EPILOGUE
Moïse se trouvait sur le mont Iloreb ou la Montagne de Dieu. L'Éternel lui apparut pour lui tenir ce langage : J'ai m l'af/Hctiou de mon peuple qui est eu Egypte ; j'ai entendu le cri qu'il jette à cause de lu dureté des hommes ([ui ont l'intendance des travaux. Suchant quelle est sa douleur, je suis descendu pour le délivrer des mains des Egyptiens et le faire passer de cette terre en une terre bonne et spacieuse, en une terre où coulent des ruisseaux de lait et de miel... J.e cri des enfants d'Israël est donc venu jusqu'à moi; j'ai vu leur affliction et la manière dont ils sont opprimés par les Egyptiens. Venez, je vous enverrai vers Pharaon, afin que vous fassiez sortir de l'Egypte les enfants d'Israël qui sont mon peuple {[).
L'Éternel tient, à l'heure présente, un langage semblable à l'Église. Ce langage, il le lui a tenu à toutes les époques de crises sociales. Comme Moïse, l'Église a toujours obéi et, comme dans le passé, elle est heureuse d'obéir; car, comme dans le passé, au mérite de l'obéissance elle joint la gloile de travailler à la délivrance d'une servitude. La servitude qui pesait sur le peuple fidèle, s'appelait d'abord esclavage, puis servage. La servitude qui, depuis nombre d'années déjà, pèse sur lui, estl'œuvi'e du capital et se nomme prolétariat. Sous l'ac-
I) Exoil., m, 7-10.
'A'A'l l.A QUKSTION (IUV1UKHK. — \A\ . III
lion (le rÉgUsc, l'esclavage a disparu et le servage aussi. N'en sera-t-il pas, dans la mesure du possible, aiilanl du prolélarial? NoJis voulons l'espéi-er, nous sommes en droit de l'espérei'.
Mais, liélas ! le maître de l'Égyple, Pliaraoii, soind aux instances de Moïse, ne s'est laissé convaincre rpie sous les coups des maux ([ui IVappaient ! Les inailres d'aujourd'hui seront-ils égalemeni sourds aux instances de l'Église, attendant, dans une fausse sécurité^ que la tempête ([iii gronde éclate, boiilevei'se, jetle la ruine et la mort?
Il esl urgent de conjurei", par de sages et fortes lésolulions, les malheurs cpu s'annoncent prochains, immenses, épouvantables !
xoTi':s
Xdte A. — La Question ouvrir r<\ ]^. TA.
L"|';TAI- IM-: la classe ouvrière S'KST-IL Vr.ALMEXT AMÉLIORÉ?
(le n'est pas tout. L'état de la classe bourgeoise s'est amélioré. L'état de la classe ouvrière s'est-il amélioré <^lans la même proportion'? Yoilù co qui (levrait élrôj cai" la société est un corps dont les parties ont droit àl'améli( nation proportionnelle, une famille dont chaque niemli](^ est appelé à participer, dans une mesure analogue, au bonheur des autres. Or, voilà ce qui nest certainement pas, comme les faits cités le proclanunent, comme l'ensemble de notre société le démontre. Double vérité que, dans une adresse au Comité central pour la convocation, à Leipsick, d'un congrès général des travailleurs allemands, le célèbre Ferdinand Lassalle exprimait en ces termes énergiques :
•i Quand vous parlez de la situation de la classe labo-
■ rieuse et de l'amélioration de votre sort, vous entendez
■ |)arler de votre situation, comparée à celle de vos •Ducitoyens dans le présent, comparée par conséquent
avec la mesure moyenne des hai)itudcs dans le temps artml. VA Fou veut vous distraire par de prétendues lomparaisons de votre situation avec les situations des
travailleurs dans les siècles passés
Toute souifrance et toute privation humaines, de même que toute satisfaction humaine, par conséquent aussi la situation de chaque partie de l'humanité, ne « peuvent se mesurer que par comparaison avec la sift tuation dans laquelle se trouvent d'autres hommes de « même temps relativement à la moyenne habituelle des « besoins. La situation de chaque classe a toujours pour
■ VMi LA (JUKSTIU.N Oi;VlilKI!K. - Ll\ . III
« unique uiesure la skuation des autres classes dans le « même temps.
(' Quand bien même il serait étahli que le niveau des « eonditions nécessaires de l'existence dans les difTêrenls <( âges s'est éhivé, que des satisfactions auparavant in- * connues sont devenues des besoins habituels, et(iu'avec <( elles sont venues des privations et des souIVrances in i< connues auparavant, votre situation liumaine est dans « ces temps diflérents demeurée, néanmoins, toujours l;i (• même, à savoir celle-ci : elle consiste à osciller autour H de la limite extrême des besoins habituels de la vi «• dans chaque temps, tantôt s'élevant un peu au-dessi: " de cette limite, tantôt restant un peu au-dessous.
<i Votre situation comme hommes est donc demeura ■ la même, car votre situation comme hommes ne s " mesure pas comparativement à la situation de l'an » mal dans la foret vierge ou comparativemcmt à celli' " du Nègre de l'Afrique, ni à celle du serf d'il y a deu\ «cents ans ou même d'il va quatre vingts ans; ellr <> n'a pour m&sure que la situation de vos compagnon-- « de riiuinatiité, que la situation des autres clas.ses dan- « le temps ou vous vivez » ih.
}\()l(' II. — /,(( Qncslion oiin-irrr, \). 1 '(.-).