‹ La Question SalicoleChapitre 19 sur 48 · AY LS · texte numérisé non relu

AY LS

Il y avait trois procédés différents pour arriver au mé: me résultat, on empléyait tantôt des fagots d’épines accumulés en tas ayant la forme d’un parallélépipède rectangle, quelque fois des cordes tendues ou encore des tables.

Le principe est toujours le même : dans le premier cas l’eau circule à travers les fagots et se trouve au contact de l’air ; dans le deuxième, elle coule lentement sur les cordes raides, se partage, et offre ainsi à l’air de nombreux points de contact ; énfin, dans le troisième cas, dans les bâtiments à tables on dispose des rangées de cuvettes en bois, à bords peu élevés, ces dernières sont légèrement inclinées tantôt dans un sens tantôt dans l’autre, l’eau tombe d’une cuvette dans celle placée immédiatement au-dessous. et léchant la mince couche d’eau qui s’y trouve rend lévaporation plus rapide.

Ces trois façons de procéder sont toutes basées sur ce principe de physique ; que l’évaporation d’un liquide est plus active lorsqu'elle se fait sur une plus grande surface et dans un air renouvelé plus souvent. :

Il existait aussi des bâtiments de graduation ; les plus anciens ont été employés en Lombardie, puis adoptés ensuite en Bavière vers 1559 ; à Moustiers, en Savoie, on employait des bâtiments de graduation à cordes non pas pour avoir de l’eau salée concentrée, mais pour obtenir la cristallisation du sel.

En été on faisait descendre le long des cordes l’eau saturée bouillante qui avait été concentrée par l’action du feu, on répétait l’opération plusieurs fois de suite, de sorte que le sel se déposait partie dans les bassins inférieurs, partie le long des cordes ; celles-ci avaient 7 à 8 millimètres de diamètre, mais acquéraient bientôt une grosseur de 6 centimètres ; pour les dépouiller on brisait le sel à l’aide d’une machine particulière, on le faisait ainsi tomber sur le sol et on le recueillait. Le sel que l’on obtenait à Moustiers par ces procédés était différent suivant qu’il se dé:

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