CHAPITRE Y
La Situation financière.
Les ressources du Mexique et sa résistance sont véritablement extraordinaires, puisque même une terrible crise intérieure de près de trois années n’est pas parvenue à ruiner ce merveilleux pays.
Nous avons vu qu’en f910, le Mexique jouissait d’un crédit extérieur de tout premier ordre.
Le Mexique est parmi les pays les moins endettés de l’Amérique latine. v
Sa dette extérieure était d’ailleurs relativement peu élevée. D’après les statistiques officielles, cette dette atteignait, au 30 juin 1912, la somme totale de 449 millions 8,277 piastres 49 centavos. Le dernier emprunt la portera donc à près de 600. millions de piastres.
Si nous comparons la Dette du Mexique à celle des principaux pays sud-américains, nous voyons que le Mexique est parmi les moins endettés de tous.
La dette du Brésil, en effet, atteint 901,272,102 piastres .mexicaines ; celle de l’Argentine et celle du Chili sont sensiblement égales à la dette mexicaine.
Depuis dix-sept ans les exercices financiers se sont toujours soldés par un excédent de recettes.
Or, depuis de longues années, malgré toutes les crises politiques et financières, même les plus récentes, les recettes budgétaires ont toujours été en progression constante et les exercices financiers se sont toujours soldés par un excédent de recettes important.
Voici un tableau, singulièrement éloquent à cet égard, des dix-sept derniers exercices fiscaux :
Exercices Recettes Dépenses Superavit
es recettes des douanes vont toujours en croissant,
'Si l’on envisage maintenant les recettes douanières, on est frappé des mêmes témoignages irréfutables de résistance et de puissance économique.
Les statistiques officielles qui nous sont parvenues permettent d’envisager les résultats jusqu’à fin juin 1913, c’et-à-dire en y comprenant le dernier exercice fiscal juillet 1912 à juillet 1913. Toutes les périodes des pires agitations révolutionnaires figurent donc dans ces calculs.
Or, durant le mois de juin 1913, les recettes douanières du Mexique ont été comme suit :
Droits d’importation
Droits additionnels..
Droits d’exportation.
Droits de port
Total $ 3.877.057 93
Si l’on envisage ensuite il’ensemble des recettes
pendant la totalité de l’exercice fiscal 1912-1913, on
trouve les chiffres suivants :
Juillet 1912 $ 3.388.698 71
Août 3.731.484 81
Septembre 4.708.792 42
Octobre . 3.997.223 59
Novembre 4.536.737 13
Décembre 5.234.572 91
Janvier 1913 . 5.613.449 49
Février « 3.773.374 35
Mars 4.155.005 62
Avril . . 4.175.835 56
Mai 3.823.146 22
Juin 3.877.057 93
Total...... ...$ 51.015.377 84
Si, enfin, on compare ces recettes avec celles obtenues durant les cinq exercices fiscaux précédents, on trouve :
Peu de pays ont fourni un aussi rare exemple de vitalité économique.
De semblables chiffres dispensent de tous commentaires. Il est peu de pays qui aient jamais donné un aussi rare exemple de vitalité économique.
Nous tirerons de cette constatation deux conclusions
(1) Il convient de noter, toutefois, que, pour le dernier exercice, le nouveau droit additionnel d’importation joue un rôle dans l’augmentation totale. Cependant si l’on soustrait du total général le produit de ce droit, qui commença à être perçu en mars dernier (produit que l’on peut évaluer à $ 2,200,000), il reste encore une augmentation considérable sur les recettes obtenues en 1908-1909 et 1911-1912.
d’une importance capitale au point de vue des intérêts français.
e crédit consenti au Mexique par les Banques françaises
est largement justifié.
Tout d’abord, le syndicat de banquiers européens (1) qui a consenti au gouvernement mexicain un nouveau prêt de 16 millions de livres sterling, dont une première tranche fut émise au mois de juin dernier, n a pas fait au Mexique un crédit excessif..
L’importance considérable des intérêts européens engagés dans ce pays faisait un devoir^ absolu aux représentants les plus qualifiés de ces mêmes intérêts d’apporter au gouvernement provisoire un concours devenu indispensable.
Les grandes banques n’ont fait, en la circonstance, qu’assurer l’avenir. Elles ont mis à l’abri d incidents fâcheux le crédit actuel d’un grand pays et, par voie de conséquence, elles ont défendu non seulement la situation financière du pays ilui-même, mais encore toutes les entreprises particulières, commerciales, industrielles ou minières. Elles ont sauvegardé dans leur intégrité les capitaux énormes engagés au Mexique.
défense des intérêts français exige que rien ne soit
entrepris contre ce pays qui risque de compromettre
son magnifique avenir.
D’autre part, et c’est la seconde conclusion de ce chapitre, conclusion qui peut être celle de cette modeste brochure, les intérêts français engagés au Mexique sont assurés de la réalité de leurs garanties, mais ils î . doivent veiller à ce que rien ne soit entrepris contre le Mexique qui risque de compromettre le magnifique avenir du pays ou d’amoindrir la valeur du concours qu’ils lui ont apporté.
(1) Ce syndicat comprenait, pour la France, la Banque de Paris et des Pays-Bas, le Comptoir National d’Escompte et la Société Générale.