‹ La Question Monétaire en Indo-ChineChapitre 39 sur 80 · Arnauné, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Arnauné, loc. cit., p

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merçants européens. Il y a des remises de fonds à faire en [ndo-Chine pour les dépenses qui sont à sa charge (les -dépenses de l’armée). Et dès lors il subit le contre-coup des fluctuations du change. Mais c’est surtout le trésor indigène qui est atteint. Ses dettes vis-à-vis de l'Étrâänger s’accroissent proportionnellement à la baisse de l'argent. Pour faire face au service des annuités, il est obligé de recourir à des impôts nouveaux. Nous ne faisons que signaler les inconvénients de la baisse de l'argent : nous aurons souvent occasion d’y revenir et d’y insister.

Les inconvénients que nous venons de décrire présentent un caractère particulièrement grave. Pour la sapèque nous avons trouvé des inconvénients provenant d’une valeur trop grinde, ou d’une quantité de pièces insuffisante. Pour la piastre employée dans les transactions intérieures soit entre particuliers, soit avec le Trésor, nous avons vu qu'on pouvait faire disparaître les inconvénients en se servant exclusivement comme monnaie de compte de la piastre. Mais ici nous ne nous heurtons pas à des défauts de poids, de forme, de quantité, à des vices de computation. Les inconvénients précédents tiennent à l’essence même de la monnaie, à ce qu'elle est d’argent, à ce qu’elle sert à payer des dettes stipulées en or. Et pour cela ils apparaissent sans remède tant que notre colonie sera à

l’étalon d’argent et que la valeurde ce métal variera par rapport à celle de l’or. On pourra les adoucir, créer des palliatifs particuliers, ils ne disparaitront pas.

De cette analyse du problème de la piastre nous pouvons déduire quelques conclusions. La raison du mal tant dans les transactions intérieures que dans les transactions extérieures, c’est la baisse du métal argent et les fluctuations de valeur qui l’accompagnent. La seule différence entre les deux aspects du problème est que dans les transactions intérieures un remède apparait : la transformation des habitudes de computation, tandis que dans les transactions extérieures on n’aperçoil que des palliatifs. C'est parce que l'instabilité de la valeur de la piastre est dans l’un et l’autre cas la cause de tout le mal, que l’on désigne en général le problème monétaire dont nous avons décrit les divers aspects par la dénomination unique de : problème de la stabilisation de la piastre.

Le terme est bon pour désigner le problème. Mais à l’employer trop fréquemment il semble que beaucoup pensent que c’est la solution. Pour résoudre la question monétaire actuelle de l’Indo-Chine, disentils, il faut stabiliser la piastre. Non : Résoudre cette question et stabiliser la piastre, c’est la même chose. Sans que nous voulions ici anticiper et étudier les solutions proposées, il apparait déjà que pour sta-

biliser la piastre, il faudrait stabiliser l'argent et que seule une entente internationale pourrait y réussir. Sinon un Changement d’étalon, s’il est possible, serait seul efficace, non pas parce qu’il solutionnerait le problème actuel, mais parce qu'il le supprimerait. À moins cependant que l’on puisse espérer une stabilisation naturelle de la valeur du métal argent. C’est ce que nous allons examiner dès maintenant, car si cet espoir était fondé, pourquoi rechercher une solution artificielle ?

Rappelons que la baisse de l'argent résultait, en somme, de deux causes : 1° la surproduction ; 2° la moindre demande. Ces deux facteurs & jouent-ils » toujours ? Et paraissent-ils destinés à « jouer » indéfiniment ? Pour ce qui est de la production de l’argent, elle resle à peu près constante depuis une dizaine d'années ainsi que le démontre le tableau

suivant :

Années Production globale en kilogrammes.

EL CNRS PRE 5.146.695 kilogrammes MO ES RE, D-121.017 »

TOO ee Re 5,210.942 »

Lo SPORE TES 2.233.021 »

ee PPS 5.696.110 »

TOO SE nt 5.142.436 »

De ON CDS HP E TE 5.134.359 »

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