KG
RS Lie
on ouvre alors la vanne qui permet à l’eau d’entrer dans le premier bassin. :
« Elle s’y concentre et laisse déposer des matières ter-
reuses. On fait ensuite passer l’eau dans le bassin sui-
vant ; elle y séjourne jusqu’à ce que par l’action du s0-
leil elle s’épaississe et commence à déposer du sel. À ce moment, on ouvre la vanne qui communique avec le troisième bassin, l’eau y pénètre et y reste jusqu’à ce qu’elle soit complètement transformée en sel. Quant aux
premiers bassins on les remplit à nouveau d’eau de mer.
« Le sel est détaché du sol avec des râteaux et enlevé à la pelle ».
Agricola nous fait connaître également les procédés em-
ployés pour extraire le sel par l’action de la chaleur.
KQ
« Les chaudières où l’on cuit l’eau salée sont installées dans des baraques, à proximité des puits d’où on l’extrait.
« Ces baraques peuvent avoir 40 pieds de hauteur ; elles sont construites en terre, en briques, quelquefois même en pierre. La construction est haute d’environ 16 pieds et le toit de 24, il est en chaume, mais enduit d’une épaisse couche d’argile pour diminuer les dangers d'incendie. Cette couverture protège de la pluie l’intérieur de la maison et y maintient la chaleur nécessaire à la dessication des pains de sel (1).
« Chaque baraque est divisée en trois parties : la première contient la provision de paille ou de bois. Dans la seconde est installé le foyer sur lequel se trouve la chaudière. À droite, est un réservoir où des manœuvres apportent l’eau salée, à gauche, un escabeau sur lequel on peut placer une trentaine de pains de sel. La troisième partie de la baraque forme un grenier pour loger les pains de sel.
(1) L’installation décrite par Agricola ressemble beaucoup à celles
des anciennes salines de Salins,
Ka
Ka
LME
« Les parois sont également percées de deux fenêtres et le toit d’une ouverture qui livre passage à la fumée.
« Une porte, toujours ouverte, est devant le foyer ; elle a 8 pieds de haut et 4 de large, afin de permettre au courant d’air d’emporter la fumée.
« Une seconde porte, de mêmes dimensions, est percée dans la paroi opposée, en face de la première.
« On doit la fermer quand le vent souffle trop fortement, parce qu’il pourrait gêner la cuisson du sel. Les fenêtres sont, pour la même raison, munies de carreaux de vitre. Elles empêchent le vent et laissent passer la lumière.
« Le foyer est construit en pierres salines ou avec une terre mêlée de sel, qui devient fort dure sous l’action de la chaleur ; il est long de 8 pieds 1/2, large de 7 pieds 3/4 et haut de 4 pieds si l’on brûle du bois et de 6 si l’on se sert de paille.
« La chaudière est formée de lames de tôle ; elle esi de forme carrée, longue de 8 pieds, large de 7 et profonde d’un demi pied seulement. Les lames qui la composent ne doivent pas être trop épaisses, pour que l’eau s’échauffe plus vite et se convertisse plus rapidement en sel. Elles sont unies ensemble par des clous ; les joints sont garnis d’un lut (4) formé de cendres mêlées avec de la bile ou du sang de bœuf.
« L’eau salée, tirée des puits, est apportée dans des mesures contenant 8 seaux. (Chaque seau vaut 10 setiers romains). Si elle est suffisamment salée, on la transvase dans la chaudière avec des seaux ; si elle l’est trop peu, on y ajoute d’abord des pierres de sel qui augmentent sa force. À Halle, dans le pays des Hermondures. 37 seaux d’eau salée donnent deux pains de sel ayant la forme d’un cône.
« Le travail à la chaudière est fait tour à tour par un
() Lut : enduit tenace dont on se sert pour boucher hermétique-
ment les récipients que l’on met sur le feu.
KQ KA «
KG KQ
AQ
at
maître et un compagnon : chacun d’eux a, en outre, un aide qui est souvent sa femme, un garcon met le bois ou la paille dans le foyer.
« Ils sont tous demi nus, à cause de la chaleur considérable qu’il fait dans l'atelier et se couvrent la tête d'un chapeau de paille.
« Dès que le maître a versé le premier seau dans la chaudière le garçon allume le feu, si l’on brûle du bois ou des fagots le sel est bien blanc, il est souvent plus ou moins noir quand on se sert de paille, parce que les étincelles et la fumée retombent en partie dans l’eau et la noircissent.
« Le maître après avoir versé 18 seaux d’eau ajoute au 19° une cyathe et demie (1) de sang de bœuf, de veau ou de bouc, et le répand également dans tous les coins de la chaudière, il se forme bientôt des écumes qu’il enlève avec sa pelle.
« Après l’écumage qui dure environ une demi-heure, on laisse cuire pendant une heure trois quarts ; le maïtre et son compagnon brassent alors l’eau de la chaudière avec des barres de bois, puis ils l’abandonnent à la cuisson pendant une heure, après quoi ils procèdent à l’enlèvement du sel.
« Pour cela le compagnon dispose au-dessus de la chaudière des barres de bois et y accroche des corbeilles longues de deux pieds et ayant une forme conique, le maître les remplit de sel qu’il enlève de la chaudière, et qu’il entasse fortement ; il peut ainsi garnir deux corbeilles qui sont portées au grenier où le sel se dessèche ; les pains de sel obtenus ont généralement la forme conique, mais on leur donne aussi toute espèce d’autres formes, particulièrement celle de tablettes.
« Le maître et le compagnon travaillent jour et nuit à
(1) La cyathe est une mesure romaine qui vaut un douzième de
setier.
KQ
Ka