C. — Les mines de lEst Sel gemme
Le sel gemme est un agrégat schisteux, fibreux ou granuleux (sel de cuisine ou chlorure de sodium) ; on le reconnaît facilement à son goût et à sa solubilité dans l’eau.
Selon sa composition il présente des variations d’aspect ; par exemple : l’oxyde de fer le colore en rouge, les composés cuivreux en bleu, etc. beaucoup de ces colorations sont dues à la présence de matières organiques et disparaissent sous l’action de la chaleur.
Le sel gemme ou sel terrestre est retiré, comme son nom l'indique, du sein de la terre, suivant les procédés d’exploitation des mines.
Les gisements de sel gemme sont presque toujours enfouis dans le sol, mais pourtant il y a quelques exceptions : à Cardona en Catalogne, en Algérie sur la route de Boghar à Laghouat ainsi qu’en Colombie nous trouvons de véritables montagnes de sel.
On rencontre le sel gemme en France sur deux points éloignés l’un de l’autre
1° Dans l'Est, où il constitue des gisements d’une très grande importance par leur richesse et leur étendue et 2° dans le département des Basses-Pyrénées où il n’existe que de petites exploitations.
Nos grands dépôts de l’Est se divisent eux-mêmes en deux parties bien distinctes
Ceux de Franche-Comté et de Lorraine.
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Les salines de Franche-Comté sont situées : 1° Dans !e Jura, à Montmorot, près de Lons-le-Saunier, à Salins et à Grozon, 2° Dans le Doubs, à Arc dont la saline est alimentée par des eaux saturées et amenées à Salins au moyen d’une conduite en fonte de 21 kilomètres ; à Châtillon et
à Miserey et 3° Dans la Haute-Saône, à Fallon et à Gouhenans.
Ce dernier gisement présente au point de vue de l’exploitation une importance particulière ; il est voisin d’un banc de houiile qui appartient à la saline et lui fournit le combustible nécessaire.
Les salines de Lorraine comprennent comme mines de sel en exploitation d’abord celles de Saint-Nicolas, Rosière- Varangéville et Saint-Laurent dans le département de la Meurthe-et-Moselle.
En Lorraine redevenue Française depuis la dernière guerre, on trouve les salines de Saltz-Bronn, de Sarralbe, de Moyenvic, de Saléaux, du Haras, la saline de Dieuze à laquelle est annexée une usine pour la fabrication de l’acide sulfurique et de produits chimiques (1).
Les salines de Franche-Comté, à l'exception de celles de Châtillon et de Miserey, appartiennent à la Compagnie des anciennes Salines domaniales de l'Est, propriétaire également des grandes salines de Dieuze et Moyenvic ; ces divers établissements sont administrés par un directeur général qui réside à Paris, mais en outre, pour éviter une concurrence désastreuse, toutes les salines de l'Est de la France ont formé un Syndicat de vente.
(1) À ce sujet, nous pouvons mentionner un fait curieux qui s’observe autour des salines de Dieuze ; le terrain est fortement imprégné de sel ; aus$i y trouve-t-on certaines plantes que l’on rencontre sur le bord de l’Océan. Parmi celles-ci, nous citerons la passe-pierre ou salicorne herbacée qui se récolte à Dieuze ; on la vend sur le marché de Nancy principalement, on l’emploie comme condiment après l’avoir fait confire dans le vinaigre.