LETTRE
A 51. LE HÉDACTEUR DO JOUliNAL DF.S DÉBATS
Paris, 6 mal 1867.
J'ai lu dans le Journal défi Débats du 4 mai un article qui frappe d'un blâme sévère un vote de la commission récemment réunie sous la présidence de M. de Parieu*, vote relatif à remploi sinmllané de Tor et de l'argent pour Poutillago monétaire. Ceux qui ont contribué à faire prendre une pareille décision auraient contredit les enseignements de la science; ils auraient résolu dans un sens contraire à la régularité des transactions et au principe môme de l'équité une question
1 CeUe coromifBioii était composée de MM. de P^rien^ viee- président du Conseil (l'Etat, membre de l'InsUtut, Michel Chevalet membre de rjnsliliit, sénateurs; Gouin, vice- président du Corps législatif; Ijouvet, député; de Lavenay. président de la section des finances du Conseil d'Etat; OttiU' leul, directeur du mouvement des fonds «u mimstère des finances; l'elouzf, président de la commission des monnaies, membre de rinslitul; Andoui'léf sous -gouverneur de la Banque de France, et Wolowski, professeur d'économie politique, membre de l'institut.
gui a cessé d'être controversée parmi les économistes. Cette décision ferait, dit-oD^ un seul et même tout avec le crédit dont jouissait chei nous le système prohibitif après qu'il avait été discrédité ailleurs, et avec le préjugé qui maintient en* core la limitation absolue du taux de Tintérét.
Je tiens à honneur d'avoir fait partie de la majorité de sii voix contre trois (un membre de la commission absent, pour cause de maladie, avait exprimé son opinion dans une lettre adressée au président)^ de cette majorité qui s'est prononcée dans le sens des dispositions consacrées par la loi de germi* nal an XI, et appliquées non-seulement sans le moindre inconvénient, mais avec grand avantage depuis soixante* quatre ans. Qu'il me soit permis de le dire> j'ai cependant travaillé avec dévouement pendant plus de trente ans à Pap^ plication de la liberté commerciale, et je demande l'aboli* tion de la loi de 1807 sur le taux de l'intérêt; mais je ne saurais admettre^ en thèse générale, le principe de ce qu'on appelle improprement Vétalon unique en matière monétaire. La France, prétend-oo, a deux monnaies légales, elle n'a qu'un seul étalon. Nous nous expliquerons tout h l'heure au sujet de Vétalon; commençons par faire remarquer que la France possède aujourd'hui trois monnaies légales, car ce titre appartient aussi Jusqu'à concurrence de 50 francs, à la monnaie divisionnaire. Loin de souffrir de celte diversité, nous en avons profité. On ajoute : « Parce que les deux métaux précieux possèdent en France la qualité de monnaie légale^ on a souvent dit que la France avait le système du double étalon: mais cette locution n'a pas la correction nécessaire. »
Je suis de ce dernier avis, mais je condamne par d'autres motifscette confusion de langage. On a tort de vouloir appliquer ridée de Vétalon à la monnaie. On a tort de vouloir englober celle-ci dans la catégorie des poids et mesures.