‹ La question scolaire des écoles du Manitoba: quelques observations sur le discours de l'Hon. M. Laurier, au banquet de MontréalChapitre 15 sur 18 · AH · texte numérisé non relu

AH

«J ai consacré mè carrière à laréaliea- | tion d’une idée.” — Cette. idée M. Laurier ne lg définit pss. clairement, Nous le re:

. grettons sincèrenfent : : rien -n’eut mieux æ? “éclairé tout je public eur le programme . mystique de P'Hon. Premier Ministre, celui qui ne varie pas avec les opportunités dela politique, et qui nous donnerait le

—— vrai sens de sa vie publique. Ce qu'i il en dit

que de clarté, et c’est peut-être ce qui lui a valu les applaudiseements de l'auditoire.

& J'ai pris le travail de la confédéra- ‘

tion où je l’ai trouvé lors sque je suis entré

dans la vie politique et j'ai résoln delui.

consacrer ma vie et rien ne me fera dévier de ina ligne de conduite e&t abandonner la

tâche de sauvegarder à tout prix notre

liberté civile.”

: Esvee à lidée de sa: carrière qne M.”

Laurier a consacré sa vie, ou au. travail

{de la confédération ? Qu le travail de le

confédération est-il l’idée à laquelle M.

Laurier a consacré sa carrière et sa vie ?

Cë n’est pas clair. : e

Ce qui est moins clair encore, c’est que M. laurier se soit donné la tâche de défendre à tout prix notre liberté civile, Cela indiquerait en effet que notre liberté civile est grandement menacée. Or nous ne voyons pas depuis la confédération où éont les terribles ennemis qui en veulent à notre liberté civile, si ce n’est peut-être le groupe de fanatiques qui voudrait anéantir tout ce qui est catholique et français, Jes MeCarthy, les Wallace, les Martin, les “Sifton et les Greenway, contre lesquels M.

Laurier n’a point levé la lance depuis longtemps. La liberfé civile des catholiques ne eoùrt point d'autre danger sé-

rieux que celui-là ; et ce n’est pas M. Lau+

rier qui la conjnre par sa politique de capitulation sans combat.

S'agit-il de la liberté civile des protes.

tants et des anglais :-personne ne, la menacée jusqu’ici, ni ne la menace à l'heure présente, et il n’y aurait qu’un Don Qui-

chotte politique. qui put vouer 88 vie â le

défendre. . 5:

Nous ne poutons pas du tont voir. comment M. Lannidr

liberté civile di contré qui il la sauve. Nous ne compfenans pas davantage le tonnerre d’applaudissements - qui äccuëitle

ici nous semble mänquer de sens autaht| cette déclaration sibyllique, à moiné que

est le sauveur de notre .

per une secrète entente de l’auditoire et de l’orateur, il n’ait intention de lui donner un sens perfide, calomnieux, manifestement impie et digne des libéraux sec taires de la pire école de libéralisme. M Laurier aurait-il voulu sous cette forme de pathos qui se prête si facilement à tous les non-sens et à toutes les erreurs insi-

nuer perfidement et lâchenrent que la li-

berté civile est menacée par Ja libre ac.

tion de PEglise catholique, sur la cons- “cience de ses enfants dans la vie publiqué comme dans la vie privée, et qu’il a voué 8a vie et a carrière à combattre et à dé- “traire cette action de l'Eglise sur les cons ciences, au'nom et dans les i intérêts de Ja 1 ibeñté civile telle qu'il la comprend ?

C’est sûrement la doctrine et le but avoué de grand nombre de publicistes de son parti. Si c’est là ce qu’il a voulu dire,qu’il le dise franchement, dans un lanyagé pré cis-qui ne prête à aucune équivoque, C’est le temps pour M.Laurier ‘être en pas seulement “brave loin du danger”.

Nous, catholiques indépendants de tous

“ partis politiques,qui prétendons les domi-

ner tous et n’être asservis par aucun, les hypocrisies mielleuses ne nous trompent pas, et les haines qu'a ‘ont pas le courage de s'affirmer nettément ne provoquent que

notre mépris. Nous aimons mieux la brutale agression d’un ennemi franc ct sincère que les cajoléries hypocriteé d’un traître qui embrasse sa victne pour l’é- “touffer plus sûrement. Nous: voulons sa- Lvoir quiest pour nous et qui est contre nous ; le nombre et le rang nous importent peu. ‘

Si-M. Laurier, comme ub grand nombre de ses amis, prétend que l’Egliee catholique opprime la liberté civile en éclairant et dirigeant les consciences de ses fidèles dans Paccomplissement de Jeurs devoirs

". de vie civile, &ila lintention bien arrêtée

"comme eux de combattre et d’anéantir cette action spirituelle de l'Eglise, et de lui

ment effrayée.Elle n’a besoin poür vaincre

trez toujours que ‘les catholiques. de ce:

ot | . + D & : .

faire Ja gnerre au nom de ce‘qu’il appelle.

la liberté civile, qu'it ait le courage d’avouer clairement ses opinions et ses intentions. Nous verrons combien voudront,

rester catholiques parmi les catholiques. : ;

qui l’ont suivi jusqu'ici. Mais, quel qu’en goit le némbre; l'Eglise n’en gera nulle .

ni de Ja force pi du nombre. Elle est sûre 4 d'avance de son triomphe, -noù point sur.

