PREFACE IX
nadiers contre les Polonais, au cas où ces incorrigibles de la rébellion viendraient à renouveler l'héroïque folie de i863. L'offre a-t-elle été réellement faite, Nicolas II a pu aisément la décliner. La sagesse des Polonais a enlevé à la Prusse l'occasion déjouer au gendarme à Varsovie. Une insurrection de la Pologne contre la domination russe eût sans doute mieux fait les affaires de Berlin. C'eût été pour l'Allemagne une bonne fortune d'écraser le « polonisme », au cœur même de la Pologne, et à tout le moins de convaincre la Russie que les Polonais sont demeurés des irréconciliables, dont le canon et la potence peuvent seuls avoir raison.
Sur les relations des Russes et des Polonais, sur la nécessité de maintenir entre les deux peuples slaves les inimitiés anciennes, Berlin n'a jamais varié. Plus la politique allemande est devenue hostile aux Polonais de Posnanie, et plus il lui importe que la Russie ne s'avise point de gagner, par une politique réparatrice, les sympathies de ses sujets du royaume de Pologne. La réconciliation des deux peuples slaves, sous le sceptre du tsar russe, ce ne serait pas seulement la consolidation du grand empire slave sur la Vistule, toutes les anciennes provinces polonaises ou lithuaniennes fermées à l'expansion du germanisme, ce serait Tespé-