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(ir..\M)i: i:t i'Ktite culture. — latifundia. —
DOMAINES D'ACUKMKNT.
Les petites propriétés ont incontestablement un ■ivantage social, car elles augmentent le nombre des .unis sincères de la patrie. Voilà ce que nous avons <m occasion de signaler.
Mais les petites propriétés ont pour conséquence la petite culture. Or, la petite culture aurait de graves désavantages dont les deux principaux seraient les
(i) Trait, de l'écon. social. ,l'i\vh, 18U«2, toui. i!, p. 183-481.
LA QLEST. OL'V. — l'.1.
i2{KJ LA QlliSTJON OLMUKIIK. — LIV. III
suivants : dilïicultés poui- les soins agricoles et, paisuite, infériorité dans la production. On dit cela, on le répète. Mais cela est loin d'être péremptoiremennt établi. La petite culture, au contraire, a été noblement vengée par des hommes compétents, entre autres, M. Hippolyte Pssy et, après lui, M. Leroy-Reaulieu : « La petite culture, écrit ce dernier en s'ap- (( puyantsur les faits présentés par le premier, produit « autant d'excédant net que la grande; elle peuple plus « les campagnes et elle entretient autant de population « urbaine». A la page précédente, le même écrivain avait consigné cette réflexion : ce 11 n'est guère d'ob- « jection faite à la petite culture que ses défenseurs « ne soienten état de victorieusement repousser» (1). Il est, d'ailleurs, en Allemagne, un usage que la loi sanctionne et qui est un remède à la grande division des terres. Nous voulons désigner la cornmassatio7i. C'est le remaniement des propriétés d'une commune, en sorte que chaque propriétaire obtieime, par un nouveau partage, au lieu de pièces séparées les unes des autres^ un tout continu de même contenance et de même qualité. L'exploitation agricole ne peut qu'y gagner. Pour qu'un semblable remaniement s'opère, il faut le consentement de tous les propriétaires ou au moins des deux tiers. Ne serait-il pas désirable dans l'intérêt de la petite culture, que la conimass<(- (ioH s'établît chez nous et dans les autres contrées '.'
Nous voici maintenant en face des immenses do-
f 1) Essai sur la réparlit. des riches. . .. Paris, 1888, p. IGô-lGG.
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niainesque les Latins appelaient latifundia. Ils constituent les grandes exploitations ou la culture dans ce qu'elle a de plus étendu pour le territoire. Ces exploitation se rencontrent surtout dans les États-Unis, le Canada, l'Australie et aussi en Angleterre. Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous venons de dire, touchant la comparaison, sous le rapport des produits, entre la petite et la grande culture.
Mais nous voulons faire remarquer que souvent ces exploitations ne sont pas l'œuvre d'agriculteurs, mais bien de capitalistes qui demandent à la ferme ce qu'ils demandent à l'usine. En voici des exemples empruntés à VÉconomistc français du 17 janvier 1880 : {( Ce sont des banquiers et des négociants de « New- York qui ne considèrent l'agriculture que « comme une spéculation fructueuse et qui, grâce « tant au bon prix de la main-d'œuvre qu'à l'em- « ploi en grand de la mécanique agricole, réussis- (( sent à tirer de leurs capitaux des bénéfices annuels (( de trente ou quarante pour cent. Mais ils ne résident « pas dans le pays, ils n'y ont aucune attache, et c'est <( par l'intermédiaire d'intendants salariés que s'ac- (( coinplit toute la besogne. Dans ce système, lelabou- {( reur n'est qu'un bras et ne peut être autre chose. « Les icJieat farnis ( fermes à blé ) ne renferment que (( les bâtisses strictement nécessaires pour abriter les « moissonneurs pendant quelques semaines ; la fer- « me Grandin, par exemple, avec ses 2, 200 hectares (( cultivés, a cinq dortoirs, mais ils ne servent que «( transitoi rement, car les 250 laboureurs qu'elle em- « ploie, sont congédiés dès que les semailles ou la-
2i)i2 LA OLKsiiuN uLviuKUi:. — i.iv. ni
«moisson sont terminés ». M. Leroy-Beaulieu qui Iraucr'it ce passage, le faire suivre de ces njots : M. « Ilonna, dans son livre sur le Blé aux Élai&-Unn, « cite d'autres exemples de ces propriétés colossales: «ainsi la terme de Gasselton( Dakotah), qui occupe « 30,000 hectares, appartient à la compagnie du che- « min de fer Pacifique-Nord et est exploitée àmi-fruif « par M. Dalrymple » (1). En Australie, près do Newcastle,un capitaliste a loué au gouvernement cent dix huit mille hectares pour y faire paître des milliers de bestiaux (2).
Il y aurait là plus que do l'anomalie, si ces colossales exploitations par des capitalistes venaient à s'établir sur notre continent. H pourrait y avoir danger public ; car cela ressemblerait assez à l'accaparement ou, du moins, pourrait y conduire, et l'accaparement dans la culture aurait des conséquences plus désastreuses encore que dans l'industrie.
Certains législateurs, comme les Etals du llainaut, Frédéric le Grand en Prusse, un roi de Danemark semblent, au XVIII" siècle, avoir voulu, par certaines mesures restrictives, parer k ce malheur (3). Aujourd'hui, certains esprits s'en préoccupent ; des Antisémites le redoutent de la part des .luifs. les rois de ta finance (4).
(1) Op. cil., p. 158.
Ci) Ihid., \). 151), d'apiTs h) Juiirnal des débats du l.'i janvier 1880.
(;n Voir //w/., p. 103-ir4.
fi) Nous lisons daus le Deutéroiiome, XV, 6: Tu prêteras à lienucoup rf< peuples et tu n'emprunteras rien de personne. Tu domineras sur un grand nombre de nations et personne ne dominera sur toi .