‹ La Question Monétaire en Indo-ChineChapitre 40 sur 80 · ODA DT UT LE · texte numérisé non relu

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C’est que depuis 1893, la production de l'argent n'est plus, comme elle était auparavant, une pro: duction autonome : elle n’est plus qu’une production dérivée — solidaire de celle du cuivre, du plomb et du zinc. Nous trouvons de très intéressantes remarques sur ce point dans le Æeport on the introduction of the gold exchange standard into China and other silver using countries, cité dans le Rapport de l'Administration des Monnaies et Médailles de 1904 : « Des 150 à 195 millions d’onces qui peuvent être considérées dans les circonstances actuelles comme la production normale d’une année, environ 130 millions d’onces proviennent, comme sous-produit, du traitement d’autres minerais, principalement du plomb, du cuivre et du zinc. Il ne reste donc que 40 millions d’onces qui sortent des mines donnant uniquement de l’argent. Si les prix du plomb, du cuivre et du zinc avec lesquels l’argent est principalement produit, n'étaient pas plus haut qu'il y a environ quatre ans, la production de l'argent dans l’ouest des Etats-Unis serait probablement même à l’époque actuelle insuffisante pour faire face aux demandes... La hausse du cuivre ct du zinc par suite de la demande de ces métaux a amené une séabilité remarquable dans la production de l'argent. On peut s’attendre à voir cet effet se continuer dans l'avenir. » Par contre, la production de l’or, qui est l’heureux rival de l'argent, va en aug-

mentant. Elle a été, en effet, en 1907, de 394.962 kilogrammes ; en 1902, de 445.215 kilogrammes; en 1903, de 494.368 kilogrammes.

Et dès lors il pourrait sembler que, la production de l’argent restant stationnaïre et celle de l'or progressant, leur valeur relative tendrait à se rapprocher. Ce serait s’illusionner que de le croire, parce que la deuxième cause de baisse de l’argent fonclionne de plus en plus. On verra en effet au cours de cette étude que la marche vers l’étalon d’or se poursuit sans relâche dans les différents pays : si bien que les débouchés de l'argent diminuent sans cesse. Et la production de plus en plus considérable de l’or aide à cette évolution, loin de la contrarier. À mesure en effet, que le stock d’or s'accroît, l’argent tend à perdre sa qualité de métal précieux pour prendre rang parmi les métaux industriels : l'or lui étant intrinsèquement supérieur comme monnaie. D'où il résulte, ainsi que le dit M. Raynaud dans une étude qu’il a publiée sur la baisse de l’argent vis à vis de l'or que « la baisse de largent paraît momentanément arrêtée sans qu'on soit bien certain de ne pas la voir recommencer ». Et s’il paraît vain d'attendre de l'avenir la stabilisation matérielle de l’argent, la nécessité s'impose de rechercher une solution artificielle pour le problème qui

nous occupe.

BIBLIOGRAPHIE

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