‹ La question ouvrièreChapitre 16 sur 83 · L. Blanc naquit de parents français, à Madrid, en · texte numérisé non relu

L. Blanc naquit de parents français, à Madrid, en

(2) VoijtKje en Icarie, Paris, 1848, p. 554. La première édition est de mi.

É. Cabct est né à Dijon en 178S.

absolu et en plein, c'était la communauté de biens et de jouissances. Pour arriver sûrement à ce but, c'était, avec l'abolition de la propriété individuelle, l'organisation de la société par communes industrielles et agricoles, c'étaient, en chaque centre, les travaux en commun, les repas en commun, les distributions communes, les récréations communes, les plaisirs communs. Chaque centre industriel et agricole avait à sa tête des magistrats élus. Dans l'intérêt de tous, les communes s'organisaient en cantons, les cantons en départements et l'État se trouvait ainsi constitué.

Un des moindres inconvénients du communisme, ce serait la destruction des connaissances intellectuelles dans ce qu'elles ont d'élevé. Babeuf le reconnaissait sans en éprouver de peine. « Périssent, lisons- « nous dans le Manifeste des égaux, périssent, s'il le « faut, tous les arts, pourvu qu'il nous reste l'égalité « réelle ! » (1). Il en pensait et disait autant des lettres et des sciences. Ce vœu ou cette concession faisait même partie du plan général. Or, une nation sans lettres, sans sciences, sans arts est une nation barbare ou qui s'achemine bien vite vers la décadence pour tomber dans la barbarie ou la mort.

Les conséquences morales seraient plus désastreuses encore.

Ce serait la ruine de la liberté personnelle : une main de fer pèserait sur les âmes pour en paralyser les aspirations, et sur les corps pour en régler les

(1) Manifeste. .., p. 132.

mouvements, l'homme n'étant plus qu'une machine sous les étreintes de la loi.

Ce serait la ruine de la famille. Le principe de la famille se trouve dans l'unien de deux âmes par des liens indissolubles, et leur complément dans l'enfant qui resserre encore ces nœuds en leur communiquant de nouveaux charmes. Sans doute, la famille est théoriquement respectée, car on accorde aux membres qui la composent, un logement spécial dans le bâtiment commun. Mais quelle séparation s'établirait fatalement entre eux ! L'enfant serait confiné sur les bancs de l'école ou dans la cour des jeux ; le père et la mère seraient confinés eux-mêmes dans des limites précises; et à peine leur serait-il permis de se rencontrer ; à peine serait-il permis au père et à la mère de venir reconnaître leur enfant, lui adresser quelques mots, le presser sur leur cœur ! Que dis-je? Les enfants , étant avant tout les enfants de l'État, pourraient leur être enlevés ! Et même — car d'aucuns n'hésitent pas à aller jusque-là — l'union sainte du mariage ne feraitelle pas place à la liberté absolue des unions?

N'est-ce pas plus qu'il n'en faut pour condamner le communisme au tribunal du cœur comme au tri- • bunal de la raison? Si l'on désirait quelque chose de plus, nous prierions les lecteurs de se remettre en mémoire les malheureux essais de Robert Owen ,et d'ajouter à ces infortunes celles d'Etienne Cabet, car ce dernier fit des tentatives analogues et aussi peu prospères sur les bords de la rivière Rouge au Texas,

Envisageons maintenant, et avec la même brièveté, ce déplorable système dans les ramifications qui.

participant à la nature du principe, ne seraient guère moins funestes dans leurs conséquences, si toutefois elles étaient d'une application moins impossible.

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