‹ La Question SalicoleChapitre 14 sur 48 · LORS · texte numérisé non relu

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rées les unes des autres par des planches percées de trous garnis de chevilles ; cette disposition permet de faire varier la quantité d’eau en débouchant un plus ou moins grand nombre de trous et d'obtenir celle-ci à différentes densités suivant qu’on ôte les chevilles du bas ou du haut, une pente insensible assure son cheminement dans toutes les parties du champ salant.

5° Le ruisson, petit canal qui sert à vider le marais et à faire évaporer les eaux résiduelles. Les noms des différentes parties du marais varient suivant les régions.

A Beauvoir-sur-Mer, les servitudes des marais (réserves d’eau et œillets incultes) s'appellent viviers et métières, l’endroit où on entasse le sel se nomme « tesselier ».

A Noirmoutier, les différents compartiments du marais depuis la mer se nomment : l’étier, l’étreau, les bronches, les vivres et enfin les œillets qui sont séparés par des vettes.

Dans la presqu'île Guérandaise et dans les environs, l’eau arrive dans le marais par un canal ou étier, passe ensuite dans un grand réservoir qui porte le nom de vasière, de là elle va dans un deuxième grand bassin appelé cobier, puis dans une série de coïrapartiments, en général rectangulaires, que l’on désigne sous le nom de fares et d’adernes ; elle arrive à se concentrer de plus en plus et atteint son degré de saturation dans les œillets où le sel se dépose.

Une paluderie comprend en général 40 à 50 œillets, il y en a de plus petites de 20 œillets qui représentent avec les réserves une superficie approximative de un hectare.

Dans les Iles d'Oléron, de Ré, aux Sables, à Saint-Gilles et à Saint-Hilaire, on évalue les marais salants au moyen d’une unité appelée livre qui comprend vingt aires dont dix saunantes ; les dix autres servant « de nourrices » avec leurs dépendances, bosses, bossis, vasais, métières ; l’étendue des terrains est extrêmement variable parce que d’un

€ point à un autre le rapport des bosses aux parties mouillées change beaucoup ; elle est comprise entre 35 ares et un hectare. A Marennes, les aires sont des carrés de 6 mètres de côté, à l’Ile de Ré elles ont 5 à 6 mètres de largeur sur 4 à 7 mètres de longueur, aux Sables-d'Olonne de 6 à

7 mètres de côté, à Saint-Gilles de 4 à 5 mètres, à Beauvoir 6 m. 66 sur 8.

Dans le Morbihan, à Mesquer, dans la baie de Bourgneuf, dans la presqu'île Guérandaise, la superficie des marais s’évalue en œillets qui varient de grandeur selon les pays ; dans la région de Guérande les œillets ont 32 pieds sur 22 soit 10 m. 67 sur 7 m. 33, dans le Morbihan, ils sont plus petits et n’ont que 6 mètres sur 7 m. 33 et 18 pieds sur 22 ; de plus, ces marais ne sont pas séparés par des bosses comme dans les marais de l’Aunis et de la Vendée continentale, mais par de petites digues appelées « ponts » qui servent au travail des paludiers et au transport du sel.

Ne pouvant profiter comme dans les autres marais de Ja culture des bosses, les paludiers se livrent à des travaux agricoles, ils transportent pour le compte d’autrui des grains, des oignons, des engrais, etc. Ces recettes accessoires sont considérées comme pouvant couvrir à peu près les frais du cheval et de la charrette que tout paludier possède.

Dans l'Ouest beaucoup de marais importants autrefois, n'existent plus aujourd’hui ; c’est ainsi que ceux de la Gironde, dans la région d'Arcachon, sont transformés en claires pour l’engraïssement des huîtres, ceux de la Seudre ont été asséchés en vue de la culture, un peu plus haut ceux de Brouage qui occupaient une superficie de 1.300 hectares ont presque complètement disparu, et nous pourrions en citer bien d’autres : par exemple ceux de Rochefort, de la Boutonne, etc...

Et pourtant Brouage fut jadis un pays essentiellement saunier, ses marais connurent une ère de retentissante prospérité.

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Nicolas Alain dans son traité « du pays des Santon el des Familles illustres » dit : « Presqu’au milieu de la « plaine on voit un grand golfe ou bras de mer qui péné- « trant dans la terre ferme à l’occident, forme un port « très célèbre dans toute l’Europe, Brouage, dont l’accès « est aussi facile que sûr, où viennent aborder les vais- « seaux d'Allemagne et de Flandre, d'Angleterre et d’au- « tres pays, pour chercher le sel qui s’y fait en grande « quantité ».

Les marais salants de l’Ouest couvrent actuellement environ une superficie de 10.000 hectares, la production est en moyenne de 60.000 tonnes.

Les exploitations qui subsistent dans le département de la Charente-Inférieure sont :

Celles de l’Ile d'Oléron du côté de Boyardville où nous trouvons une série de marais en production, certains du côté du Château et de Saint-Trojan ont été transformés en prairies, en viviers ou en claires, d’autres sont en désert.

Celles de l’Ile de Ré qui forment un groupe important avec la Couarde, Loix, Ars-en-Ré, les Portes et Saint-Clément-des-Baleines.

Ces cinq communes salicoles comprennent 10.266 aires ; actuellement l’aire saunante vaut de 30 à 60 francs ; la récolte presque nulle a été évaluée en 1936 à 300 tonnes. Du côté d’Arvert et de Marennes, on rencontre également quelques marais, mais leur rendement est très faible.

Dans le département de la Vendée, nous trouvons les marais des Sables-d'Olonne avec 77.000 aires ; bien que la valeur vénale de ceux-ci soit assez difficile à préciser, nous pouvons dire que l’aire vaut actuellement de 3 à 10 francs suivant la qualité des bosses ; la plupart des propriétaires cultivent eux-mêmes leurs marais : on les appelle « propriétaires exploitants ».

Toujours dans le même département, nous trouvons les marais de la Gachère, de Saint-Gilles, de la Baie de Bour-

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gneuf avec 2.138 œillets et, un peu plus haut, ceux de Bouin et de Beauvoir ; la récolte totale de la Vendée continentale a été des plus minimes en 1936 : 150 tonnes.

À Beauvoir-sur-Mer, les propriétaires non exploitants possèdent la moitié des marais, le surplus appartient aux sauniers,

La valeur vénale de la saline est très variable, car on ne vend jamais les marais seuls, mais toujours avec un lot de terrains attenants et c’est en réalité la qualité de ces derniers qui influent sur les prix pratiqués ; on peut, néanmoins, estimer selon les quartiers qu’un hectare de marais, vivres (1) compris, se vend de 7 à 9.000 francs.

Dans l'Ile de Noirmoutier, il y a de nombreux marais très prospères qui représentent 5.053 œillets ; la dernière récolte a été de 1.200 tonnes seulement, en général eile s'élève à 14.000. L’œillet vaut environ 200 francs selon la qualité ei la situation de la saline qui est exploitée par les propriétaires eux-mêmes ; un quart seulement des sauniers ne possèaent pas les marais qu’ils font valoir.

Le département de la Loire-Inférieure contient les marais les plus nombreux de la côte, on les désigne sous le nom de marais salants de la presqu'ile Guérandaise. Ils sont situés au Nord de l’embouchure de la Loire et s’étendent jusqu'à cel& de la Vilaine, ce sont ceux du Pouliguen, de Saint-Nazaire, du Croisic, du Bourg-de-Batz, de Guérande, de Mesquer, de Saint-Golf et d’Assérac. Leur superficie est de 19.415 œillets, à Batz l’œillet se vend jusqu’à 509 francs ; dans les environs il n’atteint que le prix de 300 francs suivant les facultés d'accès de la saline.

Les marais salants situés au pied du plateau de Guérande sont les plus curieux de la côte pour le voyageur et le touriste. Une ancienne chaîne d’îles où sont bâtis Le Pouliguen, Le Croisic et Bourg-de-Batz est depuis près de quatre siècles rattachée au continent par des terres basses

(1) On appelle vivres les réservoirs d’eau alimentant le marais.

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que les habitants ont découpées en marais autrefois prospères, mais qui se changent peu à peu en marais saumâtres.

La petite ville de Guérande qui domine tout le pays du coteau sur lequel elle est bâtie, est entourée de remparts granitiques à machicoulis, flanqués de tours imposantes qui datent du x1v° siècle ; elle communique avec le dehors par quatre portes @’où l’on aperçoit l’emplacement des ponts-levis ; le mail formé par des plantations d’arbres gigantesques forme une terrasse du haut de laquelle on découvre toute la série de marais salants, les dunes de sable d’'Escoublac, du Bourg de Batz, le port du Croisic et par-dessus ces paysages variés : la mer Océane.

L’accumulation des dépôts sablonneux a comblé une grande partie du bras de mer qui séparait Guérande et Batz et a réuni tout le pays.

Pénétrons au cœur même de la population paludière de Bourg-de-Batz. Tout d’abord, nous sommes séduits par ce pittoresque village. De loin nous apercevons la haute tour de son église et les murs en ruines de sa vieille Abbaye. L'hiver le vent du large souffle en tempête et balaïe les rochers de forme bizarre qui bordent la côte.

Les habitants de Batz disent couramment qu’ils ne sont pas de la même race que les populations Bretonnes des environsIls se croient de souche saxonne ou scandinave : mais, rien dans leur aspect n'indique au point de vue etnographique une différence sensible entre ces individus ; d’ailleurs, ils sont presque tous parents, et se marient entre eux, ils portent les mêmes noms de sorte que pour se reconnaître ils s’appellent par des sobriquets bizarres et amusants ; cette particularité existe également dans les îles de la côte.

Les paludiers de Bourg-de-Batz sont très commerçants, une des coutumes les plus anciennes consistait à aller vendre de maison en maison le sel que l’on venait de récolter ; leurs infatigables mules parcouraient le pays dans un

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- rayon de 15 à 20 lieues ; mais actuellement cet usage n’existe plus depuis le développement du commerce du sel et l'établissement des chemins de fer ; la cause principale de la disparition de « ce colportage » est la suppression d’un privilège consistant dans la franchise de droits pour le sel « de troque ».

Ce bénéfice a été accordé jusqu’au 1“ jauvier 1865 aux sauniers et paludiers des bords de l'Océan depuis la rive droite de la Loire jusqu’au bout du département du Morbihan ; il remonte à une époque fort ancienne et bien antérieure aux lettres patentes du 12 janvier 1644 qui l’ont spécialement confirmé pour les paludiers de la ville du Croisic et de la paroisse de Batz ; il consistait dans le droit qui leur était accordé d'échanger (troquer) avec franchise d’impôt une certaine quantité de sel proportionnée au nombre des membres de la familie contre une quantité correspondante de grains qu’ils devaient rapporter au village.

La valeur de ce privilège était d'autant plus grande que l'impôt sur le sel était plus élevé.

Cela permettait aux habitants de cette région de s’approvisionner des céréales qui leur manquaient.

La suppression de cet impôt en 1791 entraîna comme conséquence la disparition de ce privilège de « la troque » mais celui-ci fut rétabli partiellement en 1806 ; le décret de cette époque se borna à accorder aux paludiers qui voulaient vendre dans l’intérieur les sels qu’ils récoltaient la faveur de n’acquitter, moyennant caution, les droits qu’au retour.

Enfin le département du Morbihan renferme les derniers marais du littoral, ils sont situés au Sud de Vannes, à Auray, Carnac, Saint-Colombier, Sarzeau, Séné et Ambon, l’an passé la production a été de 50 tonnes. ;

La Manche et le Calvados contenaient autrefois quel-

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ques exploitations qui sont complètement abandonnées aujourd’hui.

Le sel y était d’ailleurs récolté d’une façon tout à fait particulière, non pas par évaporation, mais par le lavage du sable salé, procédé très ancien ét qui était employé du côté d’Avranches vers 1600 ; donnons en passant quelques détails sur cette façon assez curieuse de récolter le sel ; le sable mouillé d’eau salée reste, quand celle-ci s’évapore, imprégné d’une certaine quantité de sel ; on le récolte surtout en été et on en fait des tas que l’on abrite de la pluie ; on le lave ensuite à l’eau de mer dont la teneur en sel se trouve ainsi augmentée et portée à un degré assez élevé pour qu’on puisse avec avantage la soumettre à l’action du feu et l’évaporer par la chaleur artificielle ; les sels ainsi

obtenus portent le nom de sels ignifères.

Les petites salines de la Manche jouissaient au point de vue de l’impôt de quelques privilèges, qu’elles ont conservés jusqu'à l'abandon de leur fabrication à cause du peu d'importance de celles-ci, comme nous venons de le voir.

La valeur des marais salants énumérés ci-dessus est excessivement variable ; elle dépend surtout de la région - dans iaquelle ils se trouvent, de leur qualité et aussi de leurs moyens de communication.

L'exploitation de ces marais se fait dans des conditions particulières de travail, elle est exécutée par une population spéciale de « paludiers » au Nord de la Loire et de < sauniers » au Midi de ce fleuve. =

Nous reparlerons plus loin spécialement de la maind'œuvre salicole.

Les procédés de récolte employés dans l’Ouest-se distinguent essentiellement de ceux du Midi ; les récoltes sont plus nombreuses et les traits qui les caractérisent sont les suivants : la conservation presque indéfinie des eaux mères, l’excessive minceur de la couche d’eau contenue dans

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les cristailisoirs et l’enlèvement du sel à des intervalles très rapprochés.

D’après les dernières statistiques que l’on vient de publier, nous constatons que la récolte de 1935, qui avait été bien médiocre pour les marais salants de l'Ouest avec 32.000 tonnes, a en 1936 été véritablement désastreuse avec 5.760 tonnes. Ce résultat est d’autant plus déplorable qu’il n’y a pas de stocks en magasin ; pour alimenter le marché de cette région il faut 60.000 tonnes. Ce sont les négociants de l’Est et du Midi qui devront pourvoir aux besoins de la consommation et qui, de cette façon, viendront en aide aux paludiers de l’Ouest en leur abandonnant une partie de leurs bénéfices sur la vente du sel qu’ils réaliseront dans cette région.

Une première répartition a déjà été faite à l’heure où nous écrivons ces lignes et une deuxième doit avoir lieu sous peu.

Il est bien compris que seuls profiteront de ces avantages les paludiers qui font partie d’un syndicat ou d’une fédération. Nous parlerons plus loin de cette solidarité qui existe entre les producteurs des différentes parties de la France.

Les récoltants ont donc tout intérêt à adhérer aux organisations économiques qui existent et qui ne demandent qu’à les aider. Evidemment, chacun n’a pas touché une somme d'argent importante, mais il faut tenir compte de la situation générale üu marché des sels en France qui n’a pas été l’an dernier ce que l’on était en droit d’escompter.

B. — Salins du Midi

L’évaporatiom de l’eau de mer, au moyen de laquelle on obtient du sel, se produit, comme nous l’avons déjà dit pour les marais salants de l’Ouest, par l’action du soleil et par celle des vents secs.

Ces deux conditions sont admirablement remplies sur la côte de la Méditerranée ; la température y est élevée,

le soleil brûlant, il règne très souvent un vent sec, connu sous le nom de « mistral ».

L'eau de la Méditerranée, prise à une assez grande distance des côtes, présente une composition sensiblement constante : elle marque 3°5 à l’aréomètre de Baumé ; un litre d’eau pèse 1.026 grammes et contient en dissolution 38 grammes de matières salines, parmi lesquelles le chlorure de sodium rentre pour 30 grammes environ. Cette quantité de sels divers est de beaucoup inférieure à ce que l’eau pourrait dissoudre ; si l’on soumet une quantité quelconque d’eau de mer à une cause d’évaporation, la proportion d’eau diminue graduellement, tandis que la: quantité de sels dissous reste constante ; la salure de l’eau va donc en s’élevant ; l’évaporation continuant, il n’y a bientôt plus que la quantité d’eau juste suffisante pour retenir en dissolution toutes les matières salines. On dit alors que l’eau est saturée ; à partir de ce moment-là, l’évaporation a pour résultat d'amener un dépôt de sel.

Tous les départements côtiers, depuis les Pyrénées- Orientales jusqu’au Var, possèdent de nombreux et importants salins. Leur étendue est de 8.009 hectares environ, dont 3.000 porr le département du Gard et 2.500 pour les Bouches-du-Rhône. La Compagnie des Salins du Midi en possède à peu près un millier.

La production totale de chaque département peut être dans des années moyennes évaluée ainsi qu’il suit :

Tonnes de sel

NOT RSR ee 40.000 Bouches-du-Rhône ....... 118.000 GATE RENE RER 55.000 Hérault. re ee 45.000 PQ Ne CNE un 14.000 Pyrénées-Orientales ...... 2.000

Ce rendement est assez régulier. Celui des meilleures

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années ne dépasse environ que d’un tiers celui des mauvaises.

L'importance économique et sociale de la production salinière provençale a toujours été très importante et remonte dans certaines régions aux temps les plus reculés.

La découverte très récente faite par M. M. Rolland des vestiges d’une citadelle héllénistique à Saint-Blaise, près de l'étang de Citis, nous permet de croire que nos ancétres avaient le souci de protéger militairement les salins afin d’assurer le ravitaillement des populations urbaines,

De nombreuses recherches faites dans les archives de ce temps nous permettent de suivre la vie salinière depuis l’année 1259, où nous trouvons le contrat passé entre Guïälaume des Baux, Seigneur de Berre, pour fixer le prix du sel récolté à Berre, puis les lettres patentes du 23 août 1515 par lesquelles le Roi François I, Comte de Provence, a cédé à la Duchesse de Bourbon la faculté de réméré sur le salin de Lavalduc et celles du 15 septembre 1578, par lesquelles le Roi Henri III a permis à la ville d’Arles de mettre en état le salin de Badon en Camargue et d’établir pour le transport des sels un canal allant au Rhône.

Certains salins ont disparu à cause des modifications naturelles ou artificielles apportées à la circulation des eaux salées.

Coupés de la mer par une digue, les salins de Badon et de la Vignole ont été abandonnés en 1865 et 1866. De méme l’abaissement progressif du degré de salure des étangs de la Valduc et d’'Engrenier a provoqué la mise en chômage des salins tributaires de ces étangs. Le salin de Rassuen est lui aussi menacé par l’énorme afflux d’eau douce constaté depuis un an et qui constitue un danger pour l’existence de toutes les cultures d’alentour.

Les principaux salins exploités sur la côte de la Méditerranée sont :

1° Dans les Pouches-du-Rhône : les salins de Berre, con-

tenant 331 hectares, sur l’étang dé ce nom ; les salins de Rassuen, contenant 36 hectares, sur l’étang de la Valduc : ceux de Fos, contenant 71 hectares ; de Citis, contenant 46 hectares, à l'Ouest de l’étang de Berre dans la Camargue ; de Giraud, contenant 1.000 hectares, près de l'embouchure du grand PRhône ; de Caban, Port-Saint-Louis ; on compte en outre plusieurs petits salins en exploitation qui sont ceux de Ferrière, de Lion et de Marignane.

2° Dans le Var : le salin de Pesquiers et les vieux salins d'Hyères dans le voisinage de cette ville, d’une contenance de 243 hectares ; le salin des Ambiers, contenant 17 hectares au Sud-Ouest de Toulon.

3° Dans le Gard : les salins de Peccais, contenant 2.500 hectares et ceux des environs d’Aigues-Mortes, situés sur les étangs du Repos, du Repausset, du Roi, de la Ville (le long du canal d’Aigues-Mortes à la mer).

4° Dans l'Hérault : les salins de Pérol, Gramenet, Villeneuve, contenant 160 hectares ; Frontignan, contenant 122 hectares ; ceux de la Mèze, contenant 40 hectares ; Villeroye, contenant 237 hectares, sur l’étang de Thau.

5° Dans l’Aude : les salins d’Estarac, contenant 59 hectares ; le Lac, contenant 26 hectares ; Sainte-Lucie, les salins de Peyriac et Sijean, contenant 150 hectares.

6° Et enfin dans les Pyrénées-Orientales : le salin de Cordes, contenant 120 hectares et celui de Durand, d’une superficie égale. >

Le morcellement de la propriété dans les salins du Midi n’a jamais atteint les proportions où il est arrivé dans l'Ouest et cependant, il y a plus de 50 ans, les exploitations $alicoles étaient nombreuses.

L'industrie du sel subissant les fâcheux effets qui résultent d’une production sans mesure et d’une vente à tout prix, un certain nombre de propriétaires d'exploitations importantes s'étaient, depuis longtemps, concertés pour remédier à cet état de choses.

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En 1865, cette entente a été généralisée, grâce à la Compagnie des Salins du Midi. Tous les producteurs de sel de cette région ont arrêté les bases d’une société en participation ; le but de l’Association est de diminuer les frais généraux et les frais de transport, de compléter l’assortiment de chacun, en lui fournissant les quantités de sel qu’il ne fabrique pas, de mieux approvisionner les marchés, enfin, d’anéantir une concurrence fâcheuse à tous égards. Il existe ainsi dans cette région un vendeur unique qui répartit les commandes entre les participants.

À cet effet, la vente est concentrée entre les mains de la Compagnie des Salins du Midi, qui, chaque année, achète aux exploitants, soit une quantité déterminée à l’avance, soit celle dont ils se sont réservé la vente.

Les livraisons faites à la Société sont d’abord payées par elle, moyennant un prix fixé d'avance. Les bénéfices nets de la vente réalisés par l'Association sont ensuite répartis entre les Associés, selon une proportion déterminée par le contrat de Société.

Description du salin

Examinons maintenant les procédés d’exploitation ; le salin ou marais salant est un réservoir d’une très grande surface dont le sol lui-même le plus souvent forme le fond, sauf dans certaines exceptions dont nous parlerons tout à l'heure ; l’eau salée y est enfermée sous une faible épaisseur, afin de favoriser son évaporation ; comme elle doit se réduire au huitième environ de son volume avant de commencer à donner du sel, il y a intérêt à recueillir les eaux déjà évaporées et amenées à saturation dans une partie du marais plus soignée que le reste et qui doit recevoir le dépôt de sel.

C’est ainsi qu'on a été amené à diviser le marais en plusieurs réservoirs successivement parcourus par les eaux.

Les uns servent de chauffoirs ou bassins d’évaporation,

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