CRETE CE
‘ INOR. , j
. récévra désormais
. de M. Laurier qui ressemble à F *
- © Ù - Ièvép£ parfois des hommes qui peuveut marcher à légal de Mirabeau et de Gambetta, de Thiers et de J ules Si-
“Allez à Rome, diré au Pape que votre politique -a, pour principe J'union fraternelle de tous les chrétiens de ce pays... et que cette politique a reçu et l'approbation de tous les catholiques ‘éclurés du Canada. ”
I1 faut avouer-que le premier, comnc pavé, est-d'assez bonne taile, Si M.
Laurier n’en a été ni étourdi ni blessé, il & la tête durement constituée. Quelque soit le talent de AL Laurier, que personne pe conteste, il n'est l'égal ni de Mirabeau, ni de “lhiers, et ue ressembie en rien ni à Jules Simon ui à Gambetta. Mirabeau et Gambetta om été deux hommes puissants pur la parole, ‘le ‘premier par la passion, lé deuxième parce que Veuillot appelait la “* bête oratoire.” M. Laurier, comme vrateur, n'a le tempérament ui de l’un ni de l'autre, La France le reconnaiur'ait loins. encore comme l'égal de Jhiers. Au point de vue politique, le compliment n'est pas immense 3; au point de vue littéraire, il semble une raillerie, M: Thiers à été un politique de très petité taille, qui a su démoiir et défaire, et qui n'a su rien faire ; mais il avait un immense talent d'ora-
teur, où, si Yon veut, de causeur et d'écrivain, Nous ne connaissons rien
Histoire du consulat et ‘de’ l'Empire 7, Nous croyons même—et nous souhaitons nous tromper—que la Krance
donnerait plusieurs volumes de dis-
cours de M. Laurier pour une page de
Jules Simon. Ce que Jules Simon a
« ù CNP eee 700 RAI FA A ARE OR a 0 A AD nm nn chan Rai à
fait de meilleur.et de plus sensé, c'est
sa mort chrétierine, qui a désavoué et réparé une vie de quatre-vingts ans.
‘| Nous souhaitons que M. Laurier fasse
comme lui une fin chrétienne, après uue aussi . longue vie où il y aurait moins à réparer. .
«Le deuxième. aliénas est plus malsa conscience? M. Laurier ira-t-il comleureux' encore. Comment ose-t-on conseiller à M. Laurier d'aller 'à Rome jusqu'au Pape ? N'est-il pas le
chef qui en plein parlement a déclaré : :
qu'aucun -pouvoir sur la terre ne pouvait imposer ou dicter une direction à me catholique ? alors il lui faudra sou mettre sa conscience à Ja-direction du l'upe, qui ne diffère point de celle dés ” évêques? Ira-t-il comme libéral qui eneu ere IHUEPDEQUAUT ue I IerdrClie catholique et ne que dé son propre jugement, ? -Ën ce cas, pourquoi ira-t-il au Pape ? et celui-ci consentira-t-il à le recevoir ?
donner un pareil conseil on aurait dû
relever
réfiéchir que M. Laurier ‘est déjà alé -
à itome, dans la personne de l'abbé Proulx et du chevütïér Drolet et dans la brochure de son ami M. L.-u.. David. On sait le reste. |
Si M. Laurier prétend que sa politir que a, comme on le dit, pour principe’
l'union fraternelle de tous 'les chré- “
tiens, on lui répondra que l'Eglise catholique n'a jamais eu elle-même d’auires principes, mais que cette union
fraternelle n’est possible que sur le :
terrain de la justice qüi respecte et gärantit les droits de tous ; que- l'union des chrétiens n'est possible par le ‘sacrifice ‘d'aucun principe. ni d'aucune vérité, et que fût-elle possible, : elle
n'est pas désirable à ce prix.
Avant de :
pes s
LA
nl
‘ questions de nombre. Le verdict popu-
: morale et de 1a religion.
