Révolution à Paris. Son contre-coup
13. Révolution à Vienne. — 18, Révolution à Berlin.— Révocation deM.Rossi. Le Pape, forcéde cédera l'entraînement général, nomme un cabinet composé de dix membres laïques et de trois ecclésiastiques seulement, dont le cardinal Antonelli. — 14. Il accorde une constitution (Statut fondamental) dont le préambule manifeste les regrets avec lesquels la papauté fait ce pas en avant. Tout en conservant le Sacré-Collége des cardinaux, le Statut institue deux Conseils délibérants pour la confection des lois : le Haut-Conseil et le Conseil des députés (art. 1 et 2), proclame l'indépendance de l'ordre judiciaire, ot abolit tout trii)unal extraordinaire (3 et 4), — confirme l'institution de la garde civique (5), — garantit la liberté individuelle (6), — la dette publique (7), — soumet à l'impôt toutes les propriétés sans exception (8), — reconnaît la propriété littéraire (10), — abolit la][ censure préventive, sauf en matière de théâtre, mais réserve la censure ecclésiastique (11 et 12), — confie aux citoyens l'administration communale et provinciale (13). — Trèsibal een apparence, cette constitution porte en elle des vices
qui annihilent ce qu'elle contient de bon : 1° toute loi, devant être portée devant le Sacré-CoUége, peut être empêchée par lui ; 2" le Parlenaent ne peut faire de lois touchant aux affaires religieuses, ou mixtes, ou contraires aux canons et règlements ecclésiastiques : or, quelles affaires à Rome n'ont pas ce caractère? — 18-23, Insurrection de Milan (Cattano, Cernuschi); les campagnes voisines viennent à son secours; retraite de Radetzki. — 16-23. Venise: agitation; le gouverneur Palfy forcé d'accorder la mise en liberté de Tommaseo et de Manin, la cocarde aux trois couleurs, la création d'une garde civique ; les autorités municipales seules maîtresses de la ville ; à la nouvelle de l'insurrection de Padoue, Vicence, Trévise, le général Zichy successeur de Palfy, craignant d'être coupé, capitule ; formation d'un gouvernement provisoire; proclamation de la république. — Plaisance, Parme et Modène chassent les Autrichiens. — 2 1 . Le duc de Toscane appelle ses sujets aux armes. — 26. Charles-Albert, qui a refusé de secourir les Milanais tant qu'a duré leur insurrection, fait passer à ses troupes le Tessin. En même temps qu'il adresse aux peuples de Vénétie et de Lombardie une proclamation dans laquelle il fait appel au sentiment de l'union italienne, il adresse aux puissances, excepté à la France, une circulaire où il annonce qu'il n'a d'autre dessein que « de prévenir une catastrophe qui mettrait le trône de S. M. Sarde en danger, et de maintenir l'ordre dans un pays resté sans gouvernement. ))
Attitude de la république française. Formation d'un camp de 30,000 hommes sur la frontière du Var. Manifeste Lamartine (o mars)... « Si les États indépendants de l'Italie étaient envahis; si l'on imposait des limites ou des obstacles à leurs transformations intérieures; si on leur contestait à main armée le droit de s'allier entre eux pour consolider une patrie italienne, la république française se croirait en droit d'armer elle-même pour protéger ces mouvements légitimes de croissance et de nationalité des peuples. » Offre de secours par le gouvernement provisoire. Noble et imprudent refus des patriotes italiens : L'Ilalia [ara da se. Refus intéressé de Charles-Albert, qui, comptant faire servir l'indépendance de l'Italie à l'agrandi.ssement de sa couronne, ne veut pas de l'alliance d'une république. Protestations répétées de M. de Brignoles, ministre de Sardaigne à Paris, contre le camp du Var.
Lenleurs calculées de Chavles-Alberl : craignant de trop devoir à l'enthousiasme des peuples, voulant qu'à lui seul et à ses combinaisons de stratégie classique on doive la délivrance, il perd un temps précieux à occuper Milan, et laisse échapper Radetzki. En revanche, il fait procéder au vote d'annexion de la Lombardie. Sincérité des opérations élcclorales : « Dans beaucoup de bourgades on recueille plus de signatures et de croix qu'il n'y a d'habilanls. » Vimercali. — Durando, avec une armée de volontaires romains bénie par le Pape, marche sur Rovigo ; des volontaires napolitains parlent sous la conduite de la princesse' Trivulce de Belgiojoso, et tandis que Guillaume Pepe organise une armée pour marclier surFcrrare; l'escadre rejoint la flotte piémootaise de l'Adriatique. — Vote d'annexion au Piémont de Parme, Reggio, Modène. L'ambition du Piémont va devenir aux souverains un prétexte pour retenir l'élan de leurs peuples. — 8. Première victoire de Goito.
