‹ La question monétaireChapitre 18 sur 27 · A L*APPC1 DU MÉMOÎHE SUR L*OR ET L*ARGENT · texte numérisé non relu

A L*APPC1 DU MÉMOÎHE SUR L*OR ET L*ARGENT

le moins important. Les espèces courantes ne sont pas seulement une marchandise contrôlée, elles possèdent seules un pouyoir que leur communique la loi, le pouvoir do libération* Or, du moment où la loi intervient, il faut qu'elle le fasse de manière à modiOer le moins possible le cours naturel des choses. La loi de germinal an XI a obéi à celte considération supô^ rieure. c'est pour cela qu'elle ne présente aucun inconvénient sérieux dans la pratique. — Mais, prétendra-ton, pendant longtemps on a exporté Targent, on nous a enlevé des centaines de millions d'argent I De pareilles doléances se comprendraient de la part des adeptes du système mercantile; quant aux économistes, ils savent que ce qui vaut le mieux pour les métaux précieux comme pour les autres produits, c'est la liberté; s'ils partent, ils reviendront à Tappel du besoin véritable.

L'omnipotence de la loi rencontre une barrière infranchissable, le droit, La conscience publique proteste contre toute disposition rétroactive, et tel serait le caractère d'une mesure qui viendrait enlever au débiteur la faculté alternative de payer en or ou en argent^ que lui donne la loi de germinal an XI, et sous Tempire de laquelle ont été conclus les engagements de rÉtat et les engagements des particuliers.

On peut différer sur la proportion du renchérissement de l'or^ si partout il devenait seule monnaie légale^ si Toutillage monétaire du monde se trouvait diminué de moitié par la suppression de l'argent; mais personne ne conteste qu'un renchérissement sensible aurait lieu. M Wolowski insiste sur ce point, qu'on ne saurait trop mettre en lumière, car il s'agit des charges de l'État,. de la dette publique, qui est la dette de tous les citoyens, et qu'on viendrait augmenter, en rehaussant la valeur de la monnaie légale ; il s'agit de tous les débiteurs par hypothèque et autres, sur lesquels on pèserait ainsi et dont on augmenterait les charges déjà lourdes, pour faire un riche cadeau aux rentiers et aux capitalistes. Une pareille conséquence est trop contraire à l'esprit de notre pays et de notre époque pour qu'elle puisse ôtre accueillie, il suffit de la signaler

pour que la mesure qui l^entratne forcément devienne impossible.

Le compte rendu de la réunion du 5 décembre dernier analyse brièvement les paroles que nous avons prononcées :

M. WoLOWSKi croit qu'on attache beaucoup trop d'importance à la question de forme, quant au rapport qui doit exister entre la monnaie et le système métrique. Qu'il s'agisse d'une fraction ou d'un rapport exprimé en chiffres ronds, peu importe^ pourvu que Ton assure d'une manière permanente, par une proportion immuable^ le titre et le poids des pièces frappées La composition intrinsèque de chaque disque de métal doit être mise à Tabri des variations et des altérations qui ont déshonoré et troublé l'ancien régime, tel est le résultat essentiel à obtenir. On arrive ainsi à la stabilité matérielle de la monnaie, et il ne reste plus qu'à pourvoir à la stabilité économique de l'instrument des transactions et des échanges.

Du point de vue de la monnaie internationale, M. Wolowski ne croit pas qu*il soit indispensable d'adopter une sorte de langue numérique à part, étrangère au langage monétaire consacré par l'usage dans chaque pays : il suffit qu'un rapport défini établisse une correspondance exacte entre la valeur des disques de métal employés. On avait décrété, chez nous, la fabrication des pièces d'or de 10 grammes : cette disposition est restée une lettre morte. Les dénominations admises par Tusage sont difficiles à modifier. Il s'agirait de faire une étude nouvelle, de changer une façon de compter, qui s'est en quelque sorte identifiée avec la langue maternelle de chacun et qu'on n'a pas besoin d'apprendre. Rien de plus périlleux qu'un essai destiné à rompre avec la coutume et l'habitude; d'ailleurs, ce n'est point indispensable pour une monnaie universelle, dont les noms divers n'empêchent point l'identité relative. Sur ce point, M. Wolowski est pleinement d'accord avec M. de Parieu.

A l'appui bu biémoire sur l'or et l'argent. 41

Il Test également en ce qui concerne le franc d'or. Nous n'ayons point à chercher celui-ci; il existe. 11 est déterminé dans la loi de germinal an XI, qui fixe le rapport légal entre la monnaie d'or et d'argent^ et qui, portant à cent cinquante- cinq pièces le nombre des disques d'or de 20 francs frappés avec 1 kilogramme d'or, fixe, par là même, à 29 centigrammes environ, la composition du franc d'or, qui correspond aux 4 grammes et demi du franc d'argent.

Mais c'est sous un autre aspect qu'on attaque la loi de germinal an XI et qu'on prétend la faire abolir. On s'élève contre le prétendu double étalon qu'elle consacre; on insiste sur ce que la mesure doit être une, et sur ce que, par conséquent, il faut se borner à un seul étalon, l'or ou Targent, sans les cumuler dans l'office monétaire. Les critiques les plus dures n'ont pas manqué au législateur, qu'on a dénoncé comme ayanl visé à la réalisation impossible et absurde de deux mesures différentes, agissant en même temps et immobilisées dans une fixité relative que ne comporte point la nature des choses.

Tel n'est pas l'objet^ ni le résultat de la loi de l'an XI; rien de plus commode que de prêter une absurdité à ceux qui soutiennent la doctrine attaquée^ mais ce n'est pas de bonne guerre et cela ne sert à rien. Il suffit d'étudier la discussion de la loi de Fan XI pour se convaincre qu'on n'a nullement créé alors deux mesures, deux étalons, mais que Ton s'est borné à établir entre des valeurs, nécessairement variables, l'or et l'argent, un change fixe d'admission dans les caisses publiques et d'emploi pour les offres légales. En agissant ainsi la loi a respecté la nature des choses; qui a doté les deux métaux précieux de qualités pareilles pour l'office monétaire; elle n'a frappé aucun d'eux d'une exclusion arbitraire^ et elle a contribué à rendre plus stable l'expression des prix, en préservant la masse métallique des variations soudaines et profondes qu'éprouverait la valeur de chacun des métaux employé isolément. Les changements qui surviennent dans l'abondance relative de l'approvisionnement de Tor et de l'argent se fondent dans la masse, au

4e QUKLgtËB HtbltlAtiOMS

lihd d^bkërcei* une action plus ton^ sur tt&M des dëUx métaux qùl^ séparé dé Tautte, serait plus ëi^pbsé èu Ëdntre-cbUp dès ëhatlgduiehts^urtëQUS; Cet équilibre, eêtte cdmpëtlsaUdtl spoulariée, se féalise au moyetl des deuit nriétaut, doht la solidarité uaturelle se troure fôHinée pai^ le eûûnge légat. La question de remploi simultëhé ou sé()aré des deux ttlétaux a pria Utlë ticé tiouvelle du moment où elle a été trausporiée sur le tottairl intcmational, qui embrasse le marché universel Que rot* el Targent soient utilisés ensemble dans le même Ëtat^ ou que cëhains pays se serf erlt de ror> les autres de Targëot^ Téquilibre en résulte dans les relation^ générales; il y aurait au con- Irait-o^ comme Ta écrit Mi Roscher, un grave danger pour le mondCj si tous adoptaient ce qu'où noinme Yétâlon d'&t.

Oh avait prétendu que cette manière d'envisager la questiëh tio se présentai! qu'à Tétat d'dpinion isolée t cë qui s'est rëcemmëitt pâ^sé à la Société dë§ éëonomistës de Berlin prdiive le oonlraire. De^ hottimes éniinents ont donné lëdr àdhé^iëu àUi idées que nouS ëtposdrisi ^ M. Wdldv^^skl toetttiortne ëH tei'tnihadi une lettre du ddyëtl respecté de réCbndttiie politique, du Jean-Baptiste 8ay de rAllemàgne^ le professeur Rau^ de Heldelbergi correspondant de TlnstitUI de F^àUcë. En vdici là traduction :

LETtRË DE «; HÂtJ A M: WOLOWskI.

Heidelberg, le i décembre 1808.

«... Je viens vous soumettre quelques observations qui m'ont été suggérées par vos Notes, J'ai lu celle brochure Hvec beautoup d'iutétêt, et je Siiis généraletti^iit d'accord ttvee lëS Opinions qui y ^oht déVë^ loppéeS.

« La confusion d^id^es qui a été occasionnée en France par le terme étalon n'existe pas chez nous,

A l'appui DtJ ittÉMOIRÈ StR t'Oh ET l' ARGENT. 43

pftree que nous ne désignons pas par Ife tilêllië thot ruûlté de mesure pour les choses tnatérielles, sbit le TOluiîle et le poids des corps, et celle des pHi. Il e!st rfetonnU qu'il n'y a pas de mesuré parfaite pouf les prix ou valeurs, et que leS métdUî sdttt sèUlfemëiit plus propres à cet objet que d'auttes matières.

« Je trouve une idée très-juste dans votre défetise eii faveur du type double, basé sur la loi du 7 germiUal au XI. Eti effet, si Ton pouvait opter entre les payements eil or et ceux en argettt, on poUrtait àti-iver à établit* xin taUx moyen pour les deux métaux. 9i^ par exemple, l'argent devient meilleur marché que 1/15,5 or et qu'on paye plus souvent en argent, ce derhier sera plus rechéi-ché. On empêichera ainsi Une baisse Ultérieure, et il haussera même probablëmeilt; Mais ce résultat se rattache à uUe condilioû sut laquelle je dois appuyer, savoir : que loptidU entre les deux métaux, en Vertu des payements admis pair la loi, puisse réellement être pratiquée par le citdyeii. Or c'est ce qui n'a pas lieu en Frahce; l'argent à été entièrement évincé (à l'elcfeption des pièces de 2 francS et au-dessous, qui en contiennent 08^835, soit 1 2/9 pour 100 de moiris que n'en avaient les grandes pièces). Quant âùx pièces de 5 francs, on n'en frappe plus guère (pour 439 405 francs en 1866, voir Y Annuaire), et celles qui existent ne sont que rarement en circulation. Elles ont été exportées à une époque où le taux de l'argent était plus élevé que le 1/15,5 vis-à-vis de l'or. Or on ne peut plus faire de payements en argent, parce qu'il n'y a plus de monnaie d'argent. A cet effet, il faudrait

d'abord introduire celle-ci de nouveau et mettre en exécution l'article 3 de la convention du 23 décembre 1865, c'est-à-dire frapper de nouvelles pièces de 5 francs en argent, ce qui n'agréerait guère aux partisans de l'étalon d'or unique ^

« Il n'y avait pas de moyen d'empêcher la forte exportation des écus d'argent tant qu'elle était lucrative, c'est-à-dire tant qu'à l'étranger on pouvait, par exemple, avoir 1 livre d or pour 15 livres et un tiers d'argent, qu'on pouvait ensuite échanger en France contre 15,5 livres d'argent. Du reste, ces deux choses, savoir l'importation de l'argent et la fabrication d'écus en argent sont des choses faciles, si l'argent continue à baisser. Au mois de novembre de cette année, le taux de l'argent se trouve être en Allemagne à peu près 15,54. Il se peut que cette baisse ait été déterminée en partie par l'exploitation des mines de Nevada aux Etats-Unis, et ailleurs. Mais il est probable aussi que les mesures prises par la France et les autres Etats de l'union monétaire y sont pour quelque chose, comme vous l'indiquez en vous en rapportant à la loi de germinal.

« J'approuve beaucoup votre manière de voir quand vous voulez empêcher qu'on ne proscrive l'argent et que vous tracez le tableau des conséquences fâcheuses qui résulteraient d'une pareille mesure. Ce

* Cette observation de M. Rau demande à être rectifiée. Il existe encore en France environ 1 milliard de francs de monnaie d'argent au litre légal de 900 millièmes, et on a frappé depuis deux ans pour environ 150 millions de pièces de 5 francs. La seule objection élevée par le savant économiste, se trouve ainsi écartée. {Note de M. Wolowski,)

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 4S

sont justement des considérations de cet ordre qui m'ont déterminé contre l'adoption de l'étalon d'or.

a L'union douanière allemande, avec 38 250000 habitants, a peut-être 1 milliard de florins en grandes pièces d'argent. Sur cette somme, environ 850 millions de florins deviendraient superflus si nous accédions à la convention monétaire. Ce chiffre revient à environ 17 millions de livres d'argent qui sortiraient du pays , en produisant une forte baisse de l'argent vis-à-vis de l'or. On expédierait plus d'argent dans l'Asie orientale, en subissant une perte considérable par rapport aux frais de fabrication des monnaies, aussi bien qu'au prix de vente de l'argent et à celui d'achat de l'or.

a Ces données, sur lesquelles nous sommes d'accord, me font penser qu'il est bon que le continent nordest de l'Europe conserve son métal, c'est-à-dire qu'il maintienne le type d'argent, qu'ainsi les deux parties de l'Europe se partagent entre les deux métaux pour empêcher par cette circulation réciproque de fortes fluctuations dans le taux de leur prix. Mais le besoin du grand commerce, qui demande une monnaie d'or, est tellement général qu'il faut en tenir compte. C'est la pièce de 25 francs qui serait la mieux appropriée à ce but, surtout si l'Angleterre consentait à modifier son souverain d'or. Cette pièce de 25 francs devrait avoir un prix fixe en argent dans les caisses de l'Etat, soit 6 thalers deux tiers, et 10 florins autrichiens.

« Les variations du prix de l'argent dépasseraient rarement 11/2 pour 100. »

46 QUIXQUES mpiCÀTlQMS

Les idées exprimées par M. ïlau se rapprochent beaucoup de celles c^e M, JVoscher et d'autres profesr seurs d'économie politique. Un des plus éminents, M. de î^aveleye, de l'Université de Liège, après ^voif*. défendu, dans un travail publié il y a deux an?, Yétalon d'or, revient maintenant vers le système contraire; tel est aussi l'avis de M. Périn, de l'Université de Louvain. En Angleterre, cette métropole à peu près unique de l'emploi exclusif de l'or, bien qu'elle se serve d'argent dans l'Inde , la publication récente de M. Ernest Seyd : On BuHion and foreign exchangesj followed by a pefence of the doubh valnatior\, démpn^re ç[\\\] y aurait danger pqlitique, économique et social à faire adopter l'or d'une ma-r nière explusiye par |es pevipbs piviliség. l\ développe avec force les ppntages attachés à V^mplai sii^^ltané de l'of et 4e l'argent, (.e mouvement se p^Ppage rapidement, et quand on aura popipris coml^jpu ]^ ^\s^: bilité de \ expression nuvf\éric^\ie c^e la valeur se trov\: verait ébranlée sj Ton ne se servait que d'ui^ çevjl métal, et combien serait injuste et illégale ^ l'égard des débiteurs l'adoption du prétendu ftalqq d'qr, la questiop sera jugée.

L'application de |a loi de germinal an XI n'a causé, aucun mal ; le principe qu'elle contient, e|; qui n'es^ nullement celui d'un double étalon, se justifie pleinement devapt la science et s'accorde le mieux avec le§ exigences de la pratique.

Les partisans déclarés dM changen^ent qui ferait adopter un seul métal comme instrument légal des}

A l'appui du MÉMOIlil! SUR jJQfk ^ L* ARGENT. 47

tFflosfiotipnfi reconnaissent qne |e systèwp de l'un XI a duré jusqu'à w jour sans de graves ipoonfénients*. Ils font plug. ils avancent que ce syslèwe 4 rempli un râle fort utile, lorsque les arri¥agea énormes d'or no^'^ veau risquaient de produire une véritable révûlntion monétaire; l'action modératrice s'est eieroée alors «q moyen des masses d'argent h déplacer. Infin les arguments donnés en faveur de la ciroulation simul-s ti^née des deu^ métam ne laissent pas que de lea touebep '. Cette eoeiistenee peut être commode, ea? Vor et Varient possèdent également les qualités re-i qnise« powr servir de monnaies ; on pourrait don« les laisser subsister conjointement dans le système monétaire '. Et les mômes écriiaips déclarent qwe la monnaie n'est pas autre chose qu'un disque de mét^l contrôlé et certjflé par TEtat^ Il seml)lerail dès lors qn ils flevraient conclure à l'emploi aiwwltané de Vftf et de l'argent.

Ils y concluent en effet, alors qu'il s'agit d'wn« monmk fiicMlimivf, c est-è-dire de la m(mt\(iie h laquelle la loi n'attri|ïuerait wcime p^i^^n^^ l?¥ralôîVf. Simple marchandise, elle obéirait alors au? principes qui règlent le mouvement de toutes les maP?

* ProcèS'Verbaux de la Commission monèiaire de 1867; opinion de H. Hichel Chevalier, p. ^.

' Même opinion, ibid, ' Même opinion, ibid^ ^ Les pièces de monnaie ne sont que des lingots certifiés : il serait

nayage, exécuté sons c^s réseç'ves, aurait l'avantage c('aidef cjans une certaine mesure le commerce avec TAsie, qui préfère Targent. (Michel Chevalier, Ipc. ck., p. 84.)

48 QVEUQVES INDICATIONS

chandises. Mais, nous Favons dit plus d'une fois, tout en constatant que le caractère de marchandise appartient et doit appartenir au numéraire, nous avons ajouté que c'était une marchandise distincte de toutes les autres, munie d'un attribut légal qui n'est dévolu qu'à elle seule.

La monnaie n'est point un étalon de la valeur, ni une mesure dans le sens strict du mot; elle est la traduction en langage numérique du prix des choses, elle précise le sens des conventions et amène la solution des engagements. L'expression anglaise légal TENDER, offre légale de payement j et la vieille expression allemande Wàhrung, qui emporte la même signification, correspondent exactement à la nature propre de Y instrument monétaire; comme le fait justement remarquer M. Rau, cette langue scientifique, plus exacte, empêche de tomber dans la confusion qui mêle la monnaie avec les poids et mesures et les assimile dans une catégorie commune.

L'idée juridique donne une empreinte distincte à la monnaie, qui du rang de simple marchandise s'élève au rang de moyen absolu de libération. Il faut sortir de l'équivoque : si la monnaie n'est autre chose qu'un disque de métal contrôlé et certifié, le rôle facultatif qu'elle remplit ne permet aucune exclusion de matière première, or ou argent.

Si elle a une autre vigueur, elle l'emprunte à la loi, qui la constitue moyen commun de libération^ et qui peut, sans blesser aucun principe d'économie ni aucune règle d'équité, ouvrir un mode alternatif de

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payement en espèces d*or ou d'argent, soumises à un taux de change déterminé ; celui-ci constitue le centre de gravité autour duquel oscille forcément lavaleur variable des deux métaux.

Appelés à remplir la même fonction, ils sont unis par une solidarité naturelle, que le cfeange légalement fixé rend plus étroite encore. Tout le monde est d'accord sur la nécessité d'éviter les variations, mais non sur le caractère et la probabilité mesurée de celles-ci. On prétend que les changements sont plus grands quand on emploie deux métaux pour monnaie, au lieu d'un, car, dit-on, on subit alors les variations des deux métaux. On oublie que ces variations, au lieu de s'ajouter et de grossir en se cumulant, se modèrent au contraire et se compensent. Ce qui serait plus vrai, ce serait de dire qu'avec les deux métaux les variations peuvent être plus fréquentes, mais qu'elles se trouvent forcément beaucoup plus faibles, en se rapprochant d'une stabilité parfaite , autant que la possibilité matérielle le permet, tandis qu'avec un seul métal les écarts deviendraient peut-être un peu plus rares, mais ils se produiraient d'une façon plus vive, eh risquant d'altérer l'expression des transactions conclues pour un terme quelque peu éloigné. La stabilité des engagements ne pourrait qu'y perdre.

Lorsque l'on cède un produit ou un service contre du numéraire, on n'accomplit pas un simple troc, on ne vise point à posséder d'une manière stérile l'or ou l'argent obtenu en échange. Ce à quoi l'on vise, c'est

4 obtenir le poiivpif 4'*cqHérii) q^ Vqn veut, comwe qn veut pt qviflpd pp Yfiut, yn produit équivalent, la pumançe fl'afgwû^lton qui ré$i(le dans le numér^ipe sera d'autant mieux prisée qu'elle se çonseFvera plus égftlp en meH^nt d'accord Viptérél pomraun deç parties et UqvWé.

Coniipfient pftrvjpqt-Qn à Ift maiqtpnir d'unp manière plus eertaiqp d^q^ c-^tte condition désirable d'équi? libre? Noqs pensons qqe p'est ftp pioyeq de l'eraplqi ^imqlt^qé dP l'or ft de l'argpnt-

La Tmté v^aiéxiflle de Ift vnçi^mi» sera sans aucun doute pins grande, si celle dont on se sert n'est forgée qqe d'uq ^eql piét^l ; c'est q^êwe li pour nous sePTir dp la locqtiqp ^ngi^i^P. PP truism ^- M^is la fixité dp la yîileur écpqoflujque ne snit ppint h piépip loi- On s'i? n^flgjqprajl à tprt qu'il suffit, popr l'obtenir, de se pro: qoncer d'ppp ipAPière «bsqlup sqit pourl'or. soit ppue l'ftrgppt, en piclqapt tpqtp rivalité et tout eonpours.

