‹ La Question SalicoleChapitre 34 sur 48 · ORNE EE · texte numérisé non relu

ORNE EE

On fait cette opération en novembre deux mois après la récolte ; certains sels légers ne se couvrent qu’en février et dans quelques localités, ceci est rare, les haricots ou les camelles restent à découvert.

Une camelle qui n’est pas couverte disparaît, dit-on, en dix ou douze ans.

D. —— Mines de sel gemme

Les gisements de sel gemme situés à une certaine profondeur constituent donc des mines, celles-ci font en France l’objet de concessions accordées par l'Etat.

Il existe toute une législation minière dont nous étudierons ci-après les détails (sous le Chapitre IX), en indiquant notamment les différentes modalités des permis et autorisations d’exploitation, ainsi que les conditions auxquelles ceux-ci sont soumis.

Ces concessions sont accordées généralement, non à des particuliers, mais à des Sociétés importantes qui, seules, disposent de capitaux nécessaires et suffisants pour permettre une exploitation rationnelle et rémunératrice des gisements qui en font l’objet et qui sont également à même d'accepter et d’exécuter les conditions imposées par le gouvernement tout en offrant toutes les garanties désirables.

En France, on retire actuellement peu de sel en roche ; on exploite les mines surtout par la méthode qui consiste à opérer par les trous de sonde ; autrefois, on utilisait seulement l’eau salée provenant des sources sortant des terrains salifères.

Les extractions du sel gemme n’ont pas lieu à des époques déterminées, contrairement à ce qui se passe pour les salines de l’Ouest et du Midi, ainsi que nous l'avons écrit ;. on peut y procéder toute l’année et les Sociétés concessionnaires emploient dans leurs mines un personnel qui trouve dans ce travail un gagne pain régulier et assuré.

* Cette main-d'œuvre des salines ignigènes est composée

LS 0 2e d'ouvriers particulièrement stables ; elle comprend un grand nombre de petits propriétaires des villages d’alentour qui, après leur journée de travail dans les salines, se livrent à la culture. Cet attachement à la terre est carac-

téristique du type lorrain qui donne d’excellents ouvriers spécialisés.

Le personnel d’une saline ignigène se compose de chauffeurs dont le travail consiste dans la conduite des poëles et l’alimentation des foyers. Depuis plusieurs années, ces derniers sont chauffés mécaniquement et brûlent de la fine et des poussiers de coke. Le travail du chauffeur, jadis très pénible, est en conséquence devenu beaucoup plus facile et un seul chauffeur peut aisément conduire plusieurs poëles. Viennent ensuite, en suivant le processus de la fabrication du sel, les « sauniers >» ou « tireurs de sel » qui, lorsque le grain est atteint, tirent le sel de la poële avec des « rables » et le mettent à ressuyer sur le « manteau » (le « manteau » ou « talus » est une couverture en bois. ouverte au centre, qui maintient close l’ensemble de la poële pendant l’ébullition).

Le sel débarrassé de son eau de ressuyage, au grain de 6, 12, de 24, de 48 ou de 96 heures, est ensuite chargé sur des wagonnets par une équipe de manœuvres et conduit en magasin.

Ce travail s'effectue en général à la tâche ; c’est seulement après un séjour de deux ou trois mois à l’abri, pendant lesquels il continue à perdre de l’eau, que le sel devient marchand, ne contenant plus qu’une proportion de 2 à 4 % d'humidité. £

Le sel passe alors entre les mains de l’équipe, dite « de délivrance », qui le conduit à l’équipe d’expédition chargée de l’ensachage ; d’autres manœuvres prennent alors les sacs ou le sel en vrac pour les charger sur des wagons ou dans des péniches.

Aussi, la majeure partie du personnel d’une saline est-

elle composée de manœuvres. Cependant, certaines salines, pour pouvoir vendre un sel parfaitement sec, sont dotées de nouveaux appareils à vide ou de sécheurs qui nécessitent, bien entendu, un personnel spécialisé et dont les connaissances techniques en même temps que les responsabilités sont plus grandes.

A la suite des conventions collectives et de l’application de la semaine de 40 heures, en vigueur dans les salines depuis le 1* mars 1937, le salaire minimum d’un chauffeur est de 6 francs de l’heure et celui d’un manœuvre de 5 fr. 20.

De très sensibles augmentations sont intervenues aux différents postes qui servent de base pour calculer les prix de revient des différents sels, En ce qui concerne les frais de sacherie du sel de 24 heures ordinaire ou sel normal logé en sacs de 50 kilos, ces frais ont presque doublé de 1935 à 1937, passant de 2 fr. 25 à 4 francs par sac. La même remarque est valable pour les emballages carton.

Le salaire des mineurs est calculé par deux méthodes, soit au mètre cubc d’avancement par chantier, décompte fait des fournitures de mèches, poudre, carbures, etc, soit à taux fixe avec primes. La main-d'œuvre employée est strictement locale.

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