De Lanessan, op. cit., p
d’où cette conséquence qu’il restait nécessaire de fixer un taux de conversion du franc en piastre et réciproquement. Cette fois encore, l’on ne s’en tint point au cours commercial; mais l’on s’efforça de le serrer de plus près. :
Un décret du 5 juillet 1881, disposa, en effet, que «en ce qui concerne les opérations effectuées pour le compte du service local hors la Cochinchine, les recettes et les dépenses du service colonial et de tous les services publics métropolitains, ainsi que les opérations se rapportant à ces divers services, le taux
auquel la piastre est convertie en francs est fixé trimestriellement, dans les dix premiers jours du mois de décembre, mai, juin, septembre de chaque année, à partir du mois de décembre 1881 inclusivement, par arrêtés du Gouverneur, rendus en Conseil privé, sur la proposition du Trésorier payeur, et d’après la moyenne des cours effectifs du change pendant le dernier trimestre écoulé, sans fraction de centime.…. Dans le cas où une variation importante du cours commercial de la piastre le rendrait nécessaire et urgent, le Gouverneur peut exceptionnellement, et sans altendre les époques réglementaires, modifier la valeur de cette monnaie... » Ce système qui tendait à rapprocher le plus possible le taux officiel de la piastre de son taux commercial était assurément préférable à celui qui avait été pratiqué jusque-là, mais, comme le remarque M. de Lanessan, « il y
Hartenstein 18
Die
avait toujours une différence entre les deux taux et, par suite, une cause de trouble et d’agiotage » (1). La spéculation était atténuée : elle n’était pas sup- - primée : d'autant que l'administration ne suivit pas bien fidèlement la ligne de conduite qu’elle s'était fixée et que les deux taux — l’officiel et le commercial — furent souvent assez différents. Notons encore, que, par suite des variations incessantes du taux, les créanciers et les débiteurs du Trésor payaient et recevaient plus ou moins selon le moment où ils se présentaient aux guichets. Nous savons maintenant quelle fut la pratique adoptée de 1881 à 1886 en ce qui concerne les services métropolitains. Quant aux services locaux, la solution qui prévalut fut la suivante : « à partir del’exercice 188» inclusivement, le budget du service local de la Cochinchine sera établien piastres. En conséquence, la piastre sera l’unité de valeur servant de base à l’établissement, à la constatation et à la perception des contributions, droits, taxes et produits de toute nature compris à ce budget. Les dépenses dudit budget seront également liquidées, ordonnancées et acquittées en piastres. La comptabilité financière et le compte administratif de la Cochinchine seront tenus et rédigés exclusivement en piastres...» (2), De telles dispo-