‹ La Question SalicoleChapitre 15 sur 48 · CAGE · texte numérisé non relu

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les autres sont destinés à continuer celle-ci, mais servent surtout au dépôt du sel.

Les chauffoirs forment généralement deux séries de bassins : les premiers qu’on appelle parténements extérieurs reçoivent directement l’eau d’alimentation qui peut y atteindre 8° de l’aréomètre, les seconds qui se nomment parténements intérieurs sont remplis avec l’eau qui sort des premiers, elle se concentre jusqu’à 24°, on l’introduit alors dans les tables salantes, chacune des subdivisions du marais est divisée en compartiments disposés en pente légère, ils communiquent entre eux par des vannes, de sorte que l’eau peut les parcourir successivement ; les tables salantes sont en outre séparées par de petites digues en terre soutenues au moyen de planches : l’eau doit circuler dans toutes les parties du salin ; il faut pour cela que les divers compartiments présentent les uns par rapport aux autres des différences de niveau.

L’eau d’alimentation pénètre dans les compartiments les plus élevés, coule peu à peu dans ceux qui sont plus bas ; la très faible amplitude des marées de la Méditerranée ne permet guère de profiter de cette cause naturelle pour l'élévation des eaux ; il est donc nécessaire d’avoir recours à la force motrice.

Il y a deux espèces de machines élévatoires : des pompes foulantes mues par la vapeur et des roues à tympan mises en mouvement par des chevaux ou des mules et le plus souvent par la vapeur.

L'usage de ces moteurs entraîne des frais notables d’autant moins sensibles que la récolte est plus abondante.

L’eau introduite dans les parténements extérieurs n’est pas tcujours de l’eau de mer ; un grand nombre de salins du Midi reçoivent l’eau des étangs du bord du littoral de la Méditerranée ; leur degré de salure varie avec les saisons. En hiver les pluies affaiblissent la proportion de sel contenu dans l’eau ; celle-ci augmente au contraire vers la

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fin &e l’été à cause de l’évaporation. Certains étangs ont une salure très faible iandis que d’autres en ont une supérieure à celle de la mer ; c’est ainsi que les eaux de l’étang de Berre ne marquent pas plus de 1°5 et celles de l'étang de Lavalduc, il y a quelques années encore, de 10° à 16°.

Les compartiments du salin que l’eau doit parcourir n’ont pas tous la même forme. Il ne faut pas qu’ils soient trop étendus à cause de l’action du vent qui pourrait faire refluer l’eau dans un autre compartiment et amener une épaisseur de liquide anormale.

Les parténements se terminent par un ou en général plusieurs réservoirs chargés d’alimenter les tables salantes ; c’est dans ces réservoirs ou avant-pièces que puisent les machines élévatoires.

La superficie totale des tables salantes est environ la sixième partie de celle du salin, lorsque celui-ci est rempli d’eau de mer ; elles sont construites avec soin et sont de forme rectangulaire ou carrée, leurs côtés ont en général 50 à 60 mètres de longueur, leurs parois latérales sont en bois, soutenues par des piquets verticaux ; de cette façon, la terre délayée par les pluies ne peut souiller le sel ; autour de ces tables se trouvent de petits canaux nommés aiguilles, dont le fond est à une hauteur inférieure à celui des.tables ; ils communiquent avec cellesci par des vannes ou martelières.

Les aiguilles peuvent recevoir l’eau des avant-pièces et servir à alimenter les tables ; mais, comme elles sont à un niveau plus -bas, il est facile de les vider entièrement ou en partie.

‘On peut ainsi se débarrasser des eaux mères, c’est-àdire des eaux qui ayant laissé déposer le chlorure de sodium restent chargées de sels étrangers ; la vidange complète de celles-ci est nécessaire à la pureté du sel. On doit s'occuper avec soin du nivelage du sol qui doit recevoir le sel. Dans certaines salines le fond est recouvert d’une

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sorte de tapis végétal formé d’algues marines que les sauniers appellent « feutre », c’est surtout dans le Midi, dans l'étang de Berre en particulier, qu’on a adopté ce procédé qui demande une certaine attention si on veut arriver à un résultat satisfaisant.

Ce feutre dont nous venons de parler rendrait de grands services si on pouvait l’obtenir imperméable ; il aurait le grand avantage d’isoler complètement le sel du sol.

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