A DES
« son. Ils se mirent donc à concentrer l’eau par une cuis- « son opérée dans des vases exposés à l’action du feu et « purent de cette façon obtenir des matières salines à « toutes les époques de l’année et dans tous les pays mé- « me les plus froids.
« Certaines eaux sont naturellement salées, d’autres le « deviennent par le travail de l’homme en y dissolvant « des pierres de sel (sel gemme), toutes peuvent être trans- « formées en sel, soit en les exposant dans des salines « (marais salants) à la chaleur du soleil, soit en les chauf- « fant dans des chaudières, dans des pots ou dans des « fosses.
« Les salines peuvent être nombreuses si le pays le « permet. Il ne faut cependant pas en établir plus qu’il « n’est nécessaire, car on ne doit faire du sel que ce qu’on « peut en vendre.
« La surface des salines doit être bien unie et leur « profondeur peu considérable, afin que la totalité de « l’eau puisse se dessécher sous l’action du soleil, il est « bon qu’elles soient enduites d’une croûte saline, afin « que la terre ne boive pas l’eau.
« On y amène l’eau de la mer et si les pluies ne vien- « nent pas contrarier l'exploitation, on obtient un sel « d’une saveur très forte ».
Agricola nous donne ensuite la description d’un marais salant, il décrit les rigoles qui amènent l’eau de mer, les compartiments dans lesquels elle passe successivement, il nous donne leurs formes et leurs dimensions, rien n’est oublié, il ajoute :
« Quand tout est bien préparé, on débouche l’ouverture « du réservoir qui renferme l’éau de mer pure ou mélan- « gée de pluie et de rivière (1), les rigoles se remplissent,
(1) On se demande pourquoi ce mélange sur lequel Agricola revient à plusieurs reprises et qui paraît inexplicable, cependant l’auteur semble insister. Cette appréciation absolument fausse des faits est conforme aux idées alchimiques qui avaient cours à cette époque.