‹ La Question Monétaire en Indo-ChineChapitre 75 sur 80 · Albéric Neton. L'Indo-Chine et son avenir économique · texte numérisé non relu

Albéric Neton. L'Indo-Chine et son avenir économique

en piastres — tantôt de simples courtiers qui

travaillent pour le compte de maisons euro-

péennes, lesquelles traitent en or. D'après M. A.

Neton, les importations qui de ce chef s’effec-

tueraient en or, seraient approximativement

déni er Perou SAME TEE EG 50,000 000 d) Une partie enfin, de celles qui viennent

« des pays divers », partie qu'il évalue à peu

DÉS A ne An en a Ab EUERTNN ee Lee, 3.500.000 Au total, l'examen des importations de 1902

conduirait, pour l'or, à l’approximation sui-

RAR ROS DT A Ci ER ANS OA te) A den 161.500.000

Seraient, au contraire, réglées en argent « en piastres » les importations que voici :

a) Celles qui viennent de Chine, soit. ...... 16.000.000 | b) Celles qui viennent de Siam et de Birma-

HG, SOUS NRA Ne PR Re 5.000.000 c) Une partie de celles qui viennent de Hong-

Konpiel de Smrapnore, SDILI-SUNS CLEAN ARE 14.000.000

d) Une partie enfin de celles qui viennent des

C'DAYS AIVOTS D SOIR TT NES Reese 500.000 FOSC ES TR RES LCL 35.500.000

En définitive, les importations qui devraient être réglées en or seraient, pour l’année 1902, supérieures de 126,000.000 à celles qui devraient l'être en argent.

Quant aux exportations, voici les résultats aux-

quels parvient M. Neton.

1° Exportations réglées en or :

a) Les exportations sur la France et l'Eu- PODÉ SOI RARE ARE ARE TT ET AE Le b) Les exportations sur le Japon, soit......

c)Une partie des exportations sur Singapore et Hong-Kong, Soit 524.711: DAS EN A Ensemble: RAS 2° Exportations réglées en argent :

a) Les exportations sur la Chine (direct),

b) Les exportations sur la Birmanie et le SAIS OIL TT PR RTE TE ARTE Re ere c) L’immense majorité des exportations sur Singaporeet Hong-Kong, soit...............

d) Les exportations sur les « pays divers »,

Toujours pour l’année 1902, les exportations ré-

glées en argent auraient été supérieures de 60.000.000

à celles qui l’auraient été en or.

En résumé, pour l’année 1902, le commerce de l’Indo-Chine avec les pays à étalon d’or se soldait

ainsi :

Importations ...... .. 161.500.000 frs.

Exportations........ 50.500.000 »

dont la différence.... 111.000.000 »

devait être réglée en or par notre colonie.

Au contraire, le commerce avec les pays à étalon d'argent se soldait par :

Exportations......... 110.500.000 frs.

Fraportations.-177... 4 35.500.000 »

dont la différence..... 75.000.000 D

devait être réglée en argent à notre colonie.

L’Indo-Chine reçoit donc de l’argent de ses débiteurs et elle doit payer en or ses créanciers. Il peut d’abord paraître que notre colonie obligée d'acheter cet or à perte avec ses piastres dépréciées aurait intérêt à changer d'étalon pour faciliter ses paiements. Mais il faut repousser cette conclusion pour les deux raisons suivantes :

Les dettes de l’Indo-Chine sont causées par l’excédent des importations sur les exportations vis-à-vis des pays à étalon d’or. Or, la masse des importations vient de France. C’est le lieu de se souvenir que ces importations ont un caractère artificiel pour diverses raisons que nous avons énumérées. Notons surtout ici qu’une notable partie de ces importations a été payée avec l'or avancé par la France (emprunt

de 200.000.000). Sans doute la colonie devra rembourser, mais par annuités échelonnées sur un long espace de temps. Et si, par suite de la baisse de l’argent, et de la nécessité de régler en or, ses finances se trouvent lourdement grevées, ses charges toutefois sont moins sensibles, parce qu’elle n’a pas à payer «en bloc ».

