C. — Salins du Midi
Dans les grands salins du Midi, on emploie trois sortes d'ouvriers qui travaillent toate l’année
1° Les sauniers.
2° Les manœuvres employés aux travaux généraux et aux réparations ; ils sont payés à la journée.
Et 3° Les ouvriers spécialement embauchés pour la récolte du sel ; ïls viennent généralement de loin. Ils sont payés à la tâche et retournent chez eux dès que la récolte est terminée.
Les frais les plus considérables sont dûS$ au portage du
Ste
sel qui se fait à dos d'hommes ; pour cela, il faut un nom-
breux personnel que l’on embauche juste pour faire la récolte.
Un bon ouvrier peut facilement mettre en javelle (1) de 10 à 12 tonnes par jour ; quant au porteur, il peut transporter à 100 mètres de distance 4 à 5 tonnes : il faut donc pour un batteur 3 porteurs.
Le travail pour ces derniers est fort pénible, surtout par les grandes journées d’été où le soleil ardent du Midi se fait sentir de bonne heure ; après un court repos aussitôt le déjeuner, les ouvriers travaillent fort tard ; ils sont bien payés, mais après quelques semaines de ce dur labeur ils sont complètement épuisés et ne pourraient recommencer une autre campagne.
Un saunier suffit pour un salin de 4 hectares 50 ares ; dans les exploitations plus importantes il y a un chef saunier et un nombre de sous-sauniers qui augmente avec la superficie du marais.
Un saunier doit s’occuper de régler la marche des eaux d’après l’activité de l’évaporation de façon que dans les compartiments le degré de concentration reste toujours le même ; il doit surveiller non seulement la vitesse, mais aussi l'épaisseur de la couche d’eau ; tous les deux jours, le saunier doit drainer avec le rouable sur une petite plateforme ou « ladure », le chlorure de sodium qui s’est déposé sur les tables salantes ; il doit, en outre, observer l’état de l'atmosphère et peser le degré des eaux ; c’est le plus souvent au toucher et au goût qu’il reconnaît le degré de saturation. La nuit venue, il doit arrêter la circulation de celles-ci en fermant les vannes ou martelières ; comme il n’y a plus d’évaporation cette précaution est indispensable pour préserver les différentes parties du marais.
Au mois de février, on commence à mettre les salins en
(1) Mettre en javelle signifie mettre en tas,