‘ n'aurait done pas à.prouver que le
« tromper en portant un jugement sur
Quant à faire croire au Souverain Pontife que sa politique de’ conciliation a reçu Vapprobation et recevra
“toujours l'approbation des catholiques . éclairés du pays, M. Laurier y arrive-
ra difficilement . - ’-Le Souverain Pontife ne croit.pas que ln justice 'et'la vérité sont des laire n'est rien devant lui. Le peuple “peut erter dans ses ° ‘jugements et se laisser guider par-ses Passions plus facilement que.-par les principes de-
M. Taurier
reuple a été pour lui, maïs que le peuble 2'a pas été trompé et n’a pas pu se
sa politique.. C’est plus qu'il ne peut faire, En réalité le peuple ‘catholique
e s’est nullement prononcé sur la politique de M. Laurier annè le ràglement des écoles; puisquéïles termes de ce règlement n ont. jamais êté soumis aü peuple. ‘
-M. Laurier ne prouvera pas davantage que s0n rèrlement est approuvé et sera approuvé de.tous “les .catholiques, éclairés ”. Lé' Souverain Ponti:
| fe est sûr du contraire. F1 vient de voir
plusieurs de nos Evéques. Il les a ju-
’ gés catholiques assez éclairés, puis-
aw’il les a continués dans leurs fonctions en les faisant assurer qu’on ne tralterait rien sans eux. C’est ir que l'on a voulu écouter à Rome dé préfé-
| rence à des catholiques très éclairés
äe la lumière même de M. Laurier, ‘comme M. l'abbé Proulx et M. le chevalier Drolet. Or, jusqu’à présent, Nos Seigneurs les Evêques n’ont point approuvé la politique de M. Laurier dans la question scolaire ni donné à enten-
äre qu’ils l'approuveraient plus tard. , : Veut-ik dire que nos évêques ne sont;
Las des catholiques éclairés, ou diré
-que les catholiques éclairés n’approu-
vent pas et n’approuveront jamais sur ce point la politique de M. Laurier ?
Si les Evêques né sont.pas des catholiques éclairés—où sont les catholiques éclairés das notre pays ;"si les Evé-
ques ne sont pas des catholiques éclai- |
rés, comment dire au Pape que la politique de M. Laurier est approuvée des catholiques éclairés ? - :
Cen’est pas tout.Au-dessous des éveques dans la hiérarchie catholique, il 3; a assurément bon nombre de catholiques qui ne sont pas moins éclairés
que M. Beaugrand, M. Pacaud et M.
Thomas Côté. Donners-ton facile.
ment Ja preuve qué ces prêtres qui |
rrélèvent volontairement sur leur modeste revenu les Fubsides nécessaires
au soutien des écoles catholiques du
Manitoba, ‘appronvent et approuveront toujours. la capitulation de M.
laurier. :
Et dans les rangs plus nombreux des laïques catholiques, est-I1 bien sûr que toutes” les lumières soient" du côté de M. Laurier ? N'y en a-til absoïiment aucune du côté opposé ? N°y a-t-Îl point parmi nos concitoyens des
catholiqües aussi éclairés et intelli- :
gents que les amis de M. Laurier, qui g'honorent de suivre là direction de
leurs évequés - et réprouvent comme eux des concessions qu’ils regardent.
comme une trahison et une iniquité ?
T1 faut bien avouer que M. Thomas Côté exhorte M. Laurier à conter au Souverain Pontife un abominable
mensonge:— ou que notre pays ne
compte guère dans tous les rangs de la
. £ \ à to î , h se ‘ “ pa2 Len ordre Re REA PARA EEE A nd Date dame NÉ ee
société que des ignorants et des. imbécles. - in Le président du banquet a,au moins prouvé qu'il y en a même dans les rangs des ‘amis de. M. Laurier.
Ceux qui en douteraint n’ont qu'à Hire,
attentivement cette adresse. Ile se fe-
“ront une idée médiocrement flatteuse
et de celui qui l'a écrite, et de celui qui l'a jugée ‘digne d'être lue ou récitée en une telle circonstance, et de ceux qui l'ont approuvée, probablement sans s la comprendre.
