‹ La question marocaine d'après les documents du livre jauneChapitre 4 sur 19 · LA CRISE MAROCAINE · texte numérisé non relu

LA CRISE MAROCAINE

« Ce)te poignée de soldats n'a jusqu*à présent rendu aucun service et je la crois incapable d'en rendre jamais. Enfermés dans la casbah d'Oudaghir, n'en sortant que pour commettre des déprédations dans les jardins de Figuig, elle n'a jamais essayé de faire la police à Tintérieur des Qçour ou d'intervenir pour empêcher les querelles des çoffs de s'envenimer. Elle ne s*est pas occupée davantage de oe qui se passait dans les environs les plus immédiats, t

{Rapport du lieutenant Pariel, commissaire français à Figuig ^

26 novembre 1904.) Doc. n° 206, Annexe, p. 177.

Les soldats de Figuig ne veulent plus servir dans les conditions actuelles. < Leur solde est payée en monnaie hassanienne qui subit un change élevé, et ils la trouvent insuffisante. »

«... L'Amel parait de plus en plus incapable de se faire obéir de

ses soldats. »

Doc. no 214, p. 186.

«.... Il paraît certain que les troupes chérifiennes pourraient facilement, même sans notre aide, réduire le Rogui et les quelques centaines d'hommes qui l'entourent, si les chefs de la Mahalla se montraient plus énergiques et plus honnêtes et n'avaient pas intérêt à retarder la fin de la guerre civile qui sera le moment de la reddition de leurs comptes. Les soldats du Sultan, privés de leur solde, qui parait cependant être régulièrement fournie par le gouvernement marocain, vivent d'expédients, coupent les oliviers pour faire du charbon, ruinent et affament tout le pays environnant. . . »

{Rapport Jonnart du ii mai 1905.) Doc. n« 256, p. 220.

A maintes reprises, le Sultan, pour combattre l'insurrection, a fait appel à notre collaboration militaire, nous a demandé des instructeurs, des canons, etc., sauf à contester l'utilité de nos instructeurs et à tenter de les congédier par hostilité contre notre influence (Voir 2« Partie).

Juin 1903. — Le concours du sous-officier indigène de notre mission Ben-Sedira assure le succès des troupes chérifiennes en plusieurs

rencontres.

Doc. n» 103, p. 96.

Rapport du lieutenant Mougin^ novembre 1903. — Les Marocains font un éloge enthousiaste du sous-lieutenant Ben-Sedira et du rôle qu'il a joué dans les opérations, c Si Ben-Sedira nous a sauvés à Taza »... Son canon portait Teffroi partout. Les Riata avaient mis sa tète à prix (800 douros). c C'est notre sauveur, et plus jamais nous ne voulons nous séparer de lui », disaient les Qalds.

Doc. n* 131, Annexe, p. 112.

3 janvier 4905. — Les troupes chériflennes, ayant refusé le concours de la section frontière française, ont éprouvé une défaite complète.

Doc. n»» 217 et 210, pp. 101 et 102.

// avril 490Ô. — Une nouvelle attaque contre Oudjda a été repoussée et la ville sauvée grâce à Tintervention décisive de Tartillerie commandée par le lieutenant Mougin.

Doc. n«» 241, p. 2î0.

4 '^^ juillet 1905, — L'intervention de rarlillerie française a fait lÀcher pied aux Roguistes qui avaient repoussé les contingents de la Mahalla chérifienne.

Doc. no 283, p. 248.

§ 9. — Crise financière et monétaire an Maroc.

Octobre 1902. — Les besoins d'argent du Makhzen doivent être très pressants, car le ministre des finances a montré une grande hâte à négocier et à conclure l'emprunt de sept millions et demi consenti par la Société française des Etablissements Gautsch,

(H. Saint-René Taillandier à M . Delcassé, 24 octobre 1002.)

Doc. n» 32, p. 48.

Avril et juillet 1903. — Nouveaux emprunts contraclés par le Makhzen.

Doc. n«8 56 et 108, pp. 65 et 100.

M. Saint-René Taillandier à M, Delcassé, V^ janvier 1904 :

« La crise financière dont souffre le Maroc prend chaque jour un caractère plus aigu. Elle préoccupe vivement lecommerce, et le Makhzen lui-même parait s*en émouvoir ; il recherche les moyens de suppléer aux emprunts, devenus chaque jour plus difficiles à contracter et plus onéreux, mais les expédients auxquels il recourt apparaissent de plus comme inefficaces et même dangereux. La dépréciation croissante de la nouvelle monnaie d'argent risque de priver le Sultan du bénéfice qu'il espérait tirer de son émission, et le trouble qui en résulte dans les transactions suscite un mécontentement général de nature à constituer bientôt un élément d'agitation, même parmi les populations demeurées paisibles jusqu'à ce jour. Enfin, un premier essai d'application aux tribus normalement les plus soumises du nouveau système fiscal décrété par le Sultan, le Tertib, a dû être aussitôt abandonné devant la résistance menaçante de ces tribus. »

Doc. no 135, p. 117.

M. Saint-René Taillandier à M, Delcassé^ 2^ janvier 1901 :

« Le Makhzen ne parait pas en voie de sortir des embarras financiers signalés à Votre Excellence par ma dépêche du 1" de ce mois.

11 a réussi, il est vrai, à se procurer les sommes nécessaires pour solder les échéances du 1" janvier, y compris celles des trois emprunts, mais cela au prix d*un expédient qui atteste son extrême dénuement et son désarroi. Il a dû, en effet, contracter auprès d*une maison de Tanger un prêt gagé par ses dernières livraisons de monnaie d'argent, acceptées pour la valeur du métal argent qu^elles contiennent.

c La dépréciation de cette monnaie, qui a varié dans ces dernières années entre 20 et 30 0/0 par rapport à la monnaie espagnole, avec laquelle elle se négociait naguère au pair, a porté, comme il était facile de le prévoir, le plus grand trouble dans la vie économique du

pays Pour remédier à cette situation, Texpédient de la frappe

étant épuisé pour le moment et Timpossibilité de recouvrer tout impôt intérieur étant désormais reconnu, le Makhzen n a d*autre ressource que de recourir à de nouveaux emprunts Essai d*applica-

tion du « Tertib », comme hier, ou tentative pour faire rendre gorge aux Qaïds opulents, comme aujourd'hui, sont des procédés également décevants, puisque en Tétat actuel des choses ils sont irréalisables sans remploi de la force, c'est-à-dire sans argent. »

Doc . no 137, p. 118.

Janvier-février 1904, — Le gouvernement chérifien engage des pourparlers avec la Banque de Paris et des Pays-Bas en vue de la conclusion d'un emprunt. Les lettres du ministre des finances, la lettre personnelle que le Sultan adresse au ministre de France pour obtenir le concours du gouvernement français, attestent l'extrême i mpatience du Makhzen de conclure l'affaire.

Doc. n»» 138 et 140, pp. 119 et 120.

M, Saint-René laillandier à M, Delcassé, 22 février 1904 :

€ La hâte manifestée par Abd-elAziz n'est pas la seule preuve que nous ayons de l'extrême urgence d'un emprunt. Tout en se fiant à nos assurances, le Sultan est obligé de se procurer dès maintenant, à tout prix, les ressources indispensables pour les besoins les plus pressants de son gouvernement. Les nouvelles qui nous parviennent de tous les points du Maroc représentent, en effet, les restes des Mahallas

Page 1