‹ La Question Monétaire en Indo-ChineChapitre 21 sur 80 · Loc. cit., Arnauné, p · texte numérisé non relu

Loc. cit., Arnauné, p

se trouve singulièrement facilitée. Elle est très en faveur et non pas d'hier seulement ! Dans /’Histoire du Tonquin de Richard, parue à Paris en 1778, l’auteur remarque que « quelque vile que soit cette monnaie (la sapèque de euivre) il y a peu de pays au monde, où il y ait autant de faux monnayeurs.…. Il y a grande apparence, ajoute-t-il, que les Chinois, plus rusés et plus avides de gain qu'aucun autre peuple de l'Orient, font cette espèce de contrebande. » Il en est encore ainsi, paraît-il. Une curieuse observation de M. Arnauné trouve ici sa place. La notion actuelle de fausse monnaie ne peut s'appliquer qu’à une seule monnaie indigène, la sapèque de cuivre. C’est la seule, en effet, dont la fabrication est réservée aux ateliers impériaux et dont la fabrication privée constitue un délit. Les particuliers partagent avec le prince le droit de couler des barres d’or et d'argent et des sapèques en zinc et de les mettre en circulation. Aussi pour ces monnaies il ne peut y avoir qu'altération frauduleuse : cela est d’ailleurs très fréquent. La forme et les dimensions des barres facilitent l'opération du fourrage, et ils n’est pas rare de trouver des nens dans lesquels il n’y a d’autre métal précieux qu’une simple pellicule enveloppant un métal plus vil. Mais quelles que soient les fraudes pratiquées, elles ne sauraient constituer un délit de faux monnayage aussi grave que la fabrication privée des sapèques de cuivre. L'article 325 du

Hartenstein A]

Code annamite punit de la strangulation « ceux qui auront fondu ou coulé privément de la monnaie de cuivre », tandis que la contrefaçon en métaux de moindre valeur, ou le fourrage des lingots d’or et d'argent n’était puni que de cent coups de truong et de trois ans de travail pénible. Enfin le simple abaissement du poids ou du titre des lingots d’or ou d'argent ne constitue aucun délit. Les barres d’or ou d'argent ne sont, en effel, reçues en paiement qu'après vérification du poids et du titre et pour la valeur qu’elles ont à raison ce ce poids ou de ce titre. Pour s’épargner une semblable vérification qui se renouvelait sans cesse, les compradors chinois avaient imaginé de poinçonner les lingots qu'ils avaient une fois éprouvés. Par ce procédé dont le but était d’assainir la circulation, les compradors arrivèrent, en fait, à altérer les monnaies, puisque chaque marque leur faisait perdre une partie de leur poids. Il fallait signaler au passage cette question des chopped dollars : nous la retrouverons.

Monnaies de Compte

D'après M. Arnauné (1), «la monnaie de compte ou de banque est celle que le débiteur s'engage à livrer, soit par une clause formelle du contrat, soit

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