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Il faut remarquer que si les éléments naturels renferment en général une quantité minimum de sel nécessaire à la vie, celle-ci qui autrefois était suffisante pour les animaux ne l’est plus aujourd’hui.
L'homme n’a cessé d'améliorer les espèces par une sélection appropriée ou des croisements judicieux et a réduit ainsi la durée de la croissance et a accru la production ; produisant plus, l’animal consomme nécessairement davantage et par suite, son propriétaire a intérêt à lui faire manger le plus d'aliments possible afin d'augmenter son rendement ; pour obtenir ce résultat, il importe de donner de l’appétit aux bêtes et le moyen le plus économique d’y parvenir, est d’incorporer à leur nourriture un condiment bon marché : le sel.
D’après les techniciens agricoles, le sel favorise spécialement le développement des taureaux, augmente la force des bœufs de labour et celle des chevaux, rend la lactation des vaches plus abondante.
Mélangé au fourrage, le sel doit être donné aux animaux en quantité modérée ; il leur donne un meilleur aspect et une plus belle mine ; la nourriture ainsi préparée est très appréciée de ceux-ci.
E. — Le sel dans l'Industrie
Si le sel est employé dans l’alimentation, dans l’agriculture, dans la médecine, il l’est aussi en quantité plus considérable encore dans l’industrie ; traité par l’acide sulfurique, il donne du gaz chlorhydrique et un résidu solide
de sulfate de soude.
L'acidé chlorhydrique gazeux, recueilli dans l’eau, s’y dissout et fournit un liquide, connu sous le nom vulgaire « d’esprit de sel » ; en ajoutant à ce liquide du bioxyde de manganèse, on obtient un produit verdâtre : le chlore. L'opération se fait dans l’industrie au moyen de bonbonnes de grès, ayant une capacité de 100 litres.
Le chlore ne peut guère être employé dans la pratique
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à l’état libre ; aussi, le fait-on absorber par une dissolution faible de potasse ou de soude et on obtient ainsi l’eau de javel ; si la solution de soude ou de potasse est remplacée par de la chaux éteinte, on produit le chlorure de chaux du commerce, qui, comme l’eau de javel, est doué de propropriétés désinfectantes et décolorantes.
Lors du traitement du sel par l’acide sulfurique, l’un des produits obtenus, comme nous venons de le dire, est le sulfate de soude aux vertus purgatives bien connues, qui, calciné avec un mélange de craie et de charbon dans un four à réverbère, se transforme en carbonate de soude.
La masse, lessivée à l’eau froide, donne une dissolution d’où l’on peut retirer le carbonate de soude par évaporation, produit connu dans le commerce sous le nom de soude artificielle, pour le distinguer de la soude naturelle, obtenue par le lessivage des cendres de certaines plantes marines, telles que les salicornes. Cet ancien procédé, découvert par Leblanc, employé pour la fabrication de la soude, est presque partout remplacé par celui de Solway, qui consiste à faire passer dans de grandes tours, pouvant atteindre 25 mètres de haut, une saumure ammoniacale et un courant de gaz cerbonique ; le bicarbonate de sodium apparaît et se transforme en carbonate neutre, avec dégagement d’eau dans un four appelé : torréfacteur.
Les emplois du carbonate neutre sont fort nombreux : dissous en petite quantité dans l’eau, il fournit une liqueur alcaline excellente pour le lessivage du linge et préférable à la lessive de cendre, car elle n’est pas jaune comme cette dernière ; la dissolution du carbonate de soude, additionnée de CE se transforme en carbonate de chaux insoluble qui se dépose, et.en soude caustique qui reste en dissolution ; ; celle- -Ci. traitée par les matières grasses, . huiles végétales ou graisses animales, fournit un composé. solide et dur, nommé : savon (tels les savons de Marseille et de toilette).
Le sel fournit le chlore nécessaire au blanchiment des tissus et le savon indispensable à leur propreté ; mais ce n’est pas tout ; le carbonate de soude sert encore à la fabrication d’un autre produit de la plus haute importance : si On l’introduit dans un pot ou creuset d’argile, avec un mélange de chaux et de sable et qu’on le soumeite à une température rouge vif, la masse entière se combine et prend la consistance pâteuse qui permet de la travailler pendant qu’elle est chaude : c’est le verre ; on peut le souffler, le tourner, le mouler. Disons également que le carbonate de soude, chauffé fortement en vase clos avec du charbon, ldisse dégager, sous forme de vapeur, 16e métal du sel, le sodium, dont les applications en chimie sont extrêmement nombreuses et des plus importantes. Donc, pour nous résumer, le sel est la matière première qui alimente, d’une part, la fabrication de l’acide chlorhydrique, du chlore et par suite, toute l’industrie du blanchiment : d’autre part, toutes les fabrications où entrent le sodium et ses composés : sulfate de soude, carbonate de soude, savon et verre.
Enfin, pour terminer, sans vouloir nous attarder davantage à ses nombreux emplois, dont nous n’avons cité que les principaux, nous ne pouvons passer sous silence le rôle important que le sel est appelé à jouer dans la défense nationale ; il entre, en effet, dans la fabrication des explosifs et des gaz de guerre, notamment de l’ypérite, si nocif (sulfure d’éthyle bichloré (CH 2 Cl) 2 S connu sous le nom de gaz moutarde et qui constitue un produit toxique, lacrymogène, vésicant aux effets physiologiques terribles. :