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reil ; plusieurs palettes plongent dans le liquide et en tournant produisent une agitation continuelle ; le sel se forme et finit par se déposer dans la poche latérale.
On économise avec cet appareil les frais de main-d’œuvre occasionnés par le spatulage.
Les sels fins, moyens et gros s’obtiennent tous de la méme façon ; il n’y a de différence que dans le temps que chacun passe dans les poëles et dans la température du liquide. Ces conditions de travail varient suivant les salines, comme nous le verrons d’après le tableau suivant.
Durée des cuites Température
Montmorot : Sel fin ....... 24 heures 80° Sel moyen ... 72 heures 60° Sel gros ..... 5 à 6 jours 50° Gouhenans : Sel fin ....... 24 heures 95° Sel moyen n° 1 ” 48 heures 85° Sel moyen n° 2 72 heures 80° Sel. STOS=..... 96 heures 85°
Salins, Arc et Grozon :
Sel fn RE 24 heures 85°
Les sels ignigènes de l’Est sont presque purs, leur aspect et leur densité varient avec la durée des cuites.
D) Dans le Sud-Ouest (région de Bayonne) où le sel est très blanc, on trouve trois qualités qui, suivant la grosseur. portent les numéros 1, 2 et 3, le premier étant très fin et destiné à la table.
Nous voyons que d’après leur origine les sels français offrent des qualités assez différentes. <
On ne peut rien dire d’absolu sur le sel alimentaire : sa couleur, son goût et sa grosseur dépendent des préférences de chacun ; aujourd’hui encore on ne rencontre pas souvent de cuisinières qui consentent à saler leurs pots avec du sel blanc, elles n’apprécient pour cet usage que le sel gris qui sale beaucoup plus que l’autre, NE
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À part ces quelques exceptions, on préfère en général le sel blanc au sel gris et c’est pourquoi les sels de l'Est et du Midi sont plus recherchés que ceux de l’Ouest.
On peut conclure en disant qu’il n’est peut-être pas de produit plus usuel pour lequel les habitudes locales aient autant d'influence et présentent autant de variétés que pour le sel ; mais, quand il s’agit du raffinage ou de la fabrication de produits chimiques, une seule chose compte : c’est la pureté du produit.
Section II
Sels lavés et raffinés
Les sels bruts de mer et particulièrement ceux de l'Ouest sont fréquemment soumis à des opérations destinées à en améliorer l’aspect et la qualité.
I] y a d’abord :
1° Le lavage qui consiste simplement à laver le sel dans l’eau froide saturée préalablement de sel ; son action est purement mécanique.
L'eau saturée ne peut dissoudre le sel, mais elle entraîne les substances terreuses qui le souillent et le colorent.
2° Le raffinage.
Pour obtenir un bon raïñfinage on dissout le sel brut dans l’eau douce, puis on le fait recristalliser en chaudière, sous l'action du feu on transforme ainsi le sel solaire en sel
ignigène.
Les opérations industrielles de cette nature sont intimement liées à la façon dont est prélevée la taxe sur le sel alimentaire, parce qu’elles entraînent en effet toujours un déchet plus ou moins considérable et deviennent absolument impraticables, si l'impôt est perçu, non pas.sur du -sel lavé, mais sur du sel sortant du marais.
Il semblerait équitable que le sel destiné au raffinage n'étant pas livré. à la consommation ne paÿât l'impôt
qu'après avoir été raffiné. La législation n’admet pas ce principe et les usines de lavage et de raffinage ne peuvent exister que dans les rayons francs, tels que dans la presqu’ile Guérandaise, dans les îles de Ré et Noirmoutier ; actuellement, il n’y a plus qu’une seule usine de lavage qui est au Pouliguen, celles du Croisic et de Ré ont disparu.
Dans le Nord, il y en avait un certain nombre qui ont été fermées également.
L'industrie du raffinage et du lavage de sel a émigré en Belgique.
Le lavage du sel brut est toujours accompagné d’un broyage ; ce dernier est nécessaire non seulement pour donner au sel un grain plus uniforme, mais aussi pour obtenir une blancheur suffisante. Les grains de sel brut contiennent, en effet, de la vase incorporée à l’intérieur. Dans les marais, on ne tire le sel que tous les deux jours, on rafraîchit l’eau chaque soir avec de la nouvelle et on l’agite avec le sel déjà formé.
Les grains sont ainsi remués dans une eau plus ou moins mélangée de boue ; ils se recouvrent d’une vase, ce qui ne les empêche pas de grossir ; finalement, ils sont formés d’un noyau central et de couches extérieures séparées du premier par un peu de terre ; un simple lavage ne suffirait pas pour les blanchir, il faut par un broyage dégager le noyau et permettre ainsi à l’eau d’atteindre toutes les surfaces colorées.