Ja liberté civile qu’elle a toujours défen due et défendra toujours, malgré. M. Lau. .

rier et 8es amis, mais sur les, politiciens à courte vue qui veulenc opprimer lacons. : . cience au nomde ladiberté. - .

Tous les puissants de ce monde qui ont voulu en faire l’expérience l'ont. appris à leur dépens.—Que M. Laurier choisisee Does ee sil le veut celui auquel il veut reséembier: La liste est longue—et glorieuse depuis Bisniark ‘et Napoléon jusqu’à

Julien lApostat. L Fc XIV h {.

Fes

Nous ne-pelevons pas | tout. Encore une ‘ observation! êt. nous’ aÿrons fini avec le *” * grand discours. 1 "|" ee, Le

“ Montrez au monde qu#/ Je catholicie. Le me est compatible avec l'exercice de: la liberté dans 8a plus vaste acception. Mon.

pays savent rendre/à Dieu ce quiest à.

Dieu et à César ce qui est à César.” | , Nous dirons à M. Leur: er'que, VEglise . «+.

catholique n’a pas attendu Je parti. libéral. dont il est le chef, pour montrerau monde : : 2

que le catholicisme ést compatible avec l'exercice légitime dela liberté, dans sa seule véritable acception. C’est Elle et.

Elle seule qui a mis au monde la liberté civile et politique, et c’est Elle qui la dé « fendra quand tous les libéraux du monde l’auront abandonnée et. trahie. comme à “ Winnipeg et à Ottawa; © est Elle et Elle seule qui Ja ressuscitera, quand les démagogues et les majorités despotiques. et op... rt pressives auront fini de l’assassiner, |

Mais les jeunes amis de M. Laurier ne \ montreront jamais au monde que Je catholicisme véritable est compatible avec Pexercice sans limite de la liberté de tout dire et de tout faire.. L'exercice de le He berté dans sa plus vaste - acception, Ë est l'affirmation et la conséquence. pratique ‘de © la souveraineté absolue de la volonté bumaine, qui est une impiété absolue et une “sottige"absolne, ‘+ Fos “Noùë n’accusons pas le chef libéral d’a- "voir vonlu dire cette énormité... Mais c’est * pourtant le sene naturel qu'on. doit donner à ses expressions, si on les prend \ leur . valeur réelle. C’est une de ces phrases si fréquentes dans l’éloquence verbeuse- dé © M. Laurier, où la soñorité des mots rem place habituellement la justesse et la pfo- . fondeur des pensées. 7 S'il en est ainsi, si lexercice de à lberté dans ea plus vaste acception n’est . autre chose que le droit de tout dire et de tout faire, et ia pratique du dogme de la souveraineté absolue de la raison'et de la

° volonté humaine, il.sera toujonrs en op

“position formelle avec le catholicisme-qui . professe comme premier principe la'souveraineté absolue de Dieu et la dépen- ‘dance totale de Es raisan et de la volonté

- hurnaine de la souveraine volonté de Dieu:

däns toutes ses pensées et toutes ses ac-

tions. . Le" S'ils sont catholiques, les. jeunes" tibé raux croiront que la liberté humaine est “essentiellement limitée et réstreinte par toutes les lois et tous les droits qui sont, à un titre ou à un autre, l’expression de la volonté de Dieu. Ils professeront que la liberté qui méconnaît un seul droit ga- - ranti parla loi divine, naturelle ou positive onu même les lois fondamentales de -la société civile ne mérite plus de s “éppeler liberté—et doit 8 appeler sui-

‘’ vant le cas libertinage} iniquité ou- im-

“piété. Ils comprendront que cette pré-

teñdue liberté si vaste qu’elle nia pasi ce dui est à Dieu et à César

d'autre Jimite que son impuirsance phy sique est inconciliable non seulement avec le catholicisme, mais avec, honnêteté naturelle et le bon sens. Si donc ils-tentent de montrer au monde que le £catholicisme est conciliabieavec une telle liberté, iis Jui montreront qu’ils ont perdu avec la notion catholique de leurs droits et de leurs devoirs la’ potion ‘même de toute mirale et fe bon sens quien est après Dieu et éon Eglise le premier maître,