L’hon. M. Laurier aurai if gagné à lire cette adresse et à la corriger avant d'en äccepter la présentation. I} aurait aussi pâr le fait rendu un bon service à son parti,
Pre
veteretes Vureretnimenens
H est difficile en effet de prendre au sérieux ses paroles de respect et de
vénération -pour les évêques quand ï les laisse brutalement insulter en pu-
lie par ses amis sans avoir l'air de se douter et sans leur donner à enten-
îre qu’ils commettent à tout le moins
une souveraine inconvenance. Il n’est
guère plus facile au clergé de croireà
lla‘bienveilance d’un parti qui se plaint
de n’être pas en faveur et qui ne manque’ pas une occasion d’insulter publianement et gratuitement et officiellement, et le clergé et ses chefs, et'les catholiqües qui ne disent pas comme le député de Chicoutimi :
avant tout!”
“ Le- parti
ne annees
M. Laurier croit avoir démontré dans ses six mois de pouvoir. “que le mot libéralisme ne signifie pas révolution et que
la conciliation est “exempte de faiblesse.
comme de violence” *
. Nous nous occupons peu du mot libéralisme. Ce n’est pas le nom ni l’étiquette qui fait la valeur de la marchandise. Nous
ferons seulement observer à l’honorable
. premier-ministre que, -s’il est soupçonné
et accusé injustement par des adversaires politiques et parfois per des catholiques sincères peu versés dans la politique, de
‘libéralisme révolutionnaire, il le doit en
grande partie au zèle inconsidéré et à
‘ Penthonsiagme imprévoyant de ses parti-
sans et de ser amis. Jusque dans l’adresse présentée au banquet de Montréal, nous avons relevé de ces paroles malheurenses qui'ne peuvent que préjuger contre lui une partie de l’opinion. ,
: Nous ne croyons pas pour notre part que l’honorable premier ministre soit un révolutionnaire. Il ne l’est point par tempérament. Nous croyons plutôt qu’il lui manque, comme à un grand nombre de
. n08 hommes politiques, des notions nettes
et précises sur ja nature et la fin de la 60-
diété civile et politique, et. partant sur les
droits et les devoirs du pouvoir public en toute’ société, quelle qu’en soit la forme de
Su 8 discours de M. Laurier au banquet de Montréal
gouvernement. Or, ces notions fondamentéles que l’on dédaïgne trop aujourd’hui, rien ne supplée à à leur absence dans un homme d’Etat, quelque brillantes que soïent ses qualités intellectuelles et quelque habile que puisse paraître sa tactique ‘parlementaire.
Sans avoir le droit de parler au nom de Vopinion catholique, nous croyonë pouvoir rassurer l’honorable M.Laurier sur le jugement qu’elle porte de Jui. -Ellene l’accuse pas en général d’être un révolutionnairc de principe ou d’instinct, elle ne le compare ni à Mirabeau, ni à Gambertä ; elle se contente de penser que sa science dés principes sociaux n’est pas à la hauteur de sa verbosité,et que ses notions trop imparfaites l’exposent à tomber dans des erreurs dont il ne comprend probablement pas toutes les conséquences, mais qui n’en sont pas moins lamentables.
Nousne pouvons pas concéder à M.
Laurier que sa conciliation a été exempte de faiblesse et de violence. |
D'abord nous: voyons bien le mot de concitiation,nous ne voyons paë la chose.
M. Laurier doit vouloir autre chose quan
mot. Avec un môt on trompe lopinion po-
pulaire, n'ais on ne gouverne pas—et avec.
“un motun homme détat- intelligent et”
consciencieux ne se rassure point 8 si Tage sure d de plus naïfs que Jui,
. un Fo s
- L’'Hon. Premier Ministre veut sans
doute parler detou règlement on de’ce qu'il appelle ainsi. Or ce règlement n’ést * pas une conciliation. Il n’a concilté ni des idées, ni des intérêts, ni des personnes.
