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audacieux, la rapide fortune qu'ils amassent après avoir rencontré un bon terrain alluvionnaire, à plus forte raison un filon. Ils ne considèrent pas le nombre des explorateurs moins heureux, qui gagnent péniblement leur vie, exposés à des dangers multiples. Ils ne voient que la richesse de quelques-uns, et émettent le vœu qu’une bonne partie du budget soit supportée par ces chercheurs d’or et de métaux précieux. Ils voudraient qu’on restreigne les chances de trop grand succès pour un seul, en limitant les périmètres d’exploitation et en les frappant d’une taxe de surface et d’autres droits vexatoires.
Le parti des prospecteurs, au contraire, syndiqué pour la défense de ses intérêts, demande à l'État de le protéger tant que l’industrie de l'or et des métaux se trouve encore à ses débuts. Une dure réglementation se comprendrait dans un pays où de grands résultats ont été obtenus. À Madagascar, elle aurait pour conséquence de décourager l'esprit d'aventure et d'engager les prospecteurs à diriger ailleurs leurs efforts. Ils méritent, du reste, d’être protégés, car s'ils travaillent pour eux, ils travaillent en même temps pour la colonie, qui tirera le meilleur profit de leurs découvertes et pour la France, qui bénéficiera largement de la richesse de sa colonie. On veut les imposer, soit, mais les prospecteurs sont pauvres en général quand ils commencent leurs recherches ; le petit fonds d'avance qu’iis ont épargné pour leurs
audacieuses entreprises ne doit pas disparaître pour l’obtention des permis ; il doit servir aux premiers travaux qui, le plus souvent, ne leur rapportent pas. Qu'on impose l’or et les pierres qu’ils auront extraits, qu’on aille même jusqu’à limiter leur gain en fixant un pourcentage que prélèvera l’Administration de la colonie au-dessus d’un certain bénéfice, mais qu'on se garde de toucher à l'instrument de leur travail si l’on ne veut pas détruire à tout jamais leurs chances de succès.
Les arguments de part et d’autre sont donc bons et la situation du législateur apparaît fort difficile. Il hésite, il s’essaie en quelque sorte par la promulgation de décrets qui seront rapportés peu après et remplacés souvent par ceux qui existaient avant eux. Une bonne législation minière, surtout quand elle vise spécialement les mines d’or, ne peut être établie définitivement qu'après de longues années. Elle suppose une connaissance à peu près exacte de l’état économique du pays. Trop d'intérêts divers se rattachent à cette queslion pour qu'elle soit traitée à la légère, dans l’espace de quelques jours, par des personnes non compétentes, Il faudrait avant de rien entreprendre demander l'avis de tous ceux qui sont le mieux placés pour juger, fût-ce même partialement, des conséquences de la réglementation projetée ; on irait lentement, il est vrai, mais on ne risquerait pas d’eniraver le progrès
d’une branche de commerce qui, comme nous l’avons fait remarquer, a toujours été la plus grande source de richesse du pays (1).
Chaque colonie offre en effet généralement à la conquête la possibilité d’une industrie mieux préparée que les autres par la nature du terrain, l’habitude d’un même travail, que les populations ont acquise durant des siècles. À Madagascar, c'était au soussol que nous devions nous adresser. Nous verrons dans cette éiude ce qui a été fait, tant du côté des colons prospecteurs pour l’exploilation, que du côté de l'État pour la législation. Certes, nous n’espérons
1. Le tableau suivant, où sont réunies les principales marchandises d'exportation de la colonie avec les montants de sortie pour les quatre dernières années, témoigne spécialement du chiffre élevé des exportations d’or :
I911 1910 1909 1908 Fe (En milliers de francs) tr
OCR nl 8.706 9.018 10.937 9.447 Peaux brutes mere 8.668 9.507 5.604 3.203 Caoutchouc... 4.566 9.367 4.614 1.261 Légumes secs......... 4.167 1.161 909 874 Ecorces à tan......... 3.646 2.735 1.704 239 RapRidi- sr amet 3.439 2.859 2.136 1.819 VaniHe FU rate 2.025% 1.271 1.191 1.044 MAROC TRI EM ANNEE 1.518 707 17 Néant Chapeaux de paille.... 1.413 937 922 660 Cire animale. .......... 1.330 1.492 1.467 1.249 BOVIÉS RE ARE ARR 1.131 743 b5x 957 Rires Phissmmmmuiett L 7047 VA: IDA 567 817 DAINAOUR ER ere tee » 1.161 186 »
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pas apporter quelque chose de nouveau. Nous avons cherché seulement à grouper autour de cette question si intéressante les faits que nous a permis d'établir une documentation des plus sérieuses. Comme les livres sont rares sur ce sujet, nous avons dû faire appel à la bienveillance des personnes compétentes, (1) et nous tenons à les remercier ici d’avoir bien voulu nous donner les renseignements qu’un long séjour dans l’île leur avait fait acquérir.
Nous avons cherché dans les revues coloniales et bulletins économiques les informations utiles. Les statuts et comptes rendus des principales sociétés fondées pour l’exploitalion des mines, et que nous étions appelés à étudier tout particulièrement, nous ont fourni également une juste vue d'ensemble sur le mode d’opérer et la marche générale des affaires de l’île. Le travail de la Chambre des mines de Tananarive, que nous avons suivi depuis sa création, nous a dévoilé le bien immense qu’un tel groupement peut faire, quand il est dirigé par une main sûre. Bref, nous nous sommes efforcés de traiter la question d’une façon très générale dans trois parties: La première comprend létude de la main-d'œuvre avec sa réglementation, et l'exploitation ; la seconde examine les divers décrets promulgués à Madagascar sur les mines, et la troisième, l'arrêté du 23 juin 1905.
1. En particulier M. Alfred Durand, administrateur honoraire des Colonies et M. Charles Martin, ancien Directeur des Agences de Madagascar du Comptoir National d’Escompte de Paris.
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