On espère toujours en Pie IX. Manifestations à Rome, demandant une république italienne avec le Pape pour chef (30). — Le Pape répond par une encyclique qui condamne ces vœux. Il désavoue Durando, et déclare ne vouloir prendre aucune part à la lutte contre l'Autriche, « qu'il aime d'un égal et paternel amour ». L'agitation augmente à Rome. La publication du règlement provisoiie pour l'élection des députés ne la calme pas. Le Pape refusant obstinément de participer à la lutte de l'Italie contre l'Autriche, une insurrection éclate (1"^' mai}, la garde nationale, maîtresse de la ville, les cardinaux retenus prisonniers loin du Pape, le ministère modifié au profit de l'élément laïque. — 3. Mamiani, libéral modéré, devient ministre.
13. Nomination des membres du nouveau Conseil d'État. Désignation des membres du Haut-Conseil.
18. Élections pour le Conseil des députés : la majorité est composée de l'élite des citoyens; elle soutient Mamiani dans sa lutte contre l'élément clérical , mais ces dissensions paralysent ses bonnes intentions.
Victoires de Pastraigo et de Bossolengo.
13. Insurrection à Naples, noyée dans des flots de sang. Dissolution des chambres. Ordre de retour donné à l'escadre et à l'armée. Le général Pepe désobéit, mais presque toute son armée rabaudonne.
25. L'assemblée nalionaie de France invile le gouvernement à prendre pour règle de conduite son vœu unanime d'affranchir l'Jtalie. Offre nouvelle de secours par Cavaignac. Refus nouveau de Charles-Albert.
30. Deuxième victoire de Goïlo. Prise de Peschiera. Occupation du plateau de Rivoli.
22-24. Journées de juin à Paris. 28, formation d'un nouveau pouvoir exécutif, sous la présidence du général Cavaignac.
4. L'assemblée de Venise vote l'incorporation de Venise au Piémont. La Toscane et la Romagne refusent d'en faire autant,
L'Autriche, bien secondée alors par Kossuth et la Hongrie, reprend l'offensive.
24. Défaite de Custozza. Siège de Mantoue, la ligne du Mincio, Peschiera abandonnés. Capitulation de Durando dans Vicence. Occupation par les Autrichiens de toutes les provinces vénitiennes, moins Venise. Ferrare ravitaillée.
Le Pape congédie le ministère Mamiani,trop révolutionnaire à son gré. Ministère Fabbri. Le Conseil des députés vote à l'unanimité la mobilisation de 12,000 gardes nationaux, l'organisation d'une légion étrangère de 12,000 hommes et d'un subside de 4 millions de piastres afifeclé au déparlement de la guerre.
Le parti républicain, à Milan. Mazzini. On décide de résister à tout prix. Formation d'un comilc de salut public. Emprunt forcé. Milan fortifiée. Des émissaires chargés de soulever Brescia, Bergame et la Vénélie.
5. Au moment même où il demande en termes vagues et seulethent pour dans trois mois le secours de la France, Charles-Albert, uniquement soucieux de sa couronne, traite avec l'Autriche en arrière des Milanais, sans stipuler pour eux d'amnistie. Armistice de Salasco. L'armée piémontaise, abandonnant Milan, qu'elle eut pu défendre (1), se retire derrière le Tessin.
(1) « Due (les premières autorités militiiires autiichionnes m'a donné à entendre qu'il existe une telle abonitance de munitions dans Milan, que l'armée en est embarrassée au point qu'où a l'intention d'eu noyer une grande partie dans les canaux. »
(Le vice-consul Campbell alord Palnierston.)
Médiation de la France et de l'Angleterre, prenant |;our base la proposition faite par M. de Hummelauer, mlnislre d'Autriche, le 24 mai : abandon de la Lombardle à elle-même, la Vénéiie restant à l'Autriche, mais avec une administration nationale et séparée.
« La guerre des rois est finie, celle des peuples va commencer », s'écrie Mazzini. Manifeste de Garibakli. Il forme à Gènes une légion. Mazzini se proclame son premier soldat. — Révolution à Livourne. — Venise, ne comptant plus que sur elle-même, se proclame république, et confie le pouvoir à un trium\irat, présidé par Manin. Pepe, clief militaire. La France envoie une escadre protéger Venise du côté de la mer.
Le Pape écrit au général Cavaignac et demande l'intervention de la France, pour raffermir son pouvoir ébranlé. Refus du général (1).