En second lieu, changer d’étalon serait pour l’Indo- Chine tarir ses revenus. Tandis que la masse des importations vient de France, une masse à peu près égale des exportations va dans des pays d’Extrême- Orient, parce qu'elle est, en presque totalité constituée par le riz sous toutes ses formes. Et c'est l’excédent de ces exportations qui crée les ressources de notre colonie. Mais, observe M.Albéric Neton, l'unité monétaire de presque tout l’Extrême-Orient, c’est la piastre d’argent. L’Indo-Chine est un pays de grande exportation pour le riz. Or le riz est presque tout à destination de l’Extrême-Orient. D'où la nécessité impérieuse pour l’Indo-Chine de conserver la piastre tant que cet état de choses existera. L’un des côtés essentiels de la question, c’est en effet de savoir avec quelle monnaie peuvent payer les pays d'Extrême- Orient où l’Indo-Chine exporte ses riz. Or, à de très rares exceptions près, ils ne peuvent payer qu'en piastres.

Ainsi que nous l’avons déjà remarqué, les renseignements donnés par M. Albéric Neton sont relatifs

er 274 pire à l’année 1902. Mais qu'on veuille bien se reporter aux stalistiques que nous avons nous-même reproduites dans le précédent chapitre, surtout aux statistiques si détaillées des années 1904-1905, et l’on verra que les conclusions que l’on en pourrait dêgager seraient les mêmes. En définitive, et pour nous résumer d’un mot, l’Indo-Chine dépend de l’Extrême- Orient et particulièrement de la Chine au point de vue monétaire, parce qu’elle en dépend au point de vue commercial. Par la nature même des choses, l’Indo-Chine gravite vers la Chine. Aussi longtemps que la Chine gardera l’étalon d’argent, l’Indo-Chine devra s’y tenir aussi : de telle sorte que, en réalité, c’est en Chine que se résoudra le problème monétaire qui intéresse si hautement l’Indo-Chine. Du jour où la Chine adopterait l’étalon d’or, l'Indo-Chine devrait l’adopter également. C’est une question de savoir si ce jour est proche ou s’il est lointain. Sans doute, la baisse de l'argent a eu de désastreux effets pour les finances de la Chine. Sa dette extérieure s’est accrue dans d’inquiétantes proportions. L’indemnité à payer au Japon s’est trouvée majorée de go millions de francs en capital, et de 3 millions pour le service des annuités. Sans doute encore, les variations incessantes du change entravent le commerce extérieur, mais, si nous en croyons les Européens compétents qui ont vécu en Chine, l’établissement naturel de l’étalon d’or est encore lointain. C’est qu’en

effet l’unité monétaire d’un pays se détermine par le genre et le volume de ses transactions. Or, une partie de la Chine en est encore au système du « troc ». Un économiste américain, Jenks, a cependant proposé d'introduire en Chine l’étalon d’or. Il suffit d’avoir signalé ici cette tentative : nous l’apprécierons plus loin, ainsi que celles du même ordre qui l'ont suivie. Nous n'avons pas dans ce chapitre à envisager ce que pourra êlre l’avenir. A l'heure où nous écrivons, la piastre est presque la seule monnaie (exception faite, bien entendu, pour la sapèque) qui circule effectivement en Extrême-Orient : d’où, pour parler comme M. A. Neton « l’impérieuse nécessité pour l’Indo-Chine de la conserver. »

C'est là sans doute rendre plus onéreux les paiements qu’elle doit faire aux pays d'Europe, mais les importations européennes n’ont qu’une importance passagère. Mieux vaut les payer plus cher que de porter atteinte au véritable commerce de notre colonie, d’obstruer les débouchés de ses produits naturels et d'arrêter ainsi son essor économique. C’est l’idée fondamentale qui nous guidera dans l'examen des solutions proposées pour remédier à la crise monétaire de notre colonie.

BIBLIOGRAPHIE

La plupart des renseignements contenus dans ce chapitre sont empruntés au Bullelin économique de l'Indo-Chine (1900- 1906).

Dubois (J.). — L'empire de l'argent. Etude sur la Chine financière (1906).

Neton (A.). — L'Indo-Chine et son avenir économique.

Silvestre. — Notice sur les monnaies de la Chine.

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