Arnauné, loc. cit., p
dies afin que, dans la fabrication courante, les caractères ressortent bien. Ces moules sont séchés dans un four spécial. Les modèles sont changés tous les deux mois, l’usure leur faisant perdre de leur netteté et de leurs dimensions. :
Quant au moulage des monnaies, il se fait de la façon suivante : l’ouvrier, assis àterre, a près de lui un tas de sable de mouleur et un sachet contenant des cendres de balle de paddy. Après avoir posé le châssis sur son socle, il saupoudre le tout de cendres afin d'empêcher l’adhérence, puis y jette une poignée de sable qu'il étale et tasse ; saisissant alors le couvercle de la main droite il le glisse sur le châssis, le place sur le socle et de la main gauche armée d'un maillet il frappe pour comprimer cette mince couche de sable ; enlevant ensuite le couvercle, il saupoudre le sable de cendres et place alors les modèles de sapèques sur trois rangs se touchant entre eux : les deux rangs extérieurs comportant huit piècesetle rang central six seulement, soit vingt-deux pièces : nouveau saupoudrage suivi d’une application de sucre et de sa compression au moyen du couvercle : retrait du couvercle, saupoudrage de cendres, mise en place des modèles de monnaies, etc., et ainsi de suite jusqu’à ce que ces opérations répétées onze fois donnent dix couches de sapèques, soit deux cent vingt pièces. On renverse alors le tout, le socle est enlevé ; le châssis déclaveté, abandonnant la ran-
por gée des moules. les moules repris un à un, les modèles sont expulsés par une légère secousse ou enlevés au moyen d’une spatule, s’il y a adhérence. On fait sécher les moules puis on les remplit de métal en fusion. La coulée achevée onles précipite dans l’eau, on les démolit à coup de masse et on fait le triage des sapèques. Un mouleur peut fabriquer de 13.600 à 20.400 sapèques par jour, mais il y a 30 o/o de déchet.
Pour faire de la monnaie de cuivre, de bonne qualité, il fallait employer : 91 livres de cuivre, 25 livres de zine, 5 livres 8 onces de plomb et 8 onces d’étain. Ensemble 100 livres ; la fabrication des sapèques de cuivre est aujourd’hui délaissée, elle serait trop onéreuse.
Il y a eu, au cours des temps, d’infinies variétés de sapèques. Parmi les plus célèbres, figurent celles de Gia-Long ; les unes, de zinc, sont d'exécution très soignée, les autres de cuivre, sont moins bien faites ; leur diamètre varie de 22 à 25 millimètres. « Minh- Mang et ses successeurs ont de moins en moins soigné le bas monnayage, le zinc est moins pur, la forme plus négligée, les dimensions plus diverses : on remarque aussi que les revers ne portent pas l'indication du poids légal (1). »
Par suite de la diversité des monnaies réelles indigènes et en particulier des sapèques, leur altération