"Les j jeuñes libéraux u’auront pas davastage l'honneur d'apprendre au monde.

où à leur pays que les catholiques savent rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à Céear ce qui est à César.—Il y a dix-huit cents ane que les catholiques . Tapprennent au monde parleur vie, par leurs paroles - et par leur mort’ généreusement offerte pour l'honneur de Dieu et le service e légitime de

— César. : | -

Il y a bientôt trois cents ans que les ca-' tholiques de ce pays ne cessent de rendré glorieusement :

aussi fidèlement et aussi qu’en aucun pays du. monde à Dieu. ce Lqui est à Dieu et à Cesar ce qui eët à César.—Ce n’est pas du parti libéral qu’ils ont appris leurs véritables devoirs envers Dieu et-envers César: c’est de la sainte Eglise catholique par le fidèle en-

sgigièment et la sage direction de ses Evé-

ques et de ses prêtres.

"S’il e’est trouvé dans-notre pays comme

aiileurs des catholiques qui n'ont vas ‘au

rendre à Dien ce qui appärtient & Dieu ei

à César Cequi appartient à Céear—ça “n’a päs été en général, eroyons-nous, dans les ranga.du clergé catholique:ni de ceux gui ont fidèlement suivi monts et sa'direction, mais dans les rangs

de ceux quise sont affranchis de çette salutaire direction et qui presque Étous

depuis soixante ans ont prétendu appar tenir à ce qu’ils ont appelé le parti libéral.

omment le parti‘ libéral rendà Dieu ce qui est à

-8es engeigne-

Cr

Lu

César, il a commencé à. l'appréndre au pays en 1837-1838 à St Denis et St- Eustache ;ila complété sôn enseignement à Winnipeg en 1890 et à Ottawa en

1896 et 1897, .

Nous ne trouvons pas que cés sétats de services soient plus glorienx que ceux de l'Eglise catholique et des fidèles qui sui vent sa direction,

"Dans le petit discours anglais. qui a suivi Je grand discours française, M. Lau.

rier a été ‘moins malheureux—Nous en noterons seulement deux imaximes qui auraient besoin d'explication.

Dans la communauté où nous vivons, il n°y a aucun homme dont les droits sont absolue.”

“ Les droits d’un homme sont limités novu-seulement par les--droits’ des autres hommes, mais par les sentiments des autres hommes.” ‘ ‘

Les lecteurs non prévenur de passion politique qui auront euivi cet examen du grand discours de M. Laurier an banquet de Montréal le 30 décembre 1896 reste.

roht convaincu conne noue qu fil-est-sur-

tont pauvre en principes “clairs et vrais et en arguments sérieux. Leg. phrases qui

pe savent pas au jnste ce qu’elles disent y sont en trop grand .nombre ; l’exposition w OP à se

mn

DA

des faits y manque en général de sincérité et de loyauté, et la plupart des arguments ne supportent pas.un examen ‘sérieux

parce qu’ils s'appuient le plus souvent où sur des faits et des documents incomplète.

ment exposés ou arbitrairement interprétés, sinon complètement dénaturés. C’est le plaidoyer d’un'avocat habile et insinuant qui. n'oublie aucun non de préjuger nn jury en d’une mauvaise cause: ce n’est point le ‘discours d’un, homme ‘d'Etat qui impose, la confiance par la ‘fernie Pélévation de ses ‘principes, par la logi-

faveur

que de ses ‘déductions, par Îa nettetéret la

précision de. son léngage ; il peut passion ver et séduire nn jury : il ne saurait convaincre un juge. Tel qu’il est il ne justi fie ni la haute réputation d’éloquence de M. Laurier, ni Sa fortune politique, ni même l’enthousiasme de l’auditoire.

IFest vrai que nous ne voyons plus le geste et que nous:n’entendons plus la voix de l’orateur qui avec la passion politique

suffisent à expliquer les applaudistements.

Nous n’avons entendu qu’une seule fois M. Laurier, et ce jour là l’a atmosphère ne Jui semblait par favorable ; nous ne pouvons nine voulons juger ‘son éiloquence.

Mais si la perfection de son geste et lainiu. . sique de sa voix font souvent cômme dans

le cas présent illusion sur la ‘pauvreté de ses idées et la faiblesse de son argumentation, dans Vintérêt de sa gloire, il ferait mieux. de ne pas se laisser i imprimer.