Qp'pn di^qpe dp ffétftl soit monmyé, il n'en g<<rde p{)8 pleins 1^ qualité d'uqp s^stqnc9 vnm^, que Ip cbftpgppipnt de forine eîtérienre n'efface point, tes n»ér tijq^ précipqx q'écbappeqt nullement k cette infirmité niîltériellp. l'idée de la fixité dP la Valeur empruntée ^ l'identité dp piétftl employé est dope prronép.le débitpp? payp et le créftPPipr rPWit pIp» ou rooiqs qu'il n'% été stipulé, si depuis le moment où la convention a ét^ p^S^ép. 1p taux dp métal, pqnstitpé eomp^e ipstruwent légal de payeqiept, «| apgmppté op diminué- «i^P eréapcier pt le débiteur cqpreqt, dans pp temps doqné, unp

A l'appui du ])f^0(^|: $v^ }^'(^^ fjT l'argent. 51

certaine chance, splpn qup. |p i^étal (^e p^yeiflent li«|usser« ou baisser^ \ « Jusqu'ici pq^s somajes pleinement d'pcçqrd ayefi M. ]^ïicl^e| Chevalier, qnj se ^e^l (IflRS cp p^?S8ge 4'qn lîipgage scipntiftqqe ^^ssi cqrrppt qnp Ift pen3^e qq'il e^prjpîe. Npu^ pessQn§ (Iq VêJrfi lorsqu'il ajoute : ^ Mai^ ^i les deu? métau? sopt étalons^ \\ y aurf\ doqtle chance ^ pourir, car aux yan^Uonç de l'un il faut ajouter le§ vfiiri?itiqnsi de Vautre. »

Jfqu^ PYQns ^qffî^mmppl e^çpljqué ppprquoi pq^ç repoqssoB? ce terrqe impropre ^'étalons, quand il ne s'agir que dy mode léyal de payement. « 11 est un f^j^ établi, fi e?t que daqs |es éphfinges op fqjt iqtprvepiy uflp fparphaqfli^fi intpfmédi^if'p qui y^rjera peq ^^^ do^tp, fl[jai§; pnfiq qqi y^rjera. Ces légère^ pspiUfitjqps; sont acceptées d'avance*.» C'est dit ^ fppfypiUe, p| nop5 p>Yqnsiftmai§ pr^tpn(|q aqtrp çhqsp ; seulpp^ent il \^]\\ que cp5 qscjll?itiqpsi soippt IçQèr^i, e| pQ\^f y ^rrivpf jl ne faut pas ^«^plpyPF WW seu| pïétal pré^ deux qui s'élève ou qui s'abaisse sans contrptpqjds, selqp les mqdjppptjoqs de V^ppTOvisionqen^ent. mais ^fi|jse^^ \(XX et l'urgent, c»r jes vjjrjatiqp^ qvi* jls éproqvpfll sq bqlapcent par ppe ipflqepce ^écipfoqup, et ioï\\ dp cette variabilité p^êipe qu ley|pr d'équilibrp., V(^h^taclç devifCnlf woypn, s'j| pst peri^isi (|e rftppeleç ici le spl[)lip[^e lpng€)ge d'qn '^e nos pl^ç iljustïtps ^pri- Yftins.

Mais, (lisent des écopam^lpsi (||stingpé$, qq|, topt en repqflss^int TappUcfiitiqp p^plqsiyp d'un dps ipé-

* 1hrofik9,'Vfi%\<i(^3s ^ lu Commission monifaite 4e 1867, p. 23.

S2 QUELQDES INDICATIONS

taux sur le marché universel, pensent qu'il en est autrement lorsqu'il s'agit d'un pays isolé : si un Etat emploie la double monnaie, il sera toujours en perte, ses débiteurs le payeront avec les espèces qui vaudront moins, et les changements successifs amenés dans la circulation par l'invasion intermittente du métal le plus évalué entraîneront une détérioration continue dans les espèces, destinées à se dégrader de plus en plus et à s'affaisser complètement. La position peut être commode pour les voisins, qui profitent doublement de la facilité ouverte par les pays dotés des espèces d'or et d'argent, également munies de la puissance libératoire d'après un rapport constamment maintenu, alors que la valeur relative est essentiellement mobile.

Nous ne pensons pas avoir atténué le principal argument invoqué en faveur du système qu'on décore du nom d'étalon unique. Essayons d'en saisir la portée véritable.

Nous craignons fort que les écrivains qui persistent dans cet ordre d'idées , n'aient oublié que chacun des motifs qu'ils invoquent rencontre une contre-partie qui l'efface, et qu'en fin de compte il ne reste debout que la fixité relative acquise au bénéfice de l'emploi simultané de l'or et de Targent, quand on s'attache à prévenir les écarts soudains et extrêmes et qu'on se résigne à une fluctuation peutêtre un peu plus fréquente, mais de beaucoup plus faible. Celle-ci n'impose à chacune des parties qu'un sacrifice minime , qu'on pourrait considérer comme

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une sorte de prime d'assurance payée afin de mettre à l'abri de véritables sinistres qu'eatraînerait Temploi universel d'un seul métal.

Le centre de gravité de la valeur métallique, auquel tendent les oscillations restreintes, est le même que celui qui se retrouve dans l'autre hypothèse, après des oscillations beaucoup plus larges et par conséquent beaucoup plus périlleuses. Il n'y a aucune détérioration des espèces métalliques, préservées, par la fixité du titre et par l'identité du poids, de toute altération intrinsèque.

L'emploi d'un seul métal n'empêche pas la valeur de celui-ci de varier, et même de varier dans des proportions plus fortes. Si la France et le reste du continent n'avaient point maintenu, grâce à l'emploi intérieur de l'argent, le prix de l'or, après l'alluvion récente de ce métal, à quel danger l'Angleterre n'aurait-elle pas été exposée?

• Il est un autre côté de la question que nous nous bornerons à indiquer ici, mais dont l'importance est grande. Des hommes bien placés pour en juger, entre autres M. Haggard, caissier de la Banque d'Angleterre, se sont plus d'une fois plaints de ce que l'argent n'y circulait plus à l'égal de l'or. Avec les deux métaux employés au payement, la réserve des banques résiste mieux, elle est moins exposé aux variations subites et extrêmes du taux de l'escompte, qui se manifestent surtout là où l'or domine sans partage ou bien quand il acquiert un rôle prépondérant, comme cela a eu lieu en France depuis une dizaine d'années.

84 QtteLQDfeS mblfcAtlbAë

Ott ^'inquiète du thûhge dëd ëâ^ëcëS d or et d'àl-gebt qui ti6 régulaHde faclleitieht, à peu de frais, et dû oublie la gravité des perturbations dli tàui de Tëscotapte, que multiplie Tettlplbi exclusif oU plus ^éûéral de

Le pa^s qui etujjloie Utte dûtAk mmUoie reçoit, dit-on, le métal d'un prit atténué, et il litre en échange celui qui fait pHnte; mais il ne perd riëtl; il àlriVe à tout compefaser en ttiàitltënant dans un i-àpport plus fidèle la positiotl relative des débiteurs et des créanciers. L'expérience a d'ailleurs été faite Siir là plus grahde échelle en Frfthcë, depuis la loi de germinal an XI I Ceux qui en demandent la révision devraient cbmmencër pat établii* le compte fidèle des prétendues pertes que cette M nous alirait fait subir. Ces pertes ti'existent point; loitl d'amener une pertilrbatibh quelcotiquej l'influence bienfaisante du système régulateui- qu'dd voudrait supprimer> en a prévend une trèà-grttte, Idl-s des riches arrivages d'or.

C'est pour la première fois qù'ort Vdil jJfbposer lib changement radical dont les faits dbsetvés fie révèlent en aucune manière là nécessité ; c'est pour là première fdis que Idil voudrait faire cdurir au pays une périlleuse aventure, àarts pouvoir justifiëh par aucun argument pratique cet entraînetoeiit de l'esprit d'innovation et de système;

Mais^ dit-oU} l'argent revient : la prime qui l'a fait porter au dehors a dispàtu; les choses eii sdnt revenues à Tétat primitif du rapport de 1 à 15 1/f

A l'appui dù MËttdlttË stîft t'titt ET l'argent. 38

indiqué entre l'or et T^rgetlt l^At là Idi de gel'mitlËil; nous BOtumës donc ttletidcés de subil^ utle montiaié lourde; enbotnbrànie^ ft laquelle ré[)u^iielit les habi^* tildes priseSt L'or est le riuméraire nâtufel des {teiiplës richesi avec Targent nous i^etDtiiberiotiB ali iiiteâu des peuples paurres. Il faut dbtic se hâter de démônétièei' nos pièces de 5 francs bu d'en affaiblir le litre» âfih de maintenir For dans la circulation!

L alarme qu'on témoigné de cette fai^on n'est-ëlle pas singulière? On accusait, il n'y a pas longlettipS) là loi de germinal de nous avoir ruvi niotré MijUHti et maintenant quand l'action régulière du marché ttotlS le restitue en partie» on y trouve uri sujet de (ilâinte plus vive encore; Gardons-nods de des eîëgértttldttS mal fondées; rendons-nous dn compte plus exact des véritables éléments de la circulation^ et du rôle qUfe remplissent aujourd'hui les thétadx préciëUt.

L importance dé ce rôle est loin d'atoir décliné > mais il s'est transformé; Il ne S'agit plu^, surtout ddUs les réglons commerciales; du trëhl§[)ort tUâtérlel dëS espêcesi mais bien de la solide gërantie qu'elles fournissent alors qu'elles servent de couverture ttUt blU lets de banque, qul passent de main en màln en qualité d'aglleë véhicules du numéraire Immobile^ Il s'agit ausslj et à un degré bien plus élevé ëticore, de la fixité qu'elles assurent à rexprèssioii numérique qui sert à traduire toutes les trënselctlons en ifièirU^ menië de crédit^ dotés aujourd'hui d'une activité biett supérieure à celle du numéraire! Les ëspècëà d'of; aussi bien que les espè(iës d'argent ^ m constituent

plus que l'appoint des transactions commerciales, surtout dans les pays les plus riches. Le Clearing-house de Londres a fait en une année pour 125 milliards de francs d'affaires avec quelques millions de billets et moins de 1 million d'or. Les virements, les compensations, les chèques, les billets de banque constituent presque tout le mouvement des régions plus élevées de l'industrie; deux autres régions renferment les transactions moyennes et les petites transactions : les unes et les autres commencent à se solder au moyen des comptes en banque. Les métaux précieux ne circulent guère que dans les envois faits de pays à pays ou entre les particuliers. Pour les exportations et les importations, la différence des frais de transport, quand on y comprend l'assurance, est faible; en ce qui concerne les particuliers, on évoquerait à tort la fantasmagorie de lourdes piles d'argent dont ils seraient chargés ; avec la pièce de 5 francs en argent, les pièces de 10 et de 20 francs en or, et les billets de 60, 100, 500 et 1 000 francs, on pourvoit sans peine à tous les besoins et à toutes les convenances. Nous ne parlons pas de la pièce d'or de 5 francs, l'expérience Ta fait condamner; elle coûte trop cher, car elle s'use trop vite, et elle est ivop perdable, pour employer l'expression populaire. S'il est ressorti quelque chose de certain de l'enquête monétaire de 1868, c'est la presque unanimité des trésoriers payeurs généraux et des Chambres de commerce, s'accordant pour condamner la pièce de 5 francs en or.

Le billet de banque, avec les coupures pratiquées

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent^ 57

aujourd'hui, s'adapte aisément à tous les payements; les énormes réserves métalliques de la Banque circulent sous cette forme agile et commode, dont elles couvrent et garantissent la pleine sécurité. Deux ou trois pièces de 5 francs d'argent, quelques pièces de 10 et de 20 francs, et le surplus en billets de banque, cela suffit à tout, cela ne peut ni trop déranger ni incommoder personne de ceux dont l'aisance ou la richesse se traduit par l'habitude de porter une certaine somme. Du reste, en fait, ce sont les plus riches qui possèdent relativement le moins d'espèces métalliques ; il en existe peu chez les banquiers et chez les commerçants, ceux-ci mettent en mouvement le billet et le chèque; il en existe le plus, toute proportion gardée, chez ceux dont la condition est la plus modeste, et ils ne répugnent nullement à la pièce d'argent de 5 francs. Les habitants de la campagne ont conservé pour celte nature de numéraire une prédilection marquée , à moins qu'il ne s'agisse de sommes plus fortes, comme celles qui proviennent de marchés de bestiaux, et qui jadis se soldaient en louis d'or. Aujourd'hui, à côté de l'or, le billet de banque commence à occuper une large place même dans ces opérations. Mais porter avec soi cinq, six, huit écus de 5 francs en argent, cela ne gêne point les populations rurales ; elles aiment sentir dans les poches un numéraire qui pèse, sans les fatiguer. A côté de l'or, elles emploient volontiers l'argent.

Les avantages monétaires appartiennent également, de l'aveu de tous, aux deux métaux précieux : sur un

88 QUELQUES INpfCAJipNS

SQul point Vqf l'emporte : jl feprésepje \\]\e y^lpHf supérieure sq^s un vp}||iflp pjus h\W, il est plys léger à pprter. C'est vr^i; {p^js san§ attéfiupr eji ripp cptte sup^riqrit^ rfiJfitJY^» îï f^^f fepoî:^nqîfre qv|'e}le ^frive k v\ï\ r^flg secpnflairp ^^n$ les ^ttnb^^ (Jp Iq rnQnt\çiie, et qqe les procédés moderj^ps (}p )g circplcftiop atténuept çingujièrempnt |a portée c(p çpfte (jifféreppp. Qn np saurait tfop }e fépéter : Tpr aii^si bien que V^^^SPA* ^^ pgurp plus guère daas |pji Ifapsactipps, qiie ppq^ fprmef ]e^ qppoi^ts^; en cjehqrs (fe frfic|;ious reU|JYeiï}epj f§ij)|e§, les espèpes flpppeiirppt pjreçqu'imipobile^ fjsfu^ Ips grapds résefvpjr^ jpétajliques 5 e|les se bprppq^ ^ fpprnir Ip gagp ^\ ^ préciser Je spn^ des n^gocjatioqs accopipljp§.

Dans la campagne récemn^ent ouyerfe en 4^|jpmagne afin de récjapipf Ip payement légftj en or {Qçidwahrutig), le dési^p (|e s'^ifffapphir ^es petjt^ filets 4® banque joue |in grapd rôle. No|js cpp^prepon^ pp|tp yépugp^nce ppur (ips coupures q^j (jescep^ent ^ q» ff^filer (3 fr. 75), à up flori^ (pn peq plps 4p ^ fr^nc^) et piême au-dessous, moppaie de p^pipf aqssi jpalprppfe qu'inçpmmode;nopscppnajssonsle (Jftpgerqui ftcpqjppagne cette ex^^gération 4p j'éinissipn f^jjuçiajre. |4ais, pour s'fifffrancj^ir dp cej; iqppnvénjent, pe ^uf|irqi|-ji pas de ppser, comme noqs l'î^vpn^ ffiit, qn ^i^^n^uv[^ yatipnpel f|q-dessous duquel ]^ cquppi'e de Pflpjef pe descendrait pas? Une fois pe parti pfi^ pt |^is inexécution, la circulation de TAlleinagne, cppipie cfi^lp ^e laf France, s'accomplirait aisépient avpp je tyjple, élément de l'or, de l'argent et du billet.

A l'appui du «(^ypipf: su$ ^'(\^ p l'argent. t(Q

Jl jfqf^fait, ppuF ponciliey JeB pappoFU intpf patipr p^pi, 4'^fiRPtPr le régiu^p de la flqutifç'monnm, en épsrt^ntlji praîp^e spperçtifiewse, fr^spirép ptir unp fprnflHlP frpp peu 4i^pwt^É!- On e^t sur la bpnpp vqip, çpps pp rappprt.

Pan§ |a péuniqp 4e Is ^pciété dps pppnQroîstes de Berlin, 4u 31 ppto|)re dprpier, M. le cpngeillpp If jcl^pëlis, dont op cpnpaît la haptp pompétepce dai)^ les ipali^F^s épqnppiiqpps, js'e^t exprjipé pn pe§ tprWQS î

if Herr Bppfe^sor WqlpwsVi vprdiepp gFPSsep Qank dftfûr, da^s ey dpm Dogm^ der aUpinigen Gpldwthz rpng pptgpgpptretp ; depn hie^u babe vjpl mpraliscljpr jWpth gehjSrt, gegpniiber dem fibsprpchendeu Dogpïatisipus vieler Vqlkswirthe. Durch nicbte erlei: cbtern wir das ^.ufflndep des nphtigep WpgPS webr, a|§ ^SfJprch, das^ wij- 4ie eigeppn Vqruytbpilp WPgfftpippn, 4ie yvir pus splber \n dep Weg gelegt bfts ^prj. n{)M[. je pfpfesseurWolowski mérite ppp YiYpgra-. titpde pppr s'être élevé cpntrp le dogme 4e Vpmploi de l'or comme unique moyen de payement légqly psn^ i| 9 fallp up grap4 poprage mpral pour affrqpter aipsi Ig 4pgnifttisn»e haptain 4e beaupqpp d'écopppiistps. Rjpp pe facilite mieux Tacpès du drqit chemin, qup d'éparter jps préjugés dpnt nqus Vaypns pqpsnmêmes encombré.)

Nous ftvops es§ayé de traduire ^d^jepapnt 4es paroles^ trop flattpuse§ pppr pops; il par^issftil pécpss^ifp 46 Ips reprp4pire alors qp on persistp 4e ppus opposer, ap lieu de r^isopsj un préten4p isplemept Hftrp^i |ps ipRppes youé? ftpx éfudps éçqnoipiqpes.

Oui, nous avons peut-être été presque seul au début, il nous a fallu le courage moral, dont parle M.Michaëlis, alors qu'il s'agissait d'explorer un aspect nouveau de la question monétaire; si Ton manquait d'un pareil courage, on risquerait fort de voir les diverses branches des connaissances demeurer stationnaires. Toute vérité a commencé par être une négation presque isolée de l'erreur accréditée. 11 nous est arrivé, plus d'une fois, d'éprouver en France l'atteinte d'attaques peu mesurées de la part de ceux qui devraient tenir le plus à conserver le calme nécessaire dans un débat scientifique. Mais nous en avons été largement récompensé par le concours nombreux d'adhésions formelles, ou d'expressions d'encouragement de la part de ceux àans l'esprit desquels nous avons éveillé le doute, et qui reconnaissent la nécessité de soumettre à un examen nouveau et approfondi un problème dont l'importance et la difficulté ne semblaient pas être suffisamment appréciées.

Le président de la Société des Economistes de Berlin, l'habile défenseur du free-trade, M. Prince-Smith, nous envoie une lettre d'adhésion motivée aux principes contenus dans nos Notes sur la question monétaire; on y lit ces mots :

« Par cette petite publication vous avez rendu un grand service et très à propos, au monde entier. »

M.; Max Wirth, l'auteur de l'ouvrage sur les Banques, directeur de la Statistique Suisse, dit :

« Je citerai votre opinion et déclarerai ouverte-

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 61

ment mon adhésion dans la préface de la troisième édition démon deuxième volume qui est sur le point de paraître. »

Le savant professeur Rau, de Heidelberg, correspondant de l'Institut de France, nous a adressé la lettre publiée plus haut (p. 42 et suiv.).

Notre illustre ami Roscher, professeur à Leipzig, correspondant de Tlnstitut de France, déclare, tout en faisant des réserves pour la queistion relative à l'emploi intérieur de la monnaie :

« Je reconnais, d'accord avec vous, que la transition du payement en argent au payement en or doit exciter en Allemagne une vive inquiétude, et je regarderais comme un malheur l'adoption universelle de l'or comme type unique de payement légal {Und es ganz besonders fur ein Ungliick hteltey wenn die gesammte Welt iiberhaupt zur alleiniger Goldwahrung ûbergingé).

« Est-il vrai, comme vous l'expliquez ingénieusement.en rappelant le pendule compensateur, que le but principal, qui est de mieux préserver la monnaie des fluctuations du marché, puisse être plus sûrement atteint par le mode de payement mixte (or et argent) que par le payement légal, uniquement prescrit en or ou en argent?

a Je n'hésite nullement à répondre oui, quand nous nous plaçons au point de vue élevé qui embrasse le monde dans un grand système économique. Avec le payement mixte la variation du prix des instruments de la circulation peut être plus fréquente, mais elle sera moins forte qu'avec un métal unique... Cet

62 QUELQUES INDtCAtlbNS

àtahtfilge d'une plUs grande unifôi-iriité de prix fcoh- &tltue un prdgrèfe utile. Quelque those d'analogue se présente aujourd'hui sur le marché uhiversel, alors que fceHaihs Etats y portent le type or et les dlitres le typé drivent...

a Vous avez rehdu un nouveau service à là scièiicè éh faisant de cette t[ùestiori si difficile, niais si irrl^ortarite, Tbbjetdela discussion {)ubliqlle. »

Le ddctéùt Wolgfang Eràs, réddetëuf de VÀhûuairk allemand d'Economie politique, après èivbir BMllàiihmehtîiciiiténu rioti-e doctrine au Handélsiû^ dé BèHin, noiis écrit :

<< Vbiis avez prdbabletilent appris i|lië lài Sofeiétë dès Ebohomistës de Berlin, soii^ la présidence de M. tHHte- Sfiiith, s'est occupée de la question monëffitité. 11 H'^ ë pas éii de vote (on h'éti éniet point dahs lëà dlfecltâsibris de là Société (îfes Ecdtiaihisteâ, ^àï ^M S Ëërilh (|ti'â PaHâ), bais, d'àpi-ès ce qdë je kàis, là gi-krtdfe tnajbrité défe ëboriotnistes de tiëHlh àë range â ?os id4ës.

