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314 LA QUESTION OUVRIERE AU XlXe SIECLE.
évitées par des agents intelligeût^ et impartiaux. Les amendes, les retenues pour malfaçQn^ }a réception et le contrôle des produits, Torganisation même du travail, la transformation des machines, ce sont là les questions brûlantes, qui se présentent tous les jours dans Tindustrie et qui, si elles sont tranchées imprudemment, peuvent exciter les rancunes les plus tenaces et les plus dangereuses.
Pour maintenir Tordre dans les usines, pour indemniser le patron du chômage plus ou moins prolongé de quelques-uns de ses métiers, on juge indispensable que l'ouvrier, qui est en retard, paye une amende. Cela est parfaitement équitable en principe : mais que de ménagements ne faut-il pas dans Tapplication ! C'est Ik un des points qui ont le privilège d'irriter le plus les mauvais ouvriers et quelquefois aussi les bons. L'on a pris dans beaucoup d'établissementsJ'exceUente habitude de verser à la caisse mutuelle de ^cours le produit de ces retenues. Les ouvriers n'en restent pas moins défiants et soupçonneux. Il faut s'efforcer d'enlever à leurs prétendus griefs toute base sérieuse par une excessive équité et une grande modération .
Dans beaucoup d'autres occasions, Ton pra-
tique des retenues, qui ont leur naturelle raison d'être, mais qui réclament les mêmes soins et pour ainsi dire les mêmes scrupules de la part de ceux qui les prononcent. Combien d'abus, en effet, ne se glissent pas dans ces décisions, presque toujours sonimaires et même arbitraires quelquefois? Les retenues pour malfaçon principalement sont d'une application délicate. Des industriels peu scrupuleux on des agents sans bienveillance cachent parfois sous ce nom des injustices réelles.
Dans certains pays les pouvoirs publics ont cru de leur devoir d'intervenir pour réglementer cette matière si épineuse. Le parlement britannique, si féservé d'ordinaire dans ses rapports avec l'industrie, n'a cependant pas reculé devant des lois, dont nous ne provoquons pas l'imitation, maïs dont il est regrettable qu'on ait senti en Angleterre la nécessité. C'est ainsi que la loi anglaise a interdit les amendes imposées aux puddleurs, quand les produits qu'ils livrent sont jugés défectueux*. L'assemblée de Westminster a même été bien plus loin encore. Il s'était établi dans les houillères un procédé, connu