GISEMENTS AURIFÈRES
Les terrains aurifères de Madagascar sont généralement représentés par trois bandes de largeur variable avec les régions, dont la forme semble affecter celle d’un triangle isocèle.
La première longerait la côte est, et formerait un des côtés du triangle en reliant Vohémar à Fort- Dauphin.
L’autre côté serait obtenu par une droite tracée de Fort-Dauphin à Ankavandra.
Enfin, la base du triangle joindrait Mandritsara et Ankavandra.
Cette manière de grouper les principaux gisements connus peut être fort utile pour suivre la marche des découvertes successives faites par les prospecteurs depuis douze à quinze ans.
En longeant la première bande du nord au sud, nous relevons des prospections actuelles dans les
1. Voir le rapport de 1910 sur Madagascar paru en annexes au Journal officiel du 11 octobre 1912, p. 1491-1492.
vallées d'Antanambana au nord-ouest de Maroansetra, de Soanierana et de Manantsatrana en face de l'ile Sainte-Marie, d'Onibe, d’Ivoloina, d’Ivondrona, Sahanavo, Rongaronga, Rianila. La région de Beforona a donné lieu déjà à une production très satisfaisante.
L’extraction de l’or se maintient depuis plusieurs années dans les bassins du Mangoro, de la Masora, et de la Lohariana, également dans les riches vallées de la Sakaléona, de Fanimbona, d’Andramary, de la Fanantara, de la Maha, de la Saka, de l’'Ampasary.
Les bords de la Namorona, du Faraony, de la Matitanana, ainsi que les territoires de Mazoarivo, Vondroza et Isonjo donnent aux prospecteurs de belles espérances.
La deuxième bande, moins connue jusqu’à ces dernières années, s’est très rapidement développée. On y rencontre l’or le long des affluents du Mangoky, dans l’Imaina, au sud d’Ankavandra, dans le Betsiriry et les vallées du Dabolava, du Kiranomena, d'Ambatahazo, d'Ambatomainty et d'Ampandrana.
La troisième comprend la région d’Ankavandra, exploitée par la Compagnie Occidentale, de la Mahajamba avec ses gisements de Tsaratanana, de Betanatanana, de Mahabé, les vallées de la Mahetsamena, de l’Ambalantany, les alluvions d’Antsevakely et de Marovato.
Au milieu de ce triangle se trouvent les exploitations de Tsinjoarivo, d'Ambositra, du Valalafotsy, au nord-ouest de Tananarive, de Sahomby-Kitsamby et de Vahinambo.
Une province intéressante et qu’il est bon de ne pas perdre de vue est celle de Vohémar, qui contient de grandes étendues de roches aurifères. L'or qu’on en extrait se préscnte parfois en pépites de 20 à 25 grammes. On délaisse cette région depuis plusieurs années pour faire des recherches plus au nord, et la main-d'œuvre se porte en grande partie vers les périmètres d’Antakoto jugés beaucoup plus riches, mais aujourd'hui épuisés en grande partie.
A l’heure actuelle, la géographie aurifère de l’île paraît dressée et les principaux centres d’exploitation sont depuis longtemps jalonnés de nombreux poteaux-signaux, qui établissent sur le terrain même les droits des prospecteurs. L’accroissement du nombre de permis sollicités auprès de l’Administration pour obtenir le droit de rechercher le métal précieux, se manifeste clairement d’après les statistiques. Celles de 1903 ct 190% font ressortir une différence particulièrement intéressante. Sur 1.131 demandes de permis de recherches, 550 étaient prises en considération dans le courant de l’année 1903. Le chiffre de permis demandés était porté à 2,220 en 1904 et 1.003 étaient délivrés aux pros-
sum ‘42 — pecteurs. Aujourd’hui nous atteignons plus de 2.500 permis.