — Tandis que le Prétendant Bou- Hamara tient en échec le Makhzen dans la région de Fez, les agressions contre les territoires français se multiplient dans TEst de TEoipire.

« Cette aggravation [de la situation dans la Zousfana] pourrait sembler en partie imputable aux événements dont le Maroc est actuellement le théâtre, et qui sont exploités par certaines personnalités remuantes »... tout en ayant surtout pour cause la condition même des districts-frontières.

{Rapport de M. Revoilà M. Delcassé, 3 février 1903.) Doc. n» 44, p. 58.

Mars 4903. — Bou Amama se rapproche de nos établissements. «... Les menées du Prétendant de Taza [Bou Hamara] ne sont probablement pas étrangères à ce mouvement, et nous devons prévoir une recrudescence du banditisme dans la vallée de la Zousfana. . .

« Il est incontestable que Bou Amama profite des difficultés suscitées au gouvernement chérifien par le Prétendant de Taza pour

fomenter des troubles. . . »

{M. Ilévoil à M. Delcassé, 3 mars 1903.) Doc. n» 48, pp. 61 et 62.

u L*Amel de Figuig présente la situation de l'oasis comme de plus en plus troublée,par suite des intrigues de Bou-Amama qui encourage le Prétendant. . . »

{M. Velcasséà M. Saint René Taillandier, le 24 mars 1903.)

Doc. n» 52, p. 63.

«.... Les troubles dont la région d'Oudjda est actuellement le théâtre, et qui ont entraîné Texode sur notre territoire de nombreux Marocains, ne peuvent être plus longtemps tolérés sans compromettre gravement les intérêts

de nos sujets algériens, et constituent une menace et un danger permanent pour les tribus avoisinant la frontière.... » (1).

«.... L'état d'anarchie qui se perpétue dans les territoires voisins de TOranie risque, par sa persistance même, d'empêcher complètement la mise à exécution des accords de 1901 à 1902.... » (2).

(Instructions de M. Delcassé à M. Saint-Bené Taillandier, 15 décembre 1904.)

Doc. n» 208, p. 180.

Rapport de M, Jonnart à M. Delcassé, le ii mai 1905 :

« La rapide tournée que je viens d'effectuer jusqu'à Marnia m'a confirmé dans l'impression qui se dégageait des nombreux rapports des autorités de cette région, et m'a fait voir plus clairement les inconvénients qui résultent pour nous de l'insécurilé régnant dans l'empire voisin. L'année agricole sera plus mauvaise encore au Maroc qu'en Algérie et le brigandage ne peut manquer de s'accroître autour d*Oudjda en même temps que l'agitation insurrectionnelle qui se prolonge grâce à l'inertie du Makhzen.... Tous ces désordres retentissent sur nos contrées oii, pour éviter les incursions des bandits, nous sommes forcés d'exercer une surveillance incessante...»

Doc. n« 256. p. 220.

Voir aussi Doc. n<* 259, cité plus haut (alin. a).

S. — Droits et intérêts que la France tient de «a situation fféo^rapiiiqne dans les affaires marocaines.

Etant données la contiguïté et la solidarité géograpbi-

(1) Voir plus haut, § 1, c.

(2) Voir plus loin, chap. II.

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