‹ La Question SalicoleChapitre 8 sur 48 · PRE · texte numérisé non relu

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l'exception des jours de fêtes ; une chaudière constamment chauffée ne supporte l’action du feu guère plus de six mois ; chaque semaine, et même plus souvent lorsqu’elle est neuve, on lave la chaudière à grande eau et on la bat pour détacher les incrustations qui se sont formées au fond ; si l’on ne prenait ce soin, la production du sel se ferait moins vite et l’on brülerait les 1ames de la chaudière.

« Quand celle-ci est neuve, pendant une quinzaine de jours, on obtient du sel de moins bonne qualité qui a le goût de fer.

« Dans les pays où l’on trouve le sel en pierres, les morceaux impurs sont mis dans leau douce, celle-ci par la cuisson fournit alors de fort beau sel ; dans d’autres localités on recuit le sel marin dissous dans l’eau et on le met en pains.

« Ailleurs on retire le sel des eaux chaudes et salées qui sortent du sol, on se sert pour le cuire de bassins dans lesquels on fait arriver ces mêmes eaux chaudes ; on y range ensuite des pots où l’on verse l’eau salée de manière à les remplir à moitié. La chaleur du bassin permet d'obtenir du sel dans les pots ; enfin, on fait quelquefois cuire les eaux salées dans de grandes marmites en fer, mais, comme on brûle de la paille, le sel est généralement noir.

« Certaines personnes traitent de la même façon la vieille saumure des salaisons, mais le sel qu’elles font a toujours le goût et l’odeur de poisson ».

Nous trouvons dans ces lignes l’idée première de tous

les procédés employés de nos jours pour fabriquer le sel. Agricola nous décrit d’abord l’évaporation de l’eau de mer au moyen de là chaleur du soleil qui nous donne le sel marin ou sel solaire, puis l'emploi du feu qui nous fournit le sel que nous désignons à notre époque sous le nom de sel ignigène. Il n’a rien oublié, ainsi que nous avons pu le

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constater par ce qui précède, ni le raffinage du sel gemme

ou marin, ni le combustible employé, ni la main-d'œuvre salicole.

2° Le sel dans l'Antiquité — Ses vertus Son symbole

Ces indications sommaires donnent une idée de la façon dont on récoltait le sel autrefois, de ce sel qui était déjà connu des civilisations les plus anciennes !

Comme nous l’a dit Hérodote, les sujets des Pharaons se servaient de sel parce qu’ils avaient remarqué que celui-ci avait la propriété de conserver les corps ; si les momies d'Egypte nous sont parvenues intactes après plus de 3.000 ans, elles doivent leur conservation à la dessication qu’elles ont subie et au sel dont elles ont été imprégnées.

Chez les Hébreux, comme chez les Grecs et les Latins, le sel joue un rôle religieux important, Moïse le prescrit dans le Lévitique parce qu’il est le témoignage de l’alliance que Dieu a faite avec les Israélites, alliance désignée sous le nom de : « pacte éternel du sel ».

Ce sont les Hellènes : Homère et Platon qui l’appellent un corps divin très aimé des dieux.

Les Romains le mélangent à la farine de froment pour se rendre leurs divinités favorables. |

L’homme a toujours cherché des remèdes à ses maux, et le sel ne devait pas tarder à être employé comme médicament.

Pline nous a laissé de ses vertus merveilleuses un catalogue fort complet ; si l’on en croit cet auteur, on l’employait tantôt seul, tantôt mêlé cu vin, à l’huile, au vinaigre, au miel, à l’origan ét à la poix ; le sel avait la propriété de guérir les morsures de serpents, les piqûres de guêpes ou de scorpions, les ulcères, les verrues et nous en passons...

Le -sel, par son piquant, rend agréables les aliments les

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