Le sel brut est chargé dans une sorte de chéneau demicylindrique en bois où il rencontre un courant d’eau saturée qui l'emporte sous les cylindres broyeurs. Il tombe ensuite dans un second récipient en bois dans lequel tourne une vis d’Archimède qui force le sel et l’eau à remonter la pente du laveur ; une chaîne à godets percés de trous fait passer le sel du premier dans un second laveur ; un mécanisme semblable l’amène dans un troisième qui sert -d’appareil de rinçage. Il ne reste plus qu’à faire égoutter parfaitement le sel et à-le sécher à l’étuve..
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Celle-ci consiste dans une chambre rectangulaire en planches dans laquelle passe un gros tuyau en tôle. On fait arriver dans ce dernier la vapeur d'échappement de la machine qui fait mouvoir les chaînes à godets et les vis des laveurs,
Les sels bruts soumis au lavage sont ordinairement des sels de l’année, pendant l'opération ils perdent environ 10 pour 100.
L’eau qu’on emploie au lavage ne peut servir indéfiniment, mais on ne la renouvelle qu’en raison de la quantité qui disparaît par suite des déperditions inévitables ; aussi la reçoit-on au sortir des laveurs dans de grands bassins de clarification où elle laisse déposer la vase enlevée au sel,
Après clarification imparfaite par dépôt des eaux, celles-ci sont filtrées sur une couche ae sel pur et rentrent ensuite dans l’opération du lavage.
. Une eau saturée neuve agit de deux façons sur le sel soumis au lavage : 1° elle lui enlève mécaniquement la terre qui le souillé ; 2° elle dissout les sels magnésiens qu’il contient en faible proportion ; après un service prolongé, l’eau se sature de sels de magnésie comme elle l’est déjà de chlorure de sodium, elle ne peut plus agir que sur les substances terreuses ;-il y a donc avantage, quand cela est possible, à renouveler souvent l’eau de lavage. Il est utile d’évaporer celle qui ne sert plus afin d’en extraire le sel
qu’elle contient.
Aussi, est-il nécessaire que les usines de lavage et de raffinage soient voisines, parce qu° l’on pourra dans ces dernières faire évaporer les eaux saturées.
Ces frais, sans être considérables, augmentent nécessa:rement le prix de la tonne de sel.
Le raffinage du sel se faisait près des marais et, comme nous l’avons dit, les raffineries qui y étaient établies recevaient le sel brut et n’acquittaient l’impôt qu'après le raf-
finage qui consiste en une dissolution du sel, suivie d’une seconde cristallisation.
La dissolution se fait au moyen d’eau de mer ; on laisse d’abord le liquide saturé se clarifier par dépôt dans de grands réservoirs, puis on l’évapore dans des poëles rectangulaires en tôle, chauffées au charbon.
La méthode, on le constate, ressemble beaucoup à celle employée dans l'Est. Elle permet d’obtenir à volonté du sel finfin, dont nous avons eu l’occasion de parler ou s#l d’ébullition, et des sels fins, moyens et gros. Il suffit, pour cela, de faire varier la température des cuites.
Les poëles ne sont pas couvertes, mais simplement installées dans des chambres ou même à l’air libre sous des hangars.
L’extraction du sel est continue pour le sel raffiné finfin, mais elle n’a lieu que toutes les 24 heures ou toutes les 48 heures pour les autres types de sel,
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Au sortir de la poële, le sel raffiné est mis à égoutter et se dessèche lentement ; de cette façon, les sels étrangers contenus dans les eaux mères s’éliminent peu à peu.
Quand il y a des commandes urgentes à satisfaire, le sel sèche à l’étuve. Ce procédé présente des difficultés ; le sel. séché par la chaleur se teinte souvent en rouge. De plus, l’eau qui mouille les cristaux s’évapore seule par l’étuvage, les sels magnésiens restent à l’état solide et se retrouvent dans le sel raffiné auquel ils communiquent une certaine déliquescence.
L’eau mère restet dans les poëles et n’est retirée que lorsqu'elle marque 28 à 30° et lorsque le sel commence à se teinter en rouge. -
On la revivifie par le chauiage ; l’addition de chaux précipite complètement la magnésie et amène la désulfatisation du liquide par la formation d’un abondant précipité
de sulfate de chaux ; après ce traitement, l’eau mère rentre dans le raffinage.
Dans quelques usines, on retire des eaux mères un peu de sulfate de soude en les faisant cristalliser par refroidissement, puis on les évapore à 40° (Baumé) ; elles forment
alors une masse complète de chlorure de magnésium.
En général, on ne soumet au raffinage que des sels déjà purifiés par une longue exposition à l'air ; s’ils ont deux ans de mulon, le déchet ne dépasse pas 10 % ; il pourrait être beaucoup plus important et peut-être même doublé avec des sels de l’année, sans compter que, dans ce cas, le travail n’est pas satisfaisant et que les eaux mères doivent être évacuées très souvent,