Dans la question scolnire, il y avait en “présence deux principes contradictoires :
Le principe chrétien qui veut que tout l’enseignement soit religieux et surveillé —-par ceux à qui Dieu a confié l'éducation 5 religieuse et morale de l’enfant ; et le prin- ! cipe anti-chrétien quisveut douner un en.
seignement sans aucune influenee ‘reli- gieuse et surveillé uniquement par un-mi- 7 nistère de l'éducation et des officiers
civils. Si M. Laurier croitavoir infirmé|
“# ‘par ses concessions l’énergie du: principe
‘ chrétien ilse fait une illusion qui. ne trompe personne : et s’il prétend en avoir!
» impôsé au principe de léducation: pure.
ment civile au nom de VPétat, son illusion
n’est pas moins évidente. Aucuh prin-
cipe n’a désarmé. Le principe anti-chré-
tien a gardé tout ce qu'il réclame et veut
ee garder-—le pleine direction de lenseigne mentet de l’enseignement tout entier ;:— il a concédé ce qu’on ne ui demandait .point— l'instruction religieuse en. dehors età part de Pinstruction publique. Le principe chrétien: n’a rien gagné: puis.
qu’il voulait tout l’enseignement public au moins pour les siens,‘et qu’il. na rien obtenu qu’en dehors’ de l’enseigne-
: ‘ment public, ce qu’il n’avait nulle inten-
ion de demander. ,
Il n’y a donc pas eu conciliation d’idées ou de principes. Le gouvernement du Manitoba a certainement servi dans ce pré-
> tendu compromis tous ses intérêts ; il à° en a sacrifié aucun. Mais la partie adveree n’en peut dire autant. Ce qu’elle regarde -à bon droit comme son premier intérêt religieux et moral a été sacrifié totalement, Son droit naturel et divin à donner à ses eñfants l'éducation et la formation qu’elle désire pour eux, droit qu'aucun pouvoir
De
+es prétentions de la majorité, Cen est pas cela .qu’on appelle | une coù iliation :
public ne peut confisquer à son profit, il & été également abandonné. : Son. droit en." fin même pécuniaire, de ne pas contribuer:
de ses deniers à üne œuvre qu’elle déteste et de voir appliquer à son service.lé fruit’ de ses côntributions" & l'état, il est également mécounu.
Le compromis n’a done sauvé aucun.
intérêt de la minorité : il deçgonsacié tou”
d'intérêts.
Huy a pas eu davantage conciliation entre les per ounes, Le pouvoir provincial n’a Poe accordé . le gouvernement manitobain ayec la minorité. Onle reconnait. Læminorité n’a pas même été consultée. On a donc concilié le gouvernement d'Ottawa avec celui de Winnipeg, mais non celui de- Winnipeg avec les'catholiques de Manitoba. C'était la seule conciliätion à faire, et c’est celle- là que Von n’a pas faite. . °°
‘In y e donc pas eu conciliation comme Vatfirme M. Laurier. Mais il y a eu plus :
que faiblesse. | -
Assurément îr ne viendra à l’idée d’aucun honnête‘homme qui lira le discours de Québec (maï 1896) que l’Hon. Premier Ministre n'avait pas à ce moment le désir sincère et l’espérance d’obtenir plus qu’il n’a obtenu pour nos frères de Manitoba.
Qu'il ait été illusionné surles dispositions de ses alliés de Winnipeg, et'sur son pres:
tige et son crédit auprès d’eux, nous ne le :
contestons pas. Nous aimons mieux croire qu’il 8’est trompé dans ses calculs que de
Te &
supposer qu’il a vouln sciemment tromper - ”
un peuple confiant dans-la loyauté ‘de ses intentions et ln sincérité de sa parole.
Nous croyons que &’il n’a ‘point fait acte d'autorité, ila donné des preuves mani.
festes d’impuissance et de faiblesse.
Les amis eux-mêmes en conviennent.
