CHAPITRE PREMIER
Les Centres de production en France
La France fait une grande consommation de sel 800.000 tonnes annuellement qui se partagent entre l’alimentation et l’industrie.
Heureusement, la nature nous fournit le sel en abondance.
LA
Les sources de production sont les suivantes : l’eau de mer (Atlantique, Méditerranée).
Les gisements minéraux : (Lorraine, Franche-Comté et Sud-Ouest).
A. — Marais de l'Ouest
L’extraction du sel sur les côtes de l’Océan est favorisée par les phénomènes des marées : l’eau de mer peut, à certains jours, être recueillie et emmagasinée à une hauteur très supérieure au niveau moyen.
Il est ensuite facile de la faire circuler d’elle-même dans les divers compartiments d’un marais salant, son propre poids suffit pour qu’elle descende de l’un à l’autre, point de machines élévatoires de l’eau comme dans les salins du Midi, tel est le grand avantage des exploitations de l’Ouest. Malheureusement il est compensé par d’autres circonstances fâcheuses ; la chaleur solaire n’a pas l’intensité qu’elle possède sur le littoral méditerranéen et par conséquent, l’évaporation est beaucoup plus lente ; en outre, l'abondance des pluies sur les côtes de Vendée et des Charentes rend dans toute cette région la récolte du sel extrêmement précaire.
L'infériorité des Marais de l'Ouest causée par la faible
chaleur de la région est déjà signalée par Bernard Palissy qui écrivait :
« Il faut aussi noter un poinct, que si durant l’on fait le « sel, il advenait une pluye l’espace d’une nuict ou d’un « jour mesmes seulement deux heures, l’on ne sçaurait « faire de sel de quinze jours aprez : parce qu’il faudrait « nettoyer tous les marez et oster l’eau d’iceux, aussi bien « la salée que la douce, tellement que s’il pleuvait tous les
< quinze jours une fois, l’on ne ferait jamais de sel à la « chaleur du soleil ».
Avant de nous occuper spécialement des différents marais salants de l'Ouest, nous allons décrire un marais d’Aunis tel qu’il existe actuellement.
D'abord toute saline est protégée contre l’envahissement de la mer par des digues munies de portes qu’on lève ou qu’on abaisse pour régulariser l'alimentation en eau de mer ; nous trouvons ensuite
1° Le chenal qui sert à l’introduction de celle-ci et d’où partent d’autres canaux plus petits.
2° Un réservoir appelé vasais ou jas placé à un niveau plus élevé, tel qu’il ne puisse être rempli qu’à l’époque des grandes marées, il a donc pour destination de recevoir les eaux et de les distribuer dans chaque surface d’évaporation.
3° Les conches situées plus bas que le jas et qui sont formées d’une série de compartiments séparés les uns des autres par des bourrelets de terre appelés bosses, sur lesquelles les sauniers font de la culture (orge, seigle, oignons, etc...)
L’eau va du jas dans les conches au moyen d’un conduit en bois appelé « pompe ou couet » (coef en Vendée).
4° Elle passe ensuite dans le champ salant dont la surface est partagée par des levées de terre en parties d’inégale grandeur, qui se nomment : mort, tables, muans, aires où se produit la cristallisation ; ces divisions sont sépa-