^ Veuillez iïi'SutoHsër à faire Une tradilfctldn allëtiiàhdë de ^btfë mémbif ë sili- Viit et m^êHt, '^Heslitih Hionéidii-e; je là ferai procéder d'tihd Ihlf^ôdMM, et j'bse croifë que fcëttë publication conti-'lbuér'â S dissiper la confusion d'idées ^lii règne ëilcyté chëi iioiife dàtis biëfi deè Régions ëù sujet dii type ttidiiëliiirè. »

L'étnihent ^itofësseur d'éfcoiiblliîë ^olitltjiië à Màtichèster, M. Stanley Jëvons, San^ àbdiqtier les tferiddiifcës àtiglaîses favorables à l'cmpltii de l'dr, d^clàtê l

« Je tl'ài garde de the ^tbnoncer càlégbrîtjiiëmèiit dans là (fUëstiori dû typé thohétaiH dcfliblë 6ii ^iinpië,

A l'appui DI) îlélubtRÉ StJli f bR ET l' ARGENT. 6à

felle kné jiàratt hërissëfe de diffifculté^ étibrinefe; elle tbiJcliè à utie fdiilë de ^àits et d'élëiiieîitè d'apprëcîâilbn; qtii échàppeht â rdilalysë exacte et qu'il fdUdl^sUt pdtihaill conhaîti-ë. Là thédHe y enti-e pdiit àûtiHi que la pratique.

i Eii ce qtli concerhë la thëbtie, vous avez adiillt-ëblëtneht dëvelbppë le pi^ihci{)ë de ce qu dh libriiirie le dbhble étalon et le danger aiiijiiel nous serlbhà ëipbsés de Voir le taili de Tbr hausser par milite de la dëihonétiéatioti de r^tgënt.

à Les ëcoilbtniâtës de bë bôtë de la Manche préiehttërit d'drdihdife l[Juè le systëthë d'uH doublé type mofiëtàiirJè; ëtpbsë le ^ayè Mi tliifctuàtlbns èitrêmes dêfe deui thétàtii... IH bilt perdu de viië ractioîi coTfripehsdibirè dbrlt Vbliâ j^àtlU. fen stdtilarlt que les pàyëttiehtâ fleiiveht ë'ëtîëbtlier ëii or ou eii argëht d'après M taui lëgai, \à Idl de ràrl ÎI; côiiimë j'ëtilisagë maintenant celte ihatîërë, doit kvoir poiif effet de fii-ëirënlt Ibs flùctiidtioiis fextréttiefe du tâui dà deuj ttiëtâux. VMi bbriirïië ai l'dtl pfdli(|liàlt iliië bdiilttiiitiibëtldn èiïtrë deili rëservoirs c^iii atHvènt à înaîntëtiir uti rtivedU moyëii, ad Heu de iiiontëf et de dëëëèildrë indë^ëridamhieht Ttlii de l'âtllrë \ Aiiisi la loi monétaire qui régit la France a été sàiis doute pour beaucoup dans le maintien de l'or et de l'argent à un taux respectif presque uniforme. Je crois que l'once d'argent au degré anglais de fin, qui valait 59 deniers à Londres eti 1845, ne s'est pas élevée en

* M. le docleiirWolfgaiig feras s'était servi d'une image analogue au Handelstag de Berlin.

moyenne annuelle à plus de 62 deniers (1859) après les nombreuses découvertes d'or, pour retomber ensuite à 60 deniers trois quarts, en 1867. Je crois qu'en somme l'or et Targent ont subi une dépréciation commune considérable, mais leur valeur relative n'a pas varié au delà d'une baisse maxima de 5 pour 100 *. Certaines personnes prévoyaient que la baisse de l'or se traduirait par une hausse de l'argent, elles avaient méconnu ce fait que Tor nouveau allait se déverser dans les canaux occupés par l'argent. L'or et Targent influent réciproquement sur leur taux...

«... Quoique je sois loin de pouvoir me prononcer avec assurance en cette matière, je vois et je dois reconnaître qu'en théorie, vous et les autres défenseurs de ce qu on peut appeler le type monétaire alternatif, avez raison. Les choses se présentent autrement au point de \ne pratique, ce qui fait que j'incline à espérer l'extension du seul payement en or '. »

Le doute méthodique de M. Stanley-Jevons se trouve déjà partagé par beaucoup d'autres professeurs d'économie politique, qui, d'abord surpris de l'attaque dirigée contre ce qu'ils regardaient comme un axiome passé en force de chose jugée, étudient la question à nouveau.

* Ce taux marque les points extrêmes; Técart du point central n'est même pas de moitié, en hausse comme en baisse.

* M. W. Slanley-Jevons croit à une augmentation rapide des approvisionnements (Por; cette pensée domino la solution pratique qu'il entrevoit; mais on peut comparer la réserve et le ton dont il use, quand il parle d'une question hérissée de graves difficultés, avec le dogmatisme trancliiint qui s'étale trop souvent chez nous.

Digitiz^d byLnOOQlC

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 66

Nous pouvons nommer M. Schmoller, professeur des sciences d'Etat à TUniversité de Halle, il s'exprime ainsi :

« J'avoue que j'avais auparavant une opinion différente, j'étais convaincu de la supériorité de ce qu'on nomme le mode de payement simple {Einfach Wahrung). Vos écrits m'ont prouvé que nombre d'arguments sérieux militent en faveur du payement double {Doppel- Wahrung). La stabilité du marché y gagne beaucoup.

«... Je ne me trouve pas à même maintenant de vouloir me prononcer catégoriquement dans cette grave question. »

M. Hannsen, professeur d'économie politique à l'Université de Berlin, compte au nombre des premières autorités scientifiques de l'Allemagne, il dit:

« J'ai beaucoup médité sur la question capitale que vous avez posée dans le domaine de la discussion publique en Europe, en montrant le sens véritable de la loi de germinal an XI, qui n'a point créé un double étalon monétaire, dans l'acception attribuée d'ordinaire à ces termes, et en indiquant le danger auquel pourrait exposer l'adoption de Vunique étalon d'or dans le monde, au moyen de l'union monétaire des peuples civilisés.

« Je n'ai pas définitivement arrêté mes idées en cette matière : je reconnais la justesse de votre théorie, mais je ne suis pas encore parvenu à écarter quelques objections pratiques.

66 i^UELQCES INbicÀilÔNS

a Tous celit cfUi bnl sérieuséinfent étlidig cette questiori, se tffclllverbril d'ëccord dVec vddâ Stit ilH point essentiel. Vous avez eu le grand mérite de le tnfettrë éH luiillère. —91 Id loi dccordë âû débiteur là faculté d'dpter piouf lerf |)àyëments entre Tor ël Tâf gëht, ce iM'de allernàtif bréè une mesure de là mteur kvion parfaite, dh înoins ptuk stable que celle qîli té rattàbHe eôc'éHislvemenï à Ciin des Snélaux précieux. , L'EUrope. oii pldlOl lé rflonde civilisé, eét redevable â la loi française de n'avoir pas été sérleuslBtiièht trdiiblé dahS lè§ Intél-êtS Ûriëriciërs pkr Id t)èrtbrbation tiiil nleHd^all lè^ ^ixi i-esJDèctifs de l'b^ et de rdfgëtit, à la suite des énormes arrivages de lii Callfbi^rile et de TAiisiràlië. Une ()artie de tfes arrivages a Servi à la Fi^dhcè, od U Hibntikië d'bf teiilplaija succefesivëttieht la mbntlaië d'argètlt.:.

« Une des principales considérations qui déterililhëht r Allërhd^hè ëH favetii^ dé î'ôf , fîëfet \A perspective de pbdvbir àhî\ restheindtë là citclilatlbrt de là teoilnaie de pHpîer et dès billel^ de bàh(|IJë.....

c< Je lerfnirie cômfne vbtis en disàill : Àdhlik Étib judicé lis est, et en regrettant qiVk Thëurë qu'il eSt je tl'fitie pùk pu encore pf-t^ndre ilrl parti dans cette question qui est si difficile â résoudre: Je voii^ sei-ai toiijbùrè tëfcbnnaissant pdlir le^ pbints de vilë hdUveaux et pleins d'intérêt sur lesquels ^otiè àtëz ptbvDqué la fûéclîtdllbri de ceni qdl ^'ihtéresserit à ce grave ^ibblènië. i>

Le disciple et Téiiitile de Roschër, notre excellent ami, M. Knies, professètlè d'écbùoiûié j}olitlqiië à

A l'appdi Dti TàÊvtâiM Bvk i'OR ET l'argent. 61

rtJniversit^ de keldelbétg. ék tietît ëgaietiieht d&ns liHë attitude d'ëxpéctdtiVe i-âisdHHéè I

à Vds Irailés Sur la qiiestioli tDbhélUit'e, iibilS écrit-il, constituent un grarid serHbé et pblif le Scife'facë fet pdtlr U {iratiqùe de réfconbtriié pbliUlïuë.

« h tne suii^ fortetoehl éidhrié de fcé (jllë i6\ik ëyez été i'Udemetlt htalméhé, etl f ottë (iilàlitë dé dëfenseùt de le 161 de ^fetiHirial. Votffe tiéferifee fcbrtlife'rit dtie fiartie àbâtilùnietlt nbuvèlfë, elle ne èabrëil fitl-ë l-éfiltëë pàt des sëiJtéHbes ëbhhties de tbUt le lîiohdë et inexplicables a pires le chslrigeoièni du terMiii de là

« Je Hë ^llig fias ènbbrë ëtl êl&t de dii-ë taoh détnier mot sur une questidn i:|tlë j'éttidlë Hë noiiVeâii àvèd ièlè dëj)ui^ quelque teHlps. A cëtlë Hëul-e je ne peux pàh ^fb'Utëi- votre l-aiSotiHërriëtït ëfl toiiS [)bltits, qudicjtle j'ëië là conVictidfa I^U'il est d'ilttë hdtitë IttlpoHaheej ttlût ëhtiëi- et danâ im m m. Il tûk fôtit .attendre que nlon jdgëtnëdt Sdlt dëvëtlli plUè UUr et au m bù Utië différëttfcë d'bpitlioh 1-esteMlt, fôire tîbtihatttt-è InëS Idéëé par utlë élpoàltidh plus réfléchie, ii

Nds savants fcdllôguës tië Belgiciùé, M. Emile de LaVelëJrè-, prOffeàfeëÙr d'éfcbnbnllë politique S l'Urtitëtsilé de Liégë, et Petitt, professeur d'écbndtnië pdlitiqUe à l'tJhitër^itë de LoUvain, acfcetttuëht datôtltagë lëdr tif<iriidh. Le prètfiier. apl-ès avbli" longtemps ksitëj ridds ëcf-lt qu'il Ihcliile décidémetlt de iibti'e tûiê; lé SëcoWd rtoiis i dbhtié, dêS l'bHginë de la diSfcu^sion, ùd assentiment ëhtier.

68 QURLQDES INDICATIONS

L'ancien président du Sénat d'Italie, M. le comte Frédéric Sclopis, que ses travaux ont depuis longtemps placé au premier rang des savants de ce pays, n'est pas moins affîrmatif.

a J'ai lu, nous écrit-il, votre travail avec autant d'intérêt que de profit. Vous avez réduit à la plus simple expression une question que de nombreuses discussions avaient embrouillée. Cet écrit est clair, court et concluant; tel est le langage de la droite raison. Seulement je crois que vous avez eu tort de finir par ces mots : Adhuc sub judice lis est. Votre mémoire aura force de chose jugée en faveur de l'association des deux métaux précieux dans l'accomplissement de la fonction monétaire. »

Cette opinion a d autant plus de poids qu'elle émane d'un penseur qui joint aux lumières de l'éco-^ nomiste la science du jurisconsulte; en eflFet, la monnaie légale soulève plus encore une question de droit qu une question d'économie politique.

Si nous nous sommes décidé à publier une partie des lettres écrites par des hommes haut placés dans l'estime du monde savant, ce n'est pas un triste sentiment de vanité qui nous y a porté; nous avons voulu montrer à quel point se trompent ceux qui, traitant ce débat d'une manière trop superficielle, n'aperçoivent point ce qu'il présente de délicat et de difficile. Il ne suffit plus de recourir à des affirmations hasardées, ni de se retrancher dans l'autorité d'une formule doctrinale, acceptée jusqu'ici, parce qu'elle n'avait pas été suffisamment étudiée ; elle ne

A L APPUI DU MÉMOIRE SUR l'oR ET l' ARGENT. 69

concerne d'ailleurs en aucune manière le nouveau problème soulevé par la monnaie internationale, destinée à régler les transactions du marché universel. Nous n'avons point la prétention d'affirmer la force victorieuse du système que nous défendons, mais nous le croyons de nature à provoquer et à supporter une discussion approfondie.

La loi de germinal an XI, ne nous paraît avoir été ni suffisamment étudiée dans son principe, ni justement attaquée. Tout s'est borné à des sentences doctorales, sans démonstration quelque peu approfondie ; les inconvénients du système qui nous régit n'ont été prouvés ni en droit, ni en fait, et quand on affirme que la question est vidée contre la loi de germinal, on ne tient compte ni de l'opinion presque unanime des hommes pratiques, à ce connaissants, qui la défendent, ni de l'avis des économistes, qui se partagent sur la solution "du problème. La section d'économie politique, statistique et finances dont nous avons l'honneur de faire partie à l'Académie des sciences morales et politiques, ne compte qu'un membre, M. Michel Chevalier, qui demande instamment la révision de la loi de l'an XI, tandis que les autres la repoussent ou bien tout en admettant le principe théorique d'une seule monnaie légale pour un pays pris séparément, ne croient nullement à l'urgence d'une modification législative *.

* La section se compose, par ordre d'ancienneté^ de MM. le baron Charles Dupin,— Hippolyte Passy,— Michel Chevalier,— marquis d'Audiffret,— Wolowski, — Léonce de Lavergne,— Vuitry,— Levasseur.

7Û QWPWuif§ 'iJ!tlP*TW^'^

U Wpiélé d'écQoomjp ppljtiguQ a viypiiipi^); ffigpqlé cpHe qupstjpn ; ce qui nous fait bien fiHgjirei: de Vaypnip, p'es^ que (^ps hpmpies jepnes, plpjp^ d'^^^pip; 4pnt ]p^ cqnyicUpRS ce focrnent ^ 1§ luppF 4h débat, aH lipu ffêtrfi et^ibatjassps ^e, liens (Jîfpjpfi?, SP pi^P-r HflRpent dang nptre seps. l^'autpHr 4^ l'bJS^ftir^ 4» Communisme, cpnni( par d'fmtfes IrftYftM? ^'flRP'^tpwts. H; Alfrefl Sqrtre, pqp^ pcrit :

H J'ai |i| ayep le plus vif W^^îH yfltre ppljpe sur

rpffipipi simultané pu plutôt aUerpatif (ip l'argppt ^\

4^ rpr ppiflipe mppp^ie. Votre ppjn|pi| pie ^a^W })ipn fppd^e. >>

C'est 4an§ pe sens qpp s'expri«D^pt !^r Ï'PPH Sqjf, qpi pprtp digngpient np nppi jHuslt^ < Pt les ^e^% jeqpps ^J t^Fillauts lapréat^ 4'up ppnpoufs f^pept 4e l'Apa4éwie dps scjpnçps m^l^^ et ppljtiqpes , MBf. Lerpy-^p^plieu pt Qeprgps Îienaq4: Pe defuief PPUS ftdyesse upp ppte qq| rpsi^fpq d'upe piflpièrp j^ppi-euse m idées en petjp piatière !.

Hr jpriscpnspUe ^mioppt. qui p^\ ftppsi pp ^cppp-

* La valeur des choses est une quantité variable. Four mesurer la valeur, il faut admettre une valeur; celle-ci ne saurait ^ire d'une Bxilé ^({solije, pe i>erq|t ifnpossibje ^ obtenir: mais elle ^oi| être ^uss) peu variable que possible.

La monnaie est cette valeur. Pourquoi jouit-elle de cette Gxité rela- Uvel Parce qup l'pr pt l'argent pe jonept qu'up rô|^ rejativeipent in^gnifiant ^ans les usages ordinaires de la vie ; aue leur usage le plus fréquent et le plus iVuctueiD^est celui qu'on en fait sous forme de monnaie; que leur mode d'utilité, i|s le tiennent en grande partie de la \ç^ établie pour répondre aux besoins de ceux qui échangent.

Quand \f (lis que |a valeur de la monnaie a une graijde ||xité relative, j'en^epfjs i|ire qu'elle a une variabilité ipqindre ; vojlà tout.

Cpljg Y9l?Mr pionptçire (Joif servir de mespre à Ig v^|ej|r (ies cjjoses.

A L*APPUI DU llf^VPfl^^ Sqp ;.*OJl p L ARGENT. 'JJ

Iflj^tq pîprc^.p^ q^i r» bien prpqvé q^a^^ jl A ovivprt pn çpufs d'écqnofpie politiqqp |i Tpcole de 4roit (le Toulouse, M. le professeur Rodière, adhère à toutes Pfts ifjées ep matière monétaire.

Il importe donc de réduire ici encore, s'i| est possible, la variabilité au miniminn.

Commenl y arriver?

La valeur de. For est exposée à varior suivant Taclivilé de la prodiiclion et l'abondance de ce métal sur le marché

La valeur de l'argent est exposée aux mêmes chances.

Ne prendre que l'or ou quo Targont pour monnaie, c'est prendre pour mesure de la valeur une valeur encore susceptible de subir des vàrialiqns trop rapides.

Que faire?

Ce que noiis devons obtenir, ce n'est pas une unilé fixe de la valeur, nu étalon de la valeur, Potir mesuier des quantités variables, on ne peut employer ici qu'une mesure elle-même variable. Mais cette mesure doit varier aussi peu que possible.

Or la monnaie lient en |»arlie son utilité de la loi. Est-ce que |a loi ne pourrait pas augmenter cette ulilité?

Certainemenf.

La loi dit : « Le rapport actuel de valeur de l'or et tje l'argent est de 15 et demi. Je ne puis allirnier que 4»,30 d'argent vautliont constamment 29 centigrammes d'or. Je n'en ai pas le pouvoir. La valeur d'un uiême (d)j<'t varie suivant les individus el les cnxôn stances. Je ne puis obliger à exister toujours une chose, comme la valeur, qui ne me doit pas son existence. Je puis seulement dire, en dehors de ïoule idée de rapport de valeur : 4^,50 d'argent seront reçus pour 29 centigrammes d'or, c^est'à'dire dans le rapport de 15,5 à 1 . »

Couséquences :

Le rapport des deux métaux vient à varier.

1° Il s'élève à 16, c'est-à-dire 4»,64 d'argent valent 29 centigrammes d'or. Or, d'après la loi, dans les payements de marchandises, 29 centigrammes d'or ne seront reçus que pour la même quantité de marchandises valant 4^,50 d'argent 11 y aura donc avantage, dans cette variation de rapport de valeur des deux métaux, à payer les marchandises en argent, et l'or se retirera de la circulation ou s'exportera ;

2® Le rapport loinbe à 1 5, c'est-à-dire 4^,35 d'argent valent 29 cen- {igrajflïpes tfo|.

La loi admet l'écl^angp 4^ 4*,pQ ^'afg^iU PP^ffi ^ P^PWgWffi«fl68

On connaît depuis longtemps Topinion, conforme à la nôtre, que M. Courcelle-Seneuil a émise. Nous

d'or. H y aura donc avantage à payer en or. L^argent se retirera à son tour de la circulation on s'exportera *.

De cette façon, la valeur de Toi* et de l'argent oscille autour d^in point, sans pouvoir s*en écarter sensiblement dans aucune circonstance. On obtient ainsi une valeur aussi peu variable que possible, et à Tabri . des perturbations qui résulteraient de l'abandon ou de la rareté inévitable, dans le cas où un seul métal serait adopté pour monnaie.

Chacun reste maîire de choisir son unité, ou d'en changer si bon lui semble. C'est la liberté dans l'emploi de l'unité monétaire.

La monnaie à deux métaux esl, en économie politique, l'équivalent du pendule compensateur en physique; c'est aussi la voile que l'on tourne dans tel ou tel sens, suivant la direcliou du vent, suivant la direction des prix les moins élevés de l'un ou l'autre mêlai.

Les pays producteurs de l'un des deux métaux adopteront l'autre poiu' unité, parce que sa valeur sera moins variable chez eux. Les contrées produisant de l'or adopteront l'argent, et celles produisant de l'argent prendront l'or. Tontes n'en maintiendront pas moins dans la loi ce principe, que 4^,50 d'argent seront reçus pour 29 centigrammes d'or.

Je conclus à l'emploi simultané des deux métaux précieux comme monnaie et à rétablissement d'un rapport légal entre les quantités échangeables des deux métimx précieux.

Je suis arrivé à la certitude de cette vérité, non pas en disant :

La loi déclare que 4»,50 d'argent valent 29 centigrammes d'or,

Elle n'est pas en droit de le déclarer.

Mais j'y suis arrivé en disant :

La loi déclare que 4^,50 d'argent ««ron( reçus pour 29 centigrammes d'or.

En déclarant que 48,50 d'argent seront reçus pour 29 centigrammes d'or, la loi provoque ce phénomène : l'emploi successif, dans la pratique, comme monnaie, de l'or ou de l'argent, quelquefois même l'emploi simultané.

Elle établit ainsi une unité monétaire alternative.

Mais il faut pour cela que le commerce des métaux précieux soit entièrement libre. Georges Renaud.