Les résolutions de Québec ne sont, plus
Be us
Ee ]
Lt
- triomphantes : elles plaident lés circons-
Fhonorable M° Laurier aurait dû s’accuser
get un * RL 7
tances atténuantes : “C’est tout cé que le gouvernement pouvait obtenir dans les circonstances”. C’est assurément tout ée qu’il pouvait obtenir par cette voie, on le Juiavait prédit. Ce n’est pas tout.ce-qu’aurait pu exiger et obtenir un chéf vraiment fort, comme il #’en est rencontré dans n08 deux partis politiques.
Le pouvoir m’existe ‘point dans la 86ciété pour a” protection des forts, mais «por la protection desfaibles—et le jour où le pouvoir est impuissant à protéger les dioits du fort et du faible il cesse d’être un pouvoir, il est une impuissance. Plus ‘que cela : il est une nuisance ; ; il devient oppresseur, . parce qu’il consacre par son - consentement on son inaction toutes les 6ppressious qu'il n a nile courage ni. la force de réprimer: Or cette dppression du droit par la complicité de la faiblesse'elle est bien aussi une sôrte de violence— puisqu'on appelle justement violence tout ce qui viole la justice et le droit.
Pour être vrai—autant que sincère —
de faiblesse et de’ violence, au sens que nous venons de dire, et non 8e louer d’une conciliation qui n'existe que dans son imagination et dans la bouche de ses amis.
Mais il n’avait pas sans doute l'intention de se confesser en public—ou il croyait comme ce naïf Breton qu'après avoir dit ses péchés; if m'avait qu’à dire: ‘sanctus | sanctus ! sañctus ! ‘ : ï
ES pu 1
M. Laurier s’applaudit :d’avoir ‘ fait quelque chose pour le règlement de la . question des écoles, tandis que ses prédécesseurs n’avaient pu rien faire pour ar- ‘river à une solution ra pendant les dernières années.” :
Est-il bien vrai que ces prédécesseurs n’avaient absolument rien fait ? Nest-cé , Pas par leurs efforts que les catholiques di du
Penseignement de sa langue maternelle. ** {
Manitoba oht été mis en possession d’un’ jugement solennel du plus bant tribunal de l’Empire qui reconnaît et confirme leurs droits ? qu’ensnite le parlement . fédéral
a sanctionné par le premier vote le prin-
‘cipe d’une loi réparatrice, loi qu’ils eus:
sent pu faire adopter définitivement s'ils avaient eu le loyal concours de M. Laurier
et de ses amis comme ils étaient en droit
de lattendre dans une question d’intérêt social et non de parti politique. Du reste a position du chef libéral était loin d’être aussi embarrassée que selle. des chefs con:
servateurs. À ‘Winnipeg il n'avait pas un gouvernemeñt hostile qui ne chercherait qu’à lui susciter des-embarras.” Au ‘Parle-
ment ea forté majorité lui venait presque
entièrement d’i ne province £atholiqué qui désirait voir” réndre tous leurs droits aux
manitobains opprimés. Le chef de POp.
position avait promis 80n. loyal concours.
La province du Manitoba elle-même avait donné une majorité favorablean redressement des griefs des catholiques parle Parment fédéral. Avec une si forte position M. Laurier n avait pas à supplier ni à mendier, il n’avait qu’à exprimer son désir
et sa ferme volonté pour voir tout rentrer
dans l’ordre de la justiçe.. «1 :X , Nous avons obtenu des concessions
qui permetteut à Ia minorité catholique
d’avoir dans ses écolés non-seulement l’enseignement de la religion, mais aussi
On a fait observer déjà maintes: [fois € très-justement à M. Laurier que latino rité catholique n’a jamais demandé l'en?
seignement de ja religion, mais bien Pen.
seisnement religieux dans Tes écoles élé.
mentaires. , Ce n’est pas du tout la même-
chose. On peut donner dans une écola dix, vingt, ou trente minutes ou plus d’enseignement de la religion, et y donner un enseignement qui ne soit nullement religieux. L'enseignement de Ja religion, éelui qui a pour but de douner ! un certain
AS
nombre de nôtions de dogme et de morale
il n’importe pas qu’il soit donné’ à l’écol ou ailleurs; mais l’enseignemeut religieux, celui qui a pour but d’imprégner du par.
