T LE “ CERCLE LAFONTAINE ” D'OTTAWA, .- LE 19 FÉVRIER
sation,.et an fait qu'ils connaissaient Ja topographie française mieux que les Fran-çais eux-mêmes. On dit même qu'ils connaissaient d'avance l'endroit où se trouvaient les plus belles pendules qui, hélas ! ” marquaient des heuressidouloureuses pour nous. Soyez un peu Allemands, ou plutôt imitez-les. Etudiez non seulement l’histoire, les traditions, les principes constitutifs, les grauds aêtes de votre-parti; mais étudiez aussi l'ennemi, qu'il Soit rouge ou cleargrit., Etudiez son passé, étudiez ses principes ou plutôt son absence de principes, et tâchez de découvrir son défaut de cnirasse., Achille n’était vninérable qu’au talon. Le plante des pieds. , a
Je vous félicite aussi d'avoir choisi #afontaine pour drapeau. There is much in à name, a dit Shakespeare. Pareil nom oblige. C’est.un titre de’ noblesse. Lafontaine est l’un des plus beaux, un des plus grands hommes de notre histoire. Il symbolise à la fois l'union des Canadiens-Francais et leur union avec les autres races du pays. Nous Jui devons cette œuvre ineffaçable, œuvre glorieuse, œuvre de salut, l’établissément
u gouvernement responsable. Nous :
lui-devons pour une large part les li- :
bertés politiques dont nous jouissons. Oui, ce nom seul est un drapeau. Et ce drapeau est tellement pur, tellement noble, que nos adversaires voudraient bien nous le dérober. ro!
Non contents de. sappreprier Lafontaine, ils : voudraient aussi nous enlever Morin—le grand patriote, le grand politique, le grand journaliste, le fondateur de la Société Saint-Jean-Baotiste, le premier rédacteur de la vieille MINERVE. Ébh bien,
si nos adversaires sont de force à faire de
Ja MINEÉ“VE un journal radical, je leur concède Morin comme lun de leurs chefs. - Mais ne soyez pas étonnés de leur appétit
‘as
ou de leur convoitise. Avant -longtemps
peut-être ils nieront que celui qui fut|défait les députés, * franc etsans dol” commesa devise, le | bûcher.
regretté sir George Etienne Cartier, fut un conservateur, Déjà ils affirmentbien haut
o Des et
ple industrieux, le peuple qui : fait. et
qui a allumé ‘le C'est une voyoucratie ïrresponsable qui a exécuté cette mascarade, Cette voyoucratie je l'ai déjà fait ren-
que nous ne sommes plus Îles disciples de|trer dans ses repaires, eb avec votre con-
artier, et que, s'il revenait sur la terre, il
cours je l'y ferai encore rentrer. Je ne Ja
ne nous reconnaîtrait plus ! Attendez-vous | confonds bas avec le parti libéral. Elle se
à d’autres surprises non moins surprenantes !
| Attaques personnelles
Mais laissons-là ces grands morts dont Ja mémoire est encore si vivante ; laissons Je passé—si fécond qu'il soit en enseignements—pour nous occuper du présent, Depuis que j'ai eu l'honneur de porter la parole en cette ville, un grand événement est survenu. Une tourmente a
assé sur notre pays, menaçant de tout ba-
ayer, de tout renverser. J'étais .alors en France réparant ma santé épuisée par un travail ardu, carle journaliste doublé du député peut, je crois, se réclamer d’être un ouvrier dans toute la force du terme. L’ouvrier se plaint parfois de dix heures de travail. Le journaliste, lui, travaille souvent jusqu'au chant ‘du coq. Sa vie est une épreuve continuelle. Quant au député, vous savez que nous avons siégé à la dernière session sans désemparerquarantehuit heures durant. Jenue connais pas de dévouement pareil dans l’histoire du monde, sauf ces sénateurs romains qui mouru-
rentdans iachaisecurule (Onrit). En France, je me suis aussi occupé à faire connaître mon pays,à en rafraichir le souvenir à cette grande patrie d'autrefois qui nous a si longtemps oubliés. Avec bien d’autres j'ai voulu lui montrer que nous pouvions nous écrier zvec tout autant d’orgueil qu’en pleine terre normande :
Non, elle n'est pas-engourdie Lo race des gars Normands,
On a écrit que j'avais déserté le champ de bataille, queje me cachais à New-York pour éviter les colères populaires. ÆEvidemment, mes accusateurs me mesurent à leur aune. Jepuis avoir mon gros lot d’imperfcctions, mais jamais depuis mon entréc @ansla vie publique je ne me suis dérobé aux devoirs et aux responsabilités
u’elle impose. Je ne crains pas le peuple.
e suis l'un des siens. J'attends tout de lui et ce tout ext sa confiance. Je renpecte le peuple, même dans ses emportements, même dans ses injustices, Mais je me sens le courage nécessaire pour lui dire la-vérité,même lorsque cette vérité ne flatte pas ses passionsiou ses préjugés.