* M. Renaud fait avec raison ressortir comme un avantage ce mouvement naturel et libre, que des économistse distingués ont cependant présenté comme un argument contre l'adoption de la double monnaie légale.

A l'appui dc Mémoire sur l'or et l'argent. 73

pourrions accroître ces indications en y joignant un grand nombre de noms d'auteurs connus et respectés; ceux-là suffisent pour qu'on sache à quoi s'en tenir sur notre prétendu isolement. Les idées dont nous ayons essayé d'être l'interprète ont rapidement gagné parmi les hommes de science, en France et en Europe, le terrain qu'elles occupaient déjà dans le domaine de la pratique.

Il importe de ne pas s'y méprendre : autre chose est la question de l'emploi exclusif d'un métal ou de deux métaux dans le même pays, seule question qui ait été abordée par les écrivains jusqu'à ces derniers temps, autre chose la question de l'emploi simultané ou exclusif de l'or ou de l'argent comme monnaie internationale sur le marché universel. C'est un problème qui, loin d'être résolu, se trouve à peine abordé et qui demande une mûre délibération.

On s'est armé d'une résolution récente du handels-tag de Berlin pour prétendre que la question se trouvait tranchée en Allemagne dans un sens contraire à notre doctrine. Il ne sera pas inutile de retracer rapidement le véritable état des choses.

La diversité des monnaies, la multiplication des billets de banque aux plus faibles coupures, l'absence de l'or et le désir d'arriver à la numération décimale ont provoqué au delà du Rhin, parmi les commerçants et les industriels, un mouvement prononcé en faveur d'une réforme monétaire. Indispensable à l'intérieur du pays, celle-ci peut resserrer aussi les liens internationaux, en s'accommodant aux

74 OUEU}D£S INDICATIONS

formes du numéraire employé par les peuples civilisés.

Ainsi que cela se pratique pour les jurisconsultes qui ont leur réunion annuelle (juristentag), pour les économistes convoqués en congrès scientifiques, pour les médecins, les botanistes, les instituteurs^ etc., etc., une espèce de congrès libre des villes et des chambres de commerce sest constitué en prenant le nom de handelstag, dans le but d'examiner les principales questions d'économie pratique, afin d'inviter les gouvernements à s'occuper de la solution de ces problèmes. Il a plusieurs fois donné lieu à des discussions pleines d'intérêt qui, sans aboutir à aucune décision obligatoire, ont éclairé des sujets importants.

A une première session tenue à Heidelberg en mai 1861, le handelstag s'est prononcé dans le sens de l'unification monétaire de l'Allemagne. Il a pris pour base la convention signée à Vienne le 24 janvier 1857, et adopté la division de la livre d'argent fin en 30 thalers, en prenant pour unité monétaire le marc, égal au tiers du thaler. Il a recommandé en même temps le monnayage des pièces d'or, à la taille de 77 1/2 à la livre , à neuf dixièmes de fin, c'est-à-dire entièrement pareilles aux pièces d'or de 20 francs, et l'admission de ces pièces dans les caisses publiques, suivant un tarif officiel basé sur le cours des métaux précieux.

Cette solution fut également admise par le handelstag réuni à Francfort le 27 septembre 1865.

Il s'agissait, comme on le voit, de maintenir l'orgent comme seul moyen de payement légal, en faisant

A l'appui bu Mémoire sur l'or et l'argent. 7S

de For une monnaie périodiquement tarifée suivant le taux du marché. Le vote avait été presque unanime; cependant les gouvernements allemands n'y donnèrent aucune suite, malgré Tinsistance des délégués du handelstag.

Les choses en étaient là lorsqu'à l'occasion de l'exposition universelle une conférence monétaire internationale se réunit à Paris pour délibérer sur les bases d'une union monétaire, qu elle recommanderait à l'attention des divers gouvernements. Il faut être filé sur la nature et la portée de cette conférence, qui s'est bornée à un examen théorique des diverses questions portées devant elle, et n'a même pas formulé d'avant-projet. Sans manquer en rien à ce que commande la haute position des commissaires, il est permis de dire que les pît)cès-verbaux, rédigés avec soin, ne portent nulle trace d'une discussion approfondie. Presque aucun des problèmes si graves qui se rattachent à l'emploi de For ou de l'argent comme instruments de payement légal n'a été abordé ; on s'est borné à des affirmations. Nous aurons occasion de soumettre à une étude complète les travaux de la conférence; qu'il nous suffise, pour le moment, d'en signaler le résultat.

L'opinion de la majorité était formée d'avance en faveur de ce qu'on nomme l'étalon unique d'or; néanmoins il ne faut pas oublier les remarques faites par le docteur Soëtberr, rapporteur au handelstag récent de Berlin. Les Etals dont le système monétaire est le plus solide, savoir : l'Angleterre, la Hollande et l'Al-

76 QUILQUBS INDICATIONS

lemagne du Nord» ont mis le plus de réserve à se déclarer en faveur de Tunion monétaire, tandis que les délégués des Etats-Unis, de la Russie et de TAutriche, qui ont le papier-monnaie, y ont mis le plus de zèle.

La conférence a décidé à l'unanimité , moins la voix de la Hollande, qu'il y aurait possibilité de réaliser Tunion monétaire « sur la base et sous la condition de remploi de Tétalon d'or exclusif, en laissant à chaque Etat la liberté de garder transitoirement rétalon d'argent. »

H. MeeSi président de la banque des Pays-Bas, avait déclaré qu'il considérait comme un inconvénient d'adopter universellement l'étalon d'or, parce que l'argent ne serait plus qu'une monnaie divisionnaire et que, par suite, l'or hausserait considérablement de valeur. Cette observation n'amena aucun débat.

Les réponses formulées après un examen rapide sont des solutions doctrinales recommandées à l'attention des gouvernements, comme pouvant servir de base à des négociations ultérieures. Sans contredit, l'opinion ainsi exprimée mérite attention, mais elle ne saurait entraîner la balance, surtout lorsqu'on n'a vu donner aucune suite eflTective à la délibération. La conférence avait décidé que ses votes seraient communiqués aux divers Etats, et que le gouvernement français, d'après les réponses qui lui seraient adressées, convoquerait, s'il y avait lieu, une conférence nouvelle. La formule admise porte : « Il serait désirable u obtenir une réponse avant le 15 février prochain (1868). »

A l'appui du Mémoire sur l'or et l* argent. 77

Cette formule a réuni radhésion de Bade, de la Bavière, du Danemark, des Pays-Bas, de la Prusse, de la Turquie et du Wurtemberg, ainsi que du Portugal et de la Russie, qui ont ajouté : «Ou plus tôt, si faire se peut. »

L'Autriche, la Belgique, Tltalie, la Suède et la Norwége réclamèrent une date plus rapprochée, le 1" octobre 1867, tandis que les Etats-Unis votèrent pour le 15 mai 1868 et la Grande-Bretagne pour le 1" juin 1868.

Plus d'une année s'est écoulée sans qu'aucune réponse soit parvenue, par conséquent sans qu'on ait pu donner suite à ces débats préliminaires *, tout se borne encore, pour emprunter une expression de M. deParieu, à une semence c dont l'époque de germination est très-difficile à déterminer. » Si l'Autriche, pays qui n'a dans la circulation régulière ni monnaie d'or ni monnaie d'argent, mais la triste monnaie de papier, est entrée en négociation distincte avec la France, la commission royale réunie en Angleterre a émis un avis négatif.

Le représentant de la Prusse à la conférence monétaire de Paris, M. le conseiller Meinecke, tout en se prononçant en principe abstrait pour l'étalon d'or, a conservé la plus grande réserve quant aux déterminations ultérieures. Les paroles qui ont servi à formuler son opinion sont utiles à rappeler *.

« Il ne prétend pas invoquer les sympathies de la conférence en faveur du système monétaire prussien;

* Conférence monétaire inlernationale ; procès- verbaux, p. 19 et 40.

78 QDSLQUB8 INDICATIONS

car il pense qu'on ne peut remplacer Tétalon d'or dans tous les pays qui Font adopté par Fétalon d'argent, seul en vigueur en Prusse. Ce serait donc à la Prusse à renoncer à son étalon, si elle voulait se rallier à une union monétaire générale. Or en Prusse on est satisfait de létalon d'argent, la circulation monétaire dont U est la base est excellentCy et on n'a aucune raison urgente d'y apportet un changement aussi considérable que celui qui résulterait de la suppression de cet étalon. D'autre part, la difficulté d'adopter l'étalon d'or est beaucoup plus grande pour la Prusse que pour tout autre pays. Cependant^ sans avoir la pensée de modifier dès à présent son système monétaire, le gouvernement prussien ne manquerait pas de prendre la question en considération, si les travaux de la commission aboutissaient à une base d'entente monétaire générale. Il étudierait avec soin quels seraient pour lui les meilleurs moyens de s'y rattacher « et lorsqu'il aurait pris quelques mesures à cet égard, il les oom« muniquerait à ses confédérés du Nord, dont le con** cours lui est indispensable» en même temps qu'aui Etats du sud de l'Allemagne, ses cosignataires dans le traité de 1857. M. Meinecke ajoute que c'est avec ces réserves qu'il prendra part à la discussion et qu'il donnera ses votes. »

Certes ce langage n'a rien qui permette de pré* sumer une prochaine adhésion de la Prusse à VunUm basée sur l'emploi exclusif de l'or *.

* Une lettre écrite le 19 février 1869 par M. Braun, député et économiste distingué^ confirme cette appréciation.

A l'appui du IfiMOIRS SUR l'OR ST l' ARGENT. 79

Les faîte accomplis depuis deux ans le permettent encore moins. Les résolutions prises en octobre dernier au handelstag de Berlin n'ont pas la valeur qu'on leur attribue quand on ne porte pas une atten* tion suffisante sur la marche du débat.

L'écrivain distingué, le statisticien éminent qui a mis le plus d'ardeur à demander le payement exclusif en or, la goldwàhrungy n'a pas invoqué de raisons bien puissantes; il s'est surtout fondé sur deux circonstances qui lui semblent à tort préjuger la solution. «^ Il a proposé , comme rapporteur, le retrait des décisions antérieures du handehtag : l"" parce que les gouvernements allemands n'ont pas donné suite h la proposition du 17 septembre 1865, arrêtée au handelstag de Francfort ; â"* parce que les décisions de la conférence internationale de 1867 semblent avoir définitivement vidé le débat à l'avantage de l'or; Y Ah lemagne devrait accepter docilement le fait accompli.

C'est singulièrement exagérer la portée des argu* ments produits; si les gouvernements allemands n'ont pas admis la décision prise à deux reprises par k handelstag, ce n'est point qu'ils soient décidés en faveur de l'or, mais à cause d'autres difficultés relatives au mode d'unification proposé pour la monnaie germanique. Cela prouve, soit dit en passant, que la juste considération dont le handelstag est revêtu ne suffit point pour donner à ses conseils réitérés l'autorité décisive qu'on a prétendu leur conférer chez nous. C'est un congrès d'hommes éclairés qui se livre à des investigations utiles » mais sans autre influence que

80 QUELODES INDICATIONS

celle des raisons mises en lumière ; ce n'est pas un corps constitué appelé à prononcer sur des questions qui impliquent un grave changement de législation et de rapports sociaux. Le premier motif invoqué par M. Soëtberr n'est pas de nature à relever l'importance de la nouvelle détermination admise par le handelstag.

Le deuxième motif est plus faible et plus fugitif encore. La conférence internationale de 1867 n'a même pas abouti à un avant-projet; elle s'est bornée à la solution doctrinale de quelques points, après un débat fort court où les affirmations ont joué un plus grand rôle que la discussion sérieuse d'un problème hérissé de difficultés dont on ne paraissait pas saisir la gravité. Aucune suite n'a été donnée à ces thèses; au lieu de faire avancer la question de la monnaie internationale, la conférence de 1867 risque fort de l'avoir fait reculer, car elle a détourné de la voie pratique ouverte par la convention monétaire de 1865, convention qu'on pourrait facilement étendre, et améliorer en l'étendant, surtout si l'on parvenait à faire établir dans les divers Etats un change légal uniforme entre l'or et l'argent; on arriverait ainsi à supprimer ce qui a été un mal nécessaire, la monnaie d'appoint à titre altéré. Mais, au lieu d'avancer dans la voie déjà ouverte, on court après une solution contraire au développement séculaire des instruments employés comme intermédiaires des échanges, contraire à la nature des choses, qui a également destiné For et l'argent à la fonction mo-

A L* APPUI DU MÉMOIBE SUR l'oR ET l' ARGENT. 81

nétaire, on abandonne une route tracée, sur laquelle il serait facile d'obtenir la conciliation de tous les intérêts et les facilités désirées de la monnaie internationale.

M. le docteur Soëtberr invoque les deux motifs dont nous venons de montrer la fragilité, et il ajoute : « Gela suffit pour décider le handelstag à revenir sur la décision précédente. * Sans être trop exigeant, il nous paraît que Ton pourrait désirer davantage, d'autant plus que dans sa loyauté H. Soëtberr ajoute : « La proposition d'introduire le type or en Allemagne rencontrera une vive opposition, elle aura à vaincre d'importantes objections et de graves difficultés. Beaucoup de ceux qui avaient gardé le silence le rompent, aujourd'hui que la solution semble se rapprocher du terrain pratique, pour se prononcer énergiquement en faveur de l'état des choses actuel et pour s'opposer à la réforme. * Telle est notamment l'attitude unanime et énergique de la représentation commerciale de Berlin.

Cela ne suffit pas pour arrêter M. Soëtberr, alors que d'autres grands Etats lui paraissent, nous ne savons de quelle manière, donner l'exemple, et qu'il s'agit d'établir Vunité monétaire en Allemagne. Ce dernier motif est, sans comparaison aucune, le plus sérieux; mais les avantages de Vunité intérieure, s'ils préparent un rapprochement international, ne doivent pas risquer de produire une véritable révolution métallique, sans nul profit pour les relations commerciales du monde.

8â OUBLQUIS INDICATIONS

La sayant rapporteur n'est pas de ceux qui tran** chent dogmatiquement les questions dont la diffi* culte complexe se dérobe À leurs yeux. Tout en combattant sa doctrine, nous rendons hautement justice à soQ esprit impartial et à sa rare connaissance des faits statistiques, connaissance dont il a depuis longues an* néesfourni des preuves nombreuses. Loin de nier l'influence salutaire exercée de notre temps par remploi légal des deux métaux, il la constate en ces termes :

« On doit reconnaître que Temploi de la double monnaie aux Etats Unis et en France a préservé de* puis 1850 l'or d'une baisse rapide. » Il montre aussi que, malgré la demande accrue de l'argent pour les IndeS) le rapport entre les deux métaux n a été que faiblement altéré.

Qu'il nous soit permis d'ajouter que nous avons obtenu la preuve directe de la manière calme et mesurée adoptée par M. Soëtberr dans l'examen de cette question; aussi avons^nous eu la satisfaction de voir que la dissidence des vues, loin d'affaiblir nos anciens liens d'amitié, n'avait fait que les raffermir par l'échange loyal des idées. C'est ainsi que M. Soëtberr nous écrit :

« Je dois, d'un autre côté, remarquer que les arguments développés par vous avec tant de vigueur pour la défense du système monétaire français ont une importance plus grande que ne le croient les adversaires de ce régime ; plusieurs de ces derniers paraissent n'avoir point compris la valeur véritable de ces arguments; ils répondent à ce que vous n'avejç

A l'appui du Mémoire sur i*'or et l'argent. 83

nullement soutenu Ml en est de la question monétaire comme de beaucoup d'autres problèmes engagés sur le terrain de l'économie politique» Chacun des deux systèmes présente un côté brillant et un côté plus obscur ; on doit peser les avantages mis en regard pour faire pencher la balance et admettre la solution préférée, en acceptant les inconvénients qu elle entraîne* On ne saurait contester que l'emploi d'une double monnaie légale, notamment en France et aux Ëtats^^ Unis» a exercé ^ur l'ensemble des intérêts économiques la plus heureuse influence pour faire équilibre à la soudaine et énorme production de l'or californien et de Tor australien. Vos adversaires en prennent beaucoup trop à leur aise pour combattre vos idées. »

Une pareille appréciation a de quoi nous raffermir dans nos efforts* d'autant plus que les principaux motifs que nous faisons valoir ne sont point contre-* dits par M. Soëtberr.

Après avoir signalé l'exagération des craintes de baisse qui faisaient réclamer, il n'y a pas plus de dix ans, la démonétisation de Vor^ le savant rapporteur reconnaît que depuis quelque temps sont nés des soucis en sens contraire. On prévoit que l'or va renchérir et l'argent diminuer de prix. Certes, cette perspective n'a rien d'encourageant pour l'adoption de Tor seul comme monnaie légale dans la confédération

* Cela s'applique notamment a la confusion crér»e à plaisir pour 00U8 présehldr comme le défenseur d'un double étalon, d'une double mesure de la valeur, alors que nous n'avons jamais parlé que d'un double mode de payement légal, d'une option qui combine l'action des deux métaux, et rjui restreint leurs variations naturelles. * L. W.

84 QUELQUES INMCATUHfS

germanique. A quel prix pourrait-on espérer cette transformation, alors que la masse d'argent que l'Allemagne possède est énorme? Nous avons vu que le professeur Rau l'évalue à environ 2 milliards; le calcpl de M. Soètberr va plus loin encore. Or cette masse se trouverait précipitée sur le marché par la menace d'une démonétisation à courte échéance. Il ne s'agirait point de l'addition successive de quelques centaines de millions d'argent, fruit de l'extraction laborieuse des mines, mais de l'offre soudaine d'une somme colossale , déjà transportée et réunie sur le continent européen. Qu'on se rappelle l'effet produit par l'action de l'or hollandais quand il a été privé de la puissance légale de libération et réduit à la valeur commerciale: quelques centaines de millions ont suffi pour jouer un grand rôle dans l'affaiblissement temporaire du prix de l'or ; ils y ont contribué plus vivement que les arrivages échelonnés des placers nouvellement découverts. L'influence d'une offre simultanée de sommes d'argent qui se chiffrent par milliards ^ deviendrait désastreuse : la matière première métallique dont se compose la circulation actuelle au delà du Rhin perdrait beaucoup de valeur, en même temps que l'or, élevé à une puissance exclusive,, gagnerait rapidement un exhaussement de prix; \ échange projeté entraînerait donc une charge considérable.

Pour ne pas trop effrayer le handelstag, M. Soëtberr

^ Les États Scandinaves feraient évidemment ce que déciderait l'Allemagne, et'la Hollande elle-même serait entraînée de ce côté.

A l' APPUI DU BIÉMOIRB SUR L'OR ET l'aRGENT. 8S

a essayé de montrer que l'argent continuerait à circuler en masse comme monnaie d'appoint. Mais s'il porte de ce côté la précision de calcul qui lui est habituelle, il reconnaîtra promptement qu'il ne s'agit là que d'un emploi relativement restreint : en consultant l'expérience de l'Angleterre , et en admettant les prévisions les plus larges, la monnaie d'appoint n'absorberait pas le sixième de l'argent qui circule aujourd'hui sous forme de numéraire. Que deviendraient les cinq sixièmes?

Dire quela suppression des petits billets, inférieurs à 10 thalers, suffirait pour maintenir l'usage de l'argent, c'est oublier le rôle assigné naturellement aux nouvelles pièces d'or, dont la valeur doit descendre à 20, 15 ou 10 francs, et même au-dessous, c'est oublier l'argument principal qu'on fait sans cesse valoir en faveur de la réforme monétaire quand on indique l'avantage de manier de légères pièces d'or au lieu de lourdes pièces d'argent.

Le débouché oflfert par la vaisselle plate ne nous rassure point : nous ne sommes plus dans l'âge où les magnificences de l'orfèvrerie s'étalaient dans des châteaux luxueux ; l'on fabrique plus de ruolz que d'argent massif. Enfin le recours à l'emploi accru de l'argent pour la photographie ne semble guère peser dans la balance. .

S'appuyer uniquement sur ce qu'on appelle la dé-cision de la conférence de Paris, ce n'est pas assez. Celle-ci n'avait aucun pouvoir de nature à donner cette gravité aux solutions purement théoriques qu'elle a

86 QUELQUES IHDICATlONft

poursuiries. Elle a simplement recommandé celles-ci i rélude des divers gouvernements, qui ne semblent pas trës^pressés de conclure.

M. Soëlberr, après avoir invoqué à tort Tautorilé de la chose jugée, exprime Topinion que les inconvénients de remploi du double métal l'emportent sur les avantages qui lui appartiennent. Pourquoi? Parce quty dit-il, la mesure de la valeur doit être une et stable. Cest toujours la même confusion, qui aboutit à la même méprise. On commence par supposer qu'il s'agit d'obtenir un étalon fixe de la Taleur, ce qui est une chimère, et Ton oublie les leçons de l'expérience dont' il résulte clairement que la fixité relative de la monnaie s'établit le mieux par Taclion combinée des deux métaux.

IjC rapport de H. Soêtberr concluait à la pièce de cinq francs en or comme base du système de la monnaie internationale; si c'est dans le but de faciliter la comparaison des divers multiples de cette unité admis dans les divers pays, ce système peut être défendu ; mais il ne reposera point sur une base matérielle, usuelle, car un disque d'or d'une aussi faible valeur est d'un emploi incommode; il devient trop coûteux par le frai considérable qu'il subit.

Les motifs développés dans le rapport de M. Soêtberr n'ont guère répondue l'attente générale; il fallait que la cause fût mauvaise, pour ne pas fournir de raisons plus décisives k un écrivain d'un mérite aussi réel, à un dialecticien aussi vigoureux.

