‹ La Question Monétaire en Indo-ChineChapitre 71 sur 80 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Dans le rapport que nous avons souvent cité de M. Brenier, nous trouvons des remarques qui ont ici leur place « malgré les fluctuations assez sensibles d’une année à l’autre et quitiennent, soit aux variations des récoltes dans le sud de la Chine, soit à des difficultés particulières, comme l'existence dela peste à Hong-Hong,-et les quarantaines qui en sont la suite (1901) le débouché de la Chine méridionale avec sa population débordante est encore le plus sûr de ceux sur lesquels peut compter la production indochinoise. En 1895, la. Chine a absorbé 504.000 ton- -nes de riz sur une exportation totale de 894.000 tonnes... »

Tout récemment a paru, sous les auspices de M. le député Eugène Etienne, un ouvrage qui défendait les mêmes vues. L'auteur y disait, en substance : «Les produits indo-chinois ont un débouché tout naturel — certain et rémunérateur — ‘en Chine. Avant de franchir la distance considérable qui les sépare des marchés français où ils viendraient, frappés d'un fret coûteux, concurrencer les produits nationaux, ils iront à très peu de frais en Chine qui est à 100 kilomètres... Dans quelques années lorsqu’au lieu d'emprunter la voie du fleuve Rouge, diflicile, longue et parfois incertaine, les marchandises pourront être drainées directement et rapidement par la voie ferrée, n'est-il pas évident qu'Hanoï et Haïphong deviendront les aboutissants nécessaires d’un

commerce d'échanges que la tranquillité et le bon “voisinage, rendront de plus en plus actif et puissant?» |

A l'heure actuelle, le mouvement économique de l’Indo-Chine se subdivise à peu près ainsi :

10 Un peu moins dela moitié du bains se fait avec la France et ses colonies ;

2° Une fraction cibler ent égale s'effectue avec les pays d’Extrême-Orient, particulièrement avec la Chine, soit directement, soit par l'intermédiaire de Hong-Kong et Singapore ;

3° Le reste enfin, se fait avecdivers autres pays. -

Le trafic avec la France a quelque chose d’artificiel et par suite de transitoire peut-être. Le véritable marché de l’Indo-Chine, c’est l’Empire chinois, marché à capacité à peu près illimitée, aisé à atteindre, par conséquent plus facile à servir que le marché métropolitain. Dès maintenant, l’Indo-Chine a en Chine de solides points d'appui, les concessions françaises de Chang-Haï, par exemple. Des magasins et des entrepôts y sont d’un établissement facile. De suite, l’on y peut trouver des clients : ce sont, en effet, de réels centres commerciaux. Il serait nécessaire de relier les ports indo-chinois à ceux de la Chine par une grande ligne maritime et de doter ainsi le commerce d’un important moyen d'action.

Non seulement le trafic maritime de la colonie

avec la Chine s’est développé : mais il en a été de

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même du transit avec le Yunnam. Ainsi, d’après le relevé des douanes chinoises, les importations sur Mongtzé ont progressé de 8.939.000 francs en 1897 à 11.539.000 francs en 1900, et les exportations de Mongizé de 3.945.000 francs à 9.512.000 francs. Il est à prévoir que, les échanges se multiplieront, parce qu’il y a entre le Yunnan et l’Indo-Chine des différences de climat qui forcément entraînent des différences de productions et nécessitent, par suite, des importations et des exportations. Le Yunnan fournira à l’Indo-Chine de la soie et des produits miniers : il en recevra du coton, du sucre, du tabac, mais les relations commerciales entre ces deux contrées ne se développeront vraiment que le jour où «le Grand [ndo-Chinois » aura été construit. Pour l'Indo-Chine, la Chine est le débouché de l'avenir, plus encore que du présent.

S'il en est ainsi, et qu'il soit vrai — ainsi que nous l’avons admis au début de ce chapitre — que le problème monétaire se résout à savoir quel est le commerce de l’Indo-Chine, nous pouvons dire qu’il est à demi résolu. Est-ce avec les pays à étalon d’or ? Est-ce avec les pays à étalon d’argent qu’il est le plus important ? La réponse se fera de soi, dès que nous connaîtrons le régime monétaire des divers pays avec lesquels l’Indo-Chine a des relations d'affaires.

BIBLIOGRAPHIE

Presque tous les renseignements contenus dans ce chapitre ont été puisés dans le Bulletin économique de l'Indo-Chine qui a été dépouillé de 1900-1906.

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