__moyen juste ou.

Î " * s LU n ed

:-,. Nous avons lu le texte authentique et : ‘corrigé du discours de M. Laurier publié f dans le Cultivateur du 9 janvier.—La ‘phrase seule y gagne quelque peu, la pen- ° |. sée he vaut guère sauf sur un point où elle’ semble modifiée—dans -le sens du -vague et de Vincertain. Dans la’péroraison, À M Laurier, an lieu de dire‘comme dans la ”. Presse que “ le catholicisme, -est compa- ‘ tibleavec la liberté.dans 53 plus vaste . acception,” dit: “ daps ga plus haute peception”—La pensée est moins claire :

‘est-elle plusjuste? Ponren jüger sûrement il faudrait savoir ce que M. Laurier “appellela .plus® haute ‘acception de ‘la liberté. Rien ne l'indique ni de près ni de =: Join: Poùr être sûr de ne faire aucune injustice nous ne risquerons äucune intér- 1. prétätion. l:a pensée de M;, Laurier. étani HER :si peu claire qu’elle n’est nullement . sai- Ê sissab'e, lui seul 4 le privilège de la pou k ‘voir expliquer et’ ‘de lui donner un sens Fo: aécéptable. Pour nous, nous n'avons ma- ©‘ nifesterent.conime tous les: lecteurs que le privilège etle droit de n’y rien com prendre.

rité du Manitoba, si ellesne sont pas É suffisantes ontau moins mis fin à une Ce longue .agitation.—“Et ne vaut-il pas mieux. que. celte question . soit réglée plutôt que de Ja laisser, si longtemps ‘en suspens ?” sn ES

Non, assurément, car un règlement dé-.

sastreux d’une difficulté n’est jamais préférable à Ja lutte pour “obtenir ! un règlement équitable. La paix vaut mieux que Ja guerre, quand elle est avantageuse -! : où au moins honorable; elle vaut ‘infini. see ment moins quand elle consacre, par une ‘ capitulation déshonorante, la déchéance . ‘.

de tous les droits Mieux vaut pour les : | | ‘catholiques une hitte dontils peuventes. Te pérer quelques avantages, qu’une paixqui . un 1% ne leur donne rien efne eur permet de uit rien espérer. |

Du reste, si M. Laurier croit avoir mis fn à l'agitation sur la question scolaire par la cession qu’il n faite, sans aucun droit et sana aucun pouvoir, de tons les | privilèges de Ja minorité manitobaine, il a | . prouvé une fois de plus qu’il manque to- | talement de sens. politique. L’agitation, .

pour être plus calme, .n’est ‘ni moins s6- 7 rieuse ni moins profonde qu’aux premiers La, jours. Le compromis ne l’a pas calmée, D tant s’en-faut ; mais, au lieu, d’émouvoir. — surtout les passions ; politiques, elle remue __— TRS profondément les consciences — ll | ment les consciences Gtholiques qu’ ’éclaiera toujours Ja lumière de PEglise; mais toutes les consciences vraiment honnêtes .

et chrétiennes pour lesquelles le droit et la justice sont au-dessus des . lois ‘humaines et de la volonté du noinbre, Grâce à :

Dieu, nous re sommes pas seuls à croire at qu'il n’y 8 de paix et, d’ordre possibles .

dans une société politique que. par le res-

Du discours de Québec ous dirons peu ‘ ‘de chosr.—Ïl est eurtont. remärquable comme fon ainé par le galimatias oratoire e et politique que digsimule assez imparfai- ‘tement Fabsence de pensées justes et

N élevées et de raigonnements sérieux.— Donnons-en rapidement la preuv D'abord il n'apporte pas un seul argiiment nou veñu—<C ‘est ‘ dire suffisamment qu'aucun de ceux -qu il apporte ne sou- tientun examen sérieux ; nous V'avons

‘ amplement démontré. .

M. Laurier prétend que. ‘les concessions qu’il veut imposer malgré elle à la minc-

4 ‘ : Vo

Tu * pect et. la sauvegarde de tous les droits, del ‘la conscience. Si: M. Laurier le sait et le comprend, son langage n’est digne ni d’un

‘homme d'Etat ni imême d’un honnête homme ; s’il ne le sait pas et ne le comprend pas, il est pris de cet aveuglement

a | dont Dieu ‘punit souvent les crimes politi-

| ‘ques, et qui prépare la chutei ignominieuse

et prochaine des pouvoirs en, apparence

F les plus.sûrs d’eux mêmes et ‘lés mieux

7 | affermis. 7. 7 \

h ù à . ù 2 2 CE

M. Laurier revient sur la maxime des

« droits absolus qui nous a intrigués ‘déjà

L ou, dans le discours anglais de Montréal. T] y

‘ a plus de mots et de plifases, hélas! pas

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