XXII PREFACE DU TRADUCTEUR
nation que de détruire un Etat. Et cela est vrai surtout quand il s'agit d'une nation pleine de jeunesse et de vitalité, riche de trésors intellectuels et moraux accumulés par le travail de nombreuses générations, douée d'une individualité forte, et d'une civilisation avancée, consciente de ses forces et bien décidée à ne pas mourir. Aussi, les Polonais, tout en constatant l'impossibilité de continuer à revendiquer leur indépendance les armes à la main, sont restés fidèles à l'idéal qui a inspiré leur chant national : La Pologne n'est pas encore morte !
Et cet idéal, non seulement il est resté vivant, mais il a pénétré dans les profondeurs de la nation, il s'est communiqué aux masses du peuple. Après l'échec de la dernière insurrection, la nation polonaise s'est adonnée, avec une indomptable énergie, à l'œuvre de sa rénovation intérieure; elle a développé sa civilisation, amélioré sa situation économique, et, par-dessus tout, elle s'est appliquée à propager l'instruction parmi le peuple. Ces efforts ont rapidement donné des résultats surprenants. Ce peuple, grâce aux progrès des lumières, a pris pleinement conscience de sa nationalité ; il a pour ainsi dire épousé et reconnu pour sien le passé de la Pologne, il s'est pénétré de ses aspirations, il a manifesté un ardent amour de la pa-