De Lanessan, op. cit,, p
effectuer ces conversions de piastres en francs et de francs en piastres, c'était simplement de s’en tenir au cours commercial. Des particuliers auraient ainsi procédé. L'administration ne le fit point, par suite de l’absence d’une cote officielle : elle fixa conventionnellement le taux d'échange, mais il est équitable d'observer que, dans ses desseins, le cours conventionnel devait être calqué sur le cours commercial de Saïgon ou des places voisines. Voici un extrait d’une décision du Gouverneur du 20 mai 1863 qui le démontre : «conformément aux usages adoptés, le taux des piasitres mexicaines non marquées. sera fixé à o fr. 10 au-dessous du dernier cours du clean dollar, tant sur la place de Singapour que sur le marché de Hong-Kong. À cet effet, le chef du service administratif adressera au Gouverneur, Commandant en Chef, des propositions basées sur les dernières nouvelles reçues des places voisines, et le taux ainsi adopté servira de cours jusqu’à l’arrivée du nouveau packet... »
En fait le cours administratif ne fut pas calqué sur le cours commercial. Le principe était que «au début de chaque exercice, le gouverneur de la colonie fixait la valeur en francs que le Trésor attribuerait à la piastre pendant toute l’année suivante. Ne se préoccupant pas des variations que la piastre subissait dans les banques el le commerce, il décidait que le Trésor la prendrait et la donnerait toujours
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pour le même nombre de francs, et fractions de francs, soit, par exemple, pour 5fr. 55 (r). » Ainsi en décida un arrêté du 19 septembre 1864. Dans la réalité, le taux de 5 fr. 55, supérieur dès ce moment à la valeur réelle de la piastre qui était de 5 fr. 37, fut maintenu pendant douze années, jusqu’en 1876. Et cependant, l’argent avait prodigieusement baissé : « Du 1° janvier 1871 au 30 novembre 1876, la valeur commerciale moyenne de la piastre était de 4fr. 91, son taux officiel moyen s'élevait à D fr. 59 ; c’est-à-dire que le Trésor prenait et donnait la piastre pour 64 centimes de plus qu’elle ne valait (2). »
De cet état de choses résultaient de graves inconvénients qui ont été très bien mis en lumière par M. Arnauné: « Le Trésor, écrit-il, émet à Saïgon des mandats postaux et délivre des traites à trente jours de vue sur la France. Les uns et les autres sont libellés en francs et donnent droit de toucher des francs dans la métropole. Mais le versement fait dans la colonie est fait dans la monnaie qui a cours, c'est-à-dire en piastres. Or, à cette époque (1876), le Trésor prenait la piastre à 5 fr. 20, c’est-àdire que pour un versement de 100 piastres, il délivrait un titre de 520 francs. En réalité la piastre valait de 5 fr. 10 à 4 fr. 60, soit en moyenne 4 fr. 83...