I. — Importance respective des intermédiaires
3. — Négligeons l'époque idéale où petit magasin et petit atelier réunis supprimaient toute ingérence entre producteur et consommateur. Etait-ce d'abord une époque idéale ? Certains le nient et notre horreur pour la discussion est bien connue.
Un phénomène a toujours dominé le métier du jouet, ou plutôt des multiples métiers rassemblés par ce seul lien : Tamusement de l'enfance. C'est la complication. Or, complication signifie éparpillement des ateliers ; et le public avare de temps, avide de renseignements rapides et de comparaisons promptes, veutune concentration qui lui évite recherches et peines. Pour ce travail particulier, travail très réel, puisqu'il consiste à mettre à la portée du même public des objets qui naturellement ne s'y trouvaient pas, un concours spécial est nécessaire : l'intermédiaire intervient et s'impose.
4. — Il y a cinquante ans, en usant d'une certaine complaisance qui négligeait les détails, il était aisé de se représenter exactement le rôle de ces intermédiaires, en se figurant çà et là un certain nombre de comptoirs, où des commissionnaires — tel était leur nom juridique — concentraient les échantillons de la foule des petits fabricants, pour les déverser sur les bazars, maisons assez humbles, réparties dans les différents quartiers de Paris et les diverses villes de la province et de l'étranger. Les commissionnaires, dont toute la politique était contenue dans le banal et antique contrat de commission, prélevaient tant 0/0 sur le vendeur, tant 0/0 sur l'acheteur, — le traditionnel 3 0/0. Entre eux une division du travail s'était produite par suite de la variété des relations personnelles, toujours longues et difficiles à créer : ils se distinguaient par la catégorie des valeurs expédiées, Tunse bornant à l'article pour forain, l'autre spécialisé dans un article supérieur; surtoutpar les zones d'expédition, France ou étranger ; province ou exportation .