DIVERSES TENTATIVES POUR ARRIVER A UNE RONNE SOLUTION
De ces actions eiigagûes rà et là, rappelons les principales et marquons-en h^s résultats (1).
A Breslau, la trente troisième Assemblée des ca- (holiques allemands votait ces conclusions :
(( Considérant que la sanctification du dimanche « est prescrite par une loi divine, que cette saucée tification vise l'accomplissement des devoirs relire gieux, la conservation de la vie de famille et la ce récréation de l'âme et du corps, qui sont absolu- (( ment indispensables et ne sauraient que dévclop- «; per l'industrie nationale ;
{\) Si nous visions les écrits, ce que nous ne voulons pas faire, ce qui d'ailleurs nous entraînerait un peu loin, nous devrions signaler :
Parmi les livres : les Htades sur le socialisme, de M. D. Hamon ;Z,c Règne social du christianisme, de M. F. lluet, ouvrage d'ailleurs mis à l'Index ; La Question ouvrière et II' Christianisme, de Mgr de Ketteler ; Le Problème social rt sa solution, de M. l'abbé Hitze ; les ouvrages de M. l'abl)é Winterer sur le ^Socialisme contemporain ; La rdchesse dans les sociétés chrétiennes et Les Doctrines économiques depuis un siècle, de M. Périn ; Le Socialisme d'État et la Réforme sociale, de M. Claudio Jannet; Le Pouvoir social
IvA gUKSTION OUVRIERE
A Considérant que l'ouvrier (jui Jouit de toute sa y santé a, autant que l'ouvrier malade et invalide, « droit à être i)rotégé dans son atelier et dans son « loyer, qu'il est donc nécessaire de fixer un temps « normal de travail et de restreindre le travail des (( femmes et des enfîints ;
X Considérant qu'il est nécessaire de rendre à « la classe ouvrière les prérogatives de corporation « des arts et métiers, et de faire dépendre l'exer- (( cice autonome d'un métier de la preuve préalable « de riiabileté nécessaire pour pouvoir l'exer- « cer :
« L'Assemblée générale des catholiques allemands « déclare être en harmonie parfaite avec ce ([ue la i< fraction du centre du Ueichsiag allemand a déjà c< fait sous ce rapport, et l'Assemblée la prie de
(•/ rOrdre écoHomujuc, du P. G. de Pascal; Lch C.orporalio)is (Varts et de inéticrs et les Syndicats professionnels, de -M. IIuljert-Yalleroux ; Le Catéchisme du patron, de M. L. Ilarmel ; nous pourrions ajouter, pour une partie de la lin, notre ouvrage, Le Pouvoir civil devant l'enseignement vatholique, etc.
Parmi les revues et journaux: Lu Ré/'orme sociale; L'Association calliolique ; La Revue catholique des institutions et du droit ; La Corporation ; Z,a Politique sociale ; L'Union économique ; La Civiltà catlolica, en divers articles remarqués ; la Revue autrichienne ; le Nincteenlh Centurij.
INTRODUCTION XI
y continuer dans la voie où elle s'est engagée » (i).
Assez peu de temps après, en septembre 1880, un congrès se réunissait à Liège. Il se nommait le congrès des Œuvres sociales ; on pourrait l'appeler à la fois international, car diverses régions catholiques y étaient représentées. Le Congrès émit les vœux suivants :
(( Vœu d'une loi imposant aux patrons le dece voir de garantir par une assurance les ouvriers (,( contre les accidents qui peuvent les atteindre ;
(( Vœu demandant la reconnaissance de la perce sonnalité civile pour les corporations mixtes coince posées de patrons et d'ouvriers ;
« Vœu réclamant l'intervention de l'État pour ce réglementer le travail des femmes et des enfants c< et pour empêcher législativement les abus » (2).
Un congrès de catholiques devait également se réunir dans la ville du Lucques en Italie ; mais le gouvernement s'y opposa. On ne peut donc que signaler les intentions des organisateurs. Or nous voyons, d'après son programme, que les Recherches et études devaient porter :
(1) Le Mouvement social d'après les dcDiiers congrès catholiques de Breslau, de Liège, d'Angers, de Lille, par le P. G. de Pascal, Lyon, 1887, p. 9.
(2) Ibid., p. 16.
c( Sur l'état présent des sociétés ouvrières catiio- « liques de charité mutuelle ;
(.( Sur les conditions morales et économiques des (.( ouvriers agricoles ;
« Sur les mesures adoi)lées ou suggérées d'après ce l'enquête agricole récemment faite en Italie ;
« Sur la possibilité d'agrandir en Italie les soft ciétés ouvrières sous la forme corporative;
« Sur le rôle (|ue, dans le régime corporatif du « travail, peut et doit jouer la législation dite soft ciale ;
« Sur les moyens les plus efficaces de constituer « des fédérations de sociétés ouvrières ;
ft Sur le mode le plus pratique de former des soft ciétés agricoles de secours mutuel et d'aiiiélioraft tion morale et économique des colons et des culft tivateurs » (1).
Un nouveau congrès se réunissait à Liège, eu 1887, au commencement de septembre, et il adoptait les vœux stipulant :
ft L'assurance obligatoire contre les accidents, (( avec le concours des syndicats mixtes;
« La formation de caisses corporatives de re- « traite pourvues d'un fonds spécial destiné à four- « nir des pensions ayant un caractère fixe et iiré- « vocable;
(1) Ihid., p. 2.'}.