On semblait au handelstag ne pas s'attendre k une

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A l'appui ntJ MÉMOIDfi StJM L*OH ET l' ARGENT. 87

discussioD prolongée ; la pensée d'une solution déjà arrêtée par la conférence de Paris pesait sur le débat, et le désir dominant d'unifier la monnaie germanique poussait à Tadoption rapide du projet de la. commission. Néanmoins, au sein même de cette réunion, des Yoix autorisées ont combattu les propositions faites; plus du tiers des membres se sont refusés à les voter, en présence des critiques nettement formulées. Ce résultat n'était pas prévu; on croyait que tout se bornerait à un simple enregistrement, et la surprise de ceux qui invoquaient la loi suprême de la nécessité a été grande quand ils ont rencontré une opposition aussi forte, opposition qui n'a fait que grandir au dehors depuis la réunion du handetslag de Berlin» et qui s appuie sur Topiniou d'économistes allemands d'une haute distinction d'esprit.

M. le docteur Schmidt, délégué de Berlin au dernier handelsUig^ a combattu avec vigueur les aperçus de M. Soëtberr. Les motifs invoqués pour faire adopter exclusivement l'or lui ont paru fort insuffisants, et il a montré que les circonstances invoquées n'avaient point la signification qu'on leur prêtait. On avait parlé de l'Autriche, mais celle-ci est hors de cause puisqu'elle subit le papier-monnaie-

M. Schmidt a invité ceux qui abordent cette question à ne pas oublier le capital énorme dont la monnaie fournit l'expression en rentes, en dettes, en impôt, en traitements. Pour tout ébranler, il faudrait une invincible nécessité, et rien de pareil ne se rencontre. Il ajoute que, pour passer à la seule mon*

naie d'or, il faudrait que celle-ci eût été longteaips en usage, comme cela avait eu lieu en Angleterre; pour le peuple allemand, ce serait une langue nouvelle à étudier, il risquerait fort de rester longtemps sans la comprendre. Enfin ceux qui préconisent tant les avantages naturels qu'ils attribuent à Vor devraient avoir plus de confiance et, au lieu de recourir à la contrainte légale, attendre que For occupe le terrain.

Le conseiller privé Riedel, directeur des archives, connu par des travaux économiques sérieux, s'est énergiquement prononcé contre un type légal unique, soit d'argent, soit d'or. Il y a vu un abus d'autorité qui troublerait profondément les relations naturelles. Suivant lui, les représentants sincères du commerce libre ne sauraient admettre une pareille décision. Comment contraindre le négoce à renoncer à l'argent, base actuelle de toutes les transactions? Ce serait un véritable coup d'Etat, et cet acte de violence serait une violence inutile. Aucune nécessité, aucun motif sérieux n'y conduit. Si le système de l'or est bon, qu'on laisse faire la monnaie d'or, sans la doter d'un monopole légal, et le mouvement s'opérera de lui-même.

Mais on fait cette objection : « Il ne faut qu'un seul métal pour servir de mesure du prix, d'instrument d'échange, de matière monétaire. » C'est, dit M. Riedel, une théorie surannée de V école, condamnée depuis longtemps par le raisonnement et par l'expérience. Nonseulement la coexistence des deux métaux est possible, mais elle fournit la meilleure garantie d'une évaluation exacte de toutes choses.

À l'appui du mémoire sur l'or et l'argent.* 89

D'accord avec la doctrine pure de l'économie politique, avec celle de Turgot et de Jean-Baptiste Say, M. Riedel a retracé l'action naturelle et simultanée des deux métaux, de l'or et de l'argent ; il a indiqué comment elle fournissait un moyen d'équilibre et empêchait les fluctuations extrêmes, il a démontré l'utilité de leur action commune et de leur influence réciproque.

Chez un peuple où règne l'argent seul, quand on veut passer à l'or, il est nécessaire que pendant longtemps les deux métaux fonctionnent, non-seulement sous forme de tolérance, mais sur un pied d'égalité. Ce sera une transition naturelle vers l'usage parallèle et simultané des deux monnaies; on arrivera à l'usage de l'or sans contrainte exclusive. Cela ne saurait dépendre d'un règlement monétaire ni de la condamnation arbitraire de l'argent. Fiez-vous à la supériorité de l'or, si vous en êtes convaincus,

M. Riedel a formulé son principe dans un amendement qui consistait à substituer l'introduction des mots la monnaie d'or au lieu de la monnaie unique en or. Cet amendement a réuni trente-sept voix contre soixante-cinq. Les représentants de Berlin, qui persistent à ne vouloir que la monnaie d'argent, se sont joints, dans cette occasion, aux partisans exclusifs de l'or,

la doctrine de M. Riedel est celle de l'économie politique pure , qui envisage les monnaies d'or et d'argent comme de simples marchandises; elles ne se différencient des autres produits livrés sur le marché

qu6 par la qualité de disques contrôlés et certifiés, qui en garantit le poids et le titre. Sous cet aspect, rien ne saurait faire accorder la préférence absolue à Tune ou à l'autre monnaie» et rien n'est plus contraire aux idées de libre commerce que d'en privilégier une» L'économie politique pure n'admet ni étalon ni me-stire aucune de la valeur; on ne saurait en argumenter pour conclure à une règle dont la force dérive uniquement d'un principe de droit pratique et d'un acte d'administration.

C'est pour assurer l'exécution des contrats et pour faciliter les rapports que l'autorité législative intervient et qu'elle détermine l'emploi d'une monnaie légale dotée du pouvoir de libération. 11 ne s'agit là en aucune manière d'un principe quelconque d'économie politique; nous reconnaissons que le législateur^ en étudiant les intérêts sociaux et en consultant l'expérience, peut n'attribuer le pouvoir de libération qu'à un seul métal, que ce soit l'or ou que ce soit l'argent, ou bien l'attribuer aux deux métaux ; S'il prend ce dernier parti, il se trouvera d'accord avec la doctrine économique, qui s'accommode mal de l'exclusion et de la contrainte ; nous devons le consta*^ ter avec une vive satisfaction, cet accord du droit et de l'économie politique, dans les Etats qui possèdent une double monnaie légale, conduit à la solution pratique la plus sûre et la plus exacte > à celle qui, s'appuyant sur Texpérience constatée, concilie tous les intérêts et assure le mieux l'équitable stabilité des conventions. C'est que, au lieu de contrarier les rap^

A l'appui du IfÉBfOIRIi SUR l'oR ET l' ARGENT. 91

porM naturels^ il leur donne l'eBsor : Vor et Fargënti par les qualités spéciales qui les distinguent et pai^ l'aptitude monétaire qu'ils partagent^ sont tous deus appelés par la nature des chosesi indépendamment de toute conrention et de toute loi^ à servir d'insttument d'échange entre les hommes» et Tinstinct uni« versél des peuples nés à la civiliBation a constamment utilisé cette double richesse. On comprendrait dond qu'on essayât de surmonter quelques difficultés pour tHaintetiir cette condition naturelle, mais il est diffl>« cile d'admettre qu'on s'expose à des difficultés se-» rieuses afin de la troubler. C'est comme si l'homme en possession d'un bras d'or et d'un bras d'argent pré-^ tendait se faire amputer de l'un afin de fortifier l'autre^ en suivant d'une manière trop fidèle lé précepte de Toinette \ Nous préférons un autre genr^ de trai'^ tement.

Si M. Riedel a vigoureusement combattu l'adbption étclusivô de l'or* M. Weber, de Darmstadt, ne l'a que faiblement défendue* Il s'est borné à dire qUe l'Ai" lemagne envie depuis plusieurs années la position que Yunion monétaire procure à la France, à la Belgique, à la Suisse et à lltalie. Rien de plus simple que de partager cet avantage; il suffit pour cela d'adhérer à l'union, sauf des modifications secon-* daires, en adoptant pour base l'emploi simultané

* On se rappelle cette charmante saillie du génie de Molière, dans le Malade imaginaire, acte llî, se. xiv : Me couper un bras et me crevet un crU, afin que Vautre se porte mieux!.., La belle opération ^ de mé rendre borgne etmarwhotllbïd.f se. xv. Le bonhomme Argan a raison.

92 OUEIiQUES INDICATIONS

de For et de Targent en qualité de monnaie légale. C'est un moyen facile et rationnel : il conduirait promptement au but, qui est la constitution définitive de la monnaie internationale.

Du reste, M. Weber est de bonne composition ; il ne s'agit point pour lui de l'application immédiate d'une règle absolue, mais d'une simple recommandation. On ne doit pas s'occuper de l'Autriche, tant qu'elle se sert de papier-monnaie; on a répété que le gouvernement prussien ne se déciderait point à mettre hors de cours le thaler, mais il n'est nullement nécessaire de le faire. — Nous le voyons, il est difficile de se montrer plus conciliant.

Telle n'est pas l'attitude du représentant du commerce de Berlin, le conseiller Conrad. « J'ai vainement cherché, dit-il, au point de vue du commerçant, les motifs qui devraient faire renoncera la monnaie d'argent. Ne nous conduisons point comme des femmes vouées à la mode du jour, qui rejettent des vêtements d'une forme convenable parce qu'on les avait adoptés depuis longtemps, et qui en recherchent d'autres, sans savoir ce qu'ils coûteront, ni quel service ils pourront rendre. Les savants, en s abandonnant à des recherches abstraites, se trompent quelquefois; ils avaient prédit que l'or baisserait beaucoup, l'expérience a répondu, et les prévisions actuelles du docteur Soëtberr pourraient bien ne pas échapper à une pareille mésaventure. Quels sont les inconvénients causés par l'emploi de l'argent? J'ai vainement essayé de m'en rendre compte; j'ai vu que, grâce à cette

A l'appui du Mémoire sur l'or kt l'argent. 93

monnaie, nous avions évité les complications et les crises, et que le taux de l'escompte s'est maintenu chez nous plus bas qu'ailleurs; ce sont des raisons pour conserver notre base métallique. En cas de guerre, les variations de l'or sont plus rapides; le frédéric d'or s'est élevé, en 1866, beaucoup au-dessus du cours légal.

«La commodité de la circulation en orne présente nullement l'avantage prédominant qu'on veut lui attribuer; les grands payements se règlent en traites et en billets ; quant à Yargent de poche, à la petite circulation du commerce ordinaire de la vie, il s'accommode fort de l'état de choses actuel et ne réclame que la suppression des trop petites coupures du billet de banque. Changer la base métallique, c'est affronter une transition coûteuse, qui causerait à la Prusse seule une perte d'au moins 50 ou 60 millions de tha,- 1ers (environ 200 millions de francs). »

Après avoir développé avec force ces considérations, M. Conrad a insisté sur l'atteinte qu'éprouverait le crédit, si les propositions du comité du handelstag rencontraient une application pratique; il a fait ressortir le trouble apporté dans l'accomplissement des engagements publics et privés, qui se chiflfrent par milliards.

Il n'est qu'un point sur lequel M, Conrad se trouve d'accord avec M. Soëtberr : il veut s'en tenir à une seule monnaie légale, mais il entend conserver comme type l'argent, en s'appuyant sur l'exemple des Hollandais, qui répugnent aux innovations hasardées et qui

savent bien calculer. Les résultats de la conférence de 1867 lui ont paru singulièrement grossis dans la mention qui en avait été faite : En ce qui concerne nos commissaires prussiens^ ils ne se sont expliqués gti^avec une grande réserve, ajoute M. Conrad.

En résumé, le représentant de l'opinion unanime du commerce berlinois ne voit aucun motif d'abolir le payement légal en argent {Silberwahrung) et aucun avantage particulier dans l'adoption du payement légal en OT{Goldwahrung). Un pareil changement entraînerait une dépense énorme, sans nulle compensation; il ébranlerait toutes les relations du crédit, aussi M. Conrad manifeste-t-il une opposition absolue à la réforme proposée par l'organe de M. le docteur Soëtberr.

Le docteur Eras, rédacteur de V Annuaire allemand de Véconomie politique, a développé dans une aile* cution remarquable les motifs qui s'opposent à l'adoption exclusive de la monqaie légale d'or; en augmentant la demande de ce métal, on en élèverait eonsidérablement la valeur, tandis que Voffre de l'argent, exclu de l'outillage monétaire, en réduirait le prix. Sans doute, on peut toujours acheter de l'or, mais à quel taux? Il faudrait subjr une hausse énorme.

On éprouve une singulière impression quand on voit des pays réduits au papier-monnaie, comme l'Autriche et la Russie, discuter platoniquement sur la supériorité de Tor. Ils devraient comprendre qu'ils n'ont pas voix au chapitre, tant qu'ils n'auront pas

A l'appui du BfÉMOIBE SUR l'OR ET l'aRGENT. 98

rétabli la base solide de la circulation qui maintient le sécurité et Féquité des rapports. C^tte base a be-^ soin de la plus grande fixité qu'une mesure matérielle puisse fournir. Ici , M. le docteur Eras, en se servant d'une image ingénieuse, a comparé les approvisionnements d'or et d'argent, reliés par le change légal, aux liquides contenus dans deux bassins mis en communication l'un avec l'autre. Le niveau se maintiendra d'une manière constante; le moyen d'équilibre que donne au pendule compensateur la jonction de deux métaux et qui permet de calculer plus exactement le temps qui passe se rencontra dans le rapport établi entre les deux bassins où coulent l'or et l'argent. De cette manière, la mesure métallique de la valeur se maintient de niveau par le concours des deux élé^ ments dont Vinfluence opmbinée constitue une motirtmie fidèle.

M. Seyfiart, de Crefeld, s'est borné à faire ressortir d'une manière générale les avantages d'uqe monnaie internationale, sans insister sur un mode particulier d'application de ce principe. La plus grande partie de ceux qui songent à la réforme monétaire sont indifférents aux moyens, ils ne tiennent qu*au résultat. Une fois qu'il sera établi que celui-ci peut être atteint en utilisant et l'or et Targen^t, les idées exclusives auront fait leur temps.

Le conseiller de justice Hinschius s'est prononcé contre Tor employé comme seule monnaie légale. Il ^'est attaché au côté juridique de la question, et il a montré eombien était grave l'ûbstaolQ que présentent

les conventions à longue échéance et la dette publique, ainsi que les obligations et actions de chemins de fer et autres compagnies.

Il résulterait de l'introduction de la monnaie légale d'or, qui écarterait celle d'argent, non-seulement de graves préjudices, mais de nombreuses contestations judiciaires et des complications infinies.

M. Mosle, de Brème, a montré qu'on ne saurait passer subitement de la monnaie d'argent à la monnaie d'or. Durant l'époque de transition, on pourra juger si l'or est réellement plus commode et plus utile, mais c'est à lui de conquérir sa place, au lieu de recourir à la contrainte.

La commission avait proposé, dans le paragraphe 4, d'admettre pour unité de compte, après l'adoption de la monnaie légale d'or, une pièce identique en valeur à celle de cinq francs, avec les multiples décimaux et la division en cent schellings; ou bien le guldeti, qui correspondrait exactement au dixième d'une pièce de 25 francs, avec la division en cent kreutzers.

M. Mosle a demandé la suppression entière de cette disposition , qui n'a été votée qu'à la majorité d'une seule voix, par 53 membres du congrès contre 57. On voit à quel point les opinions se trouvaient divisées.

Une seule pensée prévalait, celle d'arriver à la constitution de la monnaie internationale; M. Heimandahl, d'Elberfeld, s'en est simplement rendu l'organe.

L'importante cité de Breslau, représentée par M. Fromberg, s'est ralliée à la proposition de M. Riedel : « Nous pouvons, nous devons la voter, dit

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 97

M. Fromberg, autrement nous serions exposés à de grands sacrifices. »

M. Christ, d'Ëlberfeld, a insisté sur ce point que le petit commerce emploie plus d'espèces que le grand commerce; For ne lui convient pas, il faut conserver l'argent.

Dans une réplique chaleureuse et habile, M. le docteur Soëtberr n'a rien négligé pour concilier le plus grand nombre de suffrages au système qu'il a formulé. « On ne saurait, dit-il, me reprocher d'avoir atténué les graves difficultés du passage de l'emploi de l'argent à celui de l'or. On en a souvent tenu trop peu de compte, ou on les a complètement méconnues. Mais il faut marcher résolument au but, il faut établir Yunité monétaire pour V Allemagne. La déclaration du commissaire prussien à la conférence monétaire semble ne pas laisser le choix; elle indique comme voie unique pour y arriver la monnaie d'or. Qui veut la fin veut les moyens. »

Cette interprétation nous semble beaucoup trop absolue : la manière réservée dont s'est exprimé M. Meinecke, dans une hypothèse qui concernait la monnaie internationale et non la monnaie allemande, se refuse à une traduction aussi forcée. Lea arguments tirés de la conférence de Paris sont loin d avoir la portée que M. Soëtberr veut leur prêter.

Il ne suffit point, pour expliquer l'abandon des résolutions du handelstag de Heidelberg et de celui de Francfort, d'insister sur ce qu'on ne les a point appliquées. En premier lieu, il s'agissait alors aussi

d^une monnaie légale unique, de l'argent seul, et non de l'emploi simultané des deux métaux précieux^ et Tassertion que Tunlté monétaire allemande basée sur le calcul décimal ne peut nattre que de Tadoption de Tor comme moyen exclusif de payement légal n'est rien moins que justifiée. D'ailleurs ce n'est point là une démonstration doctrinale comme on avait droit de l'attendre d'un savant tel que M. Soëtberr; c est simplement un expédient auquel il a recours pour fortifier une thèse fortement ébranlée.

C'est sans doute de Thabileté que de faire valoir les résultats obtenus à la suite de Texamen de cent cinquante caisses du royaume de Wurtemberg, dans lesquelles on a constaté que 31 pour 100 de la réserve étaient en argent, 31 pour 100 en pr, et 38 pour 100 en monnaie de papier. Que peut-on inférer, pour l'ensemble de l'Allemagne, de la situation d'un petit pays en relations constantes avec les États étrangers et pesant fort peu dans la balance générale?

On y rencontre toute sorte d'espèces d'or et d'argent, françaises, hollandatses, anglaises, américaines, etc., souvent rognées et à empreinte presque effacée; cela peut fournir un motif pour réclamer la réforme monétaire en Allemagne , mais ce n'est pas une raison pour inaugurer la domination exclusive de l'or. Qui veut trop prouver, en mettant en avant môme des indications insignifiantes, ne prouve rien.

Personne ne prétend qu'il ne faille point mettre un terme à la confusion qui règne actuellement çn

A l'appui du Mémoire sur l'or bt l*argent

Allemagne, mais on ne saurait en tirer comme conclusion l'emploi de Tor seul.

M. Soëtberr ne se dissimule point la gravité de la mesure qu'il propose : une première appréciation lui avait fait porter de 600 à TOO millions de thalers (S milliards à S milliards et demi de francs) la circut» lation de l'argent en Allemagne ; dans son second discours, il a expliqué ce chiffre en l'appliquant à la circulation métallique, or et argent, et aux réserves des banques Celles-ci doivent nécessairement être comprises dans Tinventaire; quant à Tor, il est loin de circruler au delà du Rhin par grandes quantités; c'pst notre pièce (Je 20 francs qwi y (Jowipe avec avantage de prix, ce qui prouve que, de ce côté du moins, la France na plus rien à gagner. Quel que soit le mode d'évaluation adm^is, c'est entre 1 milliard et demi et 2 milliards qu'on estime au plus bas les espèces et les lingots d'argent de la Confédération germanique. C'est une spmipe considérable, et 5Î. Soptberr Inimême avoue que 300 à 400 millions de tbal^rs (au delà de 1 milliard jusqu'à 1 milliard et demi) seraient jetés sur le marché, pour être remplacés par de l'or. « Cette somme agira doublement, dit M. Soëtberr, sur le rapport du prix des métaux précieux. C'est une masse énorme, il serait difficile de préyojr ef de calculer les conséquences d'un pareil déplaeemenl... On ne saurait disconvenir qu'une offre considérable d'argent en Europe, alors que la demande de ce métal pour les Indes s'est ralentie et que l'on verrait en même temps la demande de l'or s'accroître d'une

iOO QUELQUES INDICATIONS

façon correspondante, ne fût de nature à causer un ébranlement notable dans les proportions de valeur actuelle entre Tor et Targent. » Aussi M. Soëtberr conseille- t-il de procéder avec une grande prudence, en adoptant des moyens de transition; il combat ceux qui ne s'en sont pas suffisamment préoccupés, car, loin de nier, il affirme Tinfluence considérable que la réforme monétaire ne saurait manquer d exercer sur le prix de l'argent. Ce passage de son discours a trop d'importance pour que nous prétendions l'analyser; nous préférons en donner la traduction complète :

A voir de quelle manière le côté juridique de Tadoption de rétalon d'or a été exposé dans le premier des mémoires publiés par votre comité, on serait porté à croire que cette transition peut s'opérer sans grandes secousses, pourvu qu'on laisse subsister en même temps l'étalon parallèle ou simultané — tel que l'auteur, M. le docteur Grote, l'a proposé — sans attribuer au nouveau système monétaire aucune action rétroactive sur les conventions et les engagements pécuniaires contractés antérieurieurement. Il dit qu'on pourra s'en remettre aux parties ellesmêmes pour s'entendre à l'amiable sur ce genre de conversion, ou éventuellement faire vider les différends par les tribunaux. Un pareil mode de procéder semble séduisant à force de simplicité. Mais si le gouvernement, par des réformes monétaires radicales, contribue à produire une énorme baisse dans le taux de l'argent, sans adopter en même temps une espèce de compensation, le gouvernement se doit aussi à lui-même de protéger les anciens créanciers contre une dépréciation violente de leurs créances constituées et fixées à une date antérieure au nouveau régime monétaire.