-fum religiéux toutes les pensées et tonte la vie de l’enfant,il faut qu’il se donne à l’école qui remplace la famille ‘chrétienne et doit : continuer d’après les mêmes principes l'é-
“ | ducation chrétienne de‘Tenfanee.
‘ M. Laurier a bien‘ obtenu du Manitoba la concessioh d’une possibilité de l’ensei- - guement de ‘la religion .eu déhors dela
. classe proprement dite : il n’a pas obtenu y - “dans la moindre mesure la: concession ‘de © Veréeignement religieux, le seul ‘que de- .“mandaient et voulaient les catholiques, et ‘ le seul qui pent les satisfaire, parce qu’ils sont tenus en. conscience de la donner à leurs enfants, äu prix de tous les sacrifices
\.,. possibles. 4 Si M. Laurier ne ‘comprend point Ja dif ir férence de’ l’enseignement religieux et d’un enseignement quelconque de la religion, il
.pourus homme appelé à gouverner un -pays chrétien. S'il comprend cette différence, il sait parfaitement aussi qu’il n’a rien donné aux catholiques de ce qu’ils demandaient au point de vue de l’ensei- - gnement religieux et par conséquent il a
* élus habile que sincère dans cette dé:
claration ; et son discours serait plus digne d’un avocat que d’un homme d'état. 7 r Le premier ministre n est pas plus juste - ni plus vrai quand il se vante d’avoir ga. gné l’enseignement du français. Ce n’est nullement l’enseignement du Français qu’on lui a promis, mais l'enseignement en français, ce qui n’est pas Îa même
' chose. Quand Fhon. M. Laurier explique ‘ en français à son auditoire les problèmés
et politiques qu’il a à résoudré, &il parle à:
| un auditoire français, il enseigne son auditoire et l'enseigne en:français, mais ne Jui enseigne nullement le françuis. - Engei.
gner le français, c’est apprendre à: quel.
a ‘vraiment des notions trop: insuffisantes |’
qu'un, les lois de la langue française, lui apprendre à parler le français et à l’écrire correctement. Enseigner en français, c’est se servir du-français pour apprendre à | quelqu’un non pas la science dela laugue française, mais toute autre science ou connaissance qu'on, veut lui communi-” quer. É E or Or,'le gouvernement manitobain n’apas :
promis l’enseignement du français, mais enseignement en français, ce qui est bien.
différent. L'enseignement en français, il n’était pas nécessaire qu’on le demandât.. Dès lors qu’on reçoit dans une école un certain nombre d’enfants qui ne compren:
nent que le français, il faut bien qu’on 8e serve d’abord de feur Jangue-pour leur . $ apprendre quelque chose. si M. Greenway .__t et ses collègues onteu besoin de la haute - ©. diplomatie de M. Laürier pour lecom- :.
préndre, cela prouve manifestement . que leur bon sens est. à ‘la hauteur de leur honnêteté politique: Lt l La concession dont se vante M. Laurier
- West pas une concession faite à la minori-
té française : c’est simplement une condition d'efficacité promise aux écoles publiques. C’est une promesse que Penseignement de-.ces écoles sera -mis à Ja por-
tée des'enfants.de langue française. qui -
voudront le recevoir, nullement la pro:
inesse ue ces écoles: enseigneront sérieu-, sement à parler et écrire correctement la Jangue française,‘ ce qu'il s ’agissait d’exiger et d'obtenir. . ou à
Un homme aussi habile et. aussi intelii.
gent que M. Laurier ne peut point s’être
laiseé trompé par une équivoque .si grossière. Pourquoi la présenter avec cet air de candeur satisfaite à un auditoire déci.
dé d’avance à tout approuver"? Il ya là quelque chose qui n’honore point ‘le ca-
-ractère et qui n’est assurément ni du cou-
rage ni de la sincérité. Pourquoi chercher à tromper le peuple sur le sens et la por-.
tér véritable de cette’ clause du” prétendre. |