‹ La Question SalicoleChapitre 27 sur 48 · SERRES · texte numérisé non relu

SERRES

aux types 1, 2, 3, 4 des sels du Midi ; on les désigne également par les expressions de sel à la minute, sel de vingtquatre heures, sel de quarante-huit heures ou de soixantedouze heures, enfin sel de quatre-vingt-seize heures, qui donnent une idée de la durée nécessaire à l’évaporation ; quand celle-ci est lente et se fait à une température relativement basse, les cristaux de sel primitivement formés ont le temps de grossir, de se nourrir, le sel obtenu est alors à gros grains.

Le sel finfin s’obtient soit par l’ébullition, soit par le spatulage ; le liquide porté à la température d’ébullition est sans cesse remué par les nombreuses bulles de vapeur qui s’en dégagent. Les cristaux qui se développent à la surface sont aussitôt précipités au fond de la poële ; ils sont ramenés vers le bord au moyen d’un râble et enlevés du liquide bouillant avec une pelle percée de trous comme une écumoire : de là vient le nom de sel à la minute ou de sel d’ébullition donné au sel finfin.

On peut arriver au même résultat par le spatulage que l’on pratique à Montmorot.

Cette opération se fait avec une planchette rectangulaire en bois fixée à l’extrémité d’un manche, l’ouvrier frappe l’eau tangentiellement avec un instrument appelé « râble » et projette une nappe qui retombe en pluie sur la surface du liquide ; les menus cristaux qui viennent de s’y former sont immédiatement précipités au fond.

Depuis longtemps déjà on emploie à Montmorot, pour faire le sel finfin, un appareil dit « poële anglaise », mû par un moyen mécanique qui donne le même résultat qu'avec la spatule ; il produit une agitation analogue à celle que- donne le spatulage et qui est obtenue par des moyens mécaniques.

La poële ronde est munie sur le côté d’une sorte de poche destinée à recevoir le sel au fur et à mesure de la cristallisation. Un moteur met en mouvement cet appa-

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