‹ La Question Monétaire en Indo-ChineChapitre 5 sur 80 · Pelet, Atlas des Colonies Françaises · texte numérisé non relu

Pelet, Atlas des Colonies Françaises

ont formées de leurs alluvions. D'abord étranglées, elles s’élargissent peu à peu, à mesure que les fleu- ves descendent vers la mer, pour finir le long des côles en vastes élendues marécageuses. Elles sont de formation récente et'chaque jour de nouvelles alluvions augmentent leur étendue. Dans la basse Cochinchine, en particulier, le sol s’exhausse et s’élargit avec une telle rapidité, que tous les ans des terres.nouvelles gagnées sur la mer sont mises en culture par les Annamites.

La formation de ces plaines les localise donc le long des grandes artères fluviales. La principale de ces artères est le Mékong. Ce fleuve magnifique, long de plus de 4.000 kilomètres, traverse l’Indo-Chine dans toute sa longueur. Né dans le Yunnan chinois, il serpente d’abord entre les montagnes du Laos et celles du Siam, servant de frontière à ces deux pays : c’est à lui et à ses affluents que le Laos doit ses rares plaines. Puis, après de nombreux contours, il entre sur le territoire de l’Annam qu'il limile du côté du Siam : il coule alors du nord-ouest au sud-est restant parallèle à la direction des côtes orientales de l’Indo-Chine. Peu à peu sa vallée s’élargit : la plaine d’alluvions s'étend, rejoignant celles qui bordent les affluents du fleuve ; mais elle se heurte encore aux contreforts de la chaîne de l’'Annam. À mesure que l’on va vers le sud, les hauteurs diminuent et s’éloignent : le fleuve s’accroit de nombreux affluents :

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son lit s'étale, les îles apparaissent. La plaine s’élargit : à l’ouest jusqu’au golfe de Siam elle forme le Cambodge. Au centre de cette région s’élend la vaste nappe du Grand Lac, ou Tonlé-Sap, qui en temps de crue atteint 130 kilomètres de long. Puis à mesure que l’on approche de la mer, les plissements montagneux reparaissent, mais peu élevés. « Des forêts immenses, des plaines inondées chaque année d’octobre à février, des marécages en cuvette, des plateaux souvent déserts, voilà le Cambodge (1) ». Grossi des eaux du Grand Lac, le Mékong se divise en deux branches, le fleuve antérieur à l’est, le fleuve postérieur à l’ouest, qui coulent presque parallèlement. La plaine devient marécageuse ; les petits affluents se multiplient ; un véritable réseau de canaux, de rivières et de ruisseaux, se forme : le canal de Ha-Tien, le Rach-Gia entre le fleuve postérieur et ie golfe de Siam ; le Donnai, la rivière de Saïgon, le Vaico oriental etle Vaico occidental, entre le fleuve antérieur et la mer de Chine ; les deux branches du Mékong se divisent, le fleuve postérieur en deux embouchures, le fleuve antérieur en six, qui s’élargissent en vastes estuaires. Le sol, sillonné d’arroyos, n’est plus qu’une éponge de terre gonflée d’eau : c’est la Cochinchine.

Dansles montagnes du Yunnan prend encore nais-

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