Thémistocle disnt “ges concitoyens :
‘Frappe, mais éconté On m'a brûlé en effigie pendant mon abseñice, Ce n'était ni digne ni courageux. L'épiscopat vous a dit ce qu'il pensait de cereste de barbarie, Mais ce n’est pas le peuple d'Ottawa, le
‘ vrai peuple, le pouple honnête, le peu-
NS
nomme écume et fange. =
- Ceux qui me reprochent mon absence oublient que le chef du parti libéral, l’honorable M, Blake, était allé lui aussi chercher sous d'autres cieux de la santé et du répos.
T1 était à Londres, j'étais à Paris. Eh bien, s'est-il trouvé un seul de ses amis politiques pour l’aceuser de fuir le combat pour
es raisons dites diplomatiques? Je n’en connais pas.
deux mesures ?
Pourquoi deux poids et
La situation
Sur la question du Nord-Ouest comme sur
les autres questions, je suis prét à exposer : mes vues avec Je calme, la franchise, l’es-.
prit réfléchi que vous avez le droit d’attendre de votre représentant, Ces vues peuvent n'être pas du goût de tout le momle-—tout le monde est un être compiexe, parfois très bizarre, fort difficile à satisfaire—; mais j'ai confiance qu’elles sergnt pesées attentivement par mes amis politiques, même par mes aûversaires, Vous êtes le jury, c’est vous qui aurez à rendre le verdict ; mais si uous, représentants du peuple, avons des devoirs à
remplir, il vous incombe de prendre con- -
naissance de toutes les pièces du dossier, il ‘
vous incombe de ne prononcer votre jugement qu'après une soigneuse et mûre dé-
libération. 7.
Il est bien d'autrés sujetsque je pourrais traiter ce soiret qui devront influer sur votre verdict. Je pourruis vous parler dé la protection et de ses bienfaisantes influences — protection que le parti libéral paraît disposé à combattre avec tout autant de violence que par le passé, Je pourrais comparer Île régime libéral de 1874-1878 ‘aux années qui
ont suivietétablir l’immense supériorité de:
Je pour-
l'administration conservatrice.
rais vous parler de la construction, de l'heureux achèvement du chemin de fer du Pacifique, qui va faire de nous une nation, #tqui est l’une des merveilles de notre
‘siècle. Je pourrais vous parler de la nou-
velle loi électoraie qui élargit si considerablement le suffrage, qui donne le droit de
vote à quiconque possède un pouce de terre .
ou gagne un salaire honnête, qui nous donne tous les avantages du suffrafe uni-
versel sans Ses inconvénients,et qui montre,
que les vrais réformateurs, les vrais émancipateurs du peuple, ne sont pas les libéraux, mais bien les conservateurs. - Mais je crois répondre à vos désirs en m'arrétant à la question la plus délicate, la plus brûlante, celle qui passionne le plus les esprits, celle qui à causé une si grande commotion, presque une révolution. non
AS
“Les griefs des Métis du Nord-Ouest ; leur révolte, l'exécution de : leur chef : tels sont - des trois pointsque nousallons d’abord abor-
der. Je sai pas la prétention de les trui-
‘ter fond, S'ila fallu six heures à&'° M
. Blake el à M. Girouard, le, premier pour faire le procès du gouvernement sur le pre- . mier point seulement, et le second pour .réfuter son réquisitoire, il vous sera fatile de comprendre que je ve puis discuter, ce . soir, sous fous ses aspects et dans tous 8es , détails une question aussi complexe, aussi controversée, qui a fait couler et qui féra encôre couler bien des flots d'encre et d’éloquence. : Attendez que les cataractes parlementaires s'ouvrent de nouveau, et vous m'en donnerez des nouvelles ! -
Qüe voulaiéntseurtout les Métis ?—Recevoir. le ‘plus possible du gouvernement.
Vous voyez qu'ils ne ressemblent guère aux. électeurs de ‘la capitale (On rit).
Les Métis tout comme les Sauvazes sont convainens que le. Nord‘Ouest leur appar-
- tientet que les blancs, ont bien eu tort d'aller leur en disputer J4 possession. A leurs yeux nous ne sommes que dis intrus, Ts vivaient si libres, siheureux, dans ces vastes espaces, où la chasse leur donnait de faciles, d'abondants moyens d'existence !
Ts étaient-les rois du désert, etle sceptre leur échappe de toutes parts. | Aussi ne nous ont-ils jamais pardonné d'avoir traité avec la Compagnie de la baie d'Hudson et de lui avoir accordé 500,000 livres sterling pour ‘éteindre ses’ droits de propriété outre des concessions énormes de terrains.
C'est à eux que Rous aurions dû/donner ces millions &e doilars, réserver foutes ces terres et plus encore. Le sulévement
- de 1869-70 qui fut si prompt; si réussi, sous la çonduite de douis Riel, neÿeut
‘. pas s'expliquer autrement. Por ‘
+ Par une loi passée en 1870, i'fut résolu