Cela ne pourra guère se faire qu'au moyen d'une espèce de

A l'appui du biémoire sur l'or et l'argent. 101

coup (fÉtat nécessité par les considérations d'un cas de force majeure; le gouvernement établirait de la manière la plus consciencieuse et la plus judicieuse un taux fixe d'après lequel les payements concernant des engagements pécuniaires pourraient désormais se faire en or. Le mode de transition ainsi effectué écarterait en grande partie les craintes entretenues au sujet d'une forte dépréciation de l'argent et d'une grave perturbation dans les relations actuelles.

Nous reviendrons sur Vidée de M. Grote relative au système parallèle de l'argent fonctionnant à côté de Tor, sans fixation légale de la valeur monétaire. Qu'il nous suffise, pour le moment, de faire remarquer que M. le docteur Soëtberr reconnaît la nécessité d'une sorte de coup d'État financier pour passer d'un régime à l'autre. C'est peu encourageant.

Ce coup d'Etat aurait pour but de fixer le taux du change Jégal entre l'ancienne et la nouvelle monnaie libératoire; il ne fallait donc pas lant s'élever contre le principe de la loi de germinal , qui n'a pas fait autre chose, et cela sans user d'aucun coup d'Etat, tout au contraire, en régularisant autant que possible l'expression permanente de la mesure des valeurs, en la rendant plus stable par l'action combinée des deux métaux précieux.

M. Soëtberr est revenu à plusieurs reprises sur l'idée qu'il ne saurait être question d'un passage subit à un nouveau système basé sur l'or. Il faut employer à cette évolution au moins de cinq à dix ans. La masse du métal privé de la fonction légale ne peut que porter le trouble sur le marché; il ne s'agit point ici de l'adjonction successive de nouvelles extrac-

loa

QUBLQUBS INDICATIQIIS

tioD^i dont la place ae fait naturellement^ et qui correspondent en grande partie aui besoins causés par la déperdition du frai, qui porte sur une quantité énorme de métal, par la consommation dahs les arts et dans Tindustrie et par le développement de la population, de la production et des échanges. Cest un mouvement violent qui se fait au moyen d'une masse toute prète^ dont Tinfluence se fait sentir en exerçant une pression considérable. Quand la Hollande a démonétisé Tor, elle n'en possédait que pour 84 millions de guldens, moins de 200 millions de francs, et cette somme» relativement faible, a plus promptement contribué à déprécier Tor que les arrivages de la Californie et de TAustralie. Que serait-ce si FAllemagne, en démonétisant Targent, en jetait sur le marché environ 2 milliards, consacrés aujourd'hui à la circulation monnayée» sans parler du billon?

Nous recevons en ce moment un document des plus importants, communiqué par M. de Bismark au conseil de la Confédération du nord de l'Allemagne» Il porte la date du 12 février 1869. Les relevés qu'il donne se résument dans le tableau suivant :

E^pëcesd'or. . i

Espèces d'argent.

Monnaie de billôli en argent. . .

Monnaie de cuivre

TOTât.. .

OK A FBAPPé

ONT élé RETIRAS

RESTB

thaï. silb. pf.

thid. sUb. pf.

thaL sUb. pf.

A L APPUI DU MÉMOIRE SUR l'oR £T l'âRGENT. lOB

Le6 valeurs se trouvent exprimées en thalen, gros d'argent et pfennings. Le thaler vaut environ 3 fr. 75, il se divise en 30 gros, chacun de 12 pfennings.

Le tableau comprend, pour Tor qui circule, tous les Etals de la Confédération allemande du Nord» c'est-à-dire :

Ihaters gros

1 LaPrusse, anciens États, pouf. . . . 85tlll45 20

£t noureaux Étals t

— Hanovre, pour ; 36966900 20

— Hesse électorale, pour. » . 293731 20

— Francfort, pour i 5715 6

2 La Saxe, pour 648213 25

3 LaHesse, pour 180948 if

4 Brunswick, pour 49077113 B

5 Lubeck, pour. 29241 18

6 Hambourg, pour 1913376 »

Il sagit ici des monnaies d'or frappées dans ces diverses fi*actions de la Confédération du Nord et qui restent en circulation.

La masse la plus considérable consiste, pbuf les ancietis États prussiens, en frédérics (14966978 pièces) à 5 Ihalers 20 gros, et en couronnes (918tl pièces) à 9 thalers 5 gros. Les frédérics d'or ont été frappés de 1Ï64 à.1855.

Le Jïanovre possédait 5 396018 pistoles à & Ihalers 1/2, frappées de 1834 au 5 juin 1857, et 795142 couronnes à % thalers 1/6.

La Hesse électorale, 51 835 pistoles à 5 thalers 2/3, frappées de 1834 au 19 novembre 1857.

Francfort] 1 786 ducats à 3 thalers 1/5 gros, frappés en 1853 et 1856.

La Saxè, 41 582 augustes d'or à 5 thalefs 2/3, frappés du

104 QUSLQUBS INDICATIONS

1" janvier 1839 au !•' mai 1857, et 45009 augustes d'or à 9 thalers 1/5.

La He$9^e, 20401 pièces de 10 guldens et 22 530 pièces de 5gu1dens, frappées de 1819 au 30 septembre 1857.

Brunswick, 9 006 21 1 pistoles à 5 thalers 1/2, frappées de 1 764 jusqu'au 31 décembre 1854; 45298 couronnes à 9 thalers 1/6, 8754 ducats à 3 thalers 1/6, frappés du 1*" janvier 1855 au 31 décembre 1857.

Lubeck, 9 138 ducats à 3 thalers 6 gros.

Hambourg, 597930 ducats à 3 thalers 5 gros; on en a frappé, de 1815 à 1841, 243107 pièces.

De 1842 à 1857 172931

De 1858 à 1867 181892

L'ensemble de Tor frappé dans la Confédération allemande du Nord s'élève ainsi à :

15 070395 1/2 frédérics, augustes et pistoles à 5 thalers 2/3; — 14402229 pistoles à 5 thalers 1/4;.— 977260 couronnes à 9 thalers 1/6; — 608884 ducats à 3 thalers 1/5 , et 8 754 ducats à 3 thalers 1/6 (seulement dans le Brunswick); — 20 401 pièces de 10 guldens, et 22 530 pièces de 5 guldens;

D'une valeur réunie de 175 726 386 thalers 11 gros 1 pfenning (environ 660 millions de francs).

La valeur de l'argent monnayé qui circule dans la Confédération s'élève presque au triple de ce total ; elle est de 456548940 thalers, dont 14400000 en monnaie divisionnaire à titre affaibli {Scheidemûnze). Il s'agit là d'une masse qui, pour les seules espèces frappées au titre, s'élève à près de 1700000000 de francs. En tenant compte du reste de la confédération douanière, et en laissant ainsi l'Autriche de côté, on arrive, avec Bade, la Bavière et le royaume

A l'appui du Mémoire sur lor Err l'argent. 105

de Wurtemberg, à un total d'environ. 2 milliards et demi d argent monnayé, sans parler des lingots qui reposent dans les réserves des banques, ni des monnaies étrangères, fréquemment employées, notamment nos pièces de 5 francs.

Enlever le cours légal à une pareille masse de plus de 2 milliards et demi d'argent, ce serait détruire tout équilibre du marché, ce serait précipiter la hausse de l'or et la baisse de l'argent.

Revenons à la démonstration produite par le docteur Soëtberr. 11 est trop versé dans les questions économiques pour ne pas s'emparer d'un argument qui peut sembler singulier à certains partisans de la monnaie de papier; cest pour débarrasser TAllemagne des petites coupures, des billets trop fractionnés, qu'il recommande la monnaie d'or. Il a raison; mais n'est-il pas facile de parer au danger de cette circulation divisionnaire, en admettant comme loi commune qu'on ne pourra émettre dans la Confédération aucun billet d'une valeur inférieure à celle de dix thalers ou même de vingt guldens? D'un autre côté, il n'est pas nécessaire de faire de l'or la seule monnaie légale pour en accroître la circulation, alors que les petits billets auront disparu; le frédéric profite déjà du change légal; on n'a qu'à entrer résolument dans la voie ouverte par la loi de germinal an VII, en adoptant la double monnaie légale d'or et d'argent pour répondre à tous les besoins et pour donner satisfaction à tous les intérêts. Dans un travail qu'ont publié cette année les Annales de la Confédération du Nord de l'Allemagne

et dé TAssoicialioti douanière pour la législation, l'adùiinlstration et là statistique*, M. Prince-Smith, président de là Société des éconobiisles de Beflin (il vient atissi d'être nommé président du Comité permanent des économistes allemands, à la place dU vénérable Lette), a traité d^une tnanière remarquable là question ihonétaire (l^ahrung und Miinie), Nouî^ aurons occasion de revetiit sut cette ichpial-tante manifestation. — M. Prince-Smith conclut comme noUs; il montre en ttlême temps comment Tinlroductionen Allemagne de la double monnaie (DoppelWàhtung) Ouvrirait la voie à ladoption d une donnait inter^ nationale.

Afin de dégagei- le problème de toute question de susceptibilité particulièi^, M. Soëtberr d déclaré qu un grand pays comme V Allefnngne dU Nord n'avait point à se préoccuper des corii^eniioM extéHeures. c< Nous ny avong songé, dit-il, ni moi ni lé Cdttiité, quand noUs avons invoqué la Conférence de Paris; ùdWû ne regardons pas des traités avec lès puis=sauces élrangètes comine UHe conséquence indispensable de nos résolutions. »

Ce langage est fier; il peut êtté bien loalculé poUf entraîner Un vote patriotique; mais il eh diminué aussi la valeur au point de vue de la eohstilutioU dé l'unité monétaire. Ce but essentiel a été relégué aii second plan par M. Soëtberr, et rtous montre^ rons tout à l'heure que l'adoption de là monnaie

* Annalen des norddeulschen Bundes und des deutschen ZoUverein fur Gesclzgehung, Verwaltung und Slaiistik, i869; i^« livraison.

A l'appui du Mémoire suft L'ok et l'argent. lOÎ

ûHîqiœ dof pourrait ajouter à Vettibarrftâ de la Con»* fédération.

Quelques explications fournies par M. Soëlbeirr montrent combien il s'écarte du principe internatio* nal. « L^or frappé en Allemagne, a-t-il dit, sera seul reçu comme mode deppj/ement légal. Tout autre sera simplement toléré dans la pratique. Point essentiel pour la conférence internationale future : on ne répond que des espèces qu'on a frappées. *>

Une pareille prétention ne faciliterait guère le râppl-ochement espéré entre les peuples. Quant à l'unité monétaire de l'Allemagne , elle s'établira bien plus aisément avec les deux monnaies qu'avec une seule.

Du reste, M. Soëtberr reconnaît pleinement la né-* cessité d'une période de transition, probablement de dix ans. ïl sera indispensable, suivant lui, que l'ancienne monnaie courante et la nouvelle monnaie d^or circulent côte à côte, d'après le rapport légaî prescrit. 11 prétend néanmoins qu'admettre celte règle, ce n'est pas adopter en principe le dmble métal, condamné, à en croire M. Soëtberr, par une mqnête récente en France.

Oettè condamnation n'a point été aussi éclatante (Jii'on a voulu le faire supposer. Quand on voit la manière dont les questions ont été formulées et quand on examine les réponses, on arrive bien vite à la conviction que rien n'a été résolu d'une manière décisive, tes opinions émises nettement dans le senà de l'or comme monnaie légale unique, et celles émises nettement dans le sens du maintien du principe posé

i08 QUELQUIilS INDICATIONS

par la loi de germinal, se balancent presque: nous en comptons même plus de ce dernier côté, et les motifs produits à l'appui sont des plus remarquables. La plupart des trésoriers payeurs généraux et des chambres de commerce n'ont rien précisé, ni fait valoir aucune raison de nature à motiver une réforme aussi grave.

La question principale était posée en ces termes : * Le public de votre département aurait-il quelque répugnance à voir Vor instrument exclusif des payements pour les sommes au-dessus de 50 francs ou d'une somme un peu supérieure, s'il y avait lieu?»

Nous l'avouerons, nos opinions sont arrêtées sur cette matière, et cependant nous n'aurions pas été sans éprouver un certain embarras pour répondre. En effet» l'or ne nous répugne en aucune manière, et si tout se bornait à une question d'agrément ou de fantaisie, nous pencherions même du côté de l'or. Mais ce n'est pas en ces termes qu'on peut aborder un problème économique de cette gravité; Ton risque de n'aboutir à rien de sérieux quand Yenquête ne pénètre pas davantage dans ce que la matière présente de complications, de difficultés et de périls. De quel poids peut être l'avis de ceux qui, sans se douter même des intérêts nombreux mis en échec, se bornent à dire : « Le public n'éprouve aucune répugnance à se servir de l'or, » en ajoutant toutefois (et c'est l'avis presque unanime) que la pièce de 5 francs en or est généralement repoussée?

La plupart des dépositions roulent dans ce cercle

A l'appui du Mémoire sur l or et l'argent. 109

banal. On ne rencontre dans les deux sens que peu d'avis, qui abordent le fond de la question; nous nous attacherons de préférence à ceux-là.

Ce n'est pas notre faute si la discussion doctrinale se produit peu du côté des partisans exclusifs de l'or. Pour la plupart ils se contentent d'une affirmation, tandis que leurs contradicteurs fournissent des indications précieuses à recueillir. — Qu'on ne s'étonne pas de nous voir insister sur ce point, et produire de nombreuses citations; elles ont le double avantage de prouver combien l'opinion que nous professons a rencontré d'appui, et de quelles solides raisons les hommes d'expérience l'ont appuyée. L'argument de M. Soëtberr qui a voulu invoquer l'adhésion presque unanime de nos chambres de commerce à l'adoption exclusive de l'or comme monnaie légale, se trouve singulièrement compromis. D'après le relevé que nous avons fait, il faut élaguer vingt-huit chambres de commerce, qui se bornent à une réponse vague, tandis que dix-huit maintiennent l'emploi du double métal. Vingt et une se prononcent catégoriquement pour Vor seul Parmi les receveurs généraux plus de moitié se contentent de dire que l'or ne soulève pas de répugnance, tandis que quatorze se prononcent nettement contre la réforme projetée. Il n'en est que vingt et un, moins du quart, qui l'approuvent.

La classification faite par notre honorable confrère, M. de Parieu, président de la dernière commission monétaire, aboutit à une conséquence différente.

D'après lui soixante -neuf receveurs généraux se

iiO QUELQUES INDICATIONS

seraient prononcés pour Vétalon d'or, neuf pour le $tatu quo et treize seraient douteux. — On arrive ainsi à un total de qualre-vingt-onze, qui dépasse de trois le nombre des receveurs généraux en France (il y enik un par département et celui de la Seine n'en a pas). Si nous indiquons cette légère inadvertance, oe n'est point pour y attacher plus de valeur que n en possède un pareil lapsus calami; mais n y trouve-t-on pas Vindice de la préoccupation à laquelle les hommes les plus distingués cèdent chaque jour, alors qu'ils cherchent des preuves à l'appui d'une doctrine dont ils se sont épris. ïls voient tout à travers le prisme de leur ardente propagande et risquent fprt de se livrer à des interprétations trop faciles et trop complaisantes.

Après avoir accru |e chiffre des receveiirs généraux en exercice, M. de Parieu a multiplié celle des adhésions données à son système; quand il s'agit d'opéref une réforme radicale, on ne scmr^iit user du pror cédé, qui consiste à mettre en œuvre le proverhe por pulaire : Om ne (lit mof comenh On doit se montrer plus exigeant dsns ce cas, et, pn appliquant un autre dicton, regarder comme étant çonire quiconque n'est pas explicitement pour. Ces quelques mots expliquent la différence qui sépare nos relevés de ceux de M. de Parieu.

La chose est d'aut£^nt plus délicate, que la rédaction du questionnaire se prête singulièrement à une application élastique. Rien de moins scientifique ni de plus engageant que les termes employés; nous partageons pleinement à ce sujet la pensée émise par la

A l'appui du J^OpiE SUR L'OR ET L'aRGENT. \\\

ch^mhv^ de commerce de Stras|)Qurg; sip^^^ aypir rappplé les ferpae^ dans lesquels sp trûviysiit fpripulée la qwp^tipn prippip^lp :

<^ J^e pviblic qurait'il quçlquç rçpuqnance à voir l'or iiïslrup[jpqtpxclusif des payements pour les sommeff ^q-dp^sii^ de 50 ffapcs, ou ^'\j^ne sonime \\^ pei; 5Wpéripi|re ^'il y ftvait liew ? » elle ajoute :

A la question, telle qu'on la pose, le public pourrait être tenté de répondra affirmativepqeqt, sans se doigter dif grave problème qij'i} s'iagit de fésoudra- Mais 3i, ep retpurnapt ^ question, pu ^^\ d^rps^dait quelle répugnance peut luf inspirer le système actuel, il Répondrait presque unanimemept qu'il n^en a aucune e( qu'il ne veut aucun changement.

C'est la çpî^viptiqp dopt les; représep|antsi les plus ^Hjori^és du cqminercp ffftpçais, ^}IL. ]p baron Air f^mse dç ^otkiçfli^, Pinç^v^, dirpctpur du Çpmptoir d'esppïpptp, A^plph^ â'FJcf^t(il p\ Pçisat, aqpieps dépplégj, pt ^ourdi^^ vfi^fc\\i\nd (^p ift^tpu^, se sont unaniiQpment rendus Ips interprètes dftflS Vepquêtp qw-r vprtp p^r 1^ cQfppaissipp mpnétf|ire.

Nous ne pousserons pas aussi loin que ]^^. Prince- Smth h rigupHr du jugement qu'il portp sur l'avis des chambres de con»pierce, njors qij'il s'agit non pas dqne diflicpUé purepnept çomn^ercjple , na^ds de la solution d'un prpbl^ppe pssentiel d'éepnomie politique, ipfli^ il noîi^ pst au moin? pprmis de dire qu'il iinporte pp pareille circonstance beaucpnp plps de ppser Ips yotes que de les cpmpter : ce sont les raisons foKjnips qui seplps peuvent rpmporter d»ns la balance,

il 2 QUELQUES INDICATIONS

Mentionnons encore un fait, qui peut faire admirer '^ une tactique habile, mais qui perd singulièrement au creuset de la réflexion. Les partisans exclusifs de l'or en Allemagne et en France, s'il nous est permis d'employer une locution vulgaire, se renvoient adroitement la balle : « Adoptons Vor, dit- on à Hambourg et à Berlin, car c est le moyen de nous rapprocher des allures de la France et d'arriver à l'unité monétaire.» « Adoptons l'or, dit-on à Paris, car c'est le moyen d'avoir pour nous l'Allemagne. » Ici on parle de la décision dnhandelstag, en passant sous silence les vifs débats qu elle a suscités et l'opposition des économistes les plus éminents d'au delà du Rhin; là on préconise l'avis prétendu unanime de nos chambres de commerce. Il est temps de faire cesser un ^eu puéril, qui pourrait devenir un jeu périlleux, et de se rendre un compte exact du véritable état des choses.

C'est pour le faire connaître que nous complétons l'étude des débats du handelstag^ par la reproduction des avis les plus étudiés de nos chambres de commerce.

Le trésorier payeur général du Rhône se prononce nettement en faveur de ce qu'on nomme Vétalon unique d'or, mais il ajoute que le maintien de la pièce de 5 francs au titre de 900/1000 correspond également au vœu général ; telle est aussi la pensée de la chambre de commerce de Lyon. Elle s'est décidée unanimement powr l'étalon d'or unique. « Le 'moment est venu, dit-elle, de rendre notre système monétaire plus rationnel, plus stable en écartant de l'avenir

A L APPUI DU MÉMOIRE SUR l'oR ET l' ARGENT. 113

toutes les conséquences attachées aux fluctuations résultant de la simultanéité dès deux étalons. »

Cette opinion est diamétralement contraire à celle des chambres de Bordeaux et de Strasbourg, qui adoptent pleinement notre doctrine sur l'influence salutaire qu'exerce l'emploi simultané des deux métaux pour rendre plus stable la valeur monétaire.

L'adhésion la plus notable avec celle de Lyon est venue de Rouen. La chambre de commerce de cette ville croit que l'adoption d'un seul métal, l'or, doit simplifier une convention qui établirait l'unité monétaire commune à toutes les nations civilisées. Elle repousse ce qu'elle appelle le double étalon^ en supposant que les inconvénients qu'il présente dispensent de. le discuter. Il n'aurait pas été superflu de dire quels sont ces inconvénients, et de condamner d'une façon moins cavalière la loi qui nous régit sans qu aucun inconvénient sérieux se soit jusqu'ici révélé dans la pratique.

Revenante des idées moins tranchantes, la chambre de Rouen demande que la pièce de 5 francs soit conservée comme monnaie de commerce, sans cours obligatoire, si Von veut (singulier laisser-aller dans l'expression). Il importe, ajoute-t-elle, de maintenir le titre tel que la loi de Tan XI l'a établi. Puisque cette pièce est le principal instrument d'échange dans une infinité de transactions qui se rattachent à l'agriculture et qui se totalisent par des milliards, c'est un devoir de conserver à ce signe le titre qui le rapproche le plus de la valeur réelle. D'ailleurs en maintenant

H 4 QUiXQUES INPICATIONS

les conditions actpe]les, potre coînmçrpQ de l'Orient et de la côte Qceidentijlp d'Afriq^e pourra puiser au besoin dans cet impfiense réservoir un alipaent précieux pour ses opérations. La commission monétaire n'aurait pas dû méconpaître celte vérité.

