‹ La question polonaise. Traduction du polonaisChapitre 9 sur 32 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

de i8i5, ni ce que leur avait concédé l'empereur Alexandre P'. C'était une modeste autonomie administrative dans les limites restreintes du royaume du Congrès ; autonomie que leur avaient maintes fois fait espérer les plus éclairés des Russes et dont la restitution n'eût pu mettre en péril ni l'unité, ni les forces de l'Empire.

Qu'on l'appelle ou non autonomie, il faudra bien donner à la Pologne des institutions polonaises, partant des institutions particulières. La pacification est à ce prix ; l'élite même des Russes l'admettent. Il n'appartient pas à un étranger de décider quelles peuvent être les conditions d'une entente durable entre la Russie et ses sujets polonais. Ce n'est pas à nous de déterminer le minimum des revendications raisonnables des patriotes de la Vistule. Il est une chose, toutefois, à laquelle ils semblent ne pouvoir renoncer, c'est le libre usage de leur langue nationale dans les tribunaux, dans l'administration locale, dans les écoles et dans l'université. Le leur refuser c'est, qu'on l'avoue ou non, condamner leur nationalité à la mort par l'étouffement ; c'est s'obstiner à rayer du nombre des peuples vivants une des plus nobles et des plus vivaces nations de l'Europe. Et comme les Polonais sont aujourd'hui plus nombreux et plus conscients de leur nationalité qu'à aucune époque

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