INTRODUCTION XIII
(( La représentation égale des ouvriers et des pa- (( trons dans l'administration de ces caisses ;
c( Le droit pour ces caisses de recevoir des legs » (1).
Trois ans plus tard, un troisième congrès tint ses séances dans la même cité. C'était en septembre 1890. Diverses motions furent adoptées sur le travail de nuit, sur le nombre d'heures du travail (|uotidien, sur le travail des femmes et des enfants.
Sur le premier point, le Congrès émit le vœu que (( le travail de nuit, régulièrement organisé, «( sans nécessité, uniquement pour faire produire (,( davantage à la machine, soit considéré comme (^t un abus, même s'il n'occupe que des hommes ». A plus forte raison, le travail de nuit pour les femmes et les enfants se trouve-t-il condamné.
Sur le second point, le Congrès déclara que « l'établissement, par convention internationale, « d'une limite de la journée de travail à l'usine est c< désirable )).
C'est sur le troisième point que le Congrès fut admirable, laissant bien loin les vœux de la conférence de Berlin qui s'était réunie précédemment. En effet, comme l'a constaté un Jouriiîdiste : M. Lcvasnier.
(1) La Politique sociale, 4 septembre. 1890.
(.c La Conférence de Berlin avait fixé la limite a d'àgc de l'admission des enfants dans la i^rande ((. industrie à 12 ans. Le Congrès de Liège la rejette « à 14 ans.
(( La Conférence de Berlin a adopté la journée « de 10 heures pour les enfants de 12 à 14 ans. Le « Congrès de Liège la restreint à G heures entre iA (.( et 10 ; de plus, il la supprime totalement de 12 à « 14 ans.
« La Conférence de Berlin stipule 11 heures ponr (c les adolescents de 16 à 18 ans. Le Congrès de « Liège n'admet que 10 heures.
« La Conférence de Berlin limite à quatre semaicc nos l'interdiction du travail des femmes après « les couches. Le Congrès de Liège fixe cette in- « terruption à six semaines.
(( La Conférence de Berlin accepte un assez et gran'd nombre d'exceptions pour l'âge de l'ad- « mission des enfants et la durée des travaux a dans les établissements industriels. Le Con- « grès de Liège repousse entièrement ces exceptions.
« La Conférence de Berlin formule certaines res- (( trictions pour l'emploi des enfants et des hm- (( mes dans les industries spécialement dangereu- « ses. Le Congrès de Liège réclame l'interdiction « absolue du travail des enfants et des femmes « dans les industries notoirement dangereuses au-
INTRODUCTION XV
(( tant au point de vue de la morale qu'au point c( de vue de la santé » (1).
Le Congrès de Matines, l'année suivante, apporta ses pierres à l'édifice des justes revendications ouvrières. Ainsi en fut-il en ce qui touche les associations professionnelles, les sociétés coopératives, les maisons ouvrières, les bourses du travail, les caisses de retraite.
A ses yeux, « les associations professionnelles sont nécessaires au rétablissement de la paix sociale » ; l'État doit en encourager la formation et, à cet elTet et en vue de leur prospérité, leur accorder la personnalité civile pour avoir « la faculté de posséder des immeubles )>.
A ses yeux, « les sociétés coopératives, quel que soit leur caractère, procurent à leurs membres un bénéfice matériel immédiat » ; et dès lors il y a lieu d'en favoriser le développement « selon l'amélioration du bien-être qu'elles procurent à l'ensemble de la société » .
A ses yeux, il faut établir de bienfaisantes associations relativement aux habitations ouvrières : associations qui auront un double but à atteindre^ un but charitable et un but social. Le premier sera atteint par « l'emploi judicieux et efficace des sommes re-
(1) Pour tout ce qui regarde ce congrès, La Polilique sociale, 18 septembre, 25 septembre, 23 novembre 1890.
1 çues à titrer *,n-atuit, et ce aux fins d'assainir ot d'a- « nirliororlos logements, d'en développer l'ordre et « la pi'opreté, de faciliter à l'ouvrier l'acquisition ((. de la propriété, de faire cesser la promiscuité ». Le second sera atteint par « l'emploi des moyens « d'action tendant à faire payer la propriété des maice sons ouvi-ières, soit, et principalement, à l'ouvrier « lui-même par l'organisation de l'épargne, soit à « des sociétés spéciales établies ou à établir <td hoc, (( soit à des particuliers chrétiens et aisés, s'impo- « saut volontairement comme un devoir d'acquérir « de tels immeubles, sans jamais en retirer un revecc nu supérieur à 8 pour cent ».
Aux yeux du Congrès, les bourses du travail, même pour les femmes, soid, à la condition d'êtie bien organisées, d'une grande utilité, car elles olïrent à l'ouvrier et oflriront à l'ouvrière des moyens faciles et économiques poui- se procurer de roccuj)alion.
Aux yeux du Congrès, les caisses de retraite sont (liui intérêt capital pour l'ouvrier. Aussi, aux lés()luli(ms du Congrès de Liège en 1887 s'en ajoutèrent de nouvelles, et en i)articuli(M' celle-ci : « Ou'en vue de populariser et d'étendre la pension « de retraite, les membres âgés de sociétés de se- « cours mutuels ou d'autres associations puisseid .' opérer au profit d'un enfant les versements qu'ils «. font (Mix-mêmcs ou (pii sont faits ;'i leur pro-
INTRODUCTION XVII
« lit, quels qu'en soient la provenance et le mo- . de 9 (i).
lî.VSES DE SOLUTION JETÉES PAR L'ENCYCLIQUE SUR