La c^aipbre de commerce de ifarseille (nousi novis bornerons h signaler les avis émjs da^s Ips cpntre^ |es plqs importants de notre commerce) se contenue de dire que le public n'aurait pas de répugnance h accepter l'qr pour les payements au-de^^us de 50 franco ; mais elle ajoute : « Le commerpe verrait vip gr^infl inconvénient à ce que la suppression de l'étalon d'argpnt f^t adoptée avant que lunificatipu conipl^tP de^ systèmes n^onétaires chez jos puissances étrangères !\\\ acppmplje. v Nqujs pp pourno^^ f^lire un Pftreil

sacrifice sans obtenir au nioin^ en échange le rpglpr ment complet d'unp monnaie intprnationale.

Youdra-t-pn ppmpter la chambre de ppmrnprcp dp

Nancy au nombre de celles qui adhèrent h Ift réfqrfflP proposée, parpp gu elle dit ;

Pour le coqf^rperce, pour les propriétaires, phez 1p^ hapqqiers e^ (J§ns |e^ prisses putiliqi^es, i( p'p^isle ai|pv|p incor^yépjent à ce que les payements soient faits en or, au-dessu§ de 50 francs. C'est ce qui se pratique tous les jours. Mais il n'en est pas ainsi pour les industriels, les chefs d'ateliers et les entrepreneurs, qui ont besoin, pour leurs payes d'ouvriers, de sommes en argent assez importantes ; il y aurait évidemqient une grande répugnance de la part de ces derniers ef iinp granc|e (JifQcuUp ppur ^\ii à fcfirp leprs pe^yerper^ts daps pes conditions.

la même chambre de pommerce copiplète ainsi 8pn ppiuion :

A l'appui Dp i^i^oipç: SFR î^'pft ET l'argent. 118

L'pr ne ijojt p^s être adppté cqmme se^ile n^onnaie normal^. Il imporlerait, au contraire, d'augmenter le monnayage des pièces d'argent de 5 francs au litre actuel et avec cours obligatoire. La pièce de 5 francs en or est presque constamment refusée dans les payements compie incpmmode, f^pile à perdre e\ sujette s^wi erreurs ; les ouvriers et les agrici^lteurs surtQut la repousaept préférant de beaucoup les pjèpe^ de ^ fraqps ep argent.

Prétepdra-t-on avoir rallié à l'étfiiloo qniqwe d'or la chambre de commerce de Lille, parce qu'elle s'exprime ainsi :

Le public ne pourrait avoir aucune répugnance à voir Tor instrument exclusif des payements, puisque la situation de droit ne serait que la consécration d'une situation de fait ptqblie par le3 pQpyppfiqpes de tQi|s et qqi q'a nqlle part renpqntré la moindre résistance. Néanmoins on croit que celte mesure ne pourrait être prise dans un délai rapproché sans de graves inconvénients, et on émet le vœu qu'elle soit différée.

Cette réserve se trouve encore plus nettement accentuée dans les observations faites par cette chambre au sujpt de la pièce d^ 5 francs '.

* Pans le cq^ pu Tof 3er{ïit adpplp çon^pie seule rponiiîiie normale, |a mise en cirpulalion de niccos tj'^rgent de Ti fnîjit^i nu tilre actuel et sqns cours oblignlojrn aurajf (je |iqlj|bles fiynu|agps et ne préseiilerait aucun inponvénient. Les ouvriers prcfèrpnl toujours la pièce (|o 5 francs en argent à la pièce d'or, h cause de r|ial)iti)de d'aliord, puis de la d|mensioq exiguë de 1î| pièce d'or.

Dans je cas o^ le gpuvernemeut^fjqpteraif l'or comme étalon unique, il sprajt dé§jral)le qif il ii\[ encore fraj^pé des pièces (]e t\ frqncs en argent an litre de 9QQ/1000, pqijr donner satisfaction aii goût des populations et aux l)Psoins (|q la circulation. Pans ce cqs, jl resterait à déienniner la somme pour laquelle celte moniiqjc pouprnil être imposée d;|ns les payements. Op adopte le maxin^npi de 1()p francs. i?i la démonétisation de l'argent peut être consjdérée cprpme çlevapt s'accomplir, cette mesura ne seiuldepait pouvoir êtfe pri^p dî|p3 40 (lélai rapproché ^ans

offrir de graves inconvénients. Sans doute, dans la réponse à la première question nous avons constaté que la monnaie d'argent se rencontre dans la circulation pour une faible proportion par rapport à la monnaie d'or; niais nous sommes loin de penser que celle proportion soit aussi , faible, si Ton embrasse les espèces métalliques existant aujourd'hui en France. En eiïel, si Ton peut admettre que la plupart des monnaies d'argent fabriquées sous la République, sous le premier Empire et sous le règne de Louis XVIÏÏ, et qui toutes contenaient assez d'or pour comporter les opérations d'affinage et de refonte avec un léger bénéfice, ont presque complètement disparu de la circulation , on ne peut admettre qu'il en ait été ainsi pour les pièces de 5 francs en argent fabriquées de 1830 à 1848; une grande partie de ces monnaies ont pris le chemin de la Belgique et se rencontrent presque exclusivement dans la circulation monétaire de ce pays; de plus, chacun de nous a été à même de faire cette remarque que les réserves de numéraire qui viennent à l'occasion des décès de leurs propriétaires, ou d'achats de propriétés faits par les habitants, consistent principalement en pièces d'argent de 5 francs.

Si ces constatations sont vraies, il existe encore en France 2 milliards et plus peut-être de monnaie d'argent; nW aurait-il pas un danger réel à décréter actuellement la démonétisation des pièces de 5 francs en argent? La quantité de monnaie d'or serait-elle suffisante, si l'on venait brusquement lui demander de se substituer h la totalité des monnaies d'argent qui se.trouvent en dehors du mouvement de la circulation au moment même où cette monnaie d'or aurait à pénétrer dans les pays qui n'ont jusqu'ici que l'étalon d'argent?

La substitution de l'étalon d'or à l'étalon d'argent est singuhèrement facilitée par la modification qui s'est opérée dans ces quinze dernières années en faveur de l'argent dans la valeur relative des deux métaux. La démonétisation, que nous appellerions volontiers prématurée, de la monnaie d'argent aurait chance de provoquer, au moins d'une manière momentanée, un temps d'arrêt et peut-être un mouvement de recul dans l'élévation relative du prix de l'argent et de rendre ainsi onéreuse au Trésor cette démonétisation. Nous croyons donc devoir émettre un vœu en faveur du maintien du double étalon jusqu'à ce que la proportion (les deux métaux en circulation se soit encore modifiée en faveur de l'or. Entrer dans cette voie de temporisation, c'est améliorer au profit du Trésor les conditions dans lesquelles devra s'opérer la démonélisation de la monnaie d'argent; c'est encore, et c'est pour nous chose bien plus importante, éviter une raréfaction momentanée de l'or et prévenir une crise monétaire qu'elle pourrait avoir pour résultat.

Nous sommes loin de contester les avantages de l'unification moné-

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 117 L'avis des chambres de commerce de Reims S

taire, mais nous ne saurions oublier que Tadoption de ce système établit forcément une certaine solidarité entre les différentes nations; et pour conjurer les dangers qui pourront naître de celte solidarité^ il nous suffirait de savoir ménager les ressources que nous offre notre système monétaire actuel, sans qu'il résulte de la présente utilisation de ces ressources aucune entrave aux améliorations que Ton doit attendre du régime nouveau au point de vue des relations internationales.

* Reims, — Le public aurait certainement une très-grande répugnance à voir For devenir Tinstrument exclusif des payements de 50 francs ou d'une somme un peu supérieure, et ce sentiment ne serait pas spécial à Thabitant des \illes, il serait énergiquement partagé par Thabitant de la campagne. Les ouvriers, les artisans, soit de la ville, soit do la campagne, préfèrent à tout autre mode le payement en argent. 11 en est de même du cultivateur, du producteur de vignobles, qui acceptent parfLÛlemeiit le billet de banque et For, mais qui verraient avec peine disparaître la monnaie d'argent, toujours utile dans les transactions et indispensable dans une foule de circonstances.

Il y aurait le plus grand intérêt, si For était adopté comme seule monnaie normale, à maintenir, dans tous les cas, en circulation des pièces de 5 -francs argent au titre actuel. La pièce de 5 francs argent est cei lainement la monnaie la plus utile, la plus commode et la mieux appropriée à tous les usages de Tindustrie, de Pagriculture et du commerce. En revanche, nulle monnaie n'est plus incommode, plus difficile à compter, plus facile à perdre que la pièce de 5 francs en or, qui a de plus rimmense désavantage d'être souvent confondue avec la pièce de 10 francs, à cause du peu de différence dans le volume.

Pour les payements de semaine et de quinzaine à faire à leurs ouvriers, les industriels, les manufacturiers, les cultivateurs recherchent la pièce de 5 francs argent, et les ouvriers l'acceptent bien plus volontiers que le payement en or. La pièce de 5 francs est donc restée, dans l'esprit comme dans les habitudes de la population, la hase de notre système monétaire. Il ne saurait être question de la supprimer, et il faut la conserver au titre actuel. Que Ton puisse sans danger diminuer le titre des monnaies divisionnaires, cela se conçoit, bien que cette pratique ait ses inconvénients, ses dangers et même son injustice; mais il ne peut en être de même de la pièce de 5 francs, précisément à cause de la faveur qui l'entoure, de son acceptation incontestée et de la recherche dont elle est l'objet pour une foule d'usages et de besoins.

118 UukLQtJÉfe kNbiCAimîss

ReùttesS Dijon*, Dieppe', CalaisS 6l•&tltillfe^ Sainl-

* Réfineè, — On se fâll Técho du senlimenl Uttivel-sel en déclarant que le public verrait avec théine notre pièce de B francs argent perdre le rôle qu'elle joub dans la circulation et remplacée par îa pièce de 8 francs en or, dont Pusage est trouvé incortimode par tout le monde.

* Dijon. — Oui, pour le plus grand nombre il y aurait répugnance à voir Tor instrument exclusif de payement. Si Ton en excepte les spéculateurs et les capitalistes, on est amené à reconnaîlre que pour les industriels, les agriculteurs, en un mot pour tous les producteurs qui emploient un grand nombre d'ouvriers, les payomenls exclusivement en or, sauf rtn appoint de SOfrants èl au-^dessous, présenteraitetit de grands inconvénients. Ces inconvénients Seraient d'autant plus grands dans les campagnes, que Técliange de Ter est loin d'y ^tre aussi facile que dans les villes, et qu'il n'est pas d'ouvrier agricole dont le salaire atteigne 50 francs par semaine.

En admettant d'ailleurs que le payement de* salaires puisse être fait en or, (a difficulté reparaît, et bien plus grande encore, pour l'emploi de tes salaires à l'acquisition des objets de consommation.

D'après ce qui précède, on conclut qu'il n'y à pas lieu d'adopter Ter comme moyen unique de payement poar toute sotnme excédant 50 francSi

» Dieppe.— Eh généraï> les payements àU hioyeh de l'or seront bien accueillis. Toutefois le petit commehîe éprouverait ntt très-grand embarras s'il ne pouvait pas payeV avec la taonnaie qu'il t^Çoit en détail, c'est-à-dire avec de l'ergent. On pense dontî qu'il faudrait laisser là liberté des monnaies dans les payements. L'ttsage de for se répândiant de plus en plus, la snppression de l'argèttt arriverait tout naturellement et sans qu'il fût besoin de pression sut* hs popAfAtions.

* Cakiis.— !l est nécessaire, tant peut- ne pas changer les babittt()es ancienneB que pour éviiet les difficultés qui pourraient pat-fois Se produire entre ceux qui ont à recevoir, de laisser entière la faculté d'employer indistinctement l'-or et l'argent pour les payements. Il est à remarquer, d'une part, que l'encaisse d'un gr^nd nombre de détaillants se compose bien souvent de pièces d'argent dé 5 francS et de petites pièces, dont il faut qu'ils puissent trouver l'emploi lorsqu'ils ont à payer; et d'autre part, que la pièce de 3 francs argent et ses subdivisions seront toujours la monnaie préférable pour le salaire des ouvHèïs, le partage des produits de la pêche, etc.

* ^ranville, —Il y aurait tépugnance de la part de la population à voir adopter l'Or tomme instrument excltisif des payements.

A L APPUI DU MÉMOIRE stlk L*ÔR ET L^AKGENT. i\9

Èa]û\ Clermont-Ferrând', est formel; felléS repoussehl rinnovaliorl proposée.

hh chambre de commerce de CarcassOhhé croit qlie pour répondre aux véritables àspirâtiohs dU public il n'y aurait rien de mieux que le maintien du système actuel.

La chambre de commerce de Nancy partage cette doctrine, elle n'admet cette mesure que comme contrainte et forcée ^ et l'envisage comme un sacrifice fait à la constitution d'une monnaie internationale \

* Sainl-Malo, — La chambre ne voit aucun avantage à limiter, dans les payements, la quantité de monnaie d'argent. Celte limitation pourrait avoir des încpnvénienls dans les transactions Avec le paysari, qui conserve toujours une préférence pour Targent. Si cette tnodification devait avoir lieu, la limite de iOO francs paraîtrait préférable à celle de 50 francs.

Ce que la chambre demande avec instance, c'est la réduction de la quantité beaucoup trop considérable de pièces de 5 francs d'or qui existe dans la tirbulation : dans le commerce comme pak-ml les palrticu- Ilers, tout le monde se t)lainl de soti abondance et chacun l'appréhende dans les payements.

' Clermonl-Ferrand.^ Le public aurait de la répugnance à voir l'or instrument exclusif des payements au-dessus de 50 francs. La chambre, se faisant l'organe du commerce et de la population, émet le vœu formel (Jue l'on conserve les deux étalons d'or et d'argent, en multipliant le plus possible les pièces de 5 francs avec cours fbrcé.

' Nanqf. ~ Pour la valeur vraie qu'elle représente, pour la facilité avec laquelle on la manie, la pièce de 5 francs jouit dans les classes populaires et dans les campagnes d'une confiance sans bornes. Aussi ne verrail-on pas sans grand regret, sans inquiétude même, qu'on portât atteinte à des habitudes et à des besoins si bien justifiés. Le mouvement commercial s'en ressentirait sans aucun doute.

* Id, — Si l'on n'examinait la question monétaire qu'au point de vue de la France, on n'hésiterait pas à déclarer qu'il faut bien se garder de modiûer notre système monétaire, qui n'a jamais soulevé la plus petite réclsmuaUoil et qui suffit parfaitement aux besoins des populations.

Nous avons réservé pour la fin les importantes délibérations des chambres de commerce de Bordeaux et de Strasbourg, corroborées par l'opinion conforme des receveurs généraux de la Gironde et du Bas-Rhin.

La chambre de Strasbourg constate que dans le public en général aucune plainte ne s'élèvo contre l6 système en vigueur. Les pièces de 5 francs en or conviennent aux personnes qui ne se livrent à aucun travail manuel ; mais la grande masse de la population agricole et industrielle préfère les pièces do 5 francs en argent, et il est indispensable de les maintenir dans la circulation sous peine de produire un vif mécontentement. Cela étant reconnu, doit-on conserver les pièces de 5 francs en argent au titre actuel, mais sans cours obligatoire? On ne le pense pas et Ton conclut au maintien du double étalon. On sait qu'il peut paraître peu logique d'établir légalement un rapport fixe enlre deux métaux ) l'or et l'argent, dont la valeur respective est variable comme celle de toute marchandise. On reconnaît aussi que ridée d'arriver à l'unification du système monétaire du monde entier peut séduire des esprits élevés et spéculatifs ; mais il n'est pas permis non plus de négliger le point de vue pratique. Or, eu fait, depuis que fonctionne la loi de l'an XI qui établit le double étalon, quel mal a-t-il causé à Tagriculture, à l'industrie et au commerce? A lintérieur, chacun des deux mé- ' taux a pu jouir successivement d'une légère prime, sans que la circulation ait été troublée ; au dehors, les pièces d'argent et d'or françaises jouent, pour ainsi dire, le rôle de monnaie universelle. Sans parler de la Belgique, de la Suisse et do l'Italie, un Français qui voyage en Autriche, dans le ZoUverein prussien, en Espagne ou dans les pays Scandinaves, trouve dans nos pièces, soit d'or, soit d'argent, un instrument d'échange on ne peut plus commode et reçu partout avec empressement.

Quand on parcourt l'Italie, l'Autriche, la Russie, on voit ces pays inondés de papier-monnaie à cours forcé, et on se demande s'il serait prudent de toucher à tout notre système monétaire.

A l'appui du Mémoire sur l*or et l'argent. 121

auquel les autres peuples portent eavie, uniquement pour satisfaire un besoin abstrait d'uniformité universelle, qui n'ajouterait rien à notre richesse nationale ou pour complaire à une puissance actuellement sous le régime du cours forcé, et aux Toeux de laquelle on pourrait donner satisfaction en fabriquant des pièces d'or françaises de 25 francs, soit exactement 10 florins d'Autriche.

On ne doit pas supprimer la pièce d'argent de 5 francs et Ton doit encore moins en altérer la valeur intrinsèque en la frappant seulement au titre de 835/1000. Une telle mesure aurait pour résultat de chasser nos pièces de 5 francs des pays étrangers, par exemple de l'Espagne, où elles forment la monnaie courante sous le nom de napoléon; de plus, et par voie de conséquence, en enlevant à l'argent son emploi le plus répandu, cette réduction du titre déprécierait en pure perte la valeur de plusieurs milliards de ce métal, qui constituent, en partie, notre capital monétaire.

Nos populations ont aujourd'hui, dans notre monnaie, la confiance la plus absolue ; l'altération des pièces d'argent de 5 francs donnerait lieu à des interprétations fâq)ieuses et pourrait ébranler la confiance du public. Que ce résultat vienne à se produire à un moment donné et le gouvernement se sera exposé à un gros risque en vue d'obtenir une satisfaction purement idéale.

La chambre conclut au maintien intégral du système actuel.

Le receveur général (trésorier payeur général) du Bas-Rhin a fait ressortir l'avantage de continuer la fabrication des pièces de 5 francs en argent à 900/1000 ; celles-ci continueraient, même sans cours obligatoire, à être bien accueillies dans le public et faciliteraient les relations commerciales avec V Allemagne et la Suisse. En présence d'une pareille déclaration, comment parviendra-t-on à persuader qu'il faut interdire le frap-

page de nouyelles pièces de 5 francs, dans l'intérêt de la monnaie internationale?

Citons encore ce passage remarquable de la même déposition :

En général^ on demande la conservation de la pièce de 5 francs en argent au titre actuel, parce qu'elle représente aujourd'hui à elle seule l'étalon d'argent, que l'on désire voir maintenir concurremment avec l'étalon d'or. D'autres personnas ne verraient pas d'inconvénient à là suppression entière de celte pièce, tant en or qu'en argent. Quant à la fabrication de pièce^s au titre de 835/1000, il y a unanimité pour repousser la mesure ; selon les uns, ce serait déjà un malheur d'avoir frappé des pièces divisionnaires à ce dernier titre, et l'on devrait se garder de l'accroître par la fabrication de pièces qui ne constitueraient qu'une monnaie de convention.

La mesure proposée est plus sévèrement jugée par les principaux commerçants qui ne considéraient la pièce de 5 francs à 835/1000 que comme une fausse monnaie ei comme devant faciliter Tintroduation en France de quantités considérables de pièces fausses ou contrefaites. En résumé, on croit généralement à Strasbourg que la France^ avec son double étalon monétaire, a tout intérêt à garder le Ha(u çuo.

Le receveur général de la Gironde reconnaît que, dans les payements de quelque importance, le public emploie Tor non-seulement sans répugnance^ mais de préférence à Fargent. La pièce de 6 francs d'argent estcommunétiient employée dans les campagnes pour les échanges inférieurs à 100 francs. Il suit de là que dans ce département le public, tout en préférant Tor à l'argent, ne voudrait pas qu'il lui fût substitué et qu'il devînt Tinstrument exclusif des payements.

Ce sentiment est partagé partout; s'il contrarie l'es*

A l'appui du mémoibk sur l'oh et l'argent. iSd

prit de systèm^i il donne pleine satisfaction à rexp4^ rience acquise et aux véritables notions de réoonomie politique.

La pensée dti receveur général de la Gfîronde se trouve exposée d^une manière aussi nette, aussi catégorique que possible :

Il y aurait de graves inconvénients à retirer à là pifede de 5 francs son cottrs obligatoire. Une) semblable m^stire; aurait pont effet immédiat de discréditer et de déprécier cette monnaie et de jeter la perturbation dans les échangea, principalement dans les campagnes. Le vœu général est de maintenir à la pièce de 5 francs son cours obligatoire. Les pièces au titre de 900/1000 qui sont en circulation suffisent aux transactions du commerce et des particuliers; en n'en augmentant pas la quantité, ces pièces continueront à être très-dîsséminées et, par coiiséquent, ne pourront pas être réunies en quantité suffisante pour donner lieu à un trafic.

