‹ La question scolaire des écoles du Manitoba: quelques observations sur le discours de l'Hon. M. Laurier, au banquet de MontréalChapitre 5 sur 18 · SN · texte numérisé non relu

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UN

“ : J'admets volontiers, dit M. Laurier, qué les conditions obtenues ne paraissent

pas suffisantes aux autorités de la, plus “haute importance, autorités que les catho-

lues sont accoutnmés à vénérer et que :

je vénère, même lorsque je ne vois pasles choses politiques comme elles les voient elles-mêmes.” - °

Il y a bien des remarques à faire sur cette phrase. Essayous d’être clair sans être trop long.

M. Laurier avoue que les concessions obtenues par lui ‘ne semblent pas suff-

Es

santes aux autorités de la plus haute ïm- .

portance,” c’est.à dire aux évêques. Cet aveu à une portée plus grande que imagine Porateur : il est la condamnation formelle de sa politique- de conciliation, — nous voulons dire des concessions qu’il a faites de son.chef au détriment des catholiques.

C’est comme catholiques, en effet, que nos frères du Manitoba ont été. lésés dans leurs droits. M. Laurier, qui se dit luimême catholique;doit savoir qu’un catho.

lique comme tel n’est pas un individu isolé qui fait de ses droits et devoirs reli-

gieux ce qui lui semble bon. Tl fait partie:

dune société religieuse où les individus sont solidaires les uns des autres et où l’uaité d’esprit et d’action 8e fait par un pouvoir social librement accepté et fidèleent obéi. Il n’y à pas dans l'Eglise catholique deux éléments séparés, indépen-

| dants l’un de Pautre, les laïques et le

clergé ; il n’y aque deux éléments distinets, mais inséparablement unis comme le corps et Pâme. Les laïques séparés de leurs chefs spirituels ne sont pas plus des catholiques que le corps séparé de l’âme nest un homme. Le jour où des catholiques prétendraient sans l’agrément de

leurs chefs spirituéls céder leurs droits

Lo

on

sance de la volénté.

- relèvent,

‘teligieux, ils cesseraient d’être catholi-

ques.

Si M. Laurier reconnaît que les chefs spirituels n’acceptent point son compromis parce qu’ils jugent les concessions offertes insuffisantes, il doit reconnaître que pour les mêmes raisons il est inacceptable à tous les vrais “catholiques, qui ne peuvent pas se séparer de leurs chefs

légitimes sans cesser de penser ét d'agir,

comme catholiques. S’obstiner à vouloir faire approuver par les laïques catholiques ce que leurs chefs spirituels ne veulent nine peuvent approuver, qu'est-ce autre chose que travailler à faire un schisme dans PEglise et à soustraire une partie du troupeau à la direction de sea seuls pasteurs légitimes ?—Ce n’est pas seulement une politique qui ne peut aboutir qu’à des dissensions religieuses qui troubleront proféudément la société, c’est porter un attentat à la constitution divine de VEglise qu'aucun pouvoir humain n’a tenté de briser sans se briser lui-même. :

‘On parle de vénération pour l'autorité religiense, Sans doute la vénération est de droit ici, puisque cette autorité est eainte

‘et que ceux qui l'exercent sont revêtus

d’un caractère sacré. Mais la forme par-

. ticulière de respect et de vénération qui

est due à l’autorité religieuse, c’est la soumission dela conécience et l’obéis- Toute ‘vénération envers lPautorité religieuse qui exclue la

soumission et l’obéissance est” une lu.

gion où une hypocrisie. -

Les vrais catholiques n° n’ont qu’une manïère de reconnaître l'autorité dont ils c’est de lui soumettre avec amour et fidélité leur conscience et leur vie, C’est qu’en effet pour eux l'autorité

n’est pas une relique que l’on encense et

. que lon salue avec respect,-mais un prin-

cipe vivaut qui est l’âme et la vie de.la société religieuse tout entière, la, lumière de Dieu qui éclaire, leur conscience, B\ vo-

personnes, et non dans des document épis lonté de Dieu qui dirige ‘leur vie. Jusqu’ici donc les catholiques ont été accou-

tumés non seulement à vénérer, mais à obéir.--Il est probable que M. Laurier n’y

chavgera rien, au moins en droit et défuitivement. Même s’il veut rester’ catholique et que sa vénérationsoit sincère, il

Va rendra parfaite par l’obéissance et la -

goumission.

Le chef libéral qui est un”avocat bien pius qu’un politique, a vu le piège où l’on pourrait le prendre et il a voulu l’éviter.

C’est pourquoi il ajoute: (autorités).‘ que je vénère même loreque je ne vois pas Îles choses politiques comme elles le font ellesmêmes.” La phrase est plus habile que sincère. Elle inainue deux ‘erreurg de fait : la première, que les autorités religieuses interviennent pour donner des direc-.

tions dans les choses. politiques,—la deuxième, que la question scolaire est.chose politique où l’autorité religieuse comme telle n’arienàvoir. .- «

L'hon. M. Wilfrid Laurier ne peut guère différer de vue avec, les autorités religiéuées- catholiques sur les choses politiques. On citerait difficilement un seul acte officiel de l’Episcopat donnant une direction aux fidèles ou mênie exprimant un jugement en matière purément politique, - parce qu’elles afiectent comme telles de n’avoir aucune vue sur les choses

politiques. Si d’autres queles évêques sont

entrés sur le domaine réservé à la poli-.

tique seule, ils y apnt entrés sans mission et sans autorité, et n’ont pu exprimer que leurs vues personnelles, qui ne sont à au.

cun tître celles “ des autorités de la plus haute importance.”

“S’il plaît à des membres haut placés daué la hiérarchie d'exprimer leurs vues sur des questions purement politiques, ils le font d’ordinaire dans des discours ou des lettres aux journaux que tout catholique peut discuter avec le respect toujoursdûnux

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