Nous avons rencontré dans le même document la confirmation expresse de^ notre doctrine fondamentale :

L'application de la loi de germinal an XI n'a présenté jusqu'à e© jour aucun inconvénient sérieux ; son but principal, qui eondste à ôriter ïé plus possible les variations ââm iâ mesuré de la valeur, a été atteiol« En effet, remploi simultané des dent métaux précieux a de grandâ avantages ; il évit» les variations dangereuses auxquelles on serait exposé en adoptant un étalon unique, selon que la production du métal préféré serait plus ou moins abondante. Que l'on se reporte par la pensée au moment de la découverte des mines de la Californie et que Ton songe aux perturbations qui se seraient produites à cette époque dans les transactions^ par rinvasion de For sur notre marché^ si jaou& u'avipus w qu'une monnaie unique* «<*• N'ast^U pas juste

124 gUELQOES INDICATIONS

également de se préoccuper de la position faite aui débiteurs par la loi de Tan XI? Cette loi leur a donné le droit de se libérer avec celui des deux métaux qui aurait leur préférence. En leur enlevant cette faculté, ne porterait-on pas atteinte à la liberté de transactions? Et quel moment choisirait-on pour enlever la faculté accordée par la loi de Pan XI? Le moment où la production des mines d'or diminue et où la production de l'argent est plus active.

Si cependant le gouvernement adoptait Tor oomme étalon unique, on ne pourrait supprimer la pièce de 5 francs d'argent sans occasionner une gêne très-grande. Une mesure à laquelle tout le monde applaudirait, ce serait le retrait de la circulation de la pièce de) 5 francs en or ; à cet égard tous les renseignements sont unanimes pour signaler la répugnance que Ton éprouve à recevoir cette pièce. Les populations verraient aussi avec regret les changements qu'on apporterait au titre des pièces de 5 francs d'argent et la faculté de ne plus recevoir les nouvelles pièces que jusqu'à concurrence d'une certaine somme. Les altérations de la monnaie inspirent toujours une grande déûance ; on ne se rendrait pas compte des raisons qui feraient repousser, dans les payements importants el au delà d'une certaine somme, la pièce de 5 francs d'argent, qui est constamment et depuis si longtemps employée dans les transactions journalières.

La chambre de commerce de Bordeaux dit que le public serait peu disposé à voir l'or devenir l'instrument exclusif des payements, même pour les sommes au-dessus de 50 francs. La disparition des pièces de 5 francs en argent causerait une gêne extrême; il faut maintenir leur cours obligatoire de manière à conserver aux débiteurs la certitude de pouvoir toujours se libérer tant envers les caisses publiques qu'envers les particuliers. Cette chambre repousse comme une mesure très-regrettable la fabrication des pièces

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 125

de 5 francs, à 835/1000, en limitant robligation de les admettre dans les caisses publiques. On ne saurait méconnaître sans imprudence et sans de graves inconvénients ce que réclament des habitudes déjà anciennes et la pratique des affaires.

Le receveur général d'un autre grand département frontière, un des plus riches et des plus industrieux, le Nord, repousse la suppression de la monnaie légale d'argent :

Il serait^ dit-il, impossible, sans occasionner un très-grand trouble dans toutes les transactions, de supprimer la pièce de 5 francs d'argent. On ne saurait davantage admettre que le titre actuel ne lui fût pas conservé; car ce n'est pas sans regret que déjà on a vu rabaissement du titre des monnaies divisionnaires. L'abaissement à 835/1000 du titre de la pièce de 5 francs serait un appât considérable à la fausse fabrication, puisqu'elle y trouverait une marge de 6 et demi pour 100, bien suffisante pour procurer un bénéfice, même en fabriquant des monnaies au titre voulu. Il y a là un vrai danger, surtout si ce bénéfice venait s'augmenter de la baisse qu'éprouverait nécessairement le métal d'argent par suite de sa démonétisation. On serait donc exposé à une inondation de fausse monnaie, et qu'on juge du trouble qui en résulterait pour la petite circulation et pour tout le commerce de détail. On sait en outre que les monnaies les mieux agrégées et les plus durables sont à 11/12 de fin plutôt encore qu'à 9/10, et que le titre des monnaies anglaises est de 925/1000 pour l'argent. Et, d'un autre côté, si on voyage en Allemagne, on est frappé du mauvais aspect des monnaies d'argent qui sont au titre de 750/1000 et au-dessous. Ce n'est pas de l'argent, c'est du billon que l'on manie. Enfin, à 835/1000, ce serait nécessairement l'État seul qui frapperait les pièces de 5 francs, et aurait à supporter les frais de la refonte.

Il faot préoieiiseiiietit eonserver la monnaie d'argent à 900/1000, qui correspond si biei^ au système décimal.

OuaUe que soit h grandeur du but proposé par la eonférence i^^mationale, quelle que soit la séduction de Tidée d'unification monétaire par Tadoptipp de Tétalon d'or unique^ on se sent effrayé de la distance qui sépare du but comme aussi des dangers et des incon?énient6 que présenterait la réforme de notre ^tàma monétaire. On regretterait de voir sacrifier les avantages très-réels de ce système, qui depi^is soixante-cinq ans a fonctionné utilement, malgré ses imperfections, j^ traven; bien des crises de tout genre. Notre monnaie est commode et bien accueillie dans presque toutes les contrées. L'Angleterre est, avec la France, le pays oii For est le plus abondant. Mais la France a de plus qu'elle l'avantage très-appréciable de posséder la plus grande masse d'argent, parce que les négociants en métaux précieux sont assurés d'en trouver la contre- valeur en France, en portant leurs lingots à la Monnaie. Il semble incontestable que c'est pour un pays une richesse d'avoir des métaux précieux on suffisante abondance. Le premier résultat de la démonétisation de l'argent serait de priver la France de ce genre de richesse il faudrait ensuite remplacer dans la circulation les sommes qui s'y trouvent en pièces de 5 francs d'argent. Or à quel chiffre peut-on évaluer la somme totale des pièces de 5 francs en argent qui existent en France ou à l'étranger, mais qui nous rentreraient en cas de démonétisation ? Deux milliards peut-être, dont le remplacement exigerait des frais de fabrication considérables, sans parler de la perte bien autrement importante que le Trésor ferait sur les monnaies d'argent démonétisées. Puis, où prendre l'oç, quand, par suite de l'entente qui s'établirait entre les puissances, en vue de l'unification, celles dont le système repose sur l'étalon d'argent ou sur le double étalon auraient comme nous-mêmes à s'approvisionner d'or? Il suffit d'indiquer cette situation pour faire apercevoir toute la gravité de la crise qui pourrait s'ensuivre. Enfin, on se contentera de rappeler que la faculté de rembourser altemati-

A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. IST

femeiil ces billets soit en or, soit en argent, est po^r la Banqu9 m puissant moyep d'atténupr les affetâf () une prise monétaire^ m^e récepte pjçpérjence Ta pncore prouvé. L^ conclusion (}p tout ce qui précède ne saurai t être que l'expression d'un vœu pour le maintien du système fnonétaire de la France, ^

Le fece?eur général dllle-et-Yilaine a donné de curieux renseignements sur remploi international de Q0« monnaies actuelles :

Les pièces de 5 francs d'argent ne sont pas achetées avec prime, mais elles sont très-recherchées dans le département ponr les transactions. Cette situation est peut-être particulière à ee pajrs, eu raison du com^l^rc0 d'export^tjou des beurres et 4e$ fleufe ^p Augletejre, tes courtiers anglais jBirriyiônt à Saipt- MalQ porjpurs de billets de banque ou d'effets de commerce à courte échéance, quMls négocient. Il demandent en échange des monnaies d'un fractionnement facile pour leurs comptes avec les fermiers, et ils préfèrent, par conséquent, les pièces de 6 francs aux pièces de 30 francs.

Oa peut dire qu'ep a0 sens, il existe sjpop un^ priip0 déter? rpipée, ftu ïopius un^ différence équivajauj spuv^ut à une prjpa« ep faveur de lil piè/c^ de 5 francs d'argent.

Qu^oa ne s'étonne point de l'étendue avçc laquelle nous avons cru devoir parler de Venquête française. On a singulièrement exagéré la valeur de ce docu^ ment dans le sens de la réforme proposée, de marnière à faire illusion au pays et aux États étrangers. Mieux informé, M. Soëtberr ne pourra plus dire, ni l'Allemagne supposer que Venquête récente a con-^ damné en France l'emploi du double métal.

D'ailleurs au moment où les résolutions du dernier handdstag de Berlin ont été préparées, on s'est sur*-

128 QUELQUES INmCATIONS

tout occupé de faire un choix entre l'emploi exclusif de l'or et l'emploi exclusif de l'argent. La véritable doctrine de la loi de germinal an XI ne s'est produite que lors du nouveau débat, et l'influence qu'elle a exercée dans la Confédération du Nord n'a fait que grandir depuis cette époque ; personne de ceux qui sont au courant de la marche de la question ne saurait le nier. Il est plus que douteux que les propositions du comité, admises définitivement en octobre dernier par 69 voix contre 46, réussissent maintenant à réunir une pareille majorité.

Une vive opposition contre la suppression de l'argent employé comme monnaie légale s'est manifestée au sein de la Société des Economistes de Berlin, dont l'importance scientifique et les lumières reconnues recommandent l'avis à un si haut degré.

La question de l'or et de l'argent avait été plusieurs fois discutée devant cette Société d'économie politique, mais un double motif la fit de nouveau porter à l'ordre du jour dans la séance du 31 octobre 1868, la première qui eut lieu après les vacances habituelles. Les débats du handelstag de Berlin avaient eu lieu quelques jours auparavant, et la solution adoptée par la majorité soulevait de vives réclamations. « En même temps, ainsi que Ta dit l'honorable président M. Princfe-Smith, la discussion était entrée dans une phase nouvelle; on devait la poursuivre non pas seulement au point de vue de l'unification du système monétaire de l'Allemagne, mais aussi au point de vue international. Elle avait été dernièrement

A l'appui du Mémoire sur l*or et l'argent. 129

portée sur ud terrain nouveau par les publications de M. Wolowski ; celles-ci fournissent une excellente occasion pour apprécier avec quelle singulière facilité le handelstag a prononcé sur un des problèmes les plus ardus de Téconomie politique appliquée. Cette réunion n'a point paru prendre en suffisante considération les périls et les charges que devrait entraîner pour l'Allemagne l'adoption de l'or comme unique type légal de la circulation. »

Après ces quelques paroles prononcées par le président, M. le docteur E. Wiss, un des rédacteurs de la Revue trimestrielle d'économie politique \ a ouvert le débat par la lecture d'un rapport étendu et approfondi, qui a été publié dans un grand nombre des journaux de T Allemagne. Il s'est attaché à exposer et à défendre le système que nous avons produit, et qu'il croit appelé à provoquer un changement dans les idées préconçues, car il aborde un ordre d'idées peu exploré jusqu'ici.

Nous ne pouvons que témoigner notre reconnaissance à l'auteur pour la sagacité qu'il a développée en se familiarisant avec nos vues et pour la manière brillante dont il s'en est rendu l'interprète. En analysant brièvement son travail, nous laisserons de côté le jugement trop flatteur qu'il énonce en ce qui nous concerne personnellement, mais nous conserverons le témoignage fidèle d'une adhésion qui nous est précieuse.

La nécessité de ramener TAllemagne à l'unité s'est

* Publiée à Berlin. •

130 QUBLQUBB INmOATIONS

depuis longtemps qiaDifestée sur le terrain éconot inique; il est done tout simple que des esprits dis tingués se soient consacrés & la recherche des moyens propres k faire réaliser l'unité monétaire. Une fois sur nette pente, on ne s'est pas arrêté aux frontières de TEtat. on a voulu étendre la réforme à l'unité internationale.

Rien de plus rationnel ni de plus légitime qu'une pareille aspiration. Une fois qu'on est d'accord sur le but, on se réunira facilement pour l'admission des moyens le mieux adaptés à une exécution prompte et directe.

M. Wiss exprime le regret de ce que, en 1865,1e handehtagy au lieu d'adhérer à la convention quia relié sous ce rapport la France, la Belgique, Tltalieet la Suisse, ait cru devoir recommander le mantien absolu du type argent (Silber-Wahrung).

En octobre 1866, le même esprit d'exclusion a présidé au revirement qui a fait proposer par la majorité du handelsiag le type unique en or (Oold-Wahrung).

M. Wiss recommande Tétude sérieuse du principe de la loi de germinal an Xï. que nous avons essayé de mettre en lumière. Ce principe ne consiste point, comme une observation superficielle l'a fait dire, dans l'emploi simultané de deux mesures différentes. En proclamant l'usage de l'or et de l'argent, admis en payement moyennant un change fixe, la OoppeJ- Wâhrung, c'est-à-dire la double faculté de payement en or ou en argent (ce qui donne une expression plus vraie que celle du double étalon) amène une

A l'appui du Mémoire sur l*or irr l'argent. i34

mesure combinée qui détient plus stable comme expression commune et fidèle du sens de toutes les conventions, que ne peut l'être l'adoption isolée de l'un des deux métaux précieux.

En eflfet, il s'établit un équilibre intérieur dans la masse du numéraire, forgé d'or et d'argent, et cet équilibre en préserve la valeur contre tout changement brusque et considérable.

L'économie politique repose sur trois bases fondamentales i la liberté du travail, qui émancipe l'emploi des facultés humaines; la liberté du commerce, qui permet l'échange plus facile des résultats du travail, et la i^tabilité de Tlnstrument commun des transactions, qui en maintient l'application régulière et qui précise la portée de tous les engagements. La fixité absolue de cet instruinent est impossible à obtenin il importe du moins de rendre aussi peu variable que possible le signe qui traduit tous les contrats en une sorte de langue universelle des intérêts. Tel est le point capital du problème; on en a trop souvent méconnu l'importance.

L'échelle monétaire à laquelle se trouvent ramenées toutes les Valeurs ne peut que vaciller si on la con«struit avec l'or seul ou avec l'argent seul; en balançant l'influence exercée par chaque métal, dont l'un peut hausser et l'autre baisser, on arrive à ménager d'une manière équitable et les intérêts du créancier et les intérêts du débiteur : or la justice commande qu'aucun de ces intérêts ne soit sacrifié.

L'admission simultanée des deux métaux, sans au-

132 QUELQUES INDlCàTIONS

cune contrainte arbitraire pour Femploi d'un seul, semble à M. Wiss la véritable expression de la doctrine économique; il combat le système du mémoire couronné de M. Grote, qui préconise l'avantage de deux étalons parallèles d'or ou d'argent, sans aucun rapport égal qui les relie. Sans doute ce système semblerait ridéal de la vérité scientifique si la monnaie n'était purement et simplement qu'une marchandise. Mais sans perdre ce caractère , elle reçoit aussi une autre empreinte de la volonté légale; elle est revêtue de la faculté libératoire, qui n'appartient qu'à elle seule et qui s'impose à tous. Envisagée de ce côté, la monnaie doit avoir un caractère propre qui appartienne au numéraire d'or aussi bien qu'au numéraire d'argent et qui les réunisse au moyen de la détermination de leur valeur relative, sinon suivant le mode commercial, du moins suivant le mode juridique.

Une analyse fidèle de nos Quelques Notes sur la question monétaire * remplit une grande partie du mémoire de M. Wiss; il a ainsi beaucoup contribué à répandre nos idées en Allemagne.

M. Wiss a nettement mis en relief la distinction essentielle qui sépare la fixité de la monnaie au point de vue technique^ de la fixité de la monnaie au point de vue économique. La première se trouve pleinement garantie du moment où on établit d'une manière permanente le poids et le titre de chaque pièce, en les rapportant à un terme invariable. C'est ce que le législateur français a fait en prenant pour base de

* Voir plus haut, p. m.

A l'appui du Mémoire sur l*or et l'argent. 133

la fabrication constante des monnaies le principe immuable du système métrique.

En ce qui concerne \di fixité économique, M.Wisscroit avec nous qu'elle ne saurait être obtenue pour la mesure de la valeur; celle-ci n'admet pas l'application de la règle permanente et inflexible qui domine le mètre pour la longueur , le kilogramme pour le poids, le litre pour la contenance.

M. Weibezahn, secrétaire de la chambre de commerce de Cologne, auteur d*un des écrits couronnés par le comité du handelsiag dans le concours ouvert sur la transition au payement légal en or {Der Uebergang zùr Gold-Wdhrung), dit dans les observations préliminaires d'un nouvel écrit destiné à proposer le florin (for comme base du système allemand * :

« Par le monnayage, un morceau de métal précieux ne subit qu'un changement extérieur; là substance reste absolument la même; elle est encore sujette, sous cette forme, à d'inévitables fluctuations de valeur, qui se font sentir pour les métaux précieux comme pour toutes les marchandises. »

C'est parfaitement exact, et c'est pour dominer ces fluctuations intérieures de la valeur du numéraire qu'il importe dé le soustraire à Tinfluence irrégulière exercée sur l'or et l'argent, employés isolément, par la variation delà production et de la demande; il importe de maintenir le système de la loi de germinal an XI, qui, du moment où l'équilibre du change légal • se dérange, le ramène, au bout d'un temps assez court

^ Der Goldgulden-Kôln.

434 OUKLQUl^ JNIUCATIOMS

et aprèa un écart trèft-faible, au centre de granité en augmentant la demande du métal dépréciée alon qu'il continue d'exercer la même force libératoire. On échappe ainsi aux oscillations capricieuse» et violentes, et Ton maintient la foi des contrats en préser*- Tant de toute lésion notable laccomplissement d^ engagements stipulés^

Comme la expliqué nettement M, Wiss,la loi fraaçaise n'a point créé une mesure de valeur en argent et une autre mesure de valeur en or ; elle a simplement ouvert la faculté d acquitter les obligations con^ tractées, soit en monnaie d'or, soit en monnaie d'ar* gent, à un taux relatif qu'elle détermine. De cette manière, elle arrive à compenser les écarts en profitant de la variabilité même de chacun des deux mé^ taux pour en régulariser l'action commune, tout en laissant libre cours au monnayage fidèle. Du moment où il est reconnu que Ymiité simp/e«en matière de métal employéau numéraire^ subitaussi la loi de la varioiîim commune à toute chose matérielle, on ne peut arriver à combattre cette variabilité qu'en lui empruntant }»es propres armes : il faut combiner un équilibre intrinsèque de la monnaie métallique en se servantde l'unité monétaire créée au moyen d'un emploi combiné de» deux métaux précieux. Sans doute ceux-ci varieront encore, mais fort peu; cette variation, strictement liînitée par la force naturelle des eboses, représente .comme une légère prime d'assurance payée pow amortir les écarts perturbateurs du marchés L'ac« tion des deux métaux dans la fonction monétaire

 l'appui du MÉMOinK SUR LQR w l'argent. 18S

fortifie la solidarité naturelle qui le» relie; oe ré^ sultat, loin de reposer sur une simple hypothèse i comme les calculs hasardés des partisans exclusif» des payements en or, peut invoquer l'heureuse eipé«* rience accomplie en France depuis soixante^sii ans; la loi de germinal an XI se trouve appliquée sans avoir causé aucun mal appréciable ni provoqué aucune plainte sérieuse. Nous avons traversé, depuis 1803, les plus grandes révolutions métalliques qui aient éclaté depuis la découverte de l'Amérique : cependant le rapport légal entre l'or et l'argent, û%é parla loi de germinal, resie encore, en 1869, le rapport commercial entre les valeurs métalliques, après avoir passé par des oscillations fort réduites,

« Ce qui est utile à une nation, ajoute M, Wiss, peut devenir encore plus utile pour les autres pays au moyen de l'unité monétaire internationale. Laissons pour le moment de côté l'Angleterre, qui ne veut pas se départir de la livre sterling. Il n y a rien de té* méraire à espérer établir entre les Etats compris dans l'union monétaire de 1865 (France, Italie^ Suisse» BeU gique; déjà lEspagne, la Grèce, les Etats du Pape adhèrent au même principe, etc.). et rAUemagnê un accord, qui entraînerait les Etats Scandinaves; Tunité de monnaie pour le continent européen sur la basa du double type métallique serait fondée et T Amérique ne tarderait point à se rallier à ce vaste ensemble.

Le système de compensation dominerait ainsi, sur la plus large échelle, l'emploi des deux métaux, La puissance régulatrice du double usage, comme kg^l

136 QCRLQUK8 INDICATIONS

tender de For et de l'argent, agirait comme un instrument de précision pour contre -balancer la variation encore possible du rapport commercial entre les deux métaux; cette variation ne pourrait plus s'exercer que sur un étroit domaine. En effet, la fixation du même change légal pour les nombreux Etats civilisés, rangés tous sous le drapeau de l'Union de 1865, ne permettrait plus les bénéfices dont on se plaint et qui sont la suite des différences dans l'évaluation actuelle.

En se déclarant partisan de nos idées, M. \Yiss ne croit pas à la nécessité urgente d'une décision immédiate, qui ne permettrait pas d'examiner suffisamment la question. 11 critique vivement la solution inconsidérément admise par le handelstag de Berlin. S'eston demandé, a-t-on calculé combien seraient grandes les pertes qu'entraînerait pour l'Allemagne l'élimination de largent? A-t-on mesuré le contre-coup qu'éprouveraient tous les engagements à long terme, la dette hypothécaire et la dette publique, les assurances, les actions et les obligations des chemins de fer? Il se produirait dans la valeur du métal imposé comme moyen' unique de payement une hausse qui suffirait pour ruiner toutes les institutions de crédit. Telle est aussi la pensée exprimée parle délégué du commerce de Berlin, le conseiller Conrad.

M. Wiss ne croit point que la résolution précipitée du handelstag réponde aux intérêts du commerce ; il la regarde comme contraire à l'intérêt des ouvriers, à celui des consommateurs, de l'artisan, du petit marchand, en un mot à